Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Les avis rapportés de Mālik divergent également sur la question suivante : la garantie s’impose-t-elle dans tous les pays sans que leurs habitants aient été contraints de l’appliquer ? Les deux positions lui sont attribuées. Si l’on considère qu’elle ne s’impose aux habitants d’un pays que lorsqu’ils ont été contraints de l’appliquer, faut-il alors y contraindre les habitants de tous les pays ? L’école comporte deux avis sur ce point.

Le paiement comptant ne s’impose pas pendant la garantie de trois jours, même s’il a été stipulé ; il s’impose, en revanche, pendant la garantie d’un an. La raison en est que la remise du bien vendu y est achevée pour le vendeur, par analogie avec la vente assortie d’une option, le paiement pouvant alors relever soit du prêt, soit de la vente. Telles sont les règles les plus connues de la garantie dans l’école de Mālik. Toutes sont des dispositions particulières fondées sur la validité de cette garantie. Revenons donc à l’exposé des arguments de ceux qui la reconnaissent et de ceux qui la rejettent.

Le principal fondement retenu par Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — pour reconnaître cette garantie, et l’argument sur lequel il s’est appuyé, est la pratique des habitants de Médine. Quant aux juristes postérieurs de son école, ils ont invoqué ce qu’al-Hasan rapporte de ‘Uqba ibn ‘Āmir, d’après le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue —, qui a dit :

« La garantie relative aux esclaves est de trois jours. »

Il est également rapporté :

« Il n’y a plus de garantie après quatre jours. »

Al-Hasan a également rapporté ce hadith d’après Samura ibn Jundub al-Fazārī — qu’Allah l’agrée. Les spécialistes considèrent toutefois que ces deux hadiths présentent un défaut de transmission : ils divergent en effet sur le fait qu’al-Hasan ait entendu directement Samura, bien qu’al-Tirmidhī ait déclaré ce hadith authentique.

Quant aux autres juristes des grandes villes, aucune tradition relative à cette garantie n’est tenue pour authentique à leurs yeux. Ils estiment que, même si elle était établie, elle serait contraire aux principes généraux. Les musulmans s’accordent en effet à reconnaître que tout dommage atteignant le bien vendu avant sa prise de possession est à la charge de l’acheteur. Or, une exception à un principe aussi fermement établi ne saurait reposer que sur une transmission authentiquement établie. C’est pourquoi, selon l’un des deux avis rapportés de Mālik, celui-ci jugeait peu fondé d’imposer cette garantie dans tous les pays, à moins qu’elle n’y soit consacrée par l’usage ou qu’elle ne soit stipulée. Cela vaut particulièrement pour la garantie d’un an, à propos de laquelle aucune tradition n’a été rapportée.

Il est rapporté d’al-Shāfi‘ī, d’après Ibn Jurayj, que ce dernier a dit : « J’ai interrogé Ibn Shihāb sur la garantie d’un an et celle de trois jours. Il m’a répondu : “Je n’ai connaissance d’aucun précédent à ce sujet.” »

Maintenant que nous avons distingué les défauts produisant des effets juridiques de ceux qui n’en produisent pas, et précisé la condition requise — à savoir que le défaut soit apparu avant la vente ou pendant la période de garantie, selon ceux qui reconnaissent celle-ci —, passons aux questions restantes.

[Chapitre troisième : Du régime applicable au défaut produisant des effets juridiques lorsque le bien vendu n’a subi aucune modification]

Chapitre troisième

Du régime applicable au défaut produisant des effets juridiques lorsque le bien vendu n’a subi aucune modification

Lorsque des défauts sont constatés, si le bien vendu n’a subi chez l’acheteur aucune altération due à un défaut, il relève nécessairement de l’une des catégories suivantes : bien immobilier, bien mobilier ou animal.

S’il s’agit d’un animal, il n’y a aucune divergence sur le fait que l’acheteur a le choix entre

وَاخْتَلَفَ أَيْضًا عَنْ مَالِكٍ: هَلْ تَلْزَمُ الْعُهْدَةُ فِي كُلِّ الْبِلَادِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَحْمِلَ أَهْلُهَا عَلَيْهَا؟ فَرُوِيَ عَنْهُ الْوَجْهَانِ، فَإِذَا قِيلَ لَا يَلْزَمُ أَهْلَ هَذِهِ الْبَلَدِ إِلَّا أَنْ يَكُونُوا قَدْ حُمِلُوا عَلَى ذَلِكَ; فَهَلْ يَجِبُ أَنْ يُحْمَلَ عَلَيْهَا أَهْلُ كُلِّ بَلَدٍ أَمْ لَا؟ فِيهِ قَوْلَانِ فِي الْمَذْهَبِ، وَلَا يَلْزَمُ النَّقْدَ فِي عُهْدَةِ الثَّلَاثِ، وَإِنِ اشْتُرِطَ، وَيَلْزَمُ فِي عُهْدَةِ السَّنَةِ; وَالْعِلَّةُ فِي ذَلِكَ أَنَّهُ يَكْمُلْ تَسْلِيمُ الْبَيْعِ فِيهَا لِلْبَائِعِ قِيَاسًا عَلَى بَيْعِ الْخِيَارِ لِتَرَدُّدِ النَّقْدِ فِيهَا بَيْنَ السَّلَفِ، وَالْبَيْعِ، فَهَذِهِ كُلُّهَا مَشْهُورَاتُ أَحْكَامِ الْعُهْدَةِ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ، وَهِيَ كُلُّهَا فُرُوعٌ مَبْنِيَّةٌ عَلَى صِحَّةِ الْعُهْدَةِ، فَلْنَرْجِعْ إِلَى تَقْرِيرِ حُجَجِ الْمُثْبِتِينَ لَهَا وَالْمُبْطِلِينَ. وَأَمَّا عُمْدَةُ مَالِكٍ - رَحِمَهُ اللَّهُ - فِي الْعُهْدَةِ، وَحُجَّتُهُ الَّتِي عَوَّلَ عَلَيْهَا: فَهِيَ عَمَلُ أَهْلِ الْمَدِينَةِ. وَأَمَّا أَصْحَابُهُ الْمُتَأَخِّرُونَ فَإِنَّهُمُ احْتَجُّوا بِمَا رَوَاهُ الْحَسَنُ، عَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ، عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «عُهْدَةُ الرَّقِيقِ ثَلَاثَةُ أَيَّامٍ» ، وَرُوِيَ أَيْضًا: «لَا عُهْدَةَ بَعْدَ أَرْبَعٍ» ، وَرَوَى هَذَا الْحَدِيثَ أَيْضًا الْحَسَنُ، عَنْ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدُبٍ الْفَزَارِيِّ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ -، وَكِلَا الْحَدِيثَيْنِ عِنْدَ أَهْلِ الْعِلْمِ مَعْلُولٌ، فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي سَمَاعِ الْحَسَنِ، عَنْ سَمُرَةَ، وَإِنْ كَانَ التِّرْمِذِيُّ قَدْ صَحَّحَهُ. وَأَمَّا سَائِرُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ: فَلَمْ يَصِحَّ عِنْدَهُمْ فِي الْعُهْدَةِ أَثَرٌ، وَرَأَوْا أَنَّهَا لَوْ صَحَّتْ مُخَالِفَةٌ لِلْأُصُولِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْمُسْلِمِينَ مُجْمِعُونَ عَلَى أَنَّ كُلَّ مُصِيبَةٍ تَنْزِلُ بِالْمَبِيعِ قَبْلَ قَبْضِهِ فَهِيَ مِنَ الْمُشْتَرِي، فَالتَّخْصِيصُ لِمِثْلِ هَذَا الْأَصْلِ الْمُتَقَرِّرِ إِنَّمَا يَكُونُ بِسَمَاعٍ ثَابِتٍ، وَلِهَذَا ضُعِّفَ عِنْدَ مَالِكٍ فِي إِحْدَى الرِّوَايَتَيْنِ عَنْهُ أَنْ يُقْضَى بِهَا فِي كُلِّ بَلَدٍ إِلَّا أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ عُرْفًا فِي الْبَلَدِ، أَوْ يُشْتَرَطَ، وَبِخَاصَّةٍ عُهْدَةُ السَّنَةِ، فَإِنَّهُ لَمْ يَأْتِ فِي ذَلِكَ أَثَرٌ. وَرُوِيَ عَنِ الشَّافِعِيِّ، عَنِ ابْنِ جُرَيْجٍ قَالَ: سَأَلْتُ ابْنَ شِهَابٍ، عَنْ عُهْدَةِ السَّنَةِ، وَالثَّلَاثِ، فَقَالَ: مَا عَلِمْتُ فِيهَا أَمْرًا سَالِفًا. وَإِذْ قَدْ تَقَرَّرَ الْقَوْلُ فِي تَمْيِيزِ الْعُيُوبِ الَّتِي تُوجِبُ حُكْمًا مِنَ الَّتِي لَا تُوجِبُهُ، وَتَقَرَّرَ الشَّرْطُ فِي ذَلِكَ، وَهُوَ أَنْ يَكُونَ الْعَيْبُ حَادِثًا قَبْلَ الْبَيْعِ أَوْ فِي الْعُهْدَةِ عِنْدَ مَنْ يَرَى الْعُهْدَةَ، فَلْنَصِرْ إِلَى مَا بَقِيَ. [الْفَصْلُ الثَّالِثُ فِي مَعْرِفَةِ حُكْمِ الْعَيْبِ الْمُوجِبِ إِذَا كَانَ الْمَبِيعُ لَمْ يَتَغَيَّرْ] الْفَصْلُ الثَّالِثُ. فِي مَعْرِفَةِ حُكْمِ الْعَيْبِ الْمُوجِبِ إِذَا كَانَ الْمَبِيعُ لَمْ يَتَغَيَّرْ وَإِذَا وُجِدَتِ الْعُيُوبُ: فَإِنْ لَمْ يَتَغَيَّرِ الْمَبِيعُ بِشَيْءٍ مِنَ الْعُيُوبِ عِنْدَ الْمُشْتَرِي فَلَا يَخْلُو أَنْ يَكُونَ فِي عَقَارٍ، أَوْ عَرُوضٍ، أَوْ فِي حَيَوَانٍ. فَإِنْ كَانَ فِي حَيَوَانٍ: فَلَا خِلَافَ أَنَّ الْمُشْتَرِيَ مُخَيَّرٌ بَيْنَ

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