Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

il prend possession d’une partie des sommes échangées tandis que la remise du reste est différée (je parle du change conclu pour une exécution immédiate). Selon un avis, le change est entièrement annulé : c’est la position d’al-Shāfi‘ī. Selon un autre, seule la partie différée est annulée : c’est la position d’Abū Hanīfa, de Muhammad et d’Abū Yūsuf. Ces deux avis existent au sein de l’école malikite.

Cette divergence porte sur la question suivante : lorsqu’une transaction unique comporte un élément illicite, faut-il l’annuler entièrement ou seulement dans sa partie illicite ?

Cinquième question

Les savants s’accordent à permettre l’échange à poids égal de l’or contre de l’or et de l’argent contre de l’argent, même si le nombre de pièces diffère, puisque le poids est identique, à condition que les deux lots d’or soient de même qualité.

Ils divergent toutefois sur cet échange dans deux cas. Le premier est celui où les deux lots d’or sont de qualités différentes. Le second est celui où l’un des deux lots pèse moins que l’autre et où l’on souhaite compenser cette différence par l’ajout d’une marchandise, ou de dirhams si l’échange porte sur de l’or, ou encore d’or s’il porte sur des dirhams.

Concernant le premier cas (celui où les lots échangés diffèrent par leur bonne ou mauvaise qualité), Mālik considère que si l’un des contractants fournit de l’or d’une seule qualité et que l’autre fournit deux qualités d’or, l’une supérieure et l’autre inférieure à cette qualité unique, l’échange n’est pas permis. En revanche, si l’or de qualité unique (je veux dire celui que le premier fournit seul) est de qualité supérieure aux deux sortes d’or fournies par l’autre, ou inférieure à toutes deux, ou encore égale à l’une et supérieure à l’autre, il permet cet échange à poids égal.

Al-Shāfi‘ī dit : « Lorsque les deux lots d’or sont de qualités différentes, cela n’est pas permis. »

Abū Hanīfa, ainsi que l’ensemble des juristes de Kūfa et de Bassora, permettent tous ces cas.

Mālik fonde cette interdiction sur le soupçon de contournement, ce qui revient à retenir le principe consistant à barrer les voies menant à l’illicite. Il soupçonne en effet celui qui procède à cet échange de ne viser, par ce moyen, qu’un échange d’or contre de l’or en quantités inégales. C’est comme s’il donnait une portion de l’or de qualité moyenne contre une quantité plus importante d’or de qualité inférieure, ou contre une quantité moindre d’or de qualité supérieure. Il emploierait ainsi ce procédé pour parvenir à échanger de l’or contre de l’or en quantités inégales.

Voici un exemple : quelqu’un dit à un autre : « Prends de moi vingt-cinq mithqāls d’or de qualité moyenne contre vingt de qualité supérieure. » L’autre répond : « Cela ne nous est pas permis. Mais je te donnerai vingt mithqāls de qualité supérieure et dix d’une qualité inférieure à celle de ton or, et tu me donneras trente mithqāls de qualité moyenne. Les dix de qualité inférieure auront ainsi pour contrepartie cinq mithqāls de ton or, et les vingt d’or de qualité moyenne auront pour contrepartie les vingt de ton or de qualité supérieure. »

Al-Shāfi‘ī se fonde sur la différence de valeur entre les lots. Abū Hanīfa, quant à lui, se fonde sur leur égalité de poids et rejette le principe consistant à barrer les voies menant à l’illicite.

Leur divergence est semblable concernant le change effectué en comptant les pièces (je veux dire lorsque les deux lots d’or, ou les différents lots d’or, ne sont pas de même qualité).

Quant à leur divergence lorsque l’un des lots échangés à poids égal présente un déficit et que l’un des contractants souhaite ajouter un autre bien, soumis ou non aux règles de l’usure, elle est proche de celle que nous venons d’exposer. C’est le cas, par exemple, lorsque l’un des deux procède à un échange à poids égal

قَبَضَ بَعْضَ الصَّرْفِ وَتَأَخَّرَ بَعْضُهُ (أَعْنِي: الصَّرْفَ الْمُنْعَقِدَ عَلَى التَّنَاجُزِ) : فَقِيلَ: يَبْطُلُ الصَّرْفُ كُلُّهُ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ ; وَقِيلَ: يَبْطُلُ مِنْهُ الْمُتَأَخِّرُ فَقَطْ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَمُحَمَّدٌ وَأَبُو يُوسُفَ، وَالْقَوْلَانِ فِي الْمَذْهَبِ. وَمَبْنَى الْخِلَافِ فِي الصَّفْقَةِ الْوَاحِدَةِ يُخَالِطُهَا حَرَامٌ ; هَلْ تَبْطُلُ الصَّفْقَةُ كُلُّهَا، أَوِ الْحَرَامُ مِنْهَا فَقَطْ؟ الْمَسْأَلَةُ الْخَامِسَةُ: ; أَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ الْمُرَاطَلَةَ جَائِزَةٌ فِي الذَّهَبِ بِالذَّهَبِ وَفِي الْفِضَّةِ بِالْفِضَّةِ، وَإِنِ اخْتَلَفَ الْعَدَدُ لِاتِّفَاقِ الْوَزْنِ، وَذَلِكَ إِذَا كَانَتْ صِفَةُ الذَّهَبَيْنِ وَاحِدَةٌ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْمُرَاطَلَةِ فِي مَوْضِعَيْنِ: أَحَدُهُمَا: أَنْ تَخْتَلِفَ صِفَةُ الذَّهَبَيْنِ. وَالثَّانِي أَنْ يَنْقُصَ أَحَدُ الذَّهَبَيْنِ عَنِ الْآخَرِ، فَيُرِيدُ الْآخَرُ أَنْ يَزِيدَ بِذَلِكَ عَرَضًا، أَوْ دَرَاهِمَ إِنْ كَانَتِ الْمُرَاطَلَةُ بِذَهَبٍ، أَوْ ذَهَبًا إِنْ كَانَتِ الْمُرَاطَلَةُ بِدَرَاهِمَ. فَذَهَبَ مَالِكٌ: أَمَّا فِي الْمَوْضِعِ الْأَوَّلِ (وَهُوَ أَنْ يَخْتَلِفَ جِنْسُ الْمُرَاطَلِ بِهِمَا فِي الْجَوْدَةِ وَالرَّدَاءَةِ) : أَنَّهُ مَتَى رَاطَلَ بِأَحَدِهِمَا بِصِنْفٍ مِنَ الذَّهَبِ الْوَاحِدِ، وَأَخْرَجَ الْآخَرَ ذَهَبَيْنِ، أَحَدُهُمَا أَجْوَدُ مِنْ ذَلِكَ الصِّنْفِ الْوَاحِدِ وَالْآخَرُ أَرْدَأُ، فَإِنَّ ذَلِكَ عِنْدَهُ لَا يَجُوزُ، وَإِنْ كَانَ الصِّنْفُ الْوَاحِدُ مِنَ الذَّهَبَيْنِ (أَعْنِي: الَّذِي أَخْرَجَهُ وَحْدَهُ) أَجْوَدُ مِنَ الذَّهَبَيْنِ الْمُخْتَلِفَيْنِ اللَّذَيْنِ أَخْرَجَهُمَا الْآخَرُ، أَوْ أَرْدَأُ مِنْهُمَا مَعًا، أَوْ مِثْلُ أَحَدِهِمَا وَأَجْوَدُ مِنَ الثَّانِي، جَازَتِ الْمُرَاطَلَةُ عِنْدَهُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: إِذَا اخْتَلَفَ الذَّهَبَانِ فَلَا يَجُوزُ ذَلِكَ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَجَمِيعُ الْكُوفِيِّينَ، وَالْبَصْرِيِّينَ: يَجُوزُ جَمِيعُ ذَلِكَ. وَعُمْدَةُ مَذْهَبِ مَالِكٍ فِي مَنْعِهِ ذَلِكَ: الِاتِّهَامُ، وَهُوَ مُصَيِّرٌ إِلَى الْقَوْلِ بِسَدِّ الذَّرَائِعِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ يَتَّهِمُ أَنْ يَكُونَ الْمُرَاطِلُ إِنَّمَا قَصَدَ بِذَلِكَ بَيْعَ الذَّهَبَيْنِ مُتَفَاضِلًا، فَكَأَنَّهُ أَعْطَى جُزْءًا مِنَ الْوَسَطِ بِأَكْثَرَ مِنْهُ مِنَ الْأَرْدَأ، أَوْ بِأَقَلَّ مِنْهُ مِنَ الْأَعْلَى، فَيَتَذَرَّعُ مِنْ ذَلِكَ إِلَى بَيْعِ الذَّهَبِ بِالذَّهَبِ مُتَفَاضِلًا، مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ إِنْسَانًا قَالَ لِآخَرَ: خُذْ مِنِّي خَمْسَةً وَعِشْرِينَ مِثْقَالًا وَسَطًا بِعِشْرِينَ مِنَ الْأَعْلَى، فَقَالَ: لَا يَجُوزُ هَذَا لَنَا، وَلَكِنْ أُعْطِيكَ عِشْرِينَ مِنَ الْأَعْلَى، وَعَشَرَةً أَدْنَى مِنْ ذَهَبِكَ، وَتُعْطِينِي أَنْتَ ثَلَاثِينَ مِنَ الْوَسَطِ، فَتَكُونُ الْعَشَرَةُ الْأَدْنَى يُقَابِلُهَا خَمْسَةٌ مِنْ ذَهَبِكَ، وَيُقَابِلُ الْعِشْرِينَ مِنْ ذَهَبِ الْوَسَطِ الْعِشْرِينَ مِنْ ذَهَبِكَ الْأَعْلَى. وَعُمْدَةُ الشَّافِعِيِّ: اعْتِبَارُ التَّفَاضُلِ الْمَوْجُودِ فِي الْقِيمَةِ. وَعُمْدَةُ أَبِي حَنِيفَةَ: اعْتِبَارُ وُجُودِ الْوَزْنِ مِنَ الذَّهَبَيْنِ وَرَدُّ الْقَوْلِ بِسَدِّ الذَّرَائِعِ. وَكَمَثَلِ اخْتِلَافِهِمْ فِي الْمُصَارَفَةِ الَّتِي تَكُونُ بِالْعَدَدِ (أَعْنِي: إِذَا اخْتَلَفَتْ جَوْدَةُ الذَّهَبَيْنِ أَوِ الْأَذْهَابِ. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ إِذَا نَقَصَتِ الْمُرَاطَلَةُ، فَأَرَادَ أَحَدُهُمَا أَنْ يَزِيدَ شَيْئًا آخَرَ مِمَّا فِيهِ الرِّبَا، أَوْ مِمَّا لَا رِبَا فِيهِ، فَقَرِيبٌ مِنْ هَذَا الِاخْتِلَافِ، مِثْلُ أَنْ يُرَاطِلَ أَحَدُهُمَا

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