Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

le droit d’option durant la séance contractuelle est le hadith rapporté par Mālik, d’après Nāfi‘, d’après Ibn ‘Umar, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :

« Chacune des deux parties à une vente conserve un droit d’option à l’égard de l’autre tant qu’elles ne se sont pas séparées, à l’exception de la vente à option. »

Dans certaines versions de ce hadith, on lit :

« À moins que l’une ne dise à l’autre : “Choisis.” »

La chaîne de transmission de ce hadith compte, de l’avis de tous, parmi les plus fiables et les plus authentiques. Abū Muhammad a même soutenu qu’une telle chaîne procure une connaissance certaine, quand bien même elle relève de la transmission par des voies isolées. Quant aux tenants de l’avis opposé, leurs arguments pour justifier la non-application de ce hadith manquent de cohérence.

Pour ne pas l’appliquer, Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — s’est fondé sur le fait qu’il n’avait pas trouvé les gens de Médine agissant conformément à ce hadith. Il estimait en outre que celui-ci était contredit par le récit qu’il rapportait, avec une chaîne interrompue, d’après Ibn Mas‘ūd, selon lequel ce dernier avait dit :

« Lorsque deux parties concluent une vente, la parole du vendeur fait foi, ou bien chacune restitue à l’autre ce qu’elle a reçu. »

Il semble donc avoir donné à ce récit une portée générale, ce qui implique qu’il s’applique pendant la séance contractuelle comme après celle-ci. Si la conclusion de la vente était subordonnée à la séance contractuelle, il ne serait pas nécessaire de préciser la règle applicable à un désaccord survenant pendant celle-ci : la vente ne serait encore ni conclue ni contraignante, puisqu’elle ne le deviendrait qu’à la séparation des parties.

Or, ce hadith présente une interruption dans sa chaîne et ne saurait être opposé au premier, d’autant que seule la portée générale qu’on lui prête permet de les opposer. Il convient plutôt d’interpréter ce second hadith à la lumière du premier. À ma connaissance, personne ne l’a rapporté avec une chaîne de transmission complète. Tel est donc le fondement sur lequel Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — s’est appuyé pour ne pas appliquer le hadith relatif au droit d’option.

Quant aux disciples de Mālik, ils se sont fondés sur le sens apparent de certains textes scripturaires ainsi que sur le raisonnement analogique. Parmi les textes les plus explicites à cet égard figure cette parole d’Allah, Puissant et Majestueux :

« Ô vous qui croyez ! Respectez vos engagements. »

[al-Mā’ida : 1]

Le contrat consiste en l’offre et l’acceptation, et l’ordre exprime ici une obligation. Or, le droit d’option durant la séance contractuelle permet de ne pas respecter le contrat puisque, selon ses partisans, chacun peut revenir sur la vente après avoir donné son assentiment, tant que les deux parties ne se sont pas séparées.

Pour ce qui est de l’analogie, ils ont dit : « La vente est un contrat à contrepartie ; le droit d’option durant la séance contractuelle ne doit donc pas y avoir d’effet. Les cas de référence sont les autres contrats, tels que le mariage, le contrat d’affranchissement contre paiement, le divorce moyennant compensation, le nantissement et la transaction amiable relative à un homicide volontaire. »

On leur objecta alors : « Le hadith précité restreint la portée générale des textes dont vous invoquez le sens apparent. Il ne vous reste donc, pour vous opposer à ce hadith, que l’analogie. Vous devez dès lors être comptés parmi ceux qui font prévaloir l’analogie sur la tradition transmise. Or, cette position est délaissée chez les malikites, même s’il a été rapporté de Mālik qu’il faisait prévaloir l’analogie sur la tradition reçue, à l’instar d’Abū Hanīfa. »

Ils répondirent qu’il ne s’agissait ni de rejeter le hadith au nom de l’analogie ni de faire prévaloir celle-ci sur lui, mais de l’interpréter en l’écartant de son sens apparent. Ils dirent : « Les théoriciens des fondements du droit s’accordent sur la possibilité d’interpréter un texte autrement que selon son sens apparent en s’appuyant sur l’analogie. »

لِخِيَارِ الْمَجْلِسِ: حَدِيثُ مَالِكٍ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ «الْمُتَبَايِعَانِ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا بِالْخِيَارِ عَلَى صَاحِبِهِ مَا لَمْ يَفْتَرِقَا إِلَّا بَيْعَ الْخِيَارِ» ، وَفِي بَعْضِ رِوَايَاتِ هَذَا الْحَدِيثِ: «إِلَّا أَنْ يَقُولَ أَحَدُهُمَا لِصَاحِبِهِ: اخْتَرْ» ، وَهَذَا حَدِيثٌ إِسْنَادُهُ عِنْدَ الْجَمِيعِ مِنْ أَوْثَقِ الْأَسَانِيدِ، وَأَصَحِّهَا، حَتَّى لَقَدْ زَعَمَ أَبُو مُحَمَّدٍ أَنَّ مِثْلَ هَذَا الْإِسْنَادِ يُوقِعُ الْعِلْمَ، وَإِنْ كَانَ مِنْ طَرِيقِ الْآحَادِ. وَأَمَّا الْمُخَالِفُونَ فَقَدِ اضْطَرَبَ بِهِمْ وَجْهُ الدَّلِيلِ لِمَذْهَبِهِمْ فِي رَدِّ الْعَمَلِ بِهَذَا الْحَدِيثِ. فَالَّذِي اعْتَمَدَ عَلَيْهِ مَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ - فِي رَدِّ الْعَمَلِ بِهِ أَنَّهُ لَمْ يُلْفِ عَمَلَ أَهْلِ الْمَدِينَةِ عَلَيْهِ مَعَ أَنَّهُ قَدْ عَارَضَهُ عِنْدَهُ مَا رَوَاهُ مِنْ مُنْقَطِعِ حَدِيثِ ابْنِ مَسْعُودٍ أَنَّهُ قَالَ: «أَيُّمَا بَيِّعَيْنِ تَبَايَعَا فَالْقَوْلُ قَوْلُ الْبَائِعِ أَوْ يَتَرَادَّانِ» ، فَكَأَنَّهُ حَمَلَ هَذَا عَلَى عُمُومِهِ، وَذَلِكَ يَقْتَضِي أَنْ يَكُونَ فِي الْمَجْلِسِ، وَبَعْدَ الْمَجْلِسِ، وَلَوْ كَانَ الْمَجْلِسُ شَرْطًا فِي انْعِقَادِ الْبَيْعِ لَمْ يَكُنْ يَحْتَاجُ فِيهِ إِلَى تَبْيِينِ حُكْمِ الِاخْتِلَافِ فِي الْمَجْلِسِ لِأَنَّ الْبَيْعَ بَعْدُ لَمْ يَنْعَقِدْ، وَلَا لَزِمَ بَلْ بِالِافْتِرَاقِ مِنَ الْمَجْلِسِ، وَهَذَا الْحَدِيثُ مُنْقَطِعٌ، وَلَا يُعَارَضُ بِهِ الْأَوَّلُ، وَبِخَاصَّةٍ أَنَّهُ لَا يُعَارِضُهُ إِلَّا مَنْ تَوَهَّمَ الْعُمُومَ فِيهِ، وَالْأَوْلَى أَنْ يَنْبَنِيَ هَذَا عَلَى ذَلِكَ، وَهَذَا الْحَدِيثُ لَمْ يُخْرِجْهُ أَحَدٌ مُسْنَدًا فِيمَا أَحْسَبُ، فَهَذَا هُوَ الَّذِي اعْتَمَدَهُ مَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ - فِي تَرْكِ الْعَمَلِ بِهَذَا الْحَدِيثِ. وَأَمَّا أَصْحَابُ مَالِكٍ فَاعْتَمَدُوا فِي ذَلِكَ عَلَى ظَوَاهِرَ سَمْعِيَّةٍ، وَعَلَى الْقِيَاسِ، فَمِنْ أَظْهَرِ الظَّاهِرِ فِي ذَلِكَ قَوْلُهُ عَزَّ وَجَلَّ: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَوْفُوا بِالْعُقُودِ} [المائدة: ١] ، وَالْعَقْدُ هُوَ الْإِيجَابُ، وَالْقَبُولُ، وَالْأَمْرُ عَلَى الْوُجُوبِ، وَخِيَارُ الْمَجْلِسِ يُوجِبُ تَرْكَ الْوَفَاءِ بِالْعَقْدِ، لِأَنَّ لَهُ عِنْدَهُمْ أَنْ يَرْجِعَ فِي الْبَيْعِ بَعْدَ مَا أَنْعَمَ مَا لَمْ يَفْتَرِقَا. وَأَمَّا الْقِيَاسُ فَإِنَّهُمْ قَالُوا: عَقْدُ مُعَاوَضَةٍ، فَلَمْ يَكُنْ لِخِيَارِ الْمَجْلِسِ فِيهِ أَثَرٌ أَصْلُهُ سَائِرُ الْعُقُودِ، مِثْلُ النِّكَاحِ، وَالْكِتَابَةِ، وَالْخُلْعِ، وَالرُّهُونِ، وَالصُّلْحِ عَلَى دَمِ الْعَمْدِ، فَلَمَّا قِيلَ لَهُمْ: إِنَّ الظَّوَاهِرَ الَّتِي تَحْتَجُّونَ بِهَا يُخَصِّصُهَا الْحَدِيثُ الْمَذْكُورُ، فَلَمْ يَبْقَ لَكُمْ فِي مُقَابَلَةِ الْحَدِيثِ إِلَّا الْقِيَاسُ، فَيَلْزَمُكُمْ عَلَى هَذَا أَنْ تَكُونُوا مِمَّنْ يَرَى تَغْلِيبَ الْقِيَاسِ عَلَى الْأَثَرِ، وَذَلِكَ مَذْهَبٌ مَهْجُورٌ عِنْدَ الْمَالِكِيَّةِ، وَإِنْ كَانَ قَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ تَغْلِيبُ الْقِيَاسِ عَلَى السَّمَاعِ، مِثْلُ قَوْلِ أَبِي حَنِيفَةَ، فَأَجَابُوا عَنْ ذَلِكَ بِأَنَّ هَذَا لَيْسَ مِنْ بَابِ رَدِّ الْحَدِيثِ بِالْقِيَاسِ، وَلَا تَغْلِيبٍ، وَإِنَّمَا هُوَ مِنْ بَابِ تَأْوِيلِهِ وَصَرْفِهِ عَنْ ظَاهِرِهِ. قَالُوا: وَتَأْوِيلُ الظَّاهِرِ بِالْقِيَاسِ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ عِنْدَ الْأُصُولِيِّينَ.

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