Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre de la rémunération au résultat]

La rémunération au résultat est un contrat de louage portant sur un avantage dont l’obtention demeure incertaine. C’est le cas lorsqu’on convient de rémunérer un médecin pour la guérison, un enseignant pour la maîtrise acquise par l’élève, ou une personne chargée de recherches pour la découverte d’un esclave fugitif.

Les savants ont divergé sur son interdiction ou sa licéité. Mālik l’autorise pour les travaux de faible importance, à deux conditions : ne fixer aucun délai pour leur exécution et déterminer la rémunération. Abū Hanīfa l’interdit, tandis que deux avis sont rapportés d’al-Shāfi‘ī.

Ceux qui l’autorisent s’appuient principalement sur cette parole du Très-Haut :

« Celui qui le rapportera recevra une charge de chameau, et je m’en porte garant. »
[Joseph : 72]

Ils invoquent également l’accord de la majorité sur sa licéité dans les cas de recherche d’un esclave fugitif et de sollicitation, ainsi que le récit relatif à la perception d’une rémunération pour une récitation thérapeutique de la « Mère du Coran ». Cela a déjà été évoqué.

Ceux qui l’interdisent invoquent principalement l’aléa qu’il comporte, par analogie avec les autres contrats de louage.

Dans l’école de Mālik, nul ne conteste qu’aucune part de cette rémunération n’est due avant l’achèvement du travail, ni que ce contrat n’a pas force obligatoire.

Mālik et ses disciples ont divergé, dans ce chapitre, au sujet de la location d’un navire : relève-t-elle de la rémunération au résultat ou du louage ? Selon Mālik, son propriétaire n’a droit au loyer qu’une fois la destination atteinte. C’est également l’avis d’Ibn al-Qāsim, qui lui applique ainsi les règles de la rémunération au résultat. Ibn Nāfi‘, l’un de ses disciples, estime que le propriétaire a droit à une rémunération proportionnelle à la distance parcourue : il lui applique donc les règles du louage. Asbagh déclare : « Si le navire a gagné le large, il s’agit d’une rémunération au résultat ; sinon, il s’agit d’un louage, et le propriétaire est payé en fonction du point atteint. »

L’examen de ce chapitre porte sur la licéité de ce contrat, son objet, ses conditions et les règles qui le régissent. Il peut avoir pour objet les travaux dont l’exécution partielle ne procure aucun avantage à celui qui promet la rémunération. En effet, supposons que celui-ci tire profit d’une partie du travail accompli par la personne qui s’est engagée à l’exécuter, sans que cette dernière ait procuré l’avantage sur lequel portait le contrat. Si nous appliquons alors la règle selon laquelle elle n’a droit à rien tant qu’elle n’a pas procuré cet avantage, celui qui a promis la rémunération aura bénéficié de son travail sans lui verser de salaire en contrepartie. Or, c’est une injustice.

Voilà pourquoi les juristes divergent, dans de nombreuses questions, sur la qualification du contrat : rémunération au résultat ou louage ? Ainsi, dans le cas du navire évoqué précédemment, la rémunération au résultat est-elle permise ou non ? Ils divergent de même sur la rémunération au résultat pour le creusement des puits.

À propos du contrat de plantation, ils disent qu’il s’apparente, sous un rapport, à la rémunération au résultat et, sous un autre, à la vente. Selon Mālik, il consiste à confier sa terre à une personne pour qu’elle y plante un nombre déterminé d’arbres fruitiers. Une fois la fructification acquise, le planteur reçoit une part convenue de la terre.

[كِتَابُ الْجُعْلِ] وَالْجُعْلُ: هُوَ الْإِجَارَةُ عَلَى مَنْفَعَةٍ مَظْنُونٍ حُصُولُهَا، مِثْلَ مُشَارَطَةِ الطَّبِيبِ عَلَى الْبُرْءِ، وَالْمُعَلِّمِ عَلَى الْحِذَاقِ، وَالنَّاشِدِ عَلَى وُجُودِ الْعَبْدِ الْآبِقِ. وَقَدِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي مَنْعِهِ وَجَوَازِهِ: فَقَالَ مَالِكٌ: يَجُوزُ ذَلِكَ فِي الْيَسِيرِ بِشَرْطَيْنِ: أَحَدُهُمَا: أَنْ لَا يَضْرِبَ لِذَلِكَ أَجَلًا. وَالثَّانِي: أَنْ يَكُونَ الثَّمَنُ مَعْلُومًا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَجُوزُ; وَلِلشَّافِعِيِّ قَوْلَانِ. وَعُمْدَةُ مَنْ أَجَازَهُ: قَوْله تَعَالَى: {وَلِمَنْ جَاءَ بِهِ حِمْلُ بَعِيرٍ وَأَنَا بِهِ زَعِيمٌ} [يوسف: ٧٢] ، وَإِجْمَاعُ الْجُمْهُورِ عَلَى جَوَازِهِ فِي الْإِبَاقِ وَالسُّؤَالِ. وَمَا جَاءَ فِي الْأَثَرِ مِنْ أَخْذِ الثَّمَنِ عَلَى الرُّقْيَةِ بِأُمِّ الْقُرْآنِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ ذَلِكَ. وَعُمْدَةُ مَنْ مَنَعَهُ: الْغَرَرُ الَّذِي فِيهِ قِيَاسًا عَلَى سَائِرِ الْإِجَارَاتِ. وَلَا خِلَافَ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّ الْجُعْلَ لَا يُسْتَحَقُّ شَيْءٌ مِنْهُ إِلَّا بِتَمَامِ الْعَمَلِ، وَأَنَّهُ لَيْسَ بِعَقْدٍ لَازِمٍ. وَاخْتَلَفَ مَالِكٌ، وَأَصْحَابُهُ فِي هَذَا الْبَابِ فِي كِرَاءِ السَّفِينَةِ; هَلْ هُوَ جُعْلٌ أَوْ إِجَارَةٌ؟ فَقَول مَالِك: لَيْسَ لِصَاحِبِهَا كِرَاءٌ إِلَّا بَعْدَ الْبُلُوغِ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ الْقَاسِمِ ذَهَابًا إِلَى أَنَّ حُكْمَهَا حُكْمُ الْجُعْلِ. وَقَالَ ابْنُ نَافِعٍ مِنْ أَصْحَابِهِ: لَهُ قَدْرُ مَا بَلَغَ مِنَ الْمَسَافَةِ، فَأَجْرَى حُكْمَهُ مَجْرَى الْكِرَاءِ. وَقَالَ أَصْبَغُ: إِنْ لَجَجَ فَهُوَ جُعْلٌ، وَإِنْ لَمْ يَلْجَجْ فَهُوَ إِجَارَةٌ لَهُ بِحَسَبِ الْمَوْضِعِ الَّذِي وَصَلَ إِلَيْهِ. وَالنَّظَرُ فِي هَذَا الْبَابِ فِي جَوَازِهِ وَمَحِلِّهِ، وَشُرُوطِهِ، وَأَحْكَامِهِ، وَمَحِلُّهُ هُوَ مَا كَانَ مِنَ الْأَفْعَالِ لَا يَنْتَفِعُ الْجَاعِلُ بِجُزْءٍ مِنْهُ; لِأَنَّهُ إِذَا انْتَفَعَ الْجَاعِلُ بِجُزْءٍ مِمَّا عَمِلَ الْمُلْتَزِمُ لِلْجُعْلِ وَلَمْ يَأْتِ بِالْمَنْفَعَةِ الَّتِي انْعَقَدَ الْجُعْلُ عَلَيْهَا، وَقُلْنَا عَلَى حُكْمِ الْجُعْلِ إِنَّهُ إِذَا لَمْ يَأْتِ بِالْمَنْفَعَةِ الَّتِي انْعَقَدَ الْجُعْلُ عَلَيْهَا لَمْ يَكُنْ لَهُ شَيْءٌ، فَقَدِ انْتَفَعَ الْجَاعِلُ بِعَمَلِ الْمَجْعُولِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يُعَوِّضَهُ مِنْ عَمَلِهِ بِأَجْرٍ، وَذَلِكَ ظُلْمٌ; وَلِذَلِكَ يَخْتَلِفُ الْفُقَهَاءُ فِي كَثِيرٍ مِنَ الْمَسَائِلِ هَلْ هُوَ جُعْلٌ أَوْ إِجَارَةٌ؟ مِثْلَ مَسْأَلَةِ السَّفِينَةِ الْمُتَقَدِّمَةِ هَلْ هِيَ مِمَّا يَجُوزُ فِيهَا الْجُعْلُ، أَوْ لَا يَجُوزُ؟ مِثْلَ اخْتِلَافِهِمْ فِي الْمُجَاعَلَةِ عَلَى حَفْرِ الْآبَارِ، وَقَالُوا فِي الْمُغَارَسَةِ: إِنَّهَا تُشْبِهُ الْجُعْلَ مِنْ جِهَةٍ، وَالْبَيْعَ مِنْ جِهَةٍ، وَهِيَ عِنْدَ مَالِكٍ أَنْ يُعْطِيَ الرَّجُلُ أَرْضَهُ لِرَجُلٍ عَلَى أَنْ يَغْرِسَ فِيهِ عَدَدًا مِنَ الثِّمَارِ مَعْلُومًا، فَإِذَا اسْتَحَقَّ الثَّمَرَ كَانَ لِلْغَارِسِ جُزْء الْأَرْضِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ.

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