Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre des contrats de louage]

[Première partie : les différentes formes de louage, leurs conditions de validité et leurs causes d’invalidité]

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Livre des contrats de louage

L’étude menée dans ce livre est semblable à celle des ventes (je veux dire que ses questions fondamentales se limitent à l’examen des différentes formes de louage, de leurs conditions de validité, de leurs causes d’invalidité et des règles qui les régissent), et cela pour chacune de ces formes (c’est-à-dire aussi bien les questions propres à chacune que celles qui sont communes à plusieurs d’entre elles).

Ce livre se divise donc, en premier lieu, en deux parties :

La première porte sur les différentes formes de louage, leurs conditions de validité et leurs causes d’invalidité.

La seconde porte sur la connaissance des règles régissant les contrats de louage.

Tout cela suppose d’abord que leur licéité ait été établie par une preuve. Mentionnons donc, pour commencer, la divergence sur ce point, avant d’aborder les questions célèbres relevant de ces deux parties. Notre intention est en effet de ne traiter, en ces matières, que des questions fondamentales, celles sur lesquelles les divergences entre les juristes des grandes villes sont bien connues.

Nous disons donc :

Le louage est licite selon l’ensemble des juristes des grandes villes et des premières générations. On rapporte toutefois qu’al-Asamm et Ibn ‘Ulayya l’interdisaient.

La majorité s’appuie sur cette parole du Très-Haut :

« Je voudrais te marier à l’une de mes deux filles que voici » [al-Qasas : 27], ainsi que la suite du verset ;

et sur Sa parole :

« Si elles allaitent pour vous, versez-leur leur rémunération » [al-Talāq : 6].

Parmi les preuves tirées de la Sunna authentiquement établie figure ce qu’al-Bukhārī rapporte de ‘Ā’isha :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — et Abū Bakr engagèrent comme guide un homme des Banū al-Dīl, très habile à trouver son chemin, qui professait la religion des mécréants de Quraysh. Ils lui confièrent leurs deux montures et lui donnèrent rendez-vous à la grotte de Thawr, trois nuits plus tard, avec celles-ci. »

Il y a aussi le hadith de Jābir :

« Il vendit un chameau au Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — en stipulant qu’il pourrait le monter jusqu’à Médine. »

Or, tout usage dont on peut licitement bénéficier en vertu d’une stipulation peut également être obtenu moyennant rémunération.

L’objection de ceux qui interdisent le louage est la suivante : dans les contrats à titre onéreux, le paiement du prix n’est exigible qu’en contrepartie de la remise de la chose elle-même, comme c’est le cas pour les biens corporels. Or, dans les contrats de louage, les utilités n’existent pas au moment de la conclusion du contrat. Il s’agirait donc d’une opération comportant un aléa et relevant de la vente de ce qui n’a pas encore été créé.

Nous répondons que ces utilités, bien qu’elles soient

[كِتَابُ الْإِجَارَاتِ] [الْقِسْمُ الْأَوَّلُ فِي أَنْوَاعِ الْإِجَارَاتِ وَشُرُوطِ الصِّحَّةِ وَالْفَسَادِ] بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ كِتَابُ الْإِجَارَاتِ وَالنَّظَرُ فِي هَذَا الْكِتَابِ شَبِيهٌ بِالنَّظَرِ فِي الْبُيُوعِ (أَعْنِي: أن أُصُولَهُ تَنْحَصِرُ بِالنَّظَرِ فِي أَنْوَاعِهَا وَفِي شُرُوطِ الصِّحَّةِ فِيهَا، وَالْفَسَادِ، وَفِي أَحْكَامِهَا) ، وَذَلِكَ فِي نَوْعٍ نَوْعٍ مِنْهَا (أَعْنِي: فِيمَا يَخُصُّ نَوْعًا نَوْعًا مِنْهَا، وَفِيمَا يَعُمُّ أَكْثَرَ مِنْ وَاحِدٍ منها) . فَهَذَا الْكِتَابُ يَنْقَسِمُ أَوَّلًا إِلَى قِسْمَيْنِ: الْقِسْمُ الْأَوَّلُ: فِي أَنْوَاعِهَا وَشُرُوطِ الصِّحَّةِ، وَالْفَسَادِ. وَالثَّانِي: فِي مَعْرِفَةِ أَحْكَامِ الْإِجَارَاتِ. وَهَذَا كُلُّهُ بَعْدَ قِيَامِ الدَّلِيلِ عَلَى جَوَازِهَا. فَلْنَذْكُرْ أَوَّلًا مَا فِي ذَلِكَ مِنَ الْخِلَافِ ثُمَّ نَصِيرُ إِلَى ذِكْرِ مَا فِي ذَيْنِكَ الْقِسْمَيْنِ مِنَ الْمَسَائِلِ الْمَشْهُورَةِ; إِذْ كَانَ قَصْدُنَا إِنَّمَا هُوَ ذِكْرُ الْمَسَائِلِ الَّتِي تَجْرِي مِنْ هَذِهِ الْأَشْيَاءِ مَجْرَى الْأُمَّهَاتِ، وَهِيَ الَّتِي اشْتُهِرَ فِيهَا الْخِلَافُ بَيْنَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ. فَنَقُولُ: إِنَّ الْإِجَارَةَ جَائِزَةٌ عِنْدَ جَمِيعِ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ، وَالصَّدْرِ الْأَوَّلِ. وَحُكِيَ عَنِ الْأَصَمِّ، وَابْنِ عُلَيَّةَ مَنْعُهَا. وَدَلِيلُ الْجُمْهُورِ قَوْله تَعَالَى: {إِنِّي أُرِيدُ أَنْ أُنْكِحَكَ إِحْدَى ابْنَتَيَّ هَاتَيْنِ} [القصص: ٢٧] الْآيَةَ، وَقَوْلُهُ: {فَإِنْ أَرْضَعْنَ لَكُمْ فَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ} [الطلاق: ٦] . وَمِنَ السُّنَّةِ الثَّابِتَةِ: مَا خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ، عَنْ عَائِشَةِ قَالَتْ: «اسْتَأْجَرَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، وَأَبُو بَكْرٍ رَجُلًا مِنْ بَنِي الدِّيلِ هَادِيًا خِرِّيتًا وَهُوَ عَلَى دِينِ كُفَّارِ قُرَيْشٍ، فَدَفَعَا إِلَيْهِ رَاحِلَتَيْهِمَا، وَوَاعَدَاهُ غَارَ ثَوْرٍ بَعْدَ ثَلَاثِ لَيَالٍ بِرَاحِلَتَيْهِمَا» . وَحَدِيثُ جَابِرٍ: «أَنَّهُ بَاعَ مِنَ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بَعِيرًا وَشَرَطَ ظَهْرَهُ إِلَى الْمَدِينَةِ» . وَمَا جَازَ اسْتِيفَاؤُهُ بِالشَّرْطِ جَازَ اسْتِيفَاؤُهُ بِالْأَجْرِ. وَشُبْهَةُ مَنْ مَنَعَ ذَلِكَ: أَنَّ الْمُعَاوَضَاتِ إِنَّمَا يُسْتَحَقُّ فِيهَا تَسْلِيمُ الثَّمَنِ بِتَسْلِيمِ الْعَيْنِ كَالْحَالِ فِي الْأَعْيَانِ الْمَحْسُوسَةِ، وَالْمَنَافِعُ فِي الْإِجَارَاتِ فِي وَقْتِ الْعَقْدِ مَعْدُومَةٌ، فَكَانَ ذَلِكَ غَرَرًا وَمِنْ بَيْعِ مَا لَمْ يُخْلَقْ. وَنَحْنُ نَقُولُ: إِنَّهَا وَإِنْ كَانَتْ

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