Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Sixième avis : les biens vendus à la mesure ou au poids.

Septième avis : les biens vendus à la mesure, au poids ou à l’unité.

Quant à Mālik, il fonde l’interdiction qu’il étend à ce qui n’est pas explicitement mentionné sur le sens implicite du hadith précédent.

Al-Shāfi‘ī, pour sa part, fonde l’extension de cette règle à toute vente sur la portée générale de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :

« Il n’est permis ni d’associer une vente à un prêt, ni de tirer profit d’un bien dont on n’assume pas les risques, ni de vendre ce que l’on n’a pas. »

Il s’agit ici de vendre un bien dont on n’assume pas les risques. Ce raisonnement repose sur sa doctrine selon laquelle la prise de possession est une condition du transfert des risques à l’acheteur. Il invoque également le hadith de Hakīm ibn Hizām, qui rapporte :

« J’ai demandé : “Ô Messager d’Allah, j’achète des marchandises. Que m’est-il permis ou interdit de faire avec elles ?” Il répondit : “Mon neveu, lorsque tu achètes un bien, ne le revends pas avant d’en avoir pris possession.” »

Abū ‘Umar dit : « Le hadith de Hakīm ibn Hizām a été rapporté par Yahyā ibn Abī Kathīr, d’après Yūsuf ibn Māhak, auquel ‘Abd Allāh ibn ‘Isma avait transmis les propos de Hakīm ibn Hizām. Je ne connais aucune critique mettant en cause Yūsuf ibn Māhak ou ‘Abd Allāh ibn ‘Isma, si ce n’est qu’un seul homme a rapporté de chacun d’eux. Or, en réalité, cela ne constitue pas une critique de leur fiabilité, même si plusieurs spécialistes du hadith désapprouvent cette situation. »

Sur le plan du raisonnement, la vente d’un bien avant d’en avoir pris possession peut ouvrir la voie à l’usure. Abū Hanīfa n’a excepté que les biens qui, selon lui, se déplacent et se transportent, par opposition à ceux qui ne se transportent pas, car, pour lui, la prise de possession des biens transportables consiste à les mettre à la disposition de l’acquéreur. Quant à ceux qui retiennent le critère de la mesure et du poids, ils se fondent sur l’accord selon lequel les risques afférents aux biens vendus à la mesure ou au poids ne passent du vendeur à l’acheteur qu’une fois ces biens mesurés ou pesés. Or, il a été interdit de vendre ce dont on n’assume pas les risques.

[Chapitre deuxième : les modes d’acquisition selon lesquels la prise de possession est ou non requise avant la vente]

Pour distinguer les modes d’acquisition auxquels cette condition s’applique de ceux auxquels elle ne s’applique pas, il faut d’abord répartir les contrats en deux catégories : les contrats à titre onéreux et ceux à titre gratuit, comme les donations et les aumônes.

Les contrats à titre onéreux se subdivisent en trois catégories.

La première comprend les opérations qui visent spécifiquement à obtenir un avantage dans l’échange et à négocier au mieux ses intérêts : les ventes, les locations, les dots, les transactions amiables, ainsi que les biens dont on est tenu de répondre du fait d’une atteinte aux droits d’autrui ou pour une autre cause.

السَّادِسُ: فِي الْمَكِيلِ وَالْمَوْزُونِ. السَّابِعُ: فِي الْمَكِيلِ وَالْمَوْزُونِ وَالْمَعْدُودِ. أَمَّا عُمْدَةُ مَالِكٍ فِي مَنْعِهِ مَا عَدَا الْمَنْصُوصَ عَلَيْهِ: فَدَلِيلُ الْخِطَابِ فِي الْحَدِيثِ الْمُتَقَدِّمِ. وَأَمَّا عُمْدَةُ الشَّافِعِيِّ فِي تَعْمِيمِ ذَلِكَ فِي كُلِّ بَيْعٍ فَعُمُومُ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يَحِلُّ بَيْعٌ وَسَلَفٌ، وَلَا رِبْحُ مَا لَمْ يُضْمَنْ، وَلَا بَيْعُ مَا لَيْسَ عِنْدَكَ» . وَهَذَا مِنْ بَابِ بَيْعِ مَا لَمْ يُضْمَنْ، وَهَذَا مَبْنِيٌّ عَلَى مَذْهَبِهِ مِنْ أَنَّ الْقَبْضَ شَرْطٌ فِي دُخُولِ الْمَبِيعِ فِي ضَمَانِ الْمُشْتَرِي، وَاحْتَجَّ أَيْضًا بِحَدِيثِ حَكِيمِ بْنِ حِزَامٍ قَالَ: «قُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ.. إِنِّي أَشْتَرِي بُيُوعًا فَمَا يَحِلُّ لِي مِنْهَا وَمَا يَحْرُمُ؟ فَقَالَ: يَا ابْنَ أَخِي، إِذَا اشْتَرَيْتَ بَيْعًا فَلَا تَبِعْهُ حَتَّى تَقْبِضَهُ» . قَالَ أَبُو عُمَرَ: حَدِيثُ حَكِيمِ بْنِ حِزَامٍ رَوَاهُ يَحْيَى بْنُ أَبِي كَثِيرٍ، عَنْ يُوسُفَ بْنِ مَاهَكَ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عِصْمَةَ حَدَّثَهُ: أَنَّ حَكِيمَ بْنَ حِزَامٍ قَالَ: وَيُوسُفُ بْنُ مَاهَكَ، وَعَبْدُ اللَّهِ بْنُ عِصْمَةَ لَا أَعْرِفُ لَهُمَا جُرْحَةً، إِلَّا أَنَّهُ لَمْ يَرْوِ عَنْهُمَا إِلَّا رَجُلٌ وَاحِدٌ فَقَطْ، وَذَلِكَ فِي الْحَقِيقَةِ لَيْسَ بِجُرْحَةٍ، وَإِنْ كَرِهَهُ جَمَاعَةٌ مِنَ الْمُحَدِّثِينَ. وَمِنْ طَرِيقِ الْمَعْنَى أَنَّ بَيْعَ مَا لَمْ يُقْبَضْ يُتَطَرَّقُ مِنْهُ إِلَى الرِّبَا، وَإِنَّمَا اسْتَثْنَى أَبُو حَنِيفَةَ مَا يُحَوَّلُ، وَيُنْقَلُ عِنْدَهُ مِمَّا لَا يُنْقَلُ، لِأَنَّ مَا يُنْقَلُ الْقَبْضُ عِنْدَهُ فِيهِ هِيَ التَّخْلِيَةُ. وَأَمَّا مَنِ اعْتَبَرَ الْكَيْلَ، وَالْوَزْنَ، فَلِاتِّفَاقِهِمْ أَنَّ الْمَكِيلَ وَالْمَوْزُونَ لَا يَخْرُجُ مِنْ ضَمَانِ الْبَائِعِ إِلَى ضَمَانِ الْمُشْتَرِي إِلَّا بِالْكَيْلِ، أَوِ الْوَزْنِ، وَقَدْ نُهِيَ عَنْ بَيْعِ مَا لَمْ يُضْمَنْ. [الْفَصْلُ الثَّانِي فِي الِاسْتِفَادَاتِ الَّتِي يُشْتَرَطُ فِي بَيْعِهَا الْقَبْضُ مِنَ الَّتِي لَا يُشْتَرَطُ] وَأَمَّا مَا يُعْتَبَرُ ذَلِكَ فِيهِ مِمَّا لَا يُعْتَبَرُ، فَإِنَّ الْعُقُودَ تَنْقَسِمُ أَوَّلًا إِلَى قِسْمَيْنِ: قِسْمٌ يَكُونُ بِمُعَاوَضَةٍ، وَقِسْمٌ يَكُونُ بِغَيْرِ مُعَاوَضَةٍ كَالْهِبَاتِ وَالصَّدَقَاتِ. وَالَّذِي يَكُونُ بِمُعَاوَضَةٍ يَنْقَسِمُ ثَلَاثَةَ أَقْسَامٍ: أَحَدُهَا: يَخْتَصُّ بِقَصْدِ الْمُغَابَنَةِ وَالْمُكَايَسَةِ، وَهِيَ الْبُيُوعُ، وَالْإِجَارَاتُ، وَالْمُهُورُ، وَالصُّلْحُ، وَالْمَالُ الْمَضْمُونُ بِالتَّعَدِّي وَغَيْرِهِ.

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