Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quant à l’esclave vierge, le rapport constitue un défaut qui, selon Mālik, ouvre à l’acheteur le choix précédemment exposé. Un avis semblable a été rapporté d’al-Shāfi‘ī.

‘Uthmān al-Battī dit : « Pour cette catégorie d’esclaves, l’effet du rapport s’apprécie selon l’usage. S’il influe sur la valeur, le vendeur rembourse la moins-value ; sinon, il ne doit rien. » Telles sont les règles relatives à la diminution survenue dans les biens vendus.

Quant à l’accroissement survenu après la vente — j’entends ce qui est issu du bien et s’en est séparé —, les savants divergent à son sujet.

Al-Shāfi‘ī estime qu’il ne fait pas obstacle à la restitution et qu’il appartient à l’acheteur, en vertu de la portée générale de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Les revenus reviennent à celui qui assume les risques. »

Mālik fait toutefois exception pour la progéniture, qui doit, selon lui, être rendue au vendeur. L’acheteur ne peut alors que restituer ensemble le bien initial et ce qui en est issu, ou conserver le tout.

Abū Hanīfa dit : « Tous les accroissements empêchent la restitution et ouvrent droit à une indemnité correspondant au défaut, à l’exception des fruits et des gains. » Son argument est que ce qui est issu du bien vendu entre dans le contrat. Puisqu’il n’est pas possible de restituer le bien avec ce qui en est issu, il y a là un empêchement à la restitution qui ouvre droit à une indemnité correspondant au défaut. Cela ne s’applique pas aux revenus et aux fruits dont la Loi a expressément fixé le statut.

Quant à l’accroissement qui affecte le bien lui-même sans s’en séparer, comme la teinture ou les motifs décoratifs ajoutés à une étoffe, il ouvre, dans l’école, un choix à l’acheteur : soit conserver le bien et réclamer une indemnité correspondant au défaut, soit le restituer et devenir copropriétaire avec le vendeur à hauteur de la valeur de l’amélioration apportée.

Quant au développement corporel, tel que l’engraissement, un avis de l’école affirme qu’il ouvre ce choix, tandis qu’un autre le nie. Il en va de même pour la diminution consistant en un amaigrissement. Voilà ce qu’il en est des règles relatives aux transformations du bien.

[Cinquième section : Du jugement et de ses variations en cas de désaccord entre les parties à la vente]

Cinquième section
Du jugement et de ses variations en cas de désaccord entre les parties à la vente

Quant à la manière de statuer en appliquant ces règles, lorsque le vendeur et l’acheteur reconnaissent tous deux l’une des situations exposées ici, il faut appliquer la règle propre à cette situation. Si le vendeur conteste la prétention du demandeur, il nie soit l’existence du défaut, soit sa survenue alors que le bien était encore chez lui.

S’il nie l’existence du défaut dans le bien vendu et que ce défaut peut être constaté par tout un chacun, le témoignage de deux personnes intègres, quelles qu’elles soient, suffit. Si sa connaissance relève d’un métier particulier, ce sont les gens de ce métier qui en témoignent. Selon un avis de l’école, il faut deux témoins intègres ; selon un autre, ni l’intégrité, ni le nombre, ni l’appartenance à l’islam ne sont requis.

Il en va de même lorsqu’ils divergent sur l’incidence du défaut sur la valeur, ou sur sa survenue avant ou après la vente. Si l’acheteur ne dispose pas de preuve, le vendeur jure que le défaut n’est pas survenu chez lui. En revanche, si l’acheteur ne dispose d’aucune preuve de l’existence même du défaut dans le bien vendu, le vendeur n’est pas tenu de prêter serment à sa demande.

Lorsqu’une indemnité correspondant au défaut est due, on procède ainsi : on estime le bien exempt de défaut, puis affecté du défaut, et l’acheteur verse la différence entre les deux estimations.

Lorsque le droit de choisir est établi, on procède à trois estimations : celle du bien exempt de défaut, celle du bien affecté du défaut survenu chez le vendeur, et celle du bien affecté du défaut survenu chez l’acheteur. Le vendeur rembourse alors le prix, dont on déduit une somme calculée à proportion de

وَأَمَّا الْبِكْرُ فَهُوَ عَيْبٌ يَثْبُتُ عِنْدَهُ لِلْمُشْتَرِي الْخِيَارُ عَلَى مَا سَلَفَ مِنْ رَأْيِهِ، وَقَدْ رُوِيَ مِثْلُ هَذَا الْقَوْلِ عَنِ الشَّافِعِيِّ. وَقَالَ عُثْمَانُ الْبَتِّيُّ: الْوَطْءُ مُعْتَبَرٌ فِي الْعُرْفِ فِي ذَلِكَ النَّوْعِ مِنَ الرَّقِيقِ، فَإِنْ كَانَ لَهُ أَثَرٌ فِي الْقِيمَةِ رَدَّ الْبَائِعُ مَا نَقَصَ، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ لَهُ أَثَرٌ لَمْ يَلْزَمْهُ شَيْءٌ، فَهَذَا هُوَ حُكْمُ النُّقْصَانِ الْحَادِثِ فِي الْمَبِيعَاتِ. وَأَمَّا الزِّيَادَةُ الْحَادِثَةُ فِي الْمَبِيعِ (أَعْنِي: الْمُتَوَلِّدَةُ الْمُنْفَصِلَةُ مِنْهُ) ، فَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِيهَا: فَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ: إِلَى أَنَّهَا غَيْرُ مُؤَثِّرَةٍ فِي الرَّدِّ، وَأَنَّهَا لِلْمُشْتَرِي لِعُمُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «الْخَرَاجُ بِالضَّمَانِ» . وَأَمَّا مَالِكٌ: فَاسْتَثْنَى مِنْ ذَلِكَ الْوَلَدَ فَقَالَ: يَرُدُّ لِلْبَائِعِ، وَلَيْسَ لِلْمُشْتَرِي إِلَّا الرَّدُّ الزَّائِدُ مَعَ الْأَصْلِ أَوِ الْإِمْسَاكُ. قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: الزَّوَائِدُ كُلُّهَا تَمْنَعُ الرَّدَّ، وَتُوجِبُ أَرْشَ الْعَيْبِ إِلَّا الْغَلَّةَ وَالْكَسْبَ. وَحُجَّتُهُ أَنَّ مَا تَوَلَّدَ عَنِ الْمَبِيعِ دَاخِلٌ فِي الْعَقْدِ، فَلَمَّا لَمْ يَكُنْ رَدُّهُ وَرَدُّ مَا تَوَلَّدَ عَنْهُ كَانَ ذَلِكَ فَوْتًا يَقْتَضِي أَرْشَ الْعَيْبِ لَا مَا نَصَّصَهُ الشَّرْعُ مِنَ الْخَرَاجِ وَالْغَلَّةِ. وَأَمَّا الزِّيَادَةُ الْحَادِثَةُ فِي نَفْسِ الْمَبِيعِ الغَيْرُ مُنْفَصِلَةِ عَنْهُ: فَإِنَّهَا إِنْ كَانَتْ مِثْلَ الصَّبْغِ فِي الثَّوْبِ وَالرَّقْمِ في الثوب، فَإِنَّهَا تُوجِبُ الْخِيَارَ فِي الْمَذْهَبِ: إِمَّا الْإِمْسَاكُ، وَالرُّجُوعُ بِقِيمَةِ الْعَيْبِ، وَإِمَّا فِي الرَّدِّ، وَكَوْنِهِ شَرِيكًا مَعَ الْبَائِعِ بِقِيمَةِ الزِّيَادَةِ. وَأَمَّا النَّمَاءُ فِي الْبَدَنِ مِثْلُ السِّمَنِ: فَقَدْ قِيلَ فِي الْمَذْهَبِ يَثْبُتُ بِهِ الْخِيَارُ، وَقِيلَ: لَا يَثْبُتُ، وَكَذَلِكَ النَّقْصُ الَّذِي هُوَ الْهُزَالُ، فَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ فِي حُكْمِ التَّغْيِيرِ. [الْفَصْلُ الْخَامِسُ فِي الْقَضَاءِ فِي اخْتِلَافِ الْحُكْمِ عِنْدَ اخْتِلَافِ الْمُتَبَايِعَيْنِ] الْفَصْلُ الْخَامِسُ. فِي الْقَضَاءِ فِي اخْتِلَافِ الْحُكْمِ عِنْدَ اخْتِلَافِ الْمُتَبَايِعَيْنِ. وَأَمَّا صِفَةُ الْحُكْمِ فِي الْقَضَاءِ بِهَذِهِ الْأَحْكَامِ: فَإِنَّهُ إِذَا تَقَارَّ الْبَائِعُ وَالْمُشْتَرِي عَلَى حَالَةٍ مِنْ هَذِهِ الْأَحْوَالِ الْمَذْكُورَةِ هَاهُنَا وَجَبَ الْحُكْمُ الْخَاصُّ بِتِلْكَ الْحَالِ، فَإِنْ أَنْكَرَ الْبَائِعُ دَعْوَى الْقَائِمِ، فَلَا يَخْلُو أَنْ يُنْكِرَ وُجُودَ الْعَيْبِ، أَوْ يُنْكِرَ حُدُوثَهُ عِنْدَهُ. فَإِنْ أَنْكَرَ وُجُودَ الْعَيْبِ بِالْمَبِيعِ: فَإِنْ كَانَ الْعَيْبُ يَسْتَوِي فِي إِدْرَاكِهِ جَمِيعُ النَّاسِ كَفَى فِي ذَلِكَ شَاهِدَانِ عَدْلَانِ مِمَّنِ اتَّفَقَ مِنَ النَّاسِ، وَإِنْ كَانَ مِمَّا يَخْتَصُّ بِعِلْمِهِ أَهْلُ صِنَاعَةٍ مَا، شَهِدَ بِهِ أَهْلُ تِلْكَ الصِّنَاعَةِ، فَقِيلَ فِي الْمَذْهَبِ عَدْلَانِ. وَقِيلَ لَا يُشْتَرَطُ فِي ذَلِكَ الْعَدَالَةُ وَلَا الْعَدَدُ وَلَا الْإِسْلَامُ. وَكَذَلِكَ الْحَالُ إِنِ اخْتَلَفُوا فِي كَوْنِهِ مُؤَثِّرًا فِي الْقِيمَةِ، وَفِي كَوْنِهِ أَيْضًا قَبْلَ أَمَدِ التَّبَايُعِ أَوْ بَعْدَهُ، فَإِنه إن لَمْ يَكُنْ لِلْمُشْتَرِي بَيِّنَةٌ حَلَفَ الْبَائِعُ أَنَّهُ مَا حَدَثَ عِنْدَهُ، وَإِنْ لَمْ تَكُنْ لَهُ بَيِّنَةٌ عَلَى وُجُودِ الْعَيْبِ بِالْمَبِيعِ لَمْ يَجِبْ لَهُ يَمِينٌ عَلَى الْبَائِعِ. وَأَمَّا إِذَا وَجَبَ الْأَرْشُ: فَوْجُهُ الْحُكْمِ فِي ذَلِكَ أَنْ يُقَوَّمَ الشَّيْءُ سَلِيمًا، وَيُقَوَّمَ مَعِيبًا، وَيَرُدَّ الْمُشْتَرِي مَا بَيْنَ ذَلِكَ. فَإِنْ وَجَبَ الْخِيَارُ: قُوِّمَ ثَلَاثَ تَقْوِيمَاتٍ: تَقْوِيمٌ وَهُوَ سَلِيمٌ، وَتَقْوِيمٌ بِالْعَيْبِ الْحَادِثِ عِنْدَ الْبَائِعِ، وَتَقْوِيمٌ بِالْعَيْبِ الْحَادِثِ عِنْدَ الْمُشْتَرِي، فَيَرُدُّ الْبَائِعُ مِنَ الثَّمَنِ، وَيَسْقُطُ عَنْهُ مَا قُدِّرَ مِنْهُ قَدْرَ

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