Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

L’argument principal de ceux qui estiment que les risques sont, dans tous les cas, à la charge du vendeur est que le contrat n’est pas définitif : il ne transfère donc pas la propriété du bien hors du patrimoine du vendeur. Il en va comme lorsque celui-ci dit : « Je te vends ce bien », sans que l’acheteur réponde : « J’accepte. »

Ceux qui mettent les risques à la charge de l’acheteur s’appuient principalement sur une analogie avec la vente définitive. Cet argument est faible, car il assimile le cas controversé à celui qui fait l’objet d’un accord.

Quant à ceux qui mettent les risques à la charge de la partie ayant stipulé l’option, lorsque l’autre ne l’a pas stipulée, leur raisonnement est le suivant : si le vendeur l’a stipulée, il conserve la faculté de maintenir le bien dans sa propriété ; si l’acheteur seul l’a stipulée, le vendeur s’est dessaisi du bien et l’a fait sortir de sa propriété. Le bien doit donc entrer dans celle de l’acheteur, compte tenu de la condition que lui seul a stipulée.

Il dit : « Le bien est sorti de la propriété du vendeur, puisqu’il n’a stipulé aucune option ; mais il ne doit pas nécessairement entrer dans celle de l’acheteur, puisque celui-ci a stipulé une option lui permettant de le restituer à l’autre partie. » Toutefois, cette thèse se heurte à la règle applicable : il faut nécessairement que la perte du bien soit à la charge de l’un des deux.

La divergence revient donc à cette question : l’option est-elle stipulée pour permettre la résolution de la vente ou pour en parfaire la conclusion ? Si nous disons qu’elle vise à permettre la résolution de la vente, le vendeur ne supporte plus les risques ; si nous disons qu’elle vise à en parfaire la conclusion, les risques restent à sa charge.

Quant à la cinquième question — le droit d’option sur le bien vendu se transmet-il par succession ou non ? —, Mālik, al-Shāfi‘ī et leurs disciples affirment qu’il se transmet : lorsque son titulaire meurt, ses héritiers disposent du même droit que lui. Abū Hanīfa et ses disciples disent : « L’option s’éteint au décès de son titulaire et la vente devient définitive. » Il en va de même, selon lui, du droit d’option en matière de préemption, d’acceptation d’un legs et de résiliation amiable.

Abū Hanīfa leur concède cependant que le droit de rendre un bien pour vice se transmet par succession. Il en va de même du droit d’option relatif au droit sur le butin avant son partage, ainsi que des droits d’option en matière de talion et de gage.

Mālik leur concède, pour sa part, que le droit du père de reprendre ce qu’il a donné à son fils ne se transmet pas : il ne reconnaît pas aux héritiers du défunt le droit de reprendre cette donation que la Loi accorde au père. Il en va de même des droits d’option relatifs au contrat d’affranchissement moyennant paiement, à la répudiation et aux serments réciproques d’anathème. Par droit d’option en matière de répudiation, on entend le cas où un homme dit à un autre : « Répudie mon épouse quand tu le voudras. » Si celui à qui cette faculté a été accordée meurt, ses héritiers ne prennent pas sa place, selon Mālik.

Al-Shāfi‘ī concède aux hanafites les mêmes exceptions que les malikites parmi ces droits d’option. Il y ajoute ceux de résiliation amiable et d’acceptation, dont il dit qu’ils ne se transmettent pas par succession.

L’argument principal des malikites et des shafiites est que, par principe, les droits se transmettent par succession comme les biens, sauf lorsqu’une preuve établit qu’un droit doit, à cet égard, être traité différemment d’un bien.

L’argument principal des hanafites est que, par principe, seuls les biens se transmettent par succession, à l’exclusion des droits, sauf lorsqu’une preuve justifie d’assimiler ceux-ci aux biens.

Le point de divergence est donc le suivant : les droits se transmettent-ils, par principe, comme les biens, ou non ? Chacun des deux groupes assimile les cas que son adversaire lui conteste à ceux qu’il lui concède, et s’en sert pour argumenter contre lui.

Ainsi, les malikites et les shafiites opposent à Abū Hanīfa sa reconnaissance du caractère transmissible du droit de rendre un bien pour vice, et lui assimilent les autres droits d’option dont ils admettent la transmission. Les hanafites opposent également aux malikites et aux shafiites les cas dans lesquels ceux-ci refusent cette transmission. Chacun cherche à établir une différence entre les cas auxquels il applique des solutions différentes, et une similitude entre ceux auxquels il applique une même solution ; et, dans la thèse de son adversaire, il cherche

فَعُمْدَةُ مَنْ رَأَى أَنَّ الضَّمَانَ مِنَ الْبَائِعِ عَلَى كُلِّ حَالٍ: أَنَّهُ عَقْدٌ غَيْرُ لَازِمٍ، فَلَمْ يَنْقِلِ الْمِلْك عَنِ الْبَائِعِ، كَمَا لَوْ قَالَ: بِعْتُكَ، وَلَمْ يَقُلِ الْمُشْتَرِي: قَبِلْتُ. وَعُمْدَةُ مَنْ رَأَى أَنَّهُ مِنَ الْمُشْتَرِي تَشْبِيهُهُ بِالْبَيْعِ اللَّازِمِ، وَهُوَ ضَعِيفٌ لِقِيَاسِهِ مَوْضِعَ الْخِلَافِ عَلَى مَوْضِعِ الِاتِّفَاقِ. وَأَمَّا مَنْ جَعَلَ الضَّمَانَ لِمُشْتَرِطِ الْخِيَارِ إِذَا شَرَطَهُ أَحَدُهُمَا وَلَمْ يَشْتَرِطْهُ الثَّانِي; فَلِأَنَّهُ إِنْ كَانَ الْبَائِعُ هُوَ الْمُشْتَرِطَ: فَالْخِيَارُ لَهُ في إِبْقَاء الْمَبِيعِ عَلَى مِلْكِهِ، وَإِنْ كَانَ الْمُشْتَرِي هُوَ الْمُشْتَرِطَ لَهُ فَقَطْ فَقَدْ صَرَفَهُ الْبَائِعُ مِنْ مِلْكِهِ وَأَبَانَهُ، فَوَجَبَ أَنْ يَدْخُلَ فِي مِلْكِ الْمُشْتَرِي هذَا الشرط الَّذِي شَرَطَهُ فَقَطْ. قَالَ: قَدْ خَرَجَ عَنْ مِلْكِ الْبَائِعِ; لِأَنَّهُ لَمْ يَشْتَرِطْ خِيَارًا، وَلَمْ يَلْزَمْ أَنْ يَدْخُلَ فِي مِلْكِ الْمُشْتَرِي; لِأَنَّهُ شَرَطَ الْخِيَارَ فِي رَدِّ الْآخَرِ لَهُ، وَلَكِنَّ الْقَوْلَ يُمَانِعُ الْحُكْمَ، فَإِنَّهُ لَا بُدَّ أَنْ تَكُونَ مُصِيبَتُهُ مِنْ أَحَدِهِمَا. وَالْخِلَافُ آيِلٌ إِلَى: هَلِ الْخِيَارُ مُشْتَرِطٌ لِإِيقَاعِ الْفَسْخِ فِي الْبَيْعِ أَوْ لِتَتْمِيمِ الْبَيْعِ؟ فَإِذَا قُلْنَا: لِفَسْخِ الْبَيْعِ، فَقَدْ خَرَجَ مِنْ ضَمَانِ الْبَائِعِ، وَإِنْ قُلْنَا: لِتَتْمِيمِهِ فَهُوَ فِي ضَمَانِهِ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الخَامِسَةُ (وَهِيَ هَلْ يُورَثُ خِيَارُ الْمَبِيعِ أَمْ لَا؟) فَإِنَّ مَالِكًا، وَالشَّافِعِيَّ، وَأَصْحَابَهُمَا قَالُوا: يُورَثُ، وَإِنَّهُ إِذَا مَاتَ صَاحِبُ الْخِيَارِ فَوَرَثَته مِنَ الْخِيَارِ مِثْلُ مَا كَانَ لَهُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَأَصْحَابُهُ: يَبْطُلُ الْخِيَارُ بِمَوْتِ مَنْ لَهُ الْخِيَارُ، وَيَتِمُّ الْبَيْعُ، وَهَكَذَا عِنْدَهُ خِيَارُ الشُّفْعَةِ، وَخِيَارُ قَبُولِ الْوَصِيَّةِ، وَخِيَارُ الْإِقَالَةِ. وَسَلَّمَ لَهُمْ أَبُو حَنِيفَةَ خِيَارَ الرَّدِّ بِالْعَيْبِ (أَعْنِي: أَنَّهُ قَالَ: يُورَثُ) ، وَكَذَلِكَ خِيَارُ اسْتِحْقَاقِ الْغَنِيمَةِ قَبْلَ الْقَسْمِ، وَخِيَارُ الْقِصَاصِ، وَخِيَارُ الرَّهْنِ. وَسَلَّمَ لَهُمْ مَالِكٌ خِيَارَ رَدِّ الْأَبِ مَا وَهَبَهُ لِابْنِهِ (أَعْنِي: أَنَّهُ لَمْ يَرَ لِوَرَثَةِ الْمَيِّتِ مِنَ الْخِيَارِ فِي رَدِّ مَا وَهَبَهُ لِابْنِهِ) مَا جَعَلَ لَهُ الشَّرْعُ مِنْ ذَلِكَ (أَعْنِي: لِلْأَبِ) ، وَكَذَلِكَ خِيَارُ الْكِتَابَةِ وَالطَّلَاقِ، وَاللِّعَانِ. وَمَعْنَى خِيَارُ الطَّلَاقِ: أَنْ يَقُولَ الرَّجُلُ لِرَجُلٍ آخَرَ طَلِّقْ امْرَأَتِي مَتَى شِئْتَ، فَيَمُوتُ الرَّجُلُ الْمَجْعُولُ لَهُ الْخِيَارُ، فَإِنَّ وَرَثَتَهُ لَا يَتَنَزَّلُونَ مَنْزِلَتَهُ عِنْدَ مَالِكٍ. وَسَلَّمَ الشَّافِعِيُّ مَا سَلَّمَتِ الْمَالِكِيَّةُ لِلْحَنَفِيَّةِ مِنْ هَذِهِ الْخِيَارَاتِ، وَسَلَّمَ زَائِدًا خِيَارَ الْإِقَالَةِ، وَالْقَبُولِ، فَقَالَ: لَا يُورَثَانِ. وَعُمْدَةُ الْمَالِكِيَّةِ، وَالشَّافِعِيَّةِ: أَنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنْ تُوَرَّثَ الْحُقُوقُ وَالْأَمْوَالُ إِلَّا مَا قَامَ دَلِيلٌ عَلَى مُفَارَقَةِ الْحَقِّ فِي هَذَا الْمَعْنَى لِلْمَالِ. وَعُمْدَةُ الْحَنَفِيَّةِ: أَنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنْ يُوَرَّثَ الْمَالُ دُونَ الْحُقُوقِ إِلَّا مَا قَامَ دَلِيلُهُ مِنْ إِلْحَاقِ الْحُقُوقِ بِالْأَمْوَالِ. فَمَوْضِعُ الْخِلَافِ: هَلِ الْأَصْلُ هُوَ أَنْ تُوَرَّثَ الْحُقُوقُ كَالْأَمْوَالِ أَمْ لَا؟ وَكُلُّ وَاحِدٍ مِنَ الْفَرِيقَيْنِ يُشَبِّهُ مِنْ هَذَا مَا لَمْ يُسْلِمْهُ لَهُ خَصْمُهُ مِنْهَا بِمَا يُسْلِمُهُ مِنْهَا لَهُ، وَيَحْتَجُّ عَلَى خَصْمِهِ. فَالْمَالِكِيَّةُ، وَالشَّافِعِيَّةُ: تَحْتَجُّ عَلَى أَبِي حَنِيفَةَ بِتَسْلِيمِهِ وِرَاثَةَ خِيَارِ الرَّدِّ بِالْعَيْبِ، وَيُشَبِّهُ سَائِرَ الْخِيَارَاتِ الَّتِي يُوَرِّثُهَا بِهِ. وَالْحَنَفِيَّةُ تَحْتَجُّ أَيْضًا عَلَى الْمَالِكِيَّةِ، وَالشَّافِعِيَّةِ بِمَا تَمْنَعُ مِنْ ذَلِكَ، وَكُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ يَرُومُ أَنْ يُعْطِيَ فَارِقًا فِيمَا يَخْتَلِفُ فِيهِ قَوْلُهُ وَمُشَابِهًا فِيمَا يَتَّفِقُ فِيهِ قَوْلُهُ، وَيَرُومُ فِي قَوْلِ خَصْمِهِ

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