Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

La deuxième catégorie ne vise pas à obtenir un avantage dans l’échange, mais relève de l’entraide : il s’agit du prêt.

La troisième comprend les opérations qui peuvent valablement répondre à l’une ou l’autre intention (je veux dire : rechercher un avantage dans l’échange ou apporter une aide), comme l’association, la résolution amiable et la cession au prix d’achat.

Les positions des savants sur ces catégories se résument ainsi : pour les biens acquis par une vente à titre onéreux, nul ne conteste que la prise de possession soit requise avant leur revente, dès lors qu’il s’agit des biens pour lesquels chaque savant pose cette condition. Quant aux opérations qui relèvent exclusivement de l’entraide (je veux dire : le prêt), nul ne conteste non plus que la prise de possession ne soit pas une condition de la revente (autrement dit, il est permis de vendre le bien emprunté avant d’en avoir pris possession). Abū Hanīfa excepte toutefois des acquisitions à titre onéreux la dot et les biens reçus en contrepartie de la dissolution du mariage : il autorise leur vente avant la prise de possession.

Quant aux contrats qui peuvent viser aussi bien l’entraide que la recherche d’un avantage dans l’échange (à savoir la cession au prix d’achat, l’association et la résolution amiable), lorsqu’ils sont conclus dans un esprit d’entraide, sans que la résolution amiable ou la cession au prix d’achat comporte une augmentation ou une diminution, je ne connais aucune divergence au sein de l’école quant à leur validité, avant comme après la prise de possession. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī, en revanche, n’autorisent ni l’association ni la cession au prix d’achat avant la prise de possession. Tous deux permettent néanmoins la résolution amiable, car, avant la prise de possession, elle constitue l’annulation d’une vente et non une nouvelle vente.

Ceux qui exigent la prise de possession dans toutes les opérations à titre onéreux se fondent principalement sur le fait qu’elles ont le même sens que la vente interdite. Mālik n’en a excepté la cession au prix d’achat, la résolution amiable et l’association qu’en raison d’une tradition rapportée et du sens de ces opérations. Pour la tradition, il s’agit du récit qu’il rapporte de Sa‘īd ibn al-Musayyab, sans intermédiaire mentionné entre celui-ci et le Prophète : le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :

« Celui qui achète des denrées alimentaires ne doit pas les revendre avant de les avoir reçues intégralement, sauf dans le cadre d’une association, d’une cession au prix d’achat ou d’une résolution amiable. »

Quant au raisonnement, ces opérations ne visent que l’entraide, et non la recherche d’un avantage dans l’échange, lorsqu’elles ne comportent aucune augmentation ni diminution. Abū Hanīfa, pour sa part, n’a excepté la dot, la compensation versée pour la dissolution du mariage et la récompense promise pour l’accomplissement d’une tâche que parce que la contrepartie n’y apparaît pas clairement lorsqu’elle ne consiste pas en un bien matériel.

[Chapitre troisième : distinction entre les denrées alimentaires vendues à la mesure et celles vendues en bloc]

Concernant l’exigence de la prise de possession des denrées alimentaires achetées en bloc, sans en mesurer la quantité, Mālik a accordé une dispense et autorisé leur revente avant cette prise de possession. Al-Awzā‘ī partage cet avis, contrairement à Abū Hanīfa et à al-Shāfi‘ī. Ces deux derniers invoquent la portée générale du hadith interdisant de vendre des denrées alimentaires avant d’en avoir pris possession, car le risque d’ouvrir la voie à l’usure existe aussi bien pour la vente en bloc que pour les autres formes de vente.

Ils peuvent également invoquer ce récit d’Ibn ‘Umar :

« À l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, nous achetions des denrées alimentaires en bloc. Il nous envoya quelqu’un pour nous ordonner de les déplacer du lieu où nous les avions achetées vers un autre endroit avant de les revendre. »

Abū ‘Umar dit : « Même si Mālik n’a pas rapporté de Nāfi‘ la mention de la vente en bloc dans ce hadith, plusieurs transmetteurs l’ont rapportée. ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, entre autres, en a donné une version précise ; il occupe un rang de premier plan par sa maîtrise des hadiths de Nāfi‘. »

وَالْقِسْمُ الثَّانِي: لَا يَخْتَصُّ بِقَصْدِ الْمُغَابَنَةِ، وَإِنَّمَا يَكُونُ عَلَى جِهَةِ الرِّفْقِ وَهُوَ الْقَرْضُ. وَالْقِسْمُ الثَّالِثُ: فَهُوَ مَا يَصِحُّ أَنْ يَقَعَ عَلَى الْوَجْهَيْنِ جَمِيعًا (أَعْنِي: عَلَى قَصْدِ الْمُغَابَنَةِ، وَعَلَى قَصْدِ الرِّفْقِ) ، كَالشَّرِكَةِ، وَالْإِقَالَةِ، وَالتَّوْلِيَةِ. وَتَحْصِيلُ أَقْوَالِ الْعُلَمَاءِ فِي هَذِهِ الْأَقْسَامِ: أَمَّا مَا كَانَ بَيْعًا وَبِعِوَضٍ فَلَا خِلَافَ فِي اشْتِرَاطِ الْقَبْضِ فِيهِ، وَذَلِكَ فِي الشَّيْءِ الَّذِي يَشْتَرِطُ فِيهِ الْقَبْضَ وَاحِدٌ وَاحِدٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ. وَأَمَّا مَا كَانَ خَالِصًا لِلرِّفْقِ (أَعْنِي: الْقَرْضَ) ، فَلَا خِلَافَ أَيْضًا أَنَّ الْقَبْضَ لَيْسَ شَرْطًا فِي بَيْعِهِ (أَعْنِي: أَنَّهُ يَجُوزُ لِلرَّجُلِ أَنْ يَبِيعَ الْقَرْضَ قَبْلَ أَنْ يَقْبِضَهُ) . وَاسْتَثْنَى أَبُو حَنِيفَةَ مِمَّا يَكُونُ بِعِوَضٍ الْمَهْرَ، وَالْخُلْعَ، فَقَالَ: يَجُوزُ بَيْعُهُمَا قَبْلَ الْقَبْضِ. وَأَمَّا الْعُقُودُ الَّتِي تَتَرَدَّدُ بَيْنَ قَصْدِ الرِّفْقِ وَالْمُغَابَنَةِ (وَهِيَ التَّوْلِيَةُ، وَالشَّرِكَةُ، وَالْإِقَالَةُ) ، فَإِذَا وَقَعَتْ عَلَى وَجْهِ الرِّفْقِ مِنْ غَيْرِ أَنْ تَكُونَ الْإِقَالَةُ، أَوِ التَّوْلِيَةُ بِزِيَادَةٍ أَوْ نُقْصَانٍ، فَلَا خِلَافَ أَعْلَمُهُ فِي الْمَذْهَبِ أَنَّ ذَلِكَ جَائِزٌ قَبْلَ الْقَبْضِ وَبَعْدَهُ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ: لَا تَجُوزُ الشَّرِكَةُ، وَلَا التَّوْلِيَةُ قَبْلَ الْقَبْضِ، وَتَجُوزُ الْإِقَالَةُ عِنْدَهُمَا لِأَنَّهَا قَبْلَ الْقَبْضِ فَسْخُ بَيْعٍ لَا بَيْعٌ. فَعُمْدَةُ مَنِ اشْتَرَطَ الْقَبْضَ فِي جَمِيعِ الْمُعَاوَضَاتِ أَنَّهَا فِي مَعْنَى الْبَيْعِ الْمَنْهِيِّ عَنْهُ، وَإِنَّمَا اسْتَثْنَى مَالِكٌ مِنْ ذَلِكَ التَّوْلِيَةَ، وَالْإِقَالَةَ، وَالشَّرِكَةَ لِلْأَثَرِ وَالْمَعْنَى. أَمَّا الْأَثَرُ فَمَا رَوَاهُ مِنْ مُرْسَلِ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ «مَنِ ابْتَاعَ طَعَامًا فَلَا يَبِعْهُ حَتَّى يَسْتَوْفِيَهُ، إِلَّا مَا كَانَ مِنْ شَرِكَةٍ، أَوْ تَوْلِيَةٍ، أَوْ إِقَالَةٍ» . وَأَمَّا مِنْ طَرِيقِ الْمَعْنَى: فَإِنَّ هَذِهِ إِنَّمَا يُرَادُ بِهَا الرِّفْقُ لَا الْمُغَابَنَةُ إِذَا لَمْ تَدْخُلْهَا زِيَادَةٌ أَوْ نُقْصَانٌ، وَإِنَّمَا اسْتَثْنَى مِنْ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ الصَّدَاقَ، وَالْخُلْعَ، وَالْجُعْلَ، لِأَنَّ الْعِوَضَ فِي ذَلِكَ لَيْسَ بَيِّنًا إِذَا لَمْ يَكُنْ عَيْنًا. [الْفَصْلُ الثَّالِثُ فِي الْفَرْقِ بَيْنَ مَا يُبَاعُ مِنَ الطَّعَامِ مَكِيلًا وَجُزَافًا] وَأَمَّا اشْتِرَاطُ الْقَبْضِ فِيمَا بِيعَ مِنَ الطَّعَامِ جُزَافًا، فَإِنَّ مَالِكًا رَخَّصَ فِيهِ وَأَجَازَهُ، وَبِهِ قَالَ الْأَوْزَاعِيُّ، وَلَمْ يُجِزْ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ. وَحُجَّتُهُمَا عُمُومُ الْحَدِيثِ الْمُتَضَمِّنِ لِلنَّهْي عَنْ بَيْعِ الطَّعَامِ قَبْلَ قَبْضِهِ، لِأَنَّ الذَّرِيعَةَ مَوْجُودَةٌ فِي الْجُزَافِ، وَغَيْرِ الْجُزَافِ. وَمِنَ الْحُجَّةِ لَهُمَا مَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّهُ قَالَ: «كُنَّا فِي زَمَانِ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - نَبْتَاعُ الطَّعَامَ جُزَافًا، فَبَعَثَ إِلَيْنَا مَنْ يَأْمُرُنَا بِانْتِقَالِهِ مِنَ الْمَكَانِ الَّذِي ابْتَعْنَاهُ فِيهِ إِلَى مَكَانٍ سِوَاهُ قَبْلَ أَنْ نَبِيعَهُ» . قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَإِنْ كَانَ مَالِكٌ لَمْ يَرْوِ عَنْ نَافِعٍ فِي هَذَا الْحَدِيثِ ذِكْرَ الْجُزَافِ، فَقَدْ رَوَتْهُ جَمَاعَةٌ وَجَوَّدَهُ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ، وَغَيْرُهُ، وَهُوَ مُقَدَّمٌ فِي حِفْظِ حَدِيثِ نَافِعٍ.

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