Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

tandis qu’al-Shāfiʿī ne l’autorise qu’une fois ces légumes arrachés, car il s’agit de vendre une chose cachée. Relève également de ce chapitre la vente des noix, des amandes et des fèves dans leur enveloppe : Mālik l’autorise, tandis qu’al-Shāfiʿī l’interdit. Leur divergence tient à la question de savoir si cet aléa affecte ou non la validité des ventes. Ils s’accordent en effet sur cette distinction entre deux sortes d’aléa : celui qui n’affecte pas la validité de la vente est soit minime, soit imposé par la nécessité, soit réunit ces deux caractères.

Relève également de ce chapitre la vente des poissons dans une mare ou un bassin, sur laquelle ils divergent aussi. Abū Hanīfa l’autorise, tandis que Mālik l’interdit, de même qu’al-Shāfiʿī, à ce que je crois ; c’est en tout cas ce qu’impliquent les principes de ce dernier.

Il en va de même de la vente de l’esclave en fuite. Certains l’autorisent sans restriction, tandis que d’autres, dont al-Shāfiʿī, l’interdisent sans restriction. Mālik dit : « Si ses caractéristiques et l’endroit où il se trouve sont connus du vendeur et de l’acheteur, la vente est permise. » Je pense qu’il a également posé comme conditions que sa fuite soit connue et que les deux parties laissent le prix en attente (je veux dire : que le vendeur ne le perçoive qu’une fois que l’acheteur a pris possession de l’esclave), car, au moment de sa conclusion, l’opération peut constituer soit une vente, soit un prêt. C’est là l’un des principes sur lesquels il se fonde pour interdire le paiement immédiat dans la vente d’une esclave confiée à une personne de confiance pendant le délai de vérification de l’absence de grossesse, dans celle d’un bien absent dont l’état n’est pas garanti et dans les opérations de même nature. Parmi ceux qui autorisent la vente de l’esclave en fuite et du chameau échappé figure ʿUthmān al-Battī.

L’argument d’al-Shāfiʿī est le hadith de Shahr ibn Hawshab, rapporté d’Abū Saʿīd al-Khudrī :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a interdit d’acheter l’esclave en fuite, ce que portent les femelles du bétail avant qu’elles ne mettent bas, le lait contenu dans leurs mamelles, ainsi que le butin avant son partage. »

Mālik autorise la vente du lait d’un troupeau pour un nombre déterminé de jours, lorsque la quantité habituellement traite est connue. Il ne l’autorise pas pour une seule brebis. Les autres juristes disent : « Cela n’est permis qu’après la traite, selon une mesure de capacité déterminée. »

C’est également en raison de cet aléa que Mālik interdit la vente de la viande encore recouverte de la peau de l’animal.

Relève aussi de ce chapitre la vente d’un sujet malade. Mālik l’autorise, sauf lorsque tout espoir de guérison est perdu. Al-Shāfiʿī et Abū Hanīfa l’interdisent ; cette interdiction est également rapportée de lui selon une autre transmission.

Il en va de même de la vente des terres métallifères des mines et des poussières d’orfèvrerie. Mālik autorise la vente des terres de mine contre une monnaie d’un métal différent de celui qu’elles contiennent, ou contre un bien non monétaire ; il n’autorise pas celle des poussières d’orfèvrerie. Al-Shāfiʿī interdit les deux ventes. Certains les autorisent toutes deux ; tel est l’avis d’al-Hasan al-Basrī.

Telles sont donc les ventes qui font l’objet de divergences, tenant pour la plupart à l’ignorance des qualités du bien. Quant à la quantité, ils s’accordent pour dire qu’aucune chose vendue à la mesure de capacité, au poids, au nombre ou selon ses dimensions ne peut être vendue sans que sa quantité soit connue du vendeur et de l’acheteur. Ils s’accordent également sur le fait que la connaissance obtenue au moyen d’une mesure de capacité déterminée ou de poids étalons déterminés concourt à la validité de la vente. Pour tous les biens mesurés, pesés, comptés ou évalués selon leurs dimensions, lorsque leur mesure ou leur poids ne sont connus ni du vendeur ni de l’acheteur, la connaissance de leur quantité par appréciation et estimation — ce qu’ils appellent la vente en bloc — est admise pour certaines choses et interdite pour d’autres.

وَلَمْ يُجِزْهُ الشَّافِعِيُّ إِلَّا مَقْلُوعًا، لِأَنَّهُ مِنْ بَابِ بَيْعِ الْمُغَيَّبِ; وَمِنْ هَذَا الْبَابِ بَيْعُ الْجَوْزِ، وَاللَّوْزِ، وَالْبَاقِلَّا فِي قِشْرِهِ، أَجَازَهُ مَالِكٌ، وَمَنَعَهُ الشَّافِعِيُّ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ هَلْ هُوَ مِنَ الْغَرَرِ الْمُؤَثِّرِ فِي الْبُيُوعِ أَمْ لَيْسَ مِنَ الْمُؤَثِّرِ؟ وَذَلِكَ أَنَّهُمُ اتَّفَقُوا أَنَّ الْغَرَرَ يَنْقَسِمُ بِهَذَيْنِ الْقِسْمَيْنِ، وَأَنَّ غَيْرَ الْمُؤَثِّرِ هُوَ الْيَسِيرُ أَوِ الَّذِي تَدْعُو إِلَيْهِ الضَّرُورَةُ، أَوْ مَا جَمَعَ الْأَمْرَيْنِ. وَمِنْ هَذَا الْبَابِ بَيْعُ السَّمَكِ فِي الْغَدِيرِ، أَوِ الْبُرْكَةِ اخْتَلَفُوا فِيهِ أَيْضًا، فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَجُوزُ، وَمَنَعَهُ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ فِيمَا أَحْسَبُ، وَهُوَ الَّذِي تَقْتَضِي أُصُولُهُ. وَمِنْ ذَلِكَ بَيْعُ الْآبِقِ أَجَازَهُ قَوْمٌ بِإِطْلَاقٍ، وَمَنَعَهُ قَوْمٌ بِإِطْلَاقٍ وَمِنْهُمُ الشَّافِعِيُّ ; وَقَالَ مَالِكٌ: إِذَا كَانَ مَعْلُومَ الصِّفَةِ مَعْلُومَ الْمَوْضِعِ عِنْدَ الْبَائِعِ، وَالْمُشْتَرِي جَازَ، وَأَظُنُّهُ اشْتَرَطَ أَنْ يَكُونَ مَعْلُومَ الْإِبَاقِ وَيَتَوَاضَعَانِ الثَّمَنَ، (أَعْنِي: أَنَّهُ لَا يَقْبِضُهُ الْبَائِعُ حَتَّى يَقْبِضَهُ الْمُشْتَرِي) ، لِأَنَّهُ يَتَرَدَّدُ عِنْدَ الْعَقْدِ بَيْنَ بَيْعٍ وَسَلَفٍ، وَهَذَا أَصْلٌ مِنْ أُصُولِهِ يَمْنَعُ بِهِ النَّقْدَ فِي بَيْعِ الْمُوَاضَعَةِ وَفِي بَيْعِ الْغَائِبِ غَيْرِ الْمَأْمُونِ، وَفِيمَا كَانَ مِنْ هَذَا الْجِنْسِ. وَمِمَّنْ قَالَ بِجَوَازِ بَيْعِ الْآبِقِ وَالْبَعِيرِ الشَّارِدِ عُثْمَانُ الْبَتِّيُّ. وَالْحُجَّةُ لِلشَّافِعِيِّ حَدِيثُ شَهْرِ بْنِ حَوْشَبٍ، عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - نَهَى عَنْ شِرَاءِ الْعَبْدِ الْآبِقِ، وَعَنْ شِرَاءِ مَا فِي بُطُونِ الْأَنْعَامِ حَتَّى تَضَعَ، وَعَنْ شِرَاءِ مَا فِي ضُرُوعِهَا، وَعَنْ شِرَاءِ الْغَنَائِمِ حَتَّى تُقَسَّمَ» ، وَأَجَازَ مَالِكٌ بَيْعَ لَبَنِ الْغَنَمِ أَيَّامًا مَعْدُودَةً إِذَا كَانَ مَا يُحْلَبُ مِنْهَا مَعْرُوفًا فِي الْعَادَةِ، وَلَمْ يُجِزْ ذَلِكَ فِي الشَّاةِ الْوَاحِدَةِ; وَقَالَ سَائِرُ الْفُقَهَاءِ: لَا يَجُوزُ ذَلِكَ إِلَّا بِكَيْلٍ مَعْلُومٍ بَعْدَ الْحَلْبِ. وَمِنْ هَذَا الْبَابِ مَنَعَ مَالِكٌ بَيْعَ اللَّحْمِ فِي جِلْدِهِ. وَمِنْ هَذَا الْبَابِ بَيْعُ الْمَرِيضِ: أَجَازَهُ مَالِكٌ إِلَّا أَنْ يَكُونَ مَيْئُوسًا مِنْهُ; وَمَنَعَهُ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَهِيَ رِوَايَةٌ أُخْرَى عَنْهُ، وَمِنْ هَذَا الْبَابِ بَيْعُ تُرَابِ الْمَعْدِنِ، وَالصَّوَّاغِينَ، فَأَجَازَ مَالِكٌ بَيْعَ تُرَابِ الْمَعْدِنِ بِنَقْدٍ يُخَالِفُهُ، أَوْ بِعَرَضٍ، وَلَمْ يُجْزِ بَيْعَ تُرَابِ الصَّاغَةِ; وَمَنَعَ الشَّافِعِيُّ الْبَيْعَ فِي الْأَمْرَيْنِ جَمِيعًا; وَأَجَازَهُ قَوْمٌ فِي الْأَمْرَيْنِ جَمِيعًا، وَبِهِ قَالَ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ. فَهَذِهِ هِيَ الْبُيُوعُ الَّتِي يُخْتَلَفُ فِيهَا، أَكْثَرُ ذَلِكَ مِنْ قِبَلِ الْجَهْلِ بِالْكَيْفِيَّةِ. وَأَمَّا اعْتِبَارُ الْكَمِّيَّةِ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ أَنْ يُبَاعَ شَيْءٌ مِنَ الْمَكِيلِ، أَوِ الْمَوْزُونِ، أَوِ الْمَعْدُودِ، أَوِ الْمَسْمُوحِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ مَعْلُومَ الْقَدْرِ عِنْدَ الْبَائِعِ وَالْمُشْتَرِي; وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الْعِلْمَ الَّذِي يَكُونُ بِهَذِهِ الْأَشْيَاءِ مِنْ قِبَلِ الْكَيْلِ الْمَعْلُومِ، أَوِ الصُّنُوجِ الْمَعْلُومَةِ مُؤَثِّرٌ فِي صِحَّةِ الْبَيْعِ، وَفِي كُلِّ مَا كَانَ غَيْرَ مَعْلُومِ الْكَيْلِ، وَالْوَزْنِ عِنْدَ الْبَائِعِ وَالْمُشْتَرِي مِنْ جَمِيعِ الْأَشْيَاءِ الْمَكِيلَةِ وَالْمَوْزُونَةِ، وَالْمَعْدُودَةِ، وَالْمَمْسُوحَةِ، وَأَنَّ الْعِلْمَ بِمَقَادِيرِ هَذِهِ الْأَشْيَاءِ الَّتِي تَكُونُ مِنْ قِبَلِ الْحَزْرِ، وَالتَّخْمِينِ، وَهُوَ الَّذِي يُسَمُّونَهُ الْجُزَافَ يَجُوزُ فِي أَشْيَاءَ وَيُمْنَعُ فِي أَشْيَاءَ.

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