Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Chapitre sixième : Ce qui annule cette purification]

Les savants s’accordent sur le fait que cette purification est annulée par tout ce qui annule la purification qu’elle remplace, à savoir les ablutions ou le bain rituel. Ils divergent toutefois sur deux questions : l’intention d’accomplir une autre prière obligatoire que celle pour laquelle on a effectué les ablutions sèches les annule-t-elle ? Et le fait de trouver de l’eau les annule-t-il ou non ?

Concernant la première question, Mālik considère que l’intention d’accomplir une seconde prière annule la purification effectuée pour la première. D’autres soutiennent le contraire. Cette divergence repose sur deux points.

Le premier consiste à déterminer si la parole du Très-Haut :

« Ô vous qui croyez ! Lorsque vous vous levez pour accomplir la prière… »
[La Table servie : 6]

comporte une expression sous-entendue, à savoir : « lorsque vous vous levez après avoir dormi » ou « lorsque vous vous levez en état d’impureté rituelle », ou si elle ne comporte aucune ellipse.

Ceux qui n’y voient aucune ellipse estiment que le sens apparent du verset impose les ablutions ou les ablutions sèches chaque fois que l’on se lève pour accomplir une prière. Cependant, la sunna a soustrait les ablutions à cette obligation générale, tandis que les ablutions sèches restent soumises à la règle initiale. Il ne convient toutefois pas d’invoquer cet argument pour justifier la position de Mālik, car celui-ci considère que le verset comporte une ellipse, comme l’indique ce qu’il rapporte de Zayd ibn Aslam dans son Muwatta’.

Le second point est le renouvellement de la recherche d’eau à l’entrée du temps de chaque prière. C’est ce qui s’accorde le mieux avec les principes de Mālik — je veux dire que c’est cet argument qu’il convient d’invoquer à l’appui de sa position. Cette question a déjà été traitée. Quant à ceux qui n’exigent pas de renouveler cette recherche et considèrent que le verset comporte une ellipse, ils ne voient pas dans l’intention d’accomplir une seconde prière une cause d’annulation des ablutions sèches.

Concernant la seconde question, la majorité estime que le fait de trouver de l’eau annule cette purification. D’autres considèrent que seule la survenue d’un état d’impureté rituelle l’annule.

Cette divergence tient à la question suivante : le fait de trouver de l’eau met-il fin au maintien de l’état de pureté obtenu au moyen de la terre, ou empêche-t-il seulement d’entreprendre une purification avec celle-ci ? Ceux qui retiennent cette seconde possibilité affirment que seule la survenue d’un état d’impureté rituelle annule cette purification. Ceux qui estiment que la présence d’eau met fin au maintien de l’état de pureté considèrent qu’elle l’annule : par définition, une cause d’annulation est ce qui met fin au maintien de cet état.

La majorité invoque, à l’appui de sa position, le hadith authentiquement établi dans lequel le Prophète — qu’Allah le couvre de bénédictions et lui accorde la paix — dit :

« Le sol m’a été donné comme lieu de prière et moyen de purification, tant que l’on ne trouve pas d’eau. »

Ce hadith se prête toutefois à plusieurs interprétations. En effet, les mots du Prophète — qu’Allah le couvre de bénédictions et lui accorde la paix — : « tant que l’on ne trouve pas d’eau » peuvent signifier que, dès que l’on trouve de l’eau, cette purification cesse d’être valable et prend fin. Mais ils peuvent aussi signifier que, dès que l’on trouve de l’eau, il n’est plus valable d’entreprendre cette purification.

L’argument le plus solide à l’appui de la majorité est le hadith d’Abū Sa‘īd al-Khudrī, dans lequel il est rapporté que le Prophète — qu’Allah le couvre de bénédictions et lui accorde la paix —

[الْبَابُ السَّادِسُ فِي نَوَاقِضِ هَذِهِ الطَّهَارَةِ] وَأَمَّا نَوَاقِضُ هَذِهِ الطَّهَارَةِ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ يَنْقُضُهَا مَا يَنْقُضُ الْأَصْلَ الَّذِي هُوَ الْوُضُوءُ أَوِ الطُّهْرُ، وَاخْتَلَفُوا مِنْ ذَلِكَ فِي مَسْأَلَتَيْنِ: إِحْدَاهُمَا هَلْ يَنْقُضُهَا إِرَادَةُ صَلَاةٍ أُخْرَى مَفْرُوضَةٍ غَيْرِ الْمَفْرُوضَةِ الَّتِي تَيَمَّمَ لَهَا؟ . وَالْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: هَلْ يَنْقُضُهَا وُجُودُ الْمَاءِ أَمْ لَا؟ . أَمَّا الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: فَذَهَبَ مَالِكٌ فِيهَا إِلَى أَنَّ إِرَادَةَ الصَّلَاةِ الثَّانِيَةِ تَنْقُضُ طَهَارَةَ الْأُولَى، وَمَذْهَبُ غَيْرِهِ خِلَافُ ذَلِكَ، وَأَصْلُ هَذَا الْخِلَافِ يَدُورُ عَلَى شَيْئَيْنِ: أَحَدُهُمَا: هَلْ فِي قَوْله تَعَالَى: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ} [المائدة: ٦] مَحْذُوفٌ مُقَدَّرٌ: أَعْنِي إِذَا قُمْتُمْ مِنَ النَّوْمِ، أَوْ قُمْتُمْ مُحْدِثِينَ، أَمْ لَيْسَ هُنَالِكَ مَحْذُوفٌ أَصْلًا؟ فَمَنْ رَأَى أَنْ لَا مَحْذُوفَ هُنَالِكَ قَالَ: ظَاهِرُ الْآيَةِ وُجُوبُ الْوُضُوءِ أَوِ التَّيَمُّمِ عِنْدَ الْقِيَامِ لِكُلِّ صَلَاةٍ، لَكِنْ خَصَّصَتِ السُّنَّةُ مِنْ ذَلِكَ الْوُضُوءَ فَبَقِيَ التَّيَمُّمُ عَلَى أَصْلِهِ، لَكِنْ لَا يَنْبَغِي أَنْ يُحْتَجَّ بِهَذَا لِمَالِكٍ فَإِنَّ مَالِكًا يَرَى أَنَّ فِي الْآيَةِ مَحْذُوفًا عَلَى مَا رَوَاهُ عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ فِي مُوَطَّئِهِ. وَأَمَّا السَّبَبُ الثَّانِي: فَهُوَ تَكْرَارُ الطَّلَبِ عِنْدَ دُخُولِ وَقْتِ كُلِّ صَلَاةٍ وَهَذَا هُوَ أَلْزَمُ لِأُصُولِ مَالِكٍ أَعْنِي أَنْ يُحْتَجَّ لَهُ بِهَذَا) وَقَدْ تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ، وَمَنْ لَمْ يَتَكَرَّرْ عِنْدَهُ الطَّلَبُ، وَقَدَّرَ فِي الْآيَةِ مَحْذُوفًا لَمْ يَرَ إِرَادَةَ الصَّلَاةِ الثَّانِيَةِ مِمَّا يَنْقُضُ التَّيَمُّمَ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ ذَهَبُوا إِلَى أَنَّ وُجُودَ الْمَاءِ يَنْقُضُهَا. وَذَهَبَ قَوْمٌ إِلَى أَنَّ النَّاقِضَ لَهَا هُوَ الْحَدَثُ، وَأَصْلُ هَذَا الْخِلَافِ هَلْ وُجُودُ الْمَاءِ يَرْفَعُ اسْتِصْحَابَ الطَّهَارَةِ الَّتِي كَانَتْ بِالتُّرَابِ، أَوْ يَرْفَعُ ابْتِدَاءَ الطَّهَارَةِ بِهِ؟ فَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يَرْفَعُ ابْتِدَاءَ الطَّهَارَةِ بِهِ قَالَ: لَا يَنْقُضُهَا إِلَّا الْحَدَثُ. وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يَرْفَعُ اسْتِصْحَابَ الطَّهَارَةِ قَالَ: إِنَّهُ يَنْقُضُهَا، فَإِنَّ حَدَّ النَّاقِضِ هُوَ الرَّافِعُ لِلِاسْتِصْحَابِ. وَقَدِ احْتَجَّ الْجُمْهُورُ لِمَذْهَبِهِمْ بِالْحَدِيثِ الثَّابِتِ، وَهُوَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «جُعِلَتْ لِيَ الْأَرْضُ مَسْجِدًا وَطَهُورًا مَا لَمْ يَجِدِ الْمَاءَ» وَالْحَدِيثُ مُحْتَمِلٌ، فَإِنَّهُ يُمْكِنُ أَنْ يُقَالَ: إِنَّ قَوْلَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «مَا لَمْ يَجِدِ الْمَاءَ» يُمْكِنُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ: فَإِذَا وَجَدَ الْمَاءَ انْقَطَعَتْ هَذِهِ الطَّهَارَةُ وَارْتَفَعَتْ، وَيُمْكِنُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ: فَإِذَا وَجَدَ الْمَاءَ لَمْ تَصِحَّ ابْتِدَاءً هَذِهِ الطَّهَارَةُ، وَالْأَقْوَى فِي عَضُدِ الْجُمْهُورِ هُوَ حَدِيثُ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، وَفِيهِ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -

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