Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

le premier : lorsque le bien faisant l’objet du salam est une denrée alimentaire. Cela découle de sa doctrine selon laquelle seules les denrées alimentaires doivent avoir été réceptionnées avant de pouvoir être revendues, conformément au texte du hadith.

Le second : lorsque le bien faisant l’objet du salam n’est pas une denrée alimentaire et que l’acheteur reçoit en remplacement un bien sur lequel il n’aurait pas été permis de conclure un salam avec le prix initialement versé. C’est le cas, par exemple, lorsque le bien dû est une marchandise et que le prix consiste en une marchandise différente : à l’échéance, l’acheteur reçoit alors du vendeur un bien du même genre que celui qui constituait le prix. L’opération comporte ainsi soit un prêt assorti d’un supplément, si la marchandise reçue est supérieure au prix initial du salam, soit une garantie et un prêt, si elle lui est égale ou inférieure.

De même, si le prix du salam était une denrée alimentaire, il n’est pas permis de recevoir en remplacement une quantité supérieure d’une autre denrée, qu’elle soit du même genre ou d’un genre différent. En revanche, si la denrée reçue est identique à celle initialement versée quant au genre, au volume et aux caractéristiques, cela est permis, selon ce que rapporte ‘Abd al-Wahhāb, car il considère l’opération comme portant sur des marchandises.

Il permet également de recevoir, en remplacement de la denrée faisant l’objet du salam, une denrée présentant les mêmes caractéristiques, même si elle est de qualité inférieure : cela relève, à ses yeux, du même principe que la substitution de dinars. Un geste de bienveillance consiste, par exemple, à recevoir de l’orge, à volume égal, à la place du blé qui est dû. Dans tous ces cas, Mālik pose pour condition que la réception ne soit pas différée, sans quoi l’opération comporterait un échange de dette contre dette.

Si le prix du salam consiste en espèces monétaires et que l’acheteur reçoit en remplacement des espèces de même nature, cela est permis tant que la somme reçue ne dépasse pas la somme initiale. Lorsque cette somme lui est égale ou inférieure, Mālik ne soupçonne pas l’opération de dissimuler un échange monétaire à terme. Si l’acheteur reçoit des dirhams à la place des dinars, il ne le soupçonne pas non plus de procéder à un change différé. Il en va de même s’il reçoit des dinars d’une autre catégorie que ceux qui constituaient le prix du salam.

Quant à la vente du bien faisant l’objet du salam à un tiers autre que le vendeur tenu de le livrer, elle est permise contre tout bien pouvant servir de contrepartie dans une vente, pourvu que le bien faisant l’objet du salam ne soit pas une denrée alimentaire : l’opération ne comporte alors pas de vente de denrées alimentaires avant leur réception.

Quant à la résolution du contrat d’un commun accord, Mālik exige qu’elle ne comporte ni augmentation ni diminution. Si elle en comporte une, elle devient une vente et se trouve soumise aux règles des ventes (je veux dire qu’elle est alors invalidée, selon lui, par ce qui invalide les ventes à terme : par exemple, lorsqu’elle sert de moyen détourné pour associer une vente à un prêt, pour obtenir un paiement anticipé moyennant une réduction de la dette, ou pour vendre le bien faisant l’objet du salam contre une contrepartie interdite).

Voici un exemple où intervient l’association d’une vente et d’un prêt : à l’échéance, l’acheteur reçoit une partie du bien dû et convient avec le vendeur de résoudre le contrat pour le reste. Cela n’est pas permis selon Mālik, car l’opération peut servir de moyen détourné pour associer une vente à un prêt. Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa l’autorisent, car ils n’interdisent pas les ventes au motif qu’elles peuvent servir de moyens détournés vers une opération illicite.

Question.

Les savants divergent sur le fait d’utiliser, après la résolution du contrat d’un commun accord, le prix initial du salam pour acheter au vendeur un bien qu’il n’aurait pas été permis de recevoir avant cette résolution.

Certains l’interdisent absolument, considérant que la résolution du contrat sert alors de moyen détourné pour autoriser ce qui ne l’est pas. Tel est l’avis d’Abū Hanīfa et de ses disciples, ainsi que de Mālik et de ses disciples. Toutefois, chez Abū Hanīfa, cette interdiction est absolue, puisqu’il interdit absolument la vente du bien faisant l’objet du salam avant sa réception. Quant à Mālik,

أَحَدُهُمَا: إِذَا كَانَ الْمُسْلَمُ فِيهِ طَعَامًا، وَذَلِكَ بِنَاءً عَلَى مَذْهَبِهِ فِي أَنَّ الَّذِي يُشْتَرَطُ فِي بَيْعِهِ الْقَبْضُ هُوَ الطَّعَامُ عَلَى مَا جَاءَ عَلَيْهِ النَّصُّ فِي الْحَدِيثِ. وَالثَّانِي: إِذَا لَمْ يَكُنِ الْمُسْلَمُ فِيهِ طَعَامًا فَأَخَذَ عِوَضَهُ الْمُسْلِمُ مَا لَا يَجُوزُ أَنْ يُسْلِمَ فِيهِ رَأْسَ مَالِهِ، مِثْلُ أَنْ يَكُونَ الْمُسْلَمُ فِيهِ عَرَضًا، وَالثَّمَنُ عَرَضًا مُخَالِفًا لَهُ فَيَأْخُذُ الْمُسْلِمُ مِنَ الْمُسْلَمِ إِلَيْهِ إِذَا حَانَ الْأَجَلُ شَيْئًا مِنْ جِنْسِ ذَلِكَ الْعَرَضِ الَّذِي هُوَ الثَّمَنُ، وَذَلِكَ أَنَّ هَذَا يَدْخُلُهُ إِمَّا سَلَفٌ، وَزِيَادَةٌ إِنْ كَانَ الْعَرَضُ الْمَأْخُوذُ أَكْثَرَ مِنْ رَأْسِ مَالِ السَّلَمِ، وَإِمَّا ضَمَانٌ، وَسَلَفٌ إِنْ كَانَ مِثْلَهُ أَوْ أَقَلَّ. وَكَذَلِكَ إِنْ كَانَ رَأْسُ مَالِ السَّلَمِ طَعَامًا لَمْ يَجُزْ أَنْ يَأْخُذَ فِيهِ طَعَامًا آخَرَ أَكْثَرَ، لَا مِنْ جِنْسِهِ وَلَا مِنْ غَيْرِ جِنْسِهِ، فَإِنْ كَانَ مِثْلَ طَعَامِهِ فِي الْجِنْسِ، وَالْكَيْلِ، وَالصِّفَةِ فِيمَا حَكَاهُ عَبْدُ الْوَهَّابِ جَازَ; لِأَنَّهُ يَحْمِلُهُ عَلَى الْعُرُوضِ. وَكَذَلِكَ يَجُوزُ عِنْدَهُ أَنْ يَأْخُذَ مِنَ الطَّعَامِ الْمُسْلَمِ فِيهِ طَعَامًا مِنْ صِفَتِهِ، وَإِنْ كَانَ أَقَلَّ جَوْدَةً ; لِأَنَّهُ عِنْدَهُ مِنْ بَابِ الْبَدَلِ فِي الدَّنَانِيرِ. وَالْإِحْسَانُ مِثْلُ أَنْ يَكُونَ لَهُ عَلَيْهِ قَمْحٌ فَيَأْخُذَ بِمَكِيلَتِهِ شَعِيرًا، وَهَذَا كُلُّهُ مِنْ شَرْطِهِ عِنْدَ مَالِكٍ أَنْ لَا يَتَأَخَّرَ الْقَبْضُ; لِأَنَّهُ يَدْخُلُهُ الدَّيْنُ بِالدَّيْنِ. وَإِنْ كَانَ رَأْسُ مَالِ السَّلَمِ عَيْنًا وَأَخَذَ الْمُسْلِمُ فِيهِ عَيْنًا مِنْ جِنْسِهِ جَازَ مَا لَمْ يَكُنْ أَكْثَرَ مِنْهُ، وَلَمْ يَتَّهِمْهُ عَلَى بَيْعِ الْعَيْنِ بِالْعَيْنِ نَسِيئَةً إِذَا كَانَ مِثْلَهُ، أَوْ أَقَلَّ، وَإِنْ أَخَذَ دَرَاهِمَ فِي دَنَانِيرَ لَمْ يَتَّهِمْهُ عَلَى الصَّرْفِ الْمُتَأَخِّرِ، وَكَذَلِكَ إِنْ أَخَذَ فِيهِ دَنَانِيرَ مِنْ غَيْرِ صِنْفِ الدَّنَانِيرِ الَّتِي هِيَ رَأْسُ مَالِ السَّلَمِ. وَأَمَّا بَيْعُ السَّلَمِ مِنْ غَيْرِ الْمُسْلَمِ إِلَيْهِ: فَيَجُوزُ بِكُلِّ شَيْءٍ يَجُوزُ التَّبَايُعُ بِهِ مَا لَمْ يَكُنْ طَعَامًا; لِأَنَّهُ لَا يَدْخُلُهُ بَيْعُ الطَّعَامِ قَبْلَ قَبْضِهِ. وَأَمَّا الْإِقَالَةُ: فَمِنْ شَرْطِهَا عِنْدَ مَالِكٍ أَنْ لَا يَدْخُلَهَا زِيَادَةٌ وَلَا نُقْصَانٌ، فَإِنْ دَخَلَهَا زِيَادَةٌ أَوْ نُقْصَانٌ كَانَ بَيْعًا مِنَ الْبُيُوعِ، وَدَخَلَهَا مَا يَدْخُلُ الْبُيُوعَ (أَعْنِي: أَنَّهَا تَفْسَدُ عِنْدَهُ بِمَا يُفْسِدُ بُيُوعَ الْآجَالِ مِثْلُ أَنْ يَتَذَرَّعَ إِلَى بَيْعٍ وَسَلَفٍ، أَوْ إِلَى: ضَعْ وَتَعَجَّلْ، أَوْ إِلَى بَيْعِ السَّلَمِ بِمَا لَا يَجُوزُ بَيْعُهُ) . مِثَالُ ذَلِكَ: فِي دُخُولِ بَيْعٍ، وَسَلَفٍ بِهِ إِذَا حَلَّ الْأَجَلُ، فَأَقَالَهُ عَلَى أَنْ أَخَذَ الْبَعْضَ، وَأَقَالَ مِنَ الْبَعْضِ، فَإِنَّهُ لَا يَجُوزُ عِنْدَهُ، فَإِنَّهُ يَدْخُلُهُ التَّذَرُّعُ إِلَى بَيْعٍ وَسَلَفٍ، وَذَلِكَ جَائِزٌ عِنْدَ الشَّافِعِيِّ، وَأَبِي حَنِيفَةَ ; لِأَنَّهُمَا لَا يَقُولَانِ بِتَحْرِيمِ بُيُوعِ الذَّرَائِعِ. مَسْأَلَةٌ: اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الشِّرَاءِ بِرَأْسِ مَالِ السَّلَمِ مِنَ الْمُسْلَمِ إِلَيْهِ شَيْئًا بَعْدَ الْإِقَالَةِ بِمَا لَا يَجُوزُ قَبْلَ الْإِقَالَةِ: فَمِنَ الْعُلَمَاءِ مَنْ لَمْ يُجِزْهُ أَصْلًا، وَرَأَى أَنَّ الْإِقَالَةَ ذَرِيعَةٌ إِلَى أَنْ يُجَوِّزَ مِنْ ذَلِكَ مَا لَا يَجُوزُ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ، وَمَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ، إِلَّا أَنَّ عِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ لَا يَجُوزُ عَلَى الْإِطْلَاقِ، إِذْ كَانَ لَا يَجُوزُ عِنْدَهُ بَيْعُ الْمُسْلَمِ فِيهِ قَبْلَ الْقَبْضِ عَلَى الْإِطْلَاقِ; وَمَالِكٌ

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