Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent également au sujet de celui qui loue une monture, une maison ou un bien semblable : peut-il le sous-louer à un prix supérieur à celui de sa location ? Mālik, al-Shāfi‘ī et un groupe de savants l’autorisent, par analogie avec la vente. Abū Hanīfa et ses disciples l’interdisent.

Ces derniers avancent principalement qu’il s’agit de tirer profit d’un bien dont on ne supporte pas les risques, puisque les risques relatifs au bien lui-même incombent à son propriétaire — c’est-à-dire au bailleur. Ils estiment également que cela relève de la vente de ce dont on n’a pas pris possession. Certains savants l’autorisent toutefois si le locataire a effectué un travail sur le bien loué. Sufyān al-Thawrī compte parmi ceux qui ne réprouvent pas cette pratique dans ces conditions. La majorité considère, sur ce point, que le louage est analogue à la vente.

Une autre question consiste à sous-louer la maison à celui dont on l’a soi-même louée. Mālik l’autorise, tandis qu’Abū Hanīfa l’interdit. Ce dernier semble avoir estimé que, si les deux loyers sont inégaux, l’opération revient à s’approprier injustement le bien d’autrui.

Autre question : celui qui a loué une terre pour y cultiver du blé peut-il finalement y cultiver de l’orge, ou une autre culture qui cause à la terre un dommage égal ou inférieur à celui du blé ? Mālik lui reconnaît cette possibilité, contrairement à Dāwūd.

Ils divergent aussi sur le nettoyage des latrines des maisons louées. Selon l’avis le plus connu rapporté d’Ibn al-Qāsim, cette tâche incombe aux propriétaires. On rapporte également de lui qu’elle incombe au locataire ; tel est aussi l’avis d’al-Shāfi‘ī. Ibn al-Qāsim fait toutefois exception pour les auberges où les occupants se succèdent : il estime que leur nettoyage incombe au propriétaire.

Les disciples de Mālik divergent également lorsqu’une petite partie de la maison s’effondre : le propriétaire est-il tenu de la réparer, ou n’y est-il pas tenu, le loyer étant alors réduit à due concurrence ? Ibn al-Qāsim estime que cette réparation ne lui incombe pas, tandis que d’autres disciples de Mālik la lui imposent.

Les questions dérivées de ce chapitre sont nombreuses, mais notre intention, dans ce livre, n’est pas de les développer.

Deuxième ensemble

Examen des règles relatives aux événements qui surviennent

Premier chapitre : les résolutions du contrat

Nous disons donc que les juristes divergent sur la nature du contrat de louage. La majorité considère qu’il s’agit d’un contrat contraignant. On rapporte toutefois de certains qu’il s’agit d’un contrat révocable, par analogie avec le contrat de récompense et le contrat de société.

Ceux qui le considèrent comme contraignant divergent sur les causes de sa résolution.

Un ensemble de juristes des grandes cités, parmi lesquels Mālik, al-Shāfi‘ī, Sufyān al-Thawrī, Abū Thawr et d’autres, estiment qu’il ne peut être résolu que pour les causes qui entraînent la résolution des contrats contraignants : la présence d’un défaut ou la disparition du bien dont l’usage devait être tiré.

Abū Hanīfa et ses disciples estiment qu’il est permis de résoudre le contrat de louage lorsqu’un empêchement survient chez le locataire. Tel est le cas, par exemple, de celui qui loue une boutique pour y exercer le commerce, puis dont les marchandises sont détruites par un incendie ou volées.

La majorité s’appuie principalement sur cette parole du Très-Haut :

« Respectez vos engagements. » [La Table servie : 1]

En effet, le louage est un contrat portant sur des usages, en quoi il ressemble au mariage. C’est aussi un contrat conclu moyennant une contrepartie : il ne peut donc être résolu pour un tel motif, le contrat de vente servant ici de fondement à l’analogie.

وَمِنْ ذَلِكَ اخْتِلَافُهُمْ فِيمَنِ اكْتَرَى دَابَّةً أَوْ دَارًا وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ; هَلْ لَهُ أَنْ يَكْرِيَ ذَلِكَ بِأَكْثَرَ مِمَّا اكْتَرَاهُ؟ فَأَجَازَهُ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَجَمَاعَةٌ قِيَاسًا عَلَى الْبَيْعِ، وَمَنَعَ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَأَصْحَابُهُ. وَعُمْدَتُهُمْ: أَنَّهُ مِنْ بَابِ رِبْحِ مَا لَمْ يُضْمَنْ; لِأَنَّ ضَمَانَ الْأَصْلِ هُوَ مِنْ رَبِّهِ (أَعْنِي: مِنَ الْمُكْرِي) ، وَأَيْضًا فَإِنَّهُ مِنْ بَابِ بَيْعِ مَا لَمْ يُقْبَضْ، وَأَجَازَ ذَلِكَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ إِذَا أَحْدَثَ فِيهَا عَمَلًا. وَمِمَّنْ لَمْ يَكْرَهْ ذَلِكَ إِذَا وَقَعَ بِهَذِهِ الصِّفَةِ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ، وَالْجُمْهُورُ رَأَوْا أَنَّ الْإِجَارَةَ فِي هَذَا شَبِيهَةٌ بِالْبَيْعِ. وَمِنْهَا: أَنْ يَكْرِيَ الدَّارَ مِنَ الَّذِي أَكْرَاهَا مِنْهُ، فَقَالَ مَالِكٌ: يَجُوزُ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَجُوزُ، وَكَأَنَّهُ رَأَى أَنَّهُ إِذَا كَانَ التَّفَاضُلُ بَيْنَهُمَا فِي الْكِرَاءِ فَهُوَ مِنْ بَابِ أَكْلِ الْمَالِ بِالْبَاطِلِ. وَمِنْهَا: إِذَا اكْتَرَى أَرْضًا لِيَزْرَعَهَا حِنْطَةً، فَأَرَادَ أَنْ يَزْرَعَهَا شَعِيرًا، أَوْ مَا ضَرَرُهُ مِثْلُ ضَرَرِ الْحِنْطَةِ، أَوْ دُونَهُ: فَقَالَ مَالِكٌ: لَهُ ذَلِكَ، وَقَالَ دَاوُدُ: لَيْسَ لَهُ ذَلِكَ. وَمِنْهَا: اخْتِلَافُهُمْ فِي كَنْسِ مَرَاحِيضِ الدُّورِ الْمُكْتَرَاةِ، فَالْمَشْهُورُ عَنِ ابْنِ الْقَاسِمِ أَنَّهُ عَلَى أَرْبَابِ الدُّورِ، وَرُوِيَ عَنْهُ أَنَّهُ عَلَى الْمُكْتَرِي، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَاسْتَثْنَى ابْنُ الْقَاسِمِ مِنْ هَذِهِ الْفَنَادِقَ الَّتِي تَدْخُلُهَا قَوْمٌ وَتَخْرُجُ قَوْمٌ، فَقَالَ: الْكَنْسُ فِي هَذِهِ عَلَى رَبِّ الدَّارِ. وَمِنْهَا: اخْتِلَافُ أَصْحَابِ مَالِكٍ فِي الِانْهِدَامِ الْيَسِيرِ مِنَ الدَّارِ، هَلْ يَلْزَمُ رَبَّ الدَّارِ إِصْلَاحُهُ، أَمْ لَيْسَ يَلْزَمُ؟ وَيَنْحَطُّ عَنْهُ مِنَ الْكِرَاءِ ذَلِكَ الْقَدْرُ؟ فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: لَا يَلْزَمُهُ، وَقَالَ غَيْرُهُ مِنْ أَصْحَابِهِ: يَلْزَمُهُ. وَفُرُوعُ هَذَا الْبَابِ كَثِيرَةٌ، وَلَيْسَ قَصْدُنَا التَّفْرِيعَ فِي هَذَا الْكِتَابِ. الْجُمْلَةُ الثَّانِيَةُ. وَهِيَ النَّظَرُ فِي أَحْكَامِ الطَّوَارِئِ. الْفَصْلُ الْأَوَّلُ مِنْهُ وَهُوَ النَّظَرُ فِي الْفُسُوخِ. فَنَقُولُ: إِنَّ الْفُقَهَاءَ اخْتَلَفُوا فِي عَقْدِ الْإِجَارَةِ ; فَذَهَبَ الْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّهُ عَقْدٌ لَازِمٌ، وَحُكِيَ عَنْ قَوْمٍ أَنَّهُ عَقْدٌ جَائِزٌ تَشْبِيهًا بِالْجُعْلِ وَالشَّرِكَةِ. وَالَّذِينَ قَالُوا: إِنَّهُ عَقْدٌ لَازِمٌ اخْتَلَفُوا فِيمَا يَنْفَسِخُ بِهِ: فَذَهَبَ جَمَاعَةُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَسُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ، وَأَبُو ثَوْرٍ، وَغَيْرُهُمْ إِلَى أَنَّهُ لَا يَنْفَسِخُ إِلَّا بِمَا تَنْفَسِخُ بِهِ الْعُقُودُ اللَّازِمَةُ مِنْ وُجُودِ الْعَيْبِ بِهَا أَوْ ذَهَابِ مَحِلِّ اسْتِيفَاءِ الْمَنْفَعَةِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَأَصْحَابُهُ: يَجُوزُ فَسْخُ عَقْدِ الْإِجَارَةِ لِلْعُذْرِ الطَّارِئِ عَلَى الْمُسْتَأْجِرِ، مِثْلُ أَنْ يُكْرِيَ دُكَّانًا يَتَّجِرُ فِيهِ فَيَحْتَرِقُ مَتَاعُهُ أَوْ يُسْرَقُ. وَعُمْدَةُ الْجُمْهُورِ قَوْله تَعَالَى: {أَوْفُوا بِالْعُقُودِ} [المائدة: ١] ; لِأَنَّ الْكِرَاءَ عَقْدٌ عَلَى مَنَافِعَ فَأَشْبَهَ النِّكَاحَ، وَلِأَنَّهُ عَقْدٌ عَلَى مُعَاوَضَةٍ فَلَمْ يَنْفَسِخْ، أَصْلُهُ الْبَيْعُ.

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