Parmi les ventes qui présentent ces formes d’incertitude, certaines sont expressément visées par les textes, tandis que d’autres ne le sont pas. La plupart des premières font l’objet d’un accord, les divergences ne portant que sur le sens de leurs appellations ; les secondes, en revanche, sont controversées. Nous mentionnerons d’abord celles qui sont expressément visées par la Loi et les questions juridiques qui s’y rapportent. Nous aborderons ensuite, parmi celles sur lesquelles les textes sont silencieux, les cas qui font notoirement l’objet de divergences entre les juristes des différentes régions. Cet exposé servira ainsi de guide au raisonnement juridique lui-même (c’est-à-dire pour rattacher les cas particuliers aux principes fondamentaux).
Parmi les interdictions expressément énoncées dans la Loi figurent : « son interdiction — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — de la vente dite habal al-habala » ; « son interdiction de vendre ce qui n’est pas encore formé » ; « de vendre les fruits avant qu’ils ne commencent à mûrir » ; « de pratiquer la vente par toucher et la vente par jet » ; « de pratiquer la vente au caillou » ; « son interdiction de vendre à l’avance les récoltes de plusieurs années » ; « de réunir deux ventes en une seule » ; « d’associer une vente à une condition » ; « d’associer une vente à un prêt » ; « de vendre les épis avant qu’ils ne blanchissent, et le raisin avant qu’il ne noircisse » ; enfin, « son interdiction des ventes dites madāmīn et malāqīh ».
Quant à la vente par toucher, elle consistait, à l’époque préislamique, à toucher une étoffe sans la déplier, ou à l’acheter de nuit. Son interdiction fait l’unanimité ; elle tient à l’ignorance des caractéristiques du bien.
Quant à la vente par jet, elle consistait, pour chacun des deux contractants, à jeter une étoffe à l’autre sans avoir déterminé que telle étoffe serait échangée contre telle autre : ils s’en remettaient au hasard.
Quant à la vente au caillou, elle consistait, chez eux, à ce que l’acheteur dise : « La vente sera conclue pour l’étoffe sur laquelle tombera le caillou lâché de ma main. » Il s’agit là d’un jeu d’argent.