Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent toutefois lorsque les parties ne précisent pas le début de cette période, ou lorsqu’elles le précisent sans le faire coïncider avec la conclusion du contrat. Mālik autorise le contrat si la durée est déterminée sans que son commencement soit précisé. C’est le cas, par exemple, lorsque quelqu’un dit : « Je te loue cette maison pour un an, moyennant telle somme, ou pour un mois, moyennant telle somme », sans préciser le commencement du mois ou de l’année. Al-Shāfi‘ī ne l’autorise pas. Pour Mālik, la période commence alors au moment de la conclusion du contrat de location. Al-Shāfi‘ī l’interdit donc en raison de l’incertitude qu’il comporte, tandis que Mālik l’autorise parce que l’usage en détermine le commencement.

De même, al-Shāfi‘ī n’autorise pas que la prise d’effet du contrat soit différée par rapport à sa conclusion, alors que Mālik l’autorise. Les disciples de ce dernier divergent toutefois concernant la location de terres dont l’état futur n’est pas assuré et les changements susceptibles de survenir avec le temps.

Mālik et al-Shāfi‘ī divergent également sur la durée servant à délimiter ces usages. Mālik autorise une location pour de nombreuses années : une maison peut ainsi être louée pour dix ans ou davantage, pourvu qu’elle ne subisse normalement pas de changement pendant une telle période. Al-Shāfi‘ī, quant à lui, n’autorise pas une durée supérieure à un an.

Ibn al-Qāsim et Ibn al-Mājishūn divergent concernant les terres arrosées par la pluie et celles qui sont irriguées par des sources, des puits ou des cours d’eau. Ibn al-Qāsim autorise leur location pour de nombreuses années. Ibn al-Mājishūn distingue les cas : il n’autorise la location des terres arrosées par la pluie que pour un an ; celle des terres irriguées par des sources, que pour trois ou quatre ans ; et celle des terres irriguées par des puits ou des cours d’eau, que pour dix ans seulement.

La divergence porte donc ici sur trois points : la détermination du commencement de la période, sa longueur et le délai séparant son commencement de la conclusion du contrat.

Mālik et al-Shāfi‘ī divergent également lorsque la durée n’est pas déterminée, mais que le montant dû pour l’unité de temps retenue est fixé. C’est le cas lorsque quelqu’un dit : « Je te loue cette maison à tant par mois », sans que les parties fixent un terme connu. Al-Shāfi‘ī ne l’autorise pas. Mālik et ses disciples l’autorisent par analogie avec la formule : « Je te vends de ce tas à raison d’un dirham par qafīz (mesure de capacité). » Et rien d’autre que cela n’est permis.

Cette divergence tient à l’appréciation de l’indétermination présente dans ces opérations : relève-t-elle de l’incertitude tolérée ou de celle qui est interdite ?

Relève aussi de cette question leur divergence concernant l’association d’une vente et d’une location dans un même contrat. Mālik l’autorise, tandis qu’al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa l’interdisent. Mālik n’admet d’ailleurs que la location comme contrat pouvant être associé à une vente.

Relève également de cette question leur divergence concernant la location d’une quote-part indivise. Mālik et al-Shāfi‘ī l’autorisent. Abū Hanīfa ne l’autorise pas, car il estime que l’indivision empêche d’en tirer usage. Mālik et al-Shāfi‘ī considèrent, au contraire, que le locataire peut en jouir avec le copropriétaire, de la même manière que le bailleur (c’est-à-dire le propriétaire du bien) en jouissait avec son copropriétaire.

Relève encore de cette question le fait d’engager un salarié en contrepartie de sa nourriture et de son habillement ; il en va de même pour une nourrice. Al-Shāfi‘ī l’interdit sans exception. Mālik l’autorise de manière générale (c’est-à-dire pour tout salarié), tandis qu’Abū Hanīfa ne l’autorise que pour la nourrice.

Leur divergence tient à la question suivante : s’agit-il ou non d’un contrat de louage dont la contrepartie est indéterminée ? Telles sont donc les conditions du contrat de louage relatives à la rémunération et à ce qu’elle rémunère.

وَاخْتَلَفُوا إِذَا لَمْ يُحَدِّدُوا أَوَّلَ الزَّمَانِ أَوْ حَدَّدُوهُ وَلَمْ يَكُنْ عَقِبَ الْعَقْدِ، فَقَالَ مَالِكٌ: يَجُوزُ إِذَا حُدِّدَ الزَّمَانُ وَلَمْ يُحَدَّدْ أَوَّلُهُ، مِثْلَ أَنْ يَقُولَ لَهُ: اسْتَأْجَرْتُ مِنْكَ هَذِهِ الدَّارَ سَنَةً بِكَذَا أَوْ شَهْرًا بِكَذَا، وَلَا يَذْكُرُ أَوَّلَ ذَلِكَ الشَّهْرِ وَلَا أَوَّلَ تِلْكَ السَّنَةِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ، وَيَكُونُ أَوَّلُ الْوَقْتِ عِنْدَ مَالِكٍ وَقْتَ عَقْدِ الْإِجَارَةِ. فَمَنَعَهُ الشَّافِعِيُّ ; لِأَنَّهُ غَرَرٌ، وَأَجَازَهُ مَالِكٌ ; لِأَنَّهُ مَعْلُومٌ بِالْعَادَةِ. وَكَذَلِكَ لَمْ يُجِزِ الشَّافِعِيُّ إِذَا كَانَ أَوَّلُ الْعَقْدِ مُتَرَاخِيًا عَنِ الْعَقْدِ، وَأَجَازَهُ مَالِكٌ. وَاخْتَلَفَ قَوْلُ أَصْحَابِهِ فِي اسْتِئْجَارِ الْأَرْضِ غَيْرِ الْمَأْمُونَةِ، وَالتَّغْيِيرِ فِيمَا بَعْدُ مِنَ الزَّمَانِ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ فِي مِقْدَارِ الزَّمَانِ الَّذِي تُقَدَّرُ بِهِ هَذِهِ الْمَنَافِعُ; فَمَالِكٌ يُجِيزُ ذَلِكَ السِّنِينَ الْكَثِيرَةَ، مِثْلَ أَنْ يَكْرِيَ الدَّارَ لِعَشَرَةِ أَعْوَامٍ، أَوْ أَكْثَرَ، مِمَّا لَا تَتَغَيَّرُ الدَّارُ فِي مِثْلِهِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ ذَلِكَ لِأَكْثَرَ مِنْ عَامٍ وَاحِدٍ. وَاخْتَلَفَ قَوْلُ ابْنِ الْقَاسِمِ، وَابْنِ الْمَاجِشُونِ فِي أَرْضِ الْمَطَرِ، وَأَرْضِ السَّقْيِ بِالْعُيُونِ، وَأَرْضِ السَّقْيِ بِالْآبَارِ، وَالْأَنْهَارِ: فَأَجَازَ ابْنُ الْقَاسِمِ فِيهَا الْكِرَاءَ السِّنِينَ الْكَثِيرَةِ. وَفَصَلَ ابْنُ الْمَاجِشُونِ، فَقَالَ: لَا يَجُوزُ الْكِرَاءُ فِي أَرْضِ الْمَطَرِ إِلَّا لِعَامٍ وَاحِدٍ، وَأَمَّا أَرْضُ السَّقْيِ بِالْعُيُونِ فَلَا يَجُوزُ كِرَاؤُهَا إِلَّا لِثَلَاثَةِ أَعْوَامٍ، وَأَرْبَعَةٍ، وَأَمَّا أَرْضُ الْآبَارِ وَالْأَنْهَارِ فَلَا يَجُوزُ إِلَّا لِعَشَرَةِ أَعْوَامٍ فَقَطْ. فَالِاخْتِلَافُ هَاهُنَا فِي ثَلَاثَةِ مَوَاضِعَ: فِي تَحْدِيدِ أَوَّلِ الْمُدَّةِ، وَفِي طُولِهَا، وَفِي بُعْدِهَا منْ وَقْتِ الْعَقْدِ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ إِذَا لَمْ يُحَدِّدِ الْمُدَّةَ، وَحَدَّدَ الْقَدْرَ الَّذِي يَجِبُ لِأَقَلِّ الْمُدَّةِ; مِثْلَ أَنْ يَقُولَ: أَكْتَرِي مِنْكَ هَذِهِ الدَّارَ الشَّهْرَ بِكَذَا، وَلَا يَضْرِبَانِ لِذَلِكَ أَمَدًا مَعْلُومًا، فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ. وَقَالَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ: يَجُوزُ عَلَى قِيَاسِ: أَبِيعُكَ مِنْ هَذِهِ الصُّبْرَةِ بِحِسَابِ الْقَفِيزِ بِدِرْهَمٍ، وَهَذَا لَا يَجُوزُ غَيْرُهُ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: اعْتِبَارُ الْجَهْلِ الْوَاقِعِ فِي هَذِهِ الْأَشْيَاءِ: هَلْ هُوَ مِنَ الْغَرَرِ الْمَعْفُوِّ عَنْهُ أَوِ الْمَنْهِيِّ عَنْهُ؟ وَمِنْ هَذَا الْبَابِ اخْتِلَافُهُمْ فِي الْبَيْعِ وَالْإِجَارَةِ: أَجَازَهُ مَالِكٌ، وَمَنَعَهُ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَلَمْ يُجِزْ مَالِكٌ أَنْ يَقْتَرِنَ بِالْبَيْعِ إِلَّا الْإِجَارَةَ فَقَطْ. وَمِنْ هَذَا الْبَابِ اخْتِلَافُهُمْ فِي إِجَارَةِ الْمُشَاعِ: فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ: هِيَ جَائِزَةٌ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا تَجُوزُ; لِأَنَّ عِنْدَهُ أَنَّ الِانْتِفَاعَ بِهَا مَعَ الْإِشَاعَةِ مُتَعَذِّرٌ; وَعِنْدَ مَالِكٍ، وَالشَّافِعِيِّ أَنَّ الِانْتِفَاعَ بِهَا مُمْكِنٌ مَعَ شَرِيكِهِ كَانْتِفَاعِ الْمُكْرِي بِهَا مَعَ شَرِيكِهِ (أَعَنَى: رَبَّ الْمَالِ) . وَمِنْ هَذَا الْبَابِ اسْتِئْجَارُ الْأَجِيرِ بِطَعَامِهِ وَكُسْوَتِهِ، وَكَذَلِكَ الظِّئْرُ: فَمَنَعَ الشَّافِعِيُّ ذَلِكَ عَلَى الْإِطْلَاقِ، وَأَجَازَ ذَلِكَ مَالِكٌ عَلَى الْإِطْلَاقِ: (أَعْنِي: فِي كُلِّ أَجِيرٍ) ; وَأَجَازَ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ فِي الظِّئْرِ فَقَطْ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ هِيَ إِجَارَةٌ مَجْهُولَةٌ، أَمْ لَيْسَتْ مَجْهُولَةً؟ فَهَذِهِ هِيَ شَرَائِطُ الْإِجَارَةِ الرَّاجِعَةُ إِلَى الثَّمَنِ وَالْمَثْمُونِ.

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