Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et le salut — de vendre un animal contre un autre à terme.

Le principal argument de ceux qui autorisent le salam portant sur les animaux est ce qui est rapporté d’Ibn ‘Umar :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — lui ordonna d’équiper une armée. Les chameaux venant à manquer, il lui ordonna d’en acquérir contre de jeunes chamelles à prélever sur l’aumône. Il prit donc un chameau contre deux, à livrer lorsque parviendraient les chameaux de l’aumône. »

Ils invoquent également le hadith d’Abū Rāfi‘ :

« Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — emprunta un jeune chameau. »

Ils disent que tout cela montre qu’un animal peut faire l’objet d’une dette.

Leur divergence tient donc à deux raisons : d’une part, la contradiction entre les traditions rapportées à ce sujet ; d’autre part, l’incertitude quant à la possibilité de définir précisément un animal par ses caractéristiques. Ceux qui considèrent les différences de constitution et de qualités entre les animaux, notamment leurs dispositions, estiment qu’une telle définition n’est pas possible. Ceux qui considèrent leurs ressemblances estiment qu’elle l’est.

De là découle aussi leur divergence concernant les œufs, les perles et d’autres biens. Abū Hanīfa n’autorise pas le salam portant sur les œufs, tandis que Mālik l’autorise en les déterminant par leur nombre.

Il en va de même de la viande : Mālik et al-Shāfi‘ī l’autorisent, tandis qu’Abū Hanīfa l’interdit.

Quant au salam portant sur les têtes et les pieds d’animaux, Mālik l’autorise et Abū Hanīfa l’interdit. Des avis divergents sont rapportés d’Abū Hanīfa et d’al-Shāfi‘ī à ce sujet.

De même, Mālik autorise le salam portant sur les perles et les pierres de joaillerie, tandis qu’al-Shāfi‘ī l’interdit.

Notre propos, dans ces questions, est seulement d’exposer les principes qui structurent la Loi, non de recenser les cas particuliers, dont le nombre ne saurait être circonscrit.

Quant aux conditions du salam, certaines font l’objet d’un accord, tandis que d’autres sont controversées. Celles qui font l’objet d’un accord sont au nombre de six.

L’une d’elles est que le prix et le bien vendu puissent être échangés à terme. Le salam est exclu lorsque le report n’est pas permis : cette interdiction tient à l’identité des usages selon Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde —, à l’identité du genre selon Abū Hanīfa, ou à la prise en compte du caractère alimentaire conjointement au genre selon al-Shāfi‘ī, dans son analyse de la cause juridique de l’interdiction du report.

Une autre condition est que le bien soit déterminé par une mesure de volume, un poids ou un nombre, lorsqu’il est de nature à être quantifié, ou défini précisément par ses caractéristiques lorsque celles-ci constituent ce qui est recherché.

Une autre est qu’il soit disponible à l’échéance.

Une autre encore est que le versement du prix ne soit pas reporté à une échéance lointaine, afin que l’opération ne relève pas de l’échange d’une dette contre une dette. Tel est le principe général.

Ils ont soumis à des conditions la stipulation d’un report de deux ou trois jours pour le versement du prix, après s’être accordés sur l’interdiction d’un report prolongé ou sans limitation. Mālik autorise ainsi à stipuler un report de deux ou trois jours ; il autorise également le report sans stipulation préalable. Abū Hanīfa considère, quant à lui, que la prise de possession réciproque au cours de la séance contractuelle est une condition du salam, comme pour le change. Telles sont donc les six conditions sur lesquelles ils s’accordent.

وَالسَّلَامُ - عَنْ بَيْعِ الْحَيَوَانِ بِالْحَيَوَانِ نَسِيئَةً. وَعُمْدَةُ مَنْ أَجَازَ السَّلَمَ فِي الْحَيَوَانِ: مَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَمَرَهُ أَنْ يُجَهِّزَ جَيْشًا، فَنَفَدَتِ الْإِبِلُ، فَأَمَرَهُ أَنْ يَأْخُذَ عَلَى قِلَاصِ الصَّدَقَةِ، فَأَخَذَ الْبَعِيرَ بِالْبَعِيرَيْنِ إِلَى إِبِلِ الصَّدَقَةِ» . وَحَدِيثُ أَبِي رَافِعٍ أَيْضًا: «أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - اسْتَسْلَفَ بَكْرًا» . قَالُوا: وَهَذَا كُلُّهُ يَدُلُّ عَلَى ثُبُوتِهِ فِي الذِّمَّةِ. فَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ شَيْئَانِ: أَحَدُهُمَا: تَعَارُضُ الْآثَارِ فِي هَذَا الْمَعْنَى. وَالثَّانِي: تَرَدُّدُ الْحَيَوَانِ بَيْنَ أَنْ يُضْبَطَ بِالصِّفَةِ أَوْ لَا يُضْبَطُ. فَمَنْ نَظَرَ إِلَى تَبَايُنِ الْحَيَوَانِ فِي الْخَلْقِ، وَالصِّفَاتِ وَبِخَاصَّةٍ صِفَاتُ النَّفْسِ قَالَ: لَا تَنْضَبِطُ. وَمَنْ نَظَرَ إِلَى تَشَابُهِهَا قَالَ: تَنْضَبِطُ. وَمِنْهَا اخْتِلَافُهُمْ فِي الْبَيْضِ وَالدُّرِّ وَغَيْرِ ذَلِكَ: فَلَمْ يُجِزْ أَبُو حَنِيفَةَ السَّلَمَ فِي الْبَيْضِ، وَأَجَازَهُ مَالِكٌ بِالْعَدَدِ. وَكَذَلِكَ فِي اللَّحْمِ: أَجَازَهُ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَمَنَعَهُ أَبُو حَنِيفَةَ. وَكَذَلِكَ السَّلَمُ فِي الرُّءُوسِ وَالْأَكَارِعِ: وأَجَازَهُ مَالِكٌ، وَمَنَعَهُ أَبُو حَنِيفَةَ. وَاخْتَلَفَ فِي ذَلِكَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيِّ. وَكَذَلِكَ السَّلَمُ فِي الدُّرِّ وَالْفُصُوصِ: أَجَازَهُ مَالِكٌ، وَمَنَعَهُ الشَّافِعِيُّ. وَقَصْدُنَا مِنْ هَذِهِ الْمَسَائِلِ إِنَّمَا هُوَ الْأُصُولُ الضَّابِطَةُ لِلشَّرِيعَةِ لَا إِحْصَاءُ الْفُرُوعِ; لِأَنَّ ذَلِكَ غَيْرُ مُنْحَصِرٍ. وَأَمَّا شُرُوطُهُ: فَمِنْهَا مُجْمَعٌ عَلَيْهَا وَمِنْهَا مُخْتَلَفٌ فِيهَا: أَمَّا الْمُجْمَعُ عَلَيْهَا: فَهِيَ سِتَّةٌ: مِنْهَا: أَنْ يَكُونَ الثَّمَنُ، وَالْمَثْمُونُ مِمَّا يَجُوزُ فِيهِ النَّسَاءُ، وَامْتِنَاعُهُ فِيمَا لَا يَجُوزُ فِيهِ النَّسَاءُ، وَذَلِكَ إِمَّا اتِّفَاقُ الْمَنَافِعِ عَلَى مَا يَرَاهُ مَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ -، وَإِمَّا اتِّفَاقُ الْجِنْسِ عَلَى مَا يَرَاهُ أَبُو حَنِيفَةَ، وَإِمَّا اعْتِبَارُ الطُّعْمِ مَعَ الْجِنْسِ عَلَى مَا يَرَاهُ الشَّافِعِيُّ فِي عِلَّةِ النَّسَاءِ. وَمِنْهَا: أَنْ يَكُونَ مُقَدَّرًا إِمَّا بِالْكَيْلِ، أَوْ بِالْوَزْنِ، أَوْ بِالْعَدَدِ إِنْ كَانَ مِمَّا شَأْنُهُ أَنْ يَلْحَقَهُ التَّقْدِيرُ، أَوْ مُنْضَبِطًا بِالصِّفَةِ إِنْ كَانَ مِمَّا الْمَقْصُودُ مِنْهُ الصِّفَةَ. وَمِنْهَا: أَنْ يَكُونَ مَوْجُودًا عِنْدَ حُلُولِ الْأَجَلِ. وَمِنْهَا: أَنْ يَكُونَ الثَّمَنُ غَيْرَ مُؤَجَّلٍ أَجَلًا بَعِيدًا، لِئَلَّا يَكُونَ مِنْ بَابِ الْكَالِئِ بِالْكَالِئِ، هَذَا فِي الْجُمْلَةِ. وَاشترطوا فِي اشْتِرَاطِ الْيَوْمَيْنِ وَالثَّلَاثَةِ فِي تَأْخِيرِ نَقْدِ الثَّمَنِ بَعْدَ اتِّفَاقِهِمْ عَلَى أَنْ لَا يَجُوزَ فِي الْمُدَّةِ الْكَثِيرَةِ، وَلَا مُطْلَقًا، فَأَجَازَ مَالِكٌ اشْتِرَاطَ تَأْخِيرِ الْيَوْمَيْنِ، وَالثَّلَاثَةِ، وَأَجَازَ تَأْخِيرُهُ بِلَا شَرْطٍ. وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ إِلَى أَنَّ مَنْ شَرْطُهُ التَّقَابُضُ فِي الْمَجْلِسِ كَالصَّرْفِ، فَهَذِهِ سِتَّةٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهَا.

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