Si leur désaccord porte sur la longueur du trajet, et qu’il survient avant le départ ou après un court trajet, les deux parties prêtent serment et le contrat est résilié. S’il survient après un long trajet ou une fois atteinte la distance indiquée par le propriétaire de la bête, la déclaration de ce dernier fait foi quant à la distance, si le contrat a été conclu et que ses dires sont plausibles. Si le contrat n’a pas été conclu et que ses dires sont plausibles, les deux parties prêtent serment et la location est résiliée en prenant pour base le plus long des deux trajets : le propriétaire reçoit alors la part du loyer correspondant au trajet qu’il affirme avoir convenu. Il en va de même si le contrat a été conclu, mais que ses dires ne sont pas plausibles.
Si leur désaccord porte sur le loyer, alors qu’ils s’accordent sur la distance, la déclaration du locataire fait foi, qu’il ait payé ou non, car il est le défendeur.
Si leur désaccord porte à la fois sur la distance et sur le loyer, par exemple lorsque, la bête se trouvant à Cordoue, l’un déclare : « Je t’ai pris cette bête en location jusqu’à Carmona pour deux dinars », tandis que le locataire dit : « Non, pour un dinar jusqu’à Séville », les deux parties prêtent serment et le contrat est résilié si, là encore, le différend survient avant le départ ou après un trajet dont ils peuvent revenir sans préjudice pour l’un ni pour l’autre.
Si le différend survient après un long trajet ou une fois atteinte la distance indiquée par le propriétaire de la bête, et que le locataire n’a encore rien payé, la déclaration du propriétaire fait foi quant à la distance, et celle du locataire quant au loyer. Le locataire doit verser la part du loyer correspondant au trajet de Cordoue à Carmona, calculée sur la base du montant qui aurait couvert le trajet jusqu’à Séville, puisque telle est sa déclaration. Si les dires du propriétaire de la bête ne sont pas plausibles, le locataire doit payer deux dinars.
Si le locataire a déjà payé le montant qu’il affirme correspondre au trajet le plus long, et que les dires du propriétaire de la bête sont plausibles, la déclaration du propriétaire fait foi quant à la distance. Celui-ci conserve le montant perçu, sans devoir en restituer aucune partie, car il est défendeur pour la partie de cette somme qui lui est réclamée. Or il déclare : « Cette somme m’est due, et un supplément aussi. » Sa déclaration est donc retenue pour la somme déjà perçue, puisqu’il l’a encaissée, mais non pour le supplément.
Il est dispensé de parcourir la portion du trajet qu’il ne reconnaît pas devoir effectuer, que ses dires soient plausibles ou non. Toutefois, s’ils ne sont pas plausibles, le loyer reconnu par le locataire est réparti proportionnellement sur la distance, et le propriétaire de la bête en reçoit la part correspondant au trajet qu’il affirme avoir convenu. Cela me suffit pour ce chapitre.