Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Hanīfa : « Si l’option est exercée dans les trois jours, la vente est valable ; si les trois jours s’écoulent sans qu’elle le soit, la vente est invalide. » Al-Shāfi‘ī dit : « Elle est, au contraire, invalide dans tous les cas. »

Telles sont les opinions des juristes des grandes cités sur la durée de l’option. Elles portent sur les questions suivantes : peut-on stipuler une option sans limitation de durée ou pour une durée déterminée ? Dans ce dernier cas, quelle peut être sa durée ? Si l’option sans limitation de durée n’est pas permise, cette interdiction suppose-t-elle qu’elle n’ait pas été exercée dans les trois jours, ou demeure-t-elle interdite même lorsqu’elle est exercée dans ce délai ?

Quant à leurs preuves, l’argument principal de ceux qui n’admettent pas l’option est celui que nous avons déjà exposé.

Ceux qui ne l’admettent que pour trois jours font principalement valoir que, par principe, l’option n’est pas permise : on ne peut donc en autoriser que ce que prévoit expressément le hadith de Munqidh ibn Hibbān, ou de Hibbān ibn Munqidh. Il en va comme des autres dérogations aux règles générales, telles les ventes dites ‘arāyā, qui font exception à l’interdiction de la muzābana. Ils ajoutent : « La limitation de l’option à trois jours figure également dans le hadith relatif à la bête dont on a laissé le lait s’accumuler dans les mamelles, selon ces paroles :

“Celui qui achète une bête dont on a laissé le lait s’accumuler dans les mamelles dispose d’un droit d’option pendant trois jours.” »

Quant au hadith de Munqidh, la plus vraisemblable de ses versions transmises par une chaîne continue est celle que rapporte Muhammad ibn Ishāq, d’après Nāfi‘, d’après Ibn ‘Umar : le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — dit à Munqidh, qui se faisait tromper dans les ventes :

« Lorsque tu conclus une vente, dis : “Pas de tromperie”, et tu disposes d’un droit d’option pendant trois jours. »

Les disciples de Mālik s’appuient principalement sur le fait que l’option vise à permettre d’apprécier le bien vendu. Il faut donc en limiter la durée au temps nécessaire à cet examen, lequel varie d’un bien à l’autre. Selon eux, le texte n’a ainsi été énoncé que pour attirer l’attention sur cette finalité : ils y voient un énoncé particulier à portée générale, tandis que le premier groupe y voit un énoncé particulier dont la portée demeure particulière.

Quant à stipuler le paiement comptant, Mālik et tous ses disciples l’interdisent : selon eux, l’opération oscille alors entre le prêt et la vente. Cette argumentation présente toutefois une faiblesse.

Les juristes divergent également sur la question de savoir qui supporte les risques de perte du bien pendant la durée de l’option.

Mālik, ses disciples, al-Layth et al-Awzā‘ī disent : « La perte est à la charge du vendeur, et l’acheteur ne détient le bien qu’à titre de dépositaire de confiance, que l’option appartienne aux deux parties ou à une seule. » Selon un autre avis rapporté au sein de l’école, si le bien périt entre les mains du vendeur, nul ne conteste que celui-ci en supporte la perte. S’il périt entre les mains de l’acheteur, on applique les mêmes règles qu’au gage et au prêt à usage : s’il s’agit d’un bien que l’on peut dissimuler, l’acheteur en supporte la perte ; sinon, celle-ci est à la charge du vendeur.

Abū Hanīfa dit : « Si l’option est stipulée au bénéfice des deux parties ou du vendeur seul, les risques sont à la charge du vendeur et le bien demeure sa propriété. Si, en revanche, l’acheteur seul a stipulé l’option, le bien est sorti de la propriété du vendeur sans entrer dans celle de l’acheteur ; sa situation demeure en suspens jusqu’à l’expiration de l’option. » On rapporte aussi de lui que l’acheteur est tenu de payer le prix, ce qui indique que, selon cet avis, le bien est entré dans la propriété de l’acheteur.

Al-Shāfi‘ī a deux avis sur cette question. Selon le plus connu, les risques sont à la charge de l’acheteur, quelle que soit la partie qui bénéficie de l’option.

حَنِيفَةَ: إِنْ وَقَعَ فِي الثَّلَاثَةِ الْأَيَّامِ جَازَ، وَإِنْ مَضَتِ الثَّلَاثَةُ فَسَدَ الْبَيْعُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: بَلْ هُوَ فَاسِدٌ عَلَى كُلِّ حَالٍ. فَهَذِهِ هِيَ أَقَاوِيلُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ فِي مُدَّةِ الْخِيَارِ، وَهِيَ: هَلْ يَجُوزُ مُطْلَقًا أَوْ مُقَيَّدًا؟ وَإِنْ جَازَ مُقَيَّدًا فَكَمْ مِقْدَارُهُ؟ وَإِنْ لَمْ يَجُزْ مُطْلَقًا فَهَلْ مِنْ شَرْطِ ذَلِكَ أَنْ لَا يَقَعَ الْخِيَارُ فِي الثَّلَاثِ أَمْ لَا يَجُوزُ بِحَالٍ وَإِنْ وَقَعَ فِي الثَّلَاثِ؟ فَأَمَّا أَدِلَّتُهُمْ: فَإِنَّ عُمْدَةَ مَنْ لَمْ يُجِزِ الْخِيَارُ هُوَ مَا قُلْنَاهُ. وَأَمَّا عُمْدَةُ مَنْ لَمْ يُجِزِ الْخِيَارَ إِلَّا ثَلَاثًا: فَهُوَ أَنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنْ لَا يَجُوزَ الْخِيَارُ فَلَا يَجُوزُ مِنْهُ إِلَّا مَا وَرَدَ فِيهِ النَّصُّ فِي حَدِيثِ مُنْقِذِ ابْنِ حِبَّانَ، أَوْ حِبَّانَ بْنِ مُنْقِذٍ، وَذَلِكَ كَسَائِرِ الرُّخَصِ الْمُسْتَثْنَاةِ مِنَ الْأُصُولِ، مِثْلُ اسْتِثْنَاءِ الْعَرَايَا مِنَ الْمُزَابَنَةِ وَغَيْرِ ذَلِكَ. قَالُوا: وَقَدْ جَاءَ تَحْدِيدُ الْخِيَارِ بِالثَّلَاثِ فِي حَدِيثِ الْمُصَرَّاةِ وَهُوَ قَوْلُهُ: «مَنِ اشْتَرَى مُصَرَّاةً فَهُوَ بِالْخِيَارِ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ» . وَأَمَّا حَدِيثُ مُنْقِذٍ، فَأَشْبَهُ طُرُقِهِ الْمُتَّصِلَةِ مَا رَوَاهُ مُحَمَّدُ ابْنُ إِسْحَاقَ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ لِمُنْقِذٍ، وَكَانَ يُخْدَعُ فِي الْبَيْعِ: «إِذَا بِعْتَ فَقُلْ لَا خِلَابَةَ، وَأَنْتَ بِالْخِيَارِ ثَلَاثًا» . وَأَمَّا عُمْدَةُ أَصْحَابِ مَالِكٍ: فَهُوَ أَنَّ الْمَفْهُومَ مِنَ الْخِيَارِ هُوَ اخْتِيَارُ الْمَبِيعِ، وَإِذَا كَانَ ذَلِكَ كَذَلِكَ وَجَبَ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ مَحْدُودًا بِزَمَانِ إِمْكَانِ اخْتِيَارِ الْمَبِيعِ، وَذَلِكَ يَخْتَلِفُ بِحَسَبِ مَبِيعٍ مَبِيعٍ، فَكَأَنَّ النَّصَّ إِنَّمَا وَرَدَ عِنْدَهُمْ تَنْبِيهًا عَلَى هَذَا الْمَعْنَى، وَهُوَ عِنْدَهُمْ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْعَامُّ، وَعِنْدَ الطَّائِفَةِ الْأُولَى مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْخَاصُّ. ; وَأَمَّا اشْتِرَاطُ النَّقْدِ: فَإِنَّهُ لَا يَجُوزُ عِنْدَ مَالِكٍ، وَجَمِيعِ أَصْحَابِهِ لِتَرَدُّدِهِ عِنْدَهُمْ بَيْنَ السَّلَفِ، وَالْبَيْعِ، وَفِيهِ ضَعْفٌ. وَأَمَّا مِمَّنْ ضَمَانُ الْمَبِيعِ فِي مُدَّةِ الْخِيَارِ: فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ: فَقَالَ مَالِكٌ، وَأَصْحَابُهُ، وَاللَّيْثُ، وَالْأَوْزَاعِيُّ: مُصِيبَتُهُ مِنَ الْبَائِعِ، وَالْمُشْتَرِي أَمِينٌ، وَسَوَاءٌ أكَانَ الْخِيَارُ لَهُمَا أَوْ لِأَحَدِهِمَا، وَقَدْ قِيلَ فِي الْمَذْهَبِ: إِنَّهُ إِنْ كَانَ هَلَكَ بِيَدِ الْبَائِعِ فَلَا خِلَافَ فِي ضَمَانِهِ إِيَّاهُ، وَإِنْ كَانَ هَلَكَ بِيَدِ الْمُشْتَرِي فَالْحُكْمُ كَالْحُكْمِ فِي الرَّهْنِ وَالْعَارِيَةِ: إِنْ كَانَ مِمَّا يغلبُ عَلَيْهِ فَضَمَانُهُ مِنْهُ، وَإِنْ كَانَ مِمَّا لَا يغلبُ عَلَيْهِ فَضَمَانُهُ مِنَ الْبَائِعِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ كَانَ شَرْطُ الْخِيَارِ لِكِلَيْهِمَا، أَوْ لِلْبَائِعِ وَحْدَهُ: فَضَمَانُهُ مِنَ الْبَائِعِ وَالْمَبِيعِ عَلَى مِلْكِهِ، أَمَّا إِنْ كَانَ شَرْطُهُ الْمُشْتَرِي وَحْدَهُ: فَقَدْ خَرَجَ الْمَبِيعُ عَنْ مِلْكِ الْبَائِعِ، وَلَمْ يَدْخُلْ مالك الْمُشْتَرِي الثمن وَبَقِيَ مُعَلَّقًا حَتَّى يَنْقَضِيَ الْخِيَارُ، وَقَدْ قِيلَ عَنْهُ: إِنَّ عَلَى الْمُشْتَرِي الثَّمَنَ، وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ قد دَخَلَ عِنْدَهُ فِي مِلْكِ الْمُشْتَرِي. وَلِلشَّافِعِيِّ قَوْلَانِ: أَشْهَرُهُمَا: أَنَّ الضَّمَانَ مِنَ الْمُشْتَرِي لِأَيِّهِمَا كَانَ الْخِيَارُ.

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