De même, leur divergence concernant la personne en bonne santé qui craint la froideur de l’eau tient à leur désaccord sur son assimilation, par analogie, au malade qui craint d’utiliser l’eau. Ceux qui permettent au malade les ablutions sèches ont étayé leur position par le hadith de Jābir concernant le blessé qui mourut après avoir accompli les grandes ablutions. Le Prophète — qu’Allah lui accorde la bénédiction et la paix — déclara que l’essuyage lui était permis et dit :
« Ils l’ont tué ! Qu’Allah les tue ! »
Ils ont également étayé l’assimilation de la personne en bonne santé qui craint la froideur de l’eau au malade par ce récit rapporté à ce sujet :
« ‘Amr ibn al-‘Ās se trouva en état d’impureté majeure par une nuit froide. Il accomplit alors les ablutions sèches et récita cette parole d’Allah, le Très-Haut : “Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah est certes miséricordieux envers vous” [Les Femmes : 29]. Cela fut rapporté au Prophète — qu’Allah lui accorde la bénédiction et la paix —, qui ne lui en fit aucun reproche. »
[Chapitre troisième : Les conditions permettant de recourir à cette purification]
Trois questions fondamentales concernent les conditions de cette purification :
L’intention est-elle une condition de cette purification ?
Deuxièmement : la recherche de l’eau est-elle une condition permettant de recourir aux ablutions sèches lorsqu’on ne dispose pas d’eau ?
Troisièmement : l’entrée de l’heure de la prière est-elle une condition permettant de recourir aux ablutions sèches ?
Concernant la première question, la majorité des savants considère que l’intention est requise, car cette purification est un acte d’adoration dont la raison d’être ne peut être saisie par la seule raison. Zufar s’est distingué de la majorité en affirmant que l’intention n’en est pas une condition et que cette purification ne nécessite donc aucune intention. Cet avis a également été rapporté d’al-Awzā‘ī et d’al-Hasan ibn Hayy. C’est une opinion faible.
Concernant la deuxième question, Mālik — qu’Allah l’agrée — a posé comme condition la recherche de l’eau, de même qu’al-Shāfi‘ī, tandis qu’Abū Hanīfa ne l’a pas exigée.
Leur divergence tient à la question suivante : peut-on qualifier de personne « ne trouvant pas d’eau » celui qui n’en trouve pas sans en avoir cherché ? Ou cette qualification ne s’applique-t-elle qu’à celui qui a cherché de l’eau sans en trouver ? La position juste consiste toutefois à considérer que celui qui est certain de l’absence d’eau, soit pour l’avoir déjà cherchée, soit pour une autre raison, est effectivement dépourvu d’eau. Quant à celui qui ne fait que le supposer, il ne peut être considéré comme tel. Cela affaiblit donc l’opinion, défendue dans l’école, qui exige de renouveler la recherche au même endroit, et renforce l’exigence d’une recherche initiale lorsqu’on n’a pas de certitude absolue quant à l’absence d’eau.
Concernant la troisième question, à savoir l’exigence de l’entrée de l’heure de la prière, certains en font une condition : telle est la position d’al-Shāfi‘ī et de Mālik. D’autres ne l’exigent pas : c’est l’avis d’Abū Hanīfa, des partisans de l’interprétation littérale et d’Ibn Sha‘bān, parmi les disciples de Mālik.