Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Chapitre quatrième : déterminer ce qui constitue une même catégorie et ce qui relève de catégories distinctes]

Dans ce domaine, les juristes divergent, sur de nombreuses questions, quant aux biens qui constituent une même catégorie et à ceux qui relèvent de catégories distinctes, cette distinction déterminant l’interdiction des échanges en quantités inégales. Nous n’évoquerons toutefois que les questions les plus connues.

Ils divergent également sur les caractéristiques requises pour que des biens constituent une même catégorie au sein de laquelle l’inégalité est interdite : faut-il qu’ils ne diffèrent ni par leur qualité, bonne ou mauvaise, ni par leur état, sec ou humide ?

Parmi leurs divergences sur ce qui constitue une même catégorie ou des catégories distinctes figure celle concernant le blé et l’orge. Certains estiment qu’ils forment une seule catégorie, d’autres qu’ils en constituent deux. Le premier avis est celui de Mālik et d’al-Awzā‘ī ; Mālik le rapporte également de Sa‘īd ibn al-Musayyab dans le Muwatta’. Le second est celui d’al-Shāfi‘ī et d’Abū Hanīfa, qui s’appuient sur les textes transmis et le raisonnement analogique.

Concernant les textes transmis, ils invoquent cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix :

« N’échangez le blé contre du blé et l’orge contre de l’orge qu’en quantités égales. »

Il en fait ainsi deux catégories distinctes. De plus, certaines voies de transmission du hadith de ‘Ubāda ibn al-Sāmit comportent ces mots :

« Échangez l’or contre de l’argent comme vous le voulez, le blé contre de l’orge comme vous le voulez et le sel contre des dattes comme vous le voulez, de la main à la main. »

‘Abd al-Razzāq et Wakī‘ rapportent ce passage d’après al-Thawrī, et al-Tirmidhī a jugé cet ajout authentique.

Quant au raisonnement analogique, le blé et l’orge sont deux biens dont les noms et les utilités diffèrent : ils doivent donc constituer deux catégories distinctes. L’or, l’argent et les autres biens dont les noms et les utilités diffèrent servent de référence à cette analogie.

Mālik, pour sa part, s’appuie principalement sur la pratique de ses prédécesseurs à Médine. Ses disciples invoquent également les textes transmis et le raisonnement analogique. Pour les textes transmis, ils se fondent sur cette parole rapportée du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Les denrées alimentaires s’échangent contre des denrées alimentaires en quantités égales. »

Ils disent : « Le terme “denrées alimentaires” englobe le blé et l’orge. » Cet argument est faible, car il s’agit d’un énoncé général dont les hadiths authentiques précisent le sens.

Quant au raisonnement analogique, ils énumèrent de nombreuses utilités communes au blé et à l’orge. Or, de l’avis unanime, les biens dont les utilités sont identiques ne peuvent s’échanger en quantités inégales.

Selon Mālik, le sult (orge nue) et l’orge constituent une même catégorie. Quant aux légumes secs, ils forment, selon lui, une seule catégorie pour la zakat. En matière de ventes, deux avis sont rapportés de lui : selon l’un, ils constituent une seule catégorie ; selon l’autre, ils en constituent plusieurs. Cette divergence tient au fait que leurs utilités présentent à la fois des ressemblances et des différences. Celui qui privilégie les ressemblances les considère comme une seule catégorie ; celui qui privilégie les différences y voit deux catégories ou davantage. Le riz, le dukhn (millet) et le jāwars (millet) constituent, selon lui, une même catégorie.

Question — Dans ce domaine, les juristes divergent également sur les viandes qui constituent une même catégorie au sein de laquelle l’échange en quantités inégales est interdit. Mālik dit : « Les viandes se répartissent en trois catégories : la viande des quadrupèdes forme une catégorie, celle des animaux aquatiques une autre, et toutes les viandes d’oiseaux constituent également une seule catégorie. Ces trois catégories sont distinctes et peuvent s’échanger entre elles en quantités inégales. »

[الْفَصْلُ الرَّابِعُ فِي مَعْرِفَةِ مَا يُعَدُّ صِنْفًا وَاحِدًا وَمَا لَا يُعَدُّ صِنْفًا وَاحِدًا] وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِيمَا يُعَدُّ صِنْفًا وَاحِدًا، وَهُوَ الْمُؤَثِّرُ فِي التَّفَاضُلِ مِمَّا لَا يُعَدُّ صِنْفًا وَاحِدًا فِي مَسَائِلَ كَثِيرَةٍ، لَكِنْ نَذْكُرُ مِنْهَا أَشْهَرَهَا. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي صِفَاتِ الصِّنْفِ الْوَاحِدِ الْمُؤَثِّرِ فِي التَّفَاضُلِ، هَلْ مِنْ شَرْطِهِ أَنْ لَا يَخْتَلِفَ بِالْجَوْدَةِ وَالرَّدَاءَةِ، وَلَا بِالْيُبْسِ وَالرُّطُوبَةِ؟ فَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِيمَا يُعَدُّ صِنْفًا وَاحِدًا مِمَّا لَا يُعَدُّ صِنْفًا وَاحِدًا، فَمِنْ ذَلِكَ الْقَمْحُ وَالشَّعِيرُ، صَارَ قَوْمٌ إِلَى أَنَّهُمَا صِنْفٌ وَاحِدٌ، وَصَارَ آخَرُونَ إِلَى أَنَّهُمَا صِنْفَانِ، فَبِالْأَوَّلِ قَالَ مَالِكٌ، وَالْأَوْزَاعِيُّ، وَحَكَاهُ مَالِكٌ فِي الْمُوَطَّأِ عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ ; وَبِالثَّانِي قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَعُمْدَتُهُمَا السَّمَاعُ، وَالْقِيَاسُ. أَمَّا السَّمَاعُ، فَقَوْلُهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «لَا تَبِيعُوا الْبُرَّ بِالْبُرِّ، وَالشَّعِيرَ بِالشَّعِيرِ إِلَّا مِثْلًا بِمِثْلٍ» ، فَجَعَلَهُمَا صِنْفَيْنِ، وَأَيْضًا فَإِنَّ فِي بَعْضِ طُرُقِ حَدِيثِ عُبَادَةَ بْنِ الصَّامِتِ: «وَبِيعُوا الذَّهَبَ بِالْفِضَّةِ كَيْفَ شِئْتُمْ، وَالْبُرَّ بِالشَّعِيرِ كَيْفَ شِئْتُمْ، وَالْمِلْحَ بِالتَّمْرِ كَيْفَ شِئْتُمْ يَدًا بِيَدٍ» ذَكَرَهُ عَبْدُ الرَّزَّاقِ، وَوَكِيعٌ، عَنِ الثَّوْرِيِّ، وَصَحَّحَ هَذِهِ الزِّيَادَةَ التِّرْمِذِيُّ. وَأَمَّا الْقِيَاسُ فَلِأَنَّهُمَا شَيْئَانِ اخْتَلَفَتْ أَسْمَاؤُهُمَا وَمَنَافِعُهُمَا، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَا صِنْفَيْنِ، أَصْلُهُ الْفِضَّةُ، وَالذَّهَبُ، وَسَائِرُ الْأَشْيَاءِ الْمُخْتَلِفَةِ فِي الِاسْمِ وَالْمَنْفَعَةِ. وَأَمَّا عُمْدَةُ مَالِكٍ فَإِنَّهُ عَمَلُ سَلَفِهِ بِالْمَدِينَةِ. وَأَمَّا أَصْحَابُهُ فَاعْتَمَدُوا فِي ذَلِكَ أَيْضًا السَّمَاعَ وَالْقِيَاسَ. أَمَّا السَّمَاعُ فَمَا رُوِيَ أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «الطَّعَامُ بِالطَّعَامِ مِثْلًا بِمِثْلٍ» ، فَقَالُوا: اسْمُ الطَّعَامِ يَتَنَاوَلُ الْبُرَّ وَالشَّعِيرَ، وَهَذَا ضَعِيفٌ، فَإِنَّ هَذَا عَامٌّ يُفَسِّرُهُ الْأَحَادِيثُ الصَّحِيحَةُ. وَأَمَّا مِنْ طَرِيقِ الْقِيَاسِ: فَإِنَّهُمْ عَدَّدُوا كَثِيرًا مِنَ اتِّفَاقِهِمَا فِي الْمَنَافِعِ، وَالْمُتَّفِقَةُ الْمَنَافِعِ لَا يَجُوزُ التَّفَاضُلُ فِيهَا بِاتِّفَاقٍ، وَالسُّلْتُ عِنْدَ مَالِكٍ، وَالشَّعِيرُ صِنْفٌ وَاحِدٌ، وَأَمَّا الْقُطْنِيَّةُ فَإِنَّهَا عِنْدَهُ صِنْفٌ وَاحِدٌ فِي الزَّكَاةِ، وَعَنْهُ فِي الْبُيُوعِ رِوَايَتَانِ: إِحْدَاهُمَا أَنَّهَا صِنْفٌ وَاحِدٌ، وَالْأُخْرَى أَنَّهَا أَصْنَافٌ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ تَعَارُضُ اتِّفَاقِ الْمَنَافِعِ فِيهَا وَاخْتِلَافُهَا، فَمَنْ غَلَّبَ الِاتِّفَاقَ قَالَ: صِنْفٌ وَاحِدٌ، وَمَنْ غَلَّبَ الِاخْتِلَافَ قَالَ: صِنْفَانِ أَوْ أَصْنَافٌ، وَالْأُرْزُ، وَالدُّخْنُ، وَالْجَاوَرْسُ عِنْدَهُ صِنْفٌ وَاحِدٌ. مَسْأَلَةٌ وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي الصِّنْفِ الْوَاحِدِ مِنَ اللَّحْمِ الَّذِي لَا يَجُوزُ فِيهِ التَّفَاضُلُ، فَقَالَ مَالِكٌ: اللُّحُومُ ثَلَاثَةُ أَصْنَافٍ: فَلَحْمُ ذَوَاتِ الْأَرْبَعِ، وَلَحْمُ ذَوَاتِ الْمَاءِ صِنْفٌ، وَلَحْمُ الطَّيْرِ كُلُّهُ صِنْفٌ وَاحِدٌ أَيْضًا، وَهَذِهِ الثَّلَاثَةُ الْأَصْنَافُ مُخْتَلِفَةٌ يَجُوزُ فِيهَا التَّفَاضُلُ.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies