Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

telles sont donc les questions qui se rapportent aux dispositions expressément énoncées dans ce chapitre.

Quant à l’interdiction prophétique de la vente comportant une réserve et de la vente assortie d’une condition, bien qu’elle soit motivée par l’aléa, il paraît plus approprié de les traiter parmi les ventes invalides en raison de leurs conditions.

[Section : les ventes sur lesquelles les textes ne se prononcent pas]

Section. Les questions sur lesquelles les textes ne se prononcent pas dans ce domaine et qui font l’objet de divergences entre les juristes des grandes cités sont nombreuses. Nous en exposerons toutefois les plus connues, afin qu’elles servent de cadre de référence au juriste qui pratique l’effort d’interprétation et l’examen raisonné.

Question. Les biens vendus sont de deux sortes : le bien présent et vu, dont la vente ne suscite aucune divergence ; et le bien absent ou impossible à voir, au sujet duquel les savants divergent.

Certains estiment que la vente d’un bien absent n’est permise en aucun cas, qu’il ait été décrit ou non. C’est le plus connu des deux avis d’al-Shāfiʿī et celui que ses disciples retiennent comme expressément formulé par lui — je veux dire que la vente d’un bien absent sur description n’est pas permise.

Mālik et la majorité des savants de Médine permettent la vente d’un bien absent sur description, lorsque les circonstances de son absence permettent d’être assuré que ses caractéristiques ne changeront pas avant sa prise de possession. Abū Hanīfa, quant à lui, permet de vendre un bien déterminé absent sans le décrire ; l’acheteur dispose ensuite d’une faculté de choix lorsqu’il le voit : il peut confirmer la vente ou la rejeter.

De même, selon les tenants de ce dernier avis, la vente sur description doit laisser à l’acheteur une faculté de choix lors de la vue du bien, même si celui-ci est conforme à la description. Selon Mālik, la vente devient contraignante si le bien est conforme à la description. Selon al-Shāfiʿī, elle n’est valablement conclue dans aucun des deux cas. Un avis rapporté au sein de l’école mālikite autorise cependant la vente d’un bien absent sans description, à condition de réserver à l’acheteur une faculté de choix lorsqu’il le verra. Cet avis figure dans al-Mudawwana, mais ʿAbd al-Wahhāb l’a rejeté en disant : « Il est contraire à nos principes. »

La divergence tient à la question suivante : la connaissance obtenue par la description étant inférieure à celle que procure la perception directe, cette insuffisance constitue-t-elle une ignorance qui affecte la validité de la vente et relève donc d’un aléa important ? Ou est-elle sans incidence, relevant alors de l’aléa minime qui est toléré ? Al-Shāfiʿī y voit un aléa important, tandis que Mālik y voit un aléa minime. Abū Hanīfa considère, pour sa part, que dès lors que l’acheteur dispose d’une faculté de choix lorsqu’il verra le bien, il n’y a pas d’aléa, même s’il ne l’a pas encore vu.

Mālik estime néanmoins que l’ignorance résultant de l’absence de description affecte la validité de la vente. Dans son école, il n’existe aucune divergence sur le fait que la description ne remplace l’examen direct qu’en raison de l’absence du bien, de la difficulté qu’il y aurait à le déplier ou à le déballer, ou des détériorations que l’on craint de lui faire subir en répétant cette opération. C’est pourquoi il a permis la vente sur bordereau descriptif. En revanche, il n’autorise ni la vente d’une arme laissée dans son étui ni celle d’une pièce d’étoffe laissée pliée : il faut déplier l’étoffe ou examiner le contenu de l’étui.

Abū Hanīfa invoque le récit rapporté d’Ibn al-Musayyab, qui a dit : « Les Compagnons du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — dirent : “Nous aimerions que ʿUthmān ibn ʿAffān et ʿAbd al-Rahmān ibn ʿAwf concluent une vente entre eux, afin de savoir lequel des deux fait preuve du plus grand sérieux en affaires.” ʿAbd al-Rahmān acheta alors à ʿUthmān ibn ʿAffān un cheval contre une autre terre lui appartenant, pour quarante mille ou quatre mille. » Le rapporteur a ensuite relaté la suite du récit, qui mentionne la vente d’un bien absent sans autre précision. Abū Hanīfa exige toutefois que la catégorie du bien soit stipulée.

La vente sur description, comme celle qui réserve une faculté de choix lors de la vue du bien, comporte encore un autre aléa du fait de son absence : le bien existe-t-il au moment du contrat ou non ? C’est pourquoi les juristes ont exigé qu’il ne soit pas trop éloigné, à moins que sa conservation ne soit assurée, comme dans le cas d’un bien immobilier. C’est de là que

فَهَذِهِ هِيَ الْمَسَائِلُ الَّتِي تَتَعَلَّقُ بِالْمَنْطُوقِ بِهِ فِي هَذَا الْبَابِ. وَأَمَّا نَهْيُهُ عَنْ بَيْعِ الثُّنْيَا، وَعَنْ بَيْعٍ وَشَرْطٍ فَهُوَ وَإِنْ كَانَ سَبَبُهُ الْغَرَرُ فَالْأَشْبَهُ أَنْ نَذْكُرَهَا فِي الْمَبِيعَاتِ الْفَاسِدَةِ مِنْ قِبَلِ الشُّرُوطِ. [فَصْلٌ الْبُيُوعُ الْمَسْكُوتُ عَنْهَا] فَصْلٌ وَأَمَّا الْمَسَائِلُ الْمَسْكُوتُ عَنْهَا فِي هَذَا الْبَابِ الْمُخْتَلَفُ فِيهَا بَيْنَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ فَكَثِيرَةٌ، لَكِنْ نَذْكُرُ مِنْهَا أَشْهَرَهَا لِتَكُونَ كَالْقَانُونِ لِلْمُجْتَهِدِ النَّظَّارِ. مَسْأَلَةٌ ; الْمَبِيعَاتُ عَلَى نَوْعَيْنِ: مَبِيعٌ حَاضِرٌ مَرْئِيٌّ، فَهَذَا لَا خِلَافَ فِي بَيْعِهِ. وَمَبِيعٌ غَائِبٌ أَوْ مُتَعَذِّرُ الرُّؤْيَةِ، فَهُنَا اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ; فَقَالَ قَوْمٌ: بَيْعُ الْغَائِبِ لَا يَجُوزُ بِحَالٍ مِنَ الْأَحْوَالِ لَا مَا وُصِفَ وَلَا مَا لَمْ يُوصَفْ، وَهَذَا أَشْهَرُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ، وَهُوَ الْمَنْصُوصُ عِنْدَ أَصْحَابِهِ، (أَعْنِي أَنَّ بَيْعَ الْغَائِبِ عَلَى الصِّفَةِ لَا يَجُوزُ) ; وَقَالَ مَالِكٌ، وَأَكْثَرُ أَهْلِ الْمَدِينَةِ: يَجُوزُ بَيْعُ الْغَائِبِ عَلَى الصِّفَةِ إِذَا كَانَتْ غَيْبَتُهُ مِمَّا يُؤْمَنُ أَنْ تَتَغَيَّرَ فِيهِ قَبْلَ الْقَبْضِ صِفَتُهُ; وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَجُوزُ بَيْعُ الْعَيْنِ الْغَائِبَةِ مِنْ غَيْرِ صِفَةٍ، ثُمَّ لَهُ إِذَا رَآهَا الْخِيَارُ، فَإِنْ شَاءَ أَنْفَذَ الْبَيْعَ وَإِنْ شَاءَ رَدَّهُ. وَكَذَلِكَ الْمَبِيعُ عَلَى الصِّفَةِ مِنْ شَرْطِهِ عِنْدَهُمْ خِيَارُ الرُّؤْيَةِ وَإِنْ جَاءَ عَلَى الصِّفَةِ; وَعِنْدَ مَالِكٍ أَنَّهُ إِذَا جَاءَ عَلَى الصِّفَةِ فَهُوَ لَازِمٌ; وَعِنْدَ الشَّافِعِيِّ لَا يَنْعَقِدُ الْبَيْعُ أَصْلًا فِي الْمَوْضِعَيْنِ; وَقَدْ قِيلَ فِي الْمَذْهَبِ: يَجُوزُ بَيْعُ الْغَائِبِ مِنْ غَيْرِ صِفَةٍ عَلَى شَرْطِ الْخِيَارِ خِيَارِ الرُّؤْيَةِ، وَقَعَ ذَلِكَ فِي الْمُدَوَّنَةِ، وَأَنْكَرَهُ عَبْدُ الْوَهَّابِ، وَقَالَ: هُوَ مُخَالِفٌ لِأُصُولِنَا. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ نُقْصَانُ الْعِلْمِ الْمُتَعَلِّقِ بِالصِّفَةِ عَنِ الْعِلْمِ الْمُتَعَلِّقِ بِالْحِسِّ هُوَ جَهْلٌ مُؤَثِّرٌ فِي بَيْعِ الشَّيْءِ فَيَكُونُ مِنَ الْغَرَرِ الْكَثِيرِ، أَمْ لَيْسَ بِمُؤَثِّرٍ، وَأَنَّهُ مِنَ الْغَرَرِ الْيَسِيرِ الْمَعْفُوِّ عَنْهُ؟ فَالشَّافِعِيُّ رَآهُ مِنَ الْغَرَرِ الْكَثِيرِ; وَمَالِكٌ رَآهُ مِنَ الْغَرَرِ الْيَسِيرِ; وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ فَإِنَّهُ رَأَى أَنَّهُ إِذَا كَانَ لَهُ خِيَارُ الرُّؤْيَةِ أَنَّهُ لَا غَرَرَ هُنَاكَ، وَإِنْ لَمْ تَكُنْ لَهُ رُؤْيَةٌ; وَأَمَّا مَالِكٌ فَرَأَى أَنَّ الْجَهْلَ الْمُقْتَرِنَ بِعَدَمِ الصِّفَةِ مُؤَثِّرٌ فِي انْعِقَادِ الْبَيْعِ، وَلَا خِلَافَ عِنْدِ مَالِكٍ أَنَّ الصِّفَةَ إِنَّمَا تَنُوبُ عَنِ الْمُعَايَنَةِ لِمَكَانِ غَيْبَةِ الْمَبِيعِ، أَوْ لِمَكَانِ الْمَشَقَّةِ الَّتِي فِي نَشْرِهِ، وَمَا يُخَافُ أَنْ يَلْحَقَهُ مِنَ الْفَسَادِ بِتَكْرَارِ النَّشْرِ عَلَيْهِ؛ وَلِهَذَا أَجَازَ الْبَيْعَ عَلَى الْبَرْنَامَجِ عَلَى الصِّفَةِ، وَلَمْ يَجُزْ عَنْدَهُ بَيْعُ السِّلَاحِ فِي جِرَابِهِ، وَلَا الثَّوْبِ الْمَطْوِيِّ فِي طَيِّهِ حَتَّى يُنْشَرَ، أَوْ يُنْظَرَ إِلَى مَا فِي جِرَابِهَا. وَاحْتَجَّ أَبُو حَنِيفَةَ بِمَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ الْمُسَيَّبِ أَنَّهُ قَالَ: قَالَ أَصْحَابُ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: وَدِدْنَا أَنَّ عُثْمَانَ بْنَ عَفَّانَ، وَعَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ عَوْفٍ تَبَايَعَا حَتَّى نَعْلَمَ أَيُّهُمَا أَعْظَمُ جِدًّا فِي التِّجَارَةِ، فَاشْتَرَى عَبْدُ الرَّحْمَنِ مِنْ عُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ فَرَسًا بِأَرْضٍ لَهُ أُخْرَى بِأَرْبَعِينَ أَلْفًا أَوْ أَرْبَعَةِ آلَافٍ، فَذَكَرَ تَمَامَ الْخَبَرِ، وَفِيهِ بَيْعُ الْغَائِبِ مُطْلَقًا، وَلَا بُدَّ عِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ مِنَ اشْتِرَاطِ الْجِنْسِ. وَيَدْخُلُ الْبَيْعُ عَلَى الصِّفَةِ، أَوْ عَلَى خِيَارِ الرُّؤْيَةِ مِنْ جِهَةِ مَا هُوَ غَائِبٌ غَرَرٌ آخَرُ، وَهُوَ هَلْ هُوَ مَوْجُودٌ وَقْتَ الْعَقْدِ أَوْ مَعْدُومٌ؟ وَلِذَلِكَ اشْتَرَطُوا فِيهِ أَنْ يَكُونَ قَرِيبَ الْغَيْبَةِ إِلَّا أَنْ يَكُونَ مَأْمُونًا كَالْعَقَارِ، وَمِنْ هَاهُنَا

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies