Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

à ce sujet.

Selon Mālik, lorsqu’une terre dépendant des pluies est donnée en location et que la sécheresse empêche de l’ensemencer, ou qu’elle a été ensemencée mais que les semences ne lèvent pas à cause de la sécheresse, le bail est résolu. Il en va de même lorsque les pluies rendent sa mise en culture impossible jusqu’à l’expiration de la période des semailles, sans que le locataire ait pu l’ensemencer. En revanche, les autres calamités qui frappent les cultures ne donnent droit à aucune réduction du loyer.

Il estime également que, lorsqu’un louage est conclu pour une période déterminée et que cette période constitue un élément essentiel du contrat, comme pour la location de montures durant les jours du pèlerinage, l’absence du bailleur pendant cette période entraîne la résolution du contrat. Si, en revanche, la période n’est pas essentielle, le contrat n’est pas résolu. Tout cela concerne, selon lui, le louage portant sur des biens individuellement déterminés.

Quant au louage comportant l’obligation de fournir un bien défini par ses caractéristiques, il n’est pas résolu, selon lui, par la disparition du bien reçu par le locataire pour en tirer l’usage convenu. En effet, le contrat ne portait pas sur ce bien précis, mais sur un bien décrit que le bailleur s’était engagé à fournir.

Les cas particuliers relevant de ce chapitre sont nombreux ; leurs principes sont ceux que nous venons d’exposer.

Deuxième section
De la responsabilité

Les juristes distinguent deux fondements de la responsabilité : le comportement fautif, d’une part, et les considérations d’intérêt général et de préservation des biens, d’autre part.

Quant à la responsabilité pour faute, tous s’accordent à la faire peser sur le bailleur. La divergence porte uniquement sur la nature du comportement fautif qui engage ou non cette responsabilité, ainsi que sur l’étendue de la réparation.

Ainsi, les savants divergent sur le jugement à rendre concernant celui qui loue une bête pour se rendre à un endroit donné, puis la conduit au-delà du lieu fixé par le contrat. Al-Shāfi‘ī et Ahmad estiment qu’il doit acquitter le prix convenu pour la distance stipulée, ainsi que le prix de location habituellement pratiqué pour la distance supplémentaire parcourue sans autorisation.

Mālik estime que le propriétaire de la bête a le choix entre percevoir le prix de sa location pour cette distance supplémentaire et en faire payer la valeur au locataire.

Abū Hanīfa estime qu’aucun prix de location n’est dû pour la distance parcourue au-delà de la limite convenue. Tous s’accordent toutefois à dire que, si la bête périt sur cette partie du trajet, le locataire doit en répondre.

Al-Shāfi‘ī s’appuie principalement sur le fait que le locataire a bénéficié sans droit de l’usage de la bête : il doit donc en acquitter le prix de location usuel. Il prend pour fondement analogique l’usage sans droit des autres biens.

Quant à Mālik, il semble avoir considéré qu’en retenant la bête loin des marchés où elle pouvait être proposée, le locataire avait porté atteinte à la bête elle-même ; il l’a donc assimilé à un usurpateur. Ce raisonnement présente toutefois une faiblesse.

La position d’Abū Hanīfa est, quant à elle, très éloignée de ce qu’impliquent les principes de la Loi religieuse. Dans cette question, l’avis d’al-Shāfi‘ī est le plus conforme à ces principes.

Selon Mālik, lorsqu’une bête trébuche alors qu’elle est sujette à trébucher, cela constitue une faute de son propriétaire, qui doit répondre du chargement. Il en va de même si les cordes sont usées. Les questions relevant de ce chapitre sont nombreuses.

Quant à ceux dont la responsabilité en l’absence de faute fait l’objet d’une divergence, pour de seules considérations d’intérêt général, ce sont les artisans. Les juristes s’accordent à dire que celui dont on loue les services ne répond pas de la perte des biens qui lui ont été confiés pour l’accomplissement de son travail, sauf s’il commet une faute. Font exception le transporteur de denrées alimentaires et le meunier : Mālik les tient responsables de ce qui périt entre leurs mains, à moins qu’ils n’apportent la preuve que cette perte n’est pas de leur fait.

مِنْ ذَلِكَ. وَعِنْدَ مَالِكٍ: أَنَّ أَرْضَ الْمَطَرِ إِذَا أُكْرِيَتْ فَمَنَعَ الْقَحْطُ مِنْ زِرَاعَتِهَا، أَوْ زَرْعِهَا، فَلَمْ يَنْبُتِ الزَّرْعُ لِمَكَانِ الْقَحْطِ أَنَّ الْكِرَاءَ يَنْفَسِخُ، وَكَذَلِكَ إِذَا اسْتَعْذَرَتْ بِالْمَطَرِ حَتَّى انْقَضَى زَمَنُ الزِّرَاعَةِ، فَلَمْ يَتَمَكَّنِ الْمُكْتَرِي مِنْ أَنْ يَزْرَعَهَا، وَسَائِرُ الْجَوَائِحِ الَّتِي تُصِيبُ الزَّرْعَ لَا يَحُطُّ عَنْهُ مِنَ الْكِرَاءِ شَيْءٌ، وَعِنْدَهُ أَنَّ الْكِرَاءَ الَّذِي بِوَقْتٍ مَا أَنَّهُ إِنْ كَانَ ذَلِكَ الْوَقْتُ مَقْصُودًا مِثْلَ كِرَاءِ الرَّوَاحِلِ فِي أَيَّامِ الْحَجِّ، فَغَابَ الْمُكْرِي عَنْ ذَلِكَ الْوَقْتِ، أَنَّهُ يَنْفَسِخُ الْكِرَاءُ. وَأَمَّا إِنْ لَمْ يَكُنِ الْوَقْتُ مَقْصُودًا فَإِنَّهُ لَا يَنْفَسِخُ، هَذَا كُلُّهُ عِنْدَهُ فِي الْكِرَاءِ الَّذِي يَكُونُ فِي الْأَعْيَانِ. فَأَمَّا الْكِرَاءُ الَّذِي يَكُونُ فِي الذِّمَّةِ: فَإِنَّهُ لَا يَنْفَسِخُ عِنْدَهُ بِذَهَابِ الْعَيْنِ الَّتِي قَبَضَ الْمُسْتَأْجِرُ لِيَسْتَوْفِيَ مِنْهَا الْمَنْفَعَةَ ; إِذْ كَانَ لَمْ يَنْعَقِدِ الْكِرَاءُ عَلَى عَيْنٍ بِعَيْنِهَا، وَإِنَّمَا انْعَقَدَ عَلَى مَوْصُوفٍ فِي الذِّمَّةِ. وَفُرُوعُ هَذَا الْبَابِ كَثِيرَةٌ، وَأُصُولُهُ هِيَ هَذِهِ الَّتِي ذَكَرْنَاهَا. الْفَصْلُ الثَّانِي. وَهُوَ النَّظَرُ فِي الضَّمَانِ وَالضَّمَانُ عِنْدَ الْفُقَهَاءِ عَلَى وَجْهَيْنِ: بِالتَّعَدِّي، أَوْ لِمَكَانِ الْمَصْلَحَةِ، وَحِفْظِ الْأَمْوَالِ. فَأَمَّا بِالتَّعَدِّي: فَيَجِبُ عَلَى الْمُكْرِي بِاتِّفَاقٍ، وَالْخِلَافُ إِنَّمَا هُوَ فِي نَوْعِ التَّعَدِّي الَّذِي يُوجِبُ ذَلِكَ أَوْ لَا يُوجِبُهُ وَفِي قَدْرِهِ: فَمِنْ ذَلِكَ اخْتِلَافُ الْعُلَمَاءِ فِي الْقَضَاءِ فِيمَنِ اكْتَرَى دَابَّةً إِلَى مَوْضِعٍ مَا فَتَعَدَّى بِهَا إِلَى مَوْضِعٍ زَائِدٍ عَلَى الْمَوْضِعِ الَّذِي انْعَقَدَ عَلَيْهِ الْكِرَاءُ، فَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ: عَلَيْهِ الْكِرَاءُ الَّذِي الْتَزَمَهُ إِلَى الْمَسَافَةِ الْمُشْتَرَطَةِ، وَمِثْلُ كِرَاءِ الْمَسَافَةِ الَّتِي تَعَدَّى فِيهَا. وَقَالَ مَالِكٌ: رَبُّ الدَّابَّةِ بِالْخِيَارِ فِي أَنْ يَأْخُذَ كِرَاءَ دَابَّتِهِ فِي الْمَسَافَةِ الَّتِي تَعَدَّى فِيهَا، أَوْ يَضْمَنَ لَهُ قِيمَةَ الدَّابَّةِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا كِرَاءَ عَلَيْهِ فِي الْمَسَافَةِ الْمُتَعَدَّاةِ، وَلَا خِلَافَ أَنَّهَا إِذَا تَلِفَتْ فِي الْمَسَافَةِ الْمُتَعَدَّاةِ أَنَّهُ ضَامِنٌ لَهَا. فَعُمْدَةُ الشَّافِعِيِّ: أَنَّهُ تَعَدَّى عَلَى الْمَنْفَعَةِ، فَلَزِمَهُ أُجْرَةُ الْمِثْلِ، أَصْلُهُ التَّعَدِّي عَلَى سَائِرِ الْمَنَافِعِ. وَأَمَّا مَالِكٌ فَكَأَنَّهُ لَمَّا حَبَسَ الدَّابَّةَ عَنْ أَسْوَاقِهَا رَأَى أَنَّهُ قَدْ تَعَدَّى عَلَيْهَا فِيهَا نَفْسِهَا فَشَبَّهَهُ بِالْغَاصِبِ، وَفِيهِ ضَعْفٌ. وَأَمَّا مَذْهَبُ أَبِي حَنِيفَةَ فَبَعِيدٌ جِدًّا عَمَّا تَقْتَضِيهِ الْأُصُولُ الشَّرْعِيَّةُ، وَالْأَقْرَبُ إِلَى الْأُصُولِ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ هُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ. وَعِنْدَ مَالِكٍ: أَنَّ عِثَارَ الدَّابَّةِ لَوْ كَانَتْ عَثُورًا تَعَدٍّ مِنْ صَاحِبِ الدَّابَّةِ يَضْمَنُ بِهَا الْحَمْلَ، وَكَذَلِكَ إِنْ كَانَتِ الْحِبَالُ رَثَّةً، وَمَسَائِلُ هَذَا الْبَابِ كَثِيرَةٌ. وَأَمَّا الَّذِينَ اخْتَلَفُوا فِي ضَمَانِهِمْ مِنْ غَيْرِ تَعَدٍّ إِلَّا مِنْ جِهَةِ الْمَصْلَحَةِ فَهُمُ الصُّنَّاعُ، وَلَا خِلَافَ عِنْدَهُمْ أَنَّ الْأَجِيرَ لَيْسَ بِضَامِنٍ لِمَا هَلَكَ عِنْدَهُ مِمَّا اسْتُؤْجِرَ عَلَيْهِ إِلَّا أَنْ يَتَعَدَّى مَا عَدَا حَامِلَ الطَّعَامِ، وَالطَّحَّانَ، فَإِنَّ مَالِكًا ضَمَّنَهُ مَا هَلَكَ عِنْدَهُ، إِلَّا أَنْ تَقُومَ لَهُ بَيِّنَةٌ عَلَى هَلَاكِهِ مِنْ غَيْرِ سَبَبِهِ.

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