Quant au hadith de ‘Imrān ibn al-Husayn, le voici :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde la bénédiction et la paix — vit un homme qui se tenait à l’écart et n’avait pas prié avec les autres. Il lui demanda : “Ô untel, qu’est-ce qui t’a empêché de prier avec les autres ?” Il répondit : “Ô Messager d’Allah, je me suis trouvé en état d’impureté majeure et il n’y a pas d’eau.” Le Prophète — qu’Allah lui accorde la bénédiction et la paix — lui dit : “Recours à la terre : elle te suffit.” »
Cette possibilité d’interprétation les a conduits à diverger sur la question suivante : celui qui ne dispose pas d’eau peut-il avoir des rapports avec son épouse ou doit-il s’en abstenir ? (Je parle ici de ceux qui autorisent les ablutions sèches à la personne en état d’impureté majeure.)
[Chapitre deuxième : Les personnes autorisées à recourir à cette purification]
Les savants sont unanimes à reconnaître que cette purification est permise à deux catégories de personnes : le malade et le voyageur, lorsqu’ils ne disposent pas d’eau.
Ils divergent toutefois sur quatre cas : le malade qui dispose d’eau, mais craint de l’utiliser ; le résident qui ne trouve pas d’eau ; le voyageur en bonne santé qui trouve de l’eau, mais qu’une crainte empêche d’y accéder ; et celui qui craint d’utiliser l’eau en raison du froid intense.
Concernant le malade qui dispose d’eau, mais craint de l’utiliser, la majorité des savants lui permet les ablutions sèches. Il en va de même pour la personne en bonne santé qui craint de mourir ou de contracter une maladie grave à cause de la froideur de l’eau, ainsi que pour celle qui craint de sortir pour aller chercher de l’eau. Cependant, la plupart d’entre eux imposent à cette dernière de refaire la prière lorsqu’elle trouve de l’eau. ‘Atā’ estime, quant à lui, que ni le malade ni la personne en bonne santé ne peuvent accomplir les ablutions sèches lorsqu’ils disposent d’eau.
Quant au résident en bonne santé qui ne trouve pas d’eau, Mālik et al-Shāfi‘ī lui permettent les ablutions sèches. Abū Hanīfa considère, en revanche, qu’elles ne lui sont pas permises, même s’il ne trouve pas d’eau.
Voici les raisons de leurs divergences sur ces quatre questions, qui constituent les fondements de ce chapitre. Concernant le malade qui craint d’utiliser l’eau, leur désaccord porte sur l’existence d’une proposition sous-entendue dans cette parole du Très-Haut :
« Si vous êtes malades ou en voyage » [Les Femmes : 43].
Ceux qui considèrent qu’une proposition est sous-entendue dans le verset, de sorte qu’il faudrait comprendre : « Si vous êtes malades et ne pouvez utiliser l’eau », et que le pronom contenu dans cette parole du Très-Haut :
« et que vous ne trouviez pas d’eau » [Les Femmes : 43]
ne renvoie qu’au voyageur, permettent les ablutions sèches au malade qui craint d’utiliser l’eau.
Ceux qui considèrent, en revanche, que le pronom contenu dans :
« et que vous ne trouviez pas d’eau » [Les Femmes : 43]
renvoie à la fois au malade et au voyageur, et que rien n’est sous-entendu dans le verset, ne permettent pas au malade d’accomplir les ablutions sèches lorsqu’il dispose d’eau.
Quant à leur divergence concernant le résident qui ne trouve pas d’eau, elle tient au fait que le pronom contenu dans cette parole du Très-Haut :
« et que vous ne trouviez pas d’eau » [Les Femmes : 43]
peut renvoyer aux différentes catégories de personnes en état d’impureté rituelle (c’est-à-dire aux résidents et aux voyageurs, ou aux voyageurs seulement). Ceux qui considèrent qu’il renvoie à toutes les catégories de personnes en état d’impureté rituelle permettent les ablutions sèches aux résidents. Ceux qui considèrent qu’il renvoie uniquement aux voyageurs, ou aux malades et aux voyageurs, ne les permettent pas au résident qui ne trouve pas d’eau.
Enfin, leur divergence concernant celui qui craint de sortir pour aller chercher de l’eau tient à leur désaccord sur son assimilation, par analogie, à celui qui ne dispose pas d’eau.