Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

le début de leur maturation, elles ne surviennent que rarement. Si le maintien des fruits sur les arbres, stipulé dans la vente, ne s’imposait pas, aucune calamité ne serait à craindre et cette condition serait sans effet.

Quant aux hanafites, ils n’autorisent pas la vente des fruits à condition de les laisser sur les arbres. Comme nous l’avons dit, ils considèrent que l’absence de condition implique leur cueillette, ce qui va à l’encontre du sens qui se dégage du hadith. Leur argument est que la vente d’une chose exige, par elle-même, sa livraison ; autrement, elle serait entachée d’aléa. C’est pourquoi il n’est pas permis de vendre des biens individualisés en différant leur livraison. La majorité considère toutefois que la vente des fruits fait exception à cette interdiction, car les fruits ne peuvent pas tous sécher en même temps.

Les juristes de Kūfa s’opposent donc à la majorité sur deux points concernant la vente des fruits :

Le premier est qu’ils autorisent leur vente avant l’apparition des signes de leur maturité.

Le second est qu’ils interdisent de les laisser sur les arbres après l’apparition de ces signes, que ce maintien soit expressément stipulé ou découle d’un contrat conclu sans condition. Leur position sur le premier point est plus solide que sur le second (je veux dire : l’exigence de cueillir les fruits même lorsque les signes de leur maturité sont apparus). Leur premier avis est plus défendable parce qu’il permet de concilier les deux hadiths d’Ibn ʿUmar précédemment cités, et parce que cet avis est également rapporté de ʿUmar ibn al-Khattāb et d’Ibn al-Zubayr.

Quant au début de maturation après lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — a autorisé la vente, il correspond au jaunissement des dattes encore fermes et au noircissement des raisins, lorsqu’il s’agit d’une variété qui noircit. En somme, il faut que les fruits présentent des signes de maturité. Tel est l’avis de l’ensemble des juristes des différentes régions, conformément à ce que Mālik rapporte de Humayd, d’après Anas :

« Interrogé sur les mots : “Jusqu’à ce qu’ils prennent couleur”, il répondit : “Jusqu’à ce qu’ils rougissent.” »

Il est également rapporté du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — :

« Il a interdit de vendre les raisins avant qu’ils noircissent, et les grains avant qu’ils durcissent. »

Selon ce que Mālik rapporte de lui, Zayd ibn Thābit ne vendait pas ses fruits avant le lever des Pléiades, lequel survient une fois écoulées douze nuits du mois d’Ayyār, c’est-à-dire de mai. C’est aussi l’avis d’Ibn ʿUmar :

« Il fut interrogé au sujet de cette parole du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — selon laquelle “il avait interdit de vendre les fruits avant qu’ils soient à l’abri des fléaux”. ʿAbd Allāh ibn ʿUmar répondit : “Cela correspond au moment où se lèvent les Pléiades.” »

Il est rapporté d’Abū Hurayra que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — a dit :

« Lorsque l’astre se lève au matin, les habitants du pays sont préservés des fléaux. »

Ibn al-Qāsim rapporte de Mālik qu’il n’y a pas de mal à vendre les fruits d’un verger, même si les signes de leur maturité n’y sont pas encore apparus, dès lors qu’ils sont apparus dans les vergers environnants et que la saison est suffisamment avancée pour que l’on ne craigne plus les fléaux. Il entend par là — et Allah sait mieux — le lever des Pléiades. Toutefois, selon l’avis le plus connu qui lui est attribué, les fruits d’un verger ne peuvent être vendus avant que leur prise de couleur y soit manifeste. Il a également été dit qu’une fois cette prise de couleur constatée, le lever des Pléiades n’entre pas en considération.

En définitive, les savants ont trois avis sur le début de maturation : selon le premier, qui est le plus connu, il s’agit de la prise de couleur des fruits ; selon le deuxième, du lever des Pléiades, même si aucun fruit du verger n’a encore pris couleur au moment de la vente ; selon le troisième, les deux critères doivent être réunis. Et selon

بُدُوِّ الصَّلَاحِ فَلَا تَظْهَرُ إِلَّا قَلِيلًا، وَلَوْ لَمْ يَجِبْ فِي الْمَبِيعِ بِشَرْطِ التَّبْقِيَةِ لَمْ يَكُنْ هُنَالِكَ جَائِحَةٌ تُتَوَقَّعُ، وَكَانَ هَذَا الشَّرْطُ بَاطِلًا. وَأَمَّا الْحَنَفِيَّةُ فَلَا يَجُوزُ عِنْدَهُمْ بَيْعُ الثَّمَرِ بِشَرْطِ التَّبْقِيَةِ، وَالْإِطْلَاقُ عِنْدَهُمْ كَمَا قُلْنَا مَحْمُولٌ عَلَى الْقَطْعِ، وَهُوَ خِلَافُ مَفْهُومِ الْحَدِيثِ، وَحُجَّتُهُمْ أَنَّ نَفْسَ بَيْعِ الشَّيْءِ يَقْتَضِي تَسْلِيمَهُ وَإِلَّا لَحِقَهُ الْغَرَرُ، وَلِذَلِكَ لَمْ يَجُزْ أَنْ تُبَاعَ الْأَعْيَانُ إِلَى أَجَلٍ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ بَيْعَ الثِّمَارِ مُسْتَثْنًى مِنْ بَيْعِ الْأَعْيَانِ إِلَى أَجَلٍ، لِكَوْنِ الثَّمَرِ لَيْسَ يُمْكِنُ أَنْ يَيْبَسَ كُلُّهُ دُفْعَةً، فَالْكُوفِيُّونَ خَالَفُوا الْجُمْهُورَ فِي بَيْعِ الثِّمَارِ فِي مَوْضِعَيْنِ: أَحَدُهُمَا: فِي جَوَازِ بَيْعِهَا قَبْلَ أَنْ تُزْهِيَ. وَالثَّانِي: فِي مَنْعِ تَبْقِيَتِهَا بِالشَّرْطِ بَعْدَ الْإِزْهَاءِ، أَوْ بِمُطْلَقِ الْعَقْدِ، وَخِلَافُهُمْ فِي الْمَوْضِعِ الْأَوَّلِ أَقْوَى مِنْ خِلَافِهِمْ فِي الْمَوْضِعِ الثَّانِي (أَعْنِي: فِي شَرْطِ الْقَطْعِ وَإِنْ أُزْهِيَ) ، وَإِنَّمَا كَانَ خِلَافُهُمْ فِي الْمَوْضِعِ الْأَوَّلِ أَقْرَبَ، لِأَنَّهُ مِنْ بَابِ الْجَمْعِ بَيْنَ حَدِيثَيِ ابْنِ عُمَرَ الْمُتَقَدِّمَيْنِ، لِأَنَّ ذَلِكَ أَيْضًا مَرْوِيٌّ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، وَابْنِ الزُّبَيْرِ. وَأَمَّا بُدُوُّ الصَّلَاحِ الَّذِي جَوَّزَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - الْبَيْعَ بَعْدَهُ، فَهُوَ أَنْ يَصْفَرَّ فِيهِ الْبُسْرُ، وَيَسْوَدَّ فِيهِ الْعِنَبُ إِنْ كَانَ مِمَّا يَسْوَدُّ، وَبِالْجُمْلَةِ أَنْ تَظْهَرَ فِي الثَّمَرِ صِفَةُ الطِّيبِ، هَذَا هُوَ قَوْلُ جَمَاعَةِ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ لِمَا رَوَاهُ مَالِكٌ، عَنْ حُمَيْدٍ، عَنْ أَنَسٍ «أَنَّهُ سُئِلَ عَنْ قَوْلِهِ حَتَّى يُزْهِيَ، فَقَالَ: حَتَّى يَحْمَرَّ» ، وَرُوِيَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «أَنَّهُ نَهَى عَنْ بَيْعِ الْعِنَبِ حَتَّى يَسْوَدَّ، وَالْحَبِّ حَتَّى يَشْتَدَّ» ، وَكَانَ زَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ فِي رِوَايَةِ مَالِكٍ عَنْهُ لَا يَبِيعُ ثِمَارَهُ حَتَّى تَطْلُعَ الثُّرَيَّا، وَذَلِكَ لِاثْنَتَيْ عَشْرَةَ لَيْلَةً خَلَتْ مِنْ أَيَارَ وَهُوَ مَايُو، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ عُمَرَ أَيْضًا " سُئِلَ عَنْ «قَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - إِنَّهُ نَهَى عَنْ بَيْعِ الثِّمَارِ حَتَّى تَنْجُوَ مِنَ الْعَاهَاتِ» ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ: ذَلِكَ وَقْتُ طُلُوعِ الثُّرَيَّا " وَرُوِيَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «إِذَا طَلَعَ النَّجْمُ صَبَاحًا رُفِعَتِ الْعَاهَاتُ عَنْ أَهْلِ الْبَلَدِ» ، وَرَوَى ابْنُ الْقَاسِمِ، عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ لَا بَأْسَ أَنْ يُبَاعَ الْحَائِطُ، وَإِنْ لَمْ يَزْهَ إِذَا أَزْهَى مَا حَوْلَهُ مِنَ الْحِيطَانِ إِذَا كَانَ الزَّمَانُ قَدْ أُمِنَتْ فِيهِ الْعَاهَةُ، يُرِيدُ - وَاللَّهُ أَعْلَمُ - طُلُوعَ الثُّرَيَّا، إِلَّا أَنَّ الْمَشْهُورَ عَنْهُ أَنَّهُ لَا يُبَاعُ حَائِطٌ حَتَّى يَبْدُوَ فِيهِ الزَّهْوُ، وَقَدْ قِيلَ: إِنَّهُ لَا يُعْتَبَرُ مَعَ الْإِزْهَاءِ طُلُوعُ الثُّرَيَّا. فَالْمُحَصَّلُ فِي بُدُوِّ الصَّلَاحِ لِلْعُلَمَاءِ ثَلَاثَةُ أَقْوَالٍ: قَوْلٌ: إِنَّهُ الْإِزْهَاءُ، وَهُوَ الْمَشْهُورُ، وَقَوْلٌ: إِنَّهُ طُلُوعُ الثُّرَيَّا، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ فِي الْحَائِطِ فِي حِينِ الْبَيْعِ إِزْهَاءٌ; وَقَوْلٌ: الْأَمْرَانِ جَمِيعًا. وَعَلَى

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies