Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

L’argument de ceux qui maintiennent le caractère contraignant de la vente après déduction est le suivant : l’acheteur n’a accordé au vendeur un bénéfice que sur le prix auquel celui-ci avait acheté la marchandise, et sur rien d’autre. Dès lors que sa déclaration se révèle inexacte, il faut revenir au prix avéré. De même, lorsqu’une marchandise a été achetée selon une mesure déterminée et que la quantité livrée ne correspond pas à cette mesure, le vendeur est tenu de la compléter.

Ceux qui accordent un choix sans restriction assimilent, quant à eux, le mensonge au défaut : de même que le défaut ouvre un droit d’option, le mensonge l’ouvre également.

Lorsque la marchandise ne peut plus être restituée, al-Shāfi‘ī déclare : « On déduit la majoration du prix ainsi que le bénéfice correspondant. » Mālik déclare : « Si sa valeur au jour de la prise de possession ou au jour de la vente — deux avis sont rapportés de lui à ce sujet — est égale ou inférieure à la somme versée par l’acheteur, celui-ci ne peut rien réclamer au vendeur. Si sa valeur est inférieure, le vendeur a le choix entre rembourser à l’acheteur cette valeur, lui rembourser le prix ou maintenir la vente au prix avéré. »

Si un homme vend sa marchandise à prix de revient majoré d’un bénéfice, puis apporte la preuve que son prix d’achat était supérieur à celui qu’il avait déclaré et qu’il s’était trompé, alors que la marchandise existe toujours, al-Shāfi‘ī déclare : « Cette preuve n’est pas recevable, car sa propre déclaration la dément. » Mālik déclare : « Elle est recevable et l’acheteur est contraint d’accepter ce prix. » Cet avis est peu défendable, car il s’agit d’une autre vente.

Sur cette même question, Mālik déclare : « Si la marchandise ne peut plus être restituée, l’acheteur a le choix entre en payer la valeur au jour où il en a pris possession et la garder au prix avéré. » Telles sont leurs positions les plus connues dans ce chapitre.

Dans l’école de Mālik, la connaissance des règles de cette vente repose sur celle des règles relatives à trois situations et à leurs combinaisons : le mensonge, la tromperie et la présence d’un défaut.

La règle concernant le mensonge a déjà été exposée. Quant à la restitution pour défaut, elle obéit aux mêmes règles que dans la vente ordinaire. Pour la tromperie, il accorde au vendeur un choix sans restriction ; le vendeur ne peut imposer la vente à l’acheteur, même en déduisant le montant imputable à la tromperie, alors qu’il peut le faire dans le cas du mensonge. Telle est la position d’Ibn al-Qāsim.

Ashhab distingue, quant à lui, deux sortes de tromperie : celle qui influe sur le prix et celle qui n’a aucune incidence sur celui-ci. Cette dernière n’entraîne, selon lui, aucune conséquence juridique. Celle qui influe sur le prix relève, à ses yeux, de la même règle que le mensonge.

Les combinaisons donnent lieu à quatre situations : mensonge et tromperie ; mensonge et dissimulation ; tromperie et dissimulation d’un défaut ; mensonge, tromperie et dissimulation d’un défaut. Le principe suivi par Ibn al-Qāsim consiste à retenir la règle dont les effets subsistent si l’application de l’une des deux a rendu l’autre inapplicable ; ou à retenir celle dont les effets subsistent, ou encore celle qui est la plus favorable à l’acheteur si aucune des deux n’est devenue inapplicable. Cela se fait soit en laissant le choix lorsque celui-ci est possible, soit en cumulant les effets lorsque ce cumul est possible. Le détail de ces questions relève des ouvrages consacrés aux questions juridiques particulières — je veux dire l’exposé des positions d’Ibn al-Qāsim et des autres juristes.

فَحُجَّةُ مَنْ أَوْجَبَ الْبَيْعَ بَعْدَ الْحَطِّ: أَنَّ الْمُشْتَرِيَ إِنَّمَا أَرْبَحَهُ عَلَى مَا ابْتَاعَ بِهِ السِّلْعَةَ لَا غَيْرَ ذَلِكَ، فَلَمَّا ظَهَرَ خِلَافُ مَا قَالَ وَجَبَ أَنْ يَرْجِعَ إِلَى الَّذِي ظَهَرَ، كَمَا لَوْ أَخَذَ بِكَيْلٍ مَعْلُومٍ فَخَرَجَ بِغَيْرِ ذَلِكَ الْكَيْلِ أَنَّهُ يَلْزَمُهُ تَوْفِيَةُ ذَلِكَ الْكَيْلِ. وَحُجَّةُ مَنْ رَأَى أَنَّ الْخِيَارَ مُطْلَقًا: تَشْبِيهُ الْكَذِبِ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ بِالْعَيْبِ (أَعْنِي: أَنَّهُ كَمَا يُوجِبُ الْعَيْبُ الْخِيَارَ كَذَلِكَ يُوجِبُ الْكَذِبَ) . وَأَمَّا إِذَا فَاتَتِ السِّلْعَةُ، فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يَحُطُّ مِقْدَارَ مَا زَادَ مِنَ الثَّمَنِ، وَمَا وَجَبَ مِنَ الرِّبْحِ. وَقَالَ مَالِكٌ: إِنْ كَانَتْ قِيمَتُهَا يَوْمَ الْقَبْضِ أَوْ يَوْمَ الْبَيْعِ - عَلَى خِلَافٍ عَنْهُ - فِي ذَلِكَ مِثْلَ مَا وَزَنَ الْمُبْتَاعُ أَوْ أَقَلَّ، فَلَا يَرْجِعُ عَلَيْهِ الْمُشْتَرِي بِشَيْءٍ، وَإِنْ كَانَتِ الْقِيمَةُ أَقَلَّ خُيِّرَ الْبَائِعُ بَيْنَ رَدِّهِ لِلْمُشْتَرِي الْقِيمَةَ، أَوْ رَدِّهِ الثَّمَنَ، أَوْ إِمْضَائِهِ السِّلْعَةَ بِالثَّمَنِ الَّذِي صَحَّ. وَأَمَّا إِذَا بَاعَ الرَّجُلُ سِلْعَتَهُ مُرَابَحَةً ثُمَّ أَقَامَ الْبَيِّنَةَ أَنَّ ثَمَنَهَا أَكْثَرُ مِمَّا ذَكَرَهُ، وَأَنَّهُ وَهِمَ فِي ذَلِكَ وَهِيَ قَائِمَةٌ: فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَسْمَعُ مِنْ تِلْكَ الْبَيِّنَةِ; لِأَنَّهُ كَذَّبَهَا. وَقَالَ مَالِكٌ: يَسْمَعُ مِنْهَا وَيُجْبَرُ الْمُبْتَاعُ عَلَى ذَلِكَ الثَّمَنِ، وَهَذَا بِعِيدٌ; لِأَنَّهُ بَيْعٌ آخَرُ. وَقَالَ مَالِكٌ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ: إِذَا فَاتَتِ السِّلْعَةُ إنَّ الْمُبْتَاعَ مُخَيَّرٌ بَيْنَ أَنْ يُعْطِيَ قِيمَةَ السِّلْعَةِ يَوْمَ قَبْضِهَا أَوْ أَنْ يَأْخُذَهَا بِالثَّمَنِ الَّذِي صَحَّ، فَهَذِهِ هِيَ مَشْهُورَاتُ مَسَائِلِهِمْ فِي هَذَا الْبَابِ. وَمَعْرِفَةُ أَحْكَامِ هَذَا الْبَيْعِ تَنْبَنِي فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ عَلَى مَعْرِفَةِ أَحْكَامِ ثَلَاثَةِ مَسَائِلَ وَمَا تَرَكَّبَ مِنْهَا، حُكْمُ مَسْأَلَةِ الْكَذِبِ، وَحُكْمُ مَسْأَلَةِ الْغِشِّ، وَحُكْمُ مَسْأَلَةِ وُجُودِ الْعَيْبِ. فَأَمَّا حُكْمُ الْكَذِبِ فَقَدْ تَقَدَّمَ. وَأَمَّا حُكْمُ الرَّدِّ بِالْعَيْبِ فَهُوَ حُكْمُهُ فِي الْبَيْعِ الْمُطْلَقِ. وَأَمَّا حُكْمُ الْغِشِّ عِنْدَهُ فَهُوَ تَخْيِيرُ الْبَائِعِ مُطْلَقًا، وَلَيْسَ لِلْبَائِعِ أَنْ يُلْزِمَهُ الْبَيْعَ وَإِنْ حَطَّ عَنْهُ مِقْدَارَ الْغِشِّ كَمَا لَهُ ذَلِكَ فِي مَسْأَلَةِ الْكَذِبِ، هَذَا عِنْدَ ابْنِ الْقَاسِمِ. وَأَمَّا عِنْدَ أَشْهَبَ: فَإِنَّ الْغِشَّ عِنْدَهُ يَنْقَسِمُ قِسْمَيْنِ: قِسْمٌ مُؤَثِّرٌ فِي الثَّمَنِ، وَقِسْمٌ غَيْرُ مُؤَثِّرٍ. فَأَمَّا غَيْرُ الْمُؤَثِّرِ: فَلَا حُكْمَ عِنْدَهُ فِيهِ. وَأَمَّا الْمُؤَثِّرُ: فَحُكْمُهُ عِنْدَهُ حُكْمُ الْكَذِبِ. وَأَمَّا الَّتِي تَتَرَكَّبُ فَهِيَ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: كَذِبٌ وَغِشٌّ، وَكَذِبٌ وَتَدْلِيسٌ، وَغِشٌّ وَتَدْلِيسٌ بِعَيْبٍ، وَكَذِبٌ وَغِشٌّ وَتَدْلِيسٌ بِعَيْبٍ. وَأَصْلُ مَذْهَبِ ابْنِ الْقَاسِمِ فِيهَا أَنَّهُ يَأْخُذُ بِالَّذِي بَقِيَ حُكْمُهُ إِنْ كَانَ فَاتَ بِحُكْمِ أَحَدِهِمَا، أو بِالَّذِي بَقِيَ حُكْمُهُ، أَوْ بِالَّذِي هُوَ أَرْجَحُ لَهُ إِنْ لَمْ يَفُتْ حُكْمُ أَحَدِهِمَا، إِمَّا عَلَى التَّخْيِيرِ حَيْثُ يُمْكِنُ التَّخْيِيرُ، أَوِ الْجَمْعِ حَيْثُ يُمْكِنُ الْجَمْعُ، وَتَفْصِيلُ هَذَا لَائِقٌ بِكُتُبِ الْفُرُوعِ (أَعْنِي: مَذْهَبَ ابْنِ الْقَاسِمِ وَغَيْرِهِ) .

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