Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

objecter qu’il n’est pas permis de différer une explication au-delà du moment où elle devient nécessaire. Si elle avait dû se purifier pour chaque prière, il l’en aurait informée. Il serait peu plausible de prétendre qu’elle le savait déjà, alors qu’elle ignorait la différence entre les saignements non menstruels et les menstrues.

Quant au fait qu’il — sur lui la prière et le salut — ne l’ait pas informée de la purification qui lui incombe à la cessation du sang des menstrues, l’explication en est implicitement contenue dans ses paroles :

« Ce ne sont pas des menstrues. »

En effet, il était connu, d’après sa sunna — sur lui la prière et le salut —, que la cessation des menstrues rend obligatoire le bain rituel. S’il ne l’en a pas informée, c’est donc parce qu’elle le savait déjà. Il n’en va pas de même de l’obligation de se purifier pour chaque prière, à moins de soutenir que cette prescription supplémentaire n’avait pas encore été établie et qu’elle ne l’a été que par la suite. Se pose alors la célèbre question : un ajout constitue-t-il une abrogation ou non ? Certaines voies de transmission du hadith de Fātima rapportent d’ailleurs qu’il — sur lui la prière et le salut — lui ordonna de prendre un bain rituel. Telles sont donc les positions de ceux qui suivent la voie de la préférence et de ceux qui retiennent la complémentarité des récits.

Quant aux partisans de l’abrogation, ils ont dit que le hadith d’Asmā’ bint ‘Umays abroge celui d’Umm Habība. Ils se sont appuyés sur ce récit rapporté de ‘Ā’isha :

« Sahla bint Suhayl présentait des saignements non menstruels, et le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — lui ordonnait de prendre un bain rituel pour chaque prière. Comme cela l’épuisait, il lui ordonna de réunir les prières de midi et de l’après-midi avec un seul bain rituel, celles du coucher du soleil et de la nuit avec un seul bain rituel, puis de prendre un troisième bain pour la prière de l’aube. »

Quant aux partisans de la conciliation, ils ont dit que le hadith de Fātima bint Hubaysh concerne celle qui distingue les jours de ses menstrues de ceux de ses saignements non menstruels, tandis que celui d’Umm Habība concerne celle qui ne les distingue pas. Il a donc été ordonné à cette dernière de se purifier à chaque heure de prière, par précaution pour la validité de celle-ci. En effet, lorsqu’elle se lève pour prier, il se peut que ses menstrues aient pris fin ; elle doit donc prendre un bain rituel pour chaque prière.

Quant au hadith d’Asmā’ bint ‘Umays, il concerne celle qui ne distingue pas les jours de ses menstrues de ceux de ses saignements non menstruels, mais dont le sang cesse parfois de couler. Lorsque le saignement s’interrompt, elle doit prendre un bain rituel et accomplir deux prières avec ce même bain.

D’autres ont retenu la possibilité de choisir entre les modalités rapportées dans les hadiths d’Umm Habība et d’Asmā’. Ils se sont appuyés sur le hadith de Hamna bint Jahsh, dans lequel il est rapporté :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — lui laissa le choix. »

Certains d’entre eux ont dit que ce choix est accordé à celle qui ne connaît pas les jours de ses menstrues. D’autres ont dit qu’il est accordé à toute femme présentant des saignements non menstruels, qu’elle connaisse ou non les jours de ses menstrues. C’est là un cinquième avis sur la question. Toutefois, dans le hadith de Hamna bint Jahsh, le choix porte uniquement sur le fait d’accomplir toutes les prières avec un seul bain rituel ou de se purifier trois fois par jour et par nuit. Quant à

يَقُولُوا إِنَّ تَأْخِيرَ الْبَيَانِ عَنْ وَقْتِ الْحَاجَةِ لَا يَجُوزُ، فَلَوْ كَانَ وَاجِبًا عَلَيْهَا الطُّهْرُ لِكُلِّ صَلَاةٍ لَأَخْبَرَهَا بِذَلِكَ، وَيَبْعُدُ أَنْ يَدَّعِيَ مُدَّعٍ أَنَّهَا كَانَتْ تَعْرِفُ ذَلِكَ مَعَ أَنَّهَا كَانَتْ تَجْهَلُ الْفَرْقَ بَيْنَ الِاسْتِحَاضَةِ وَالْحَيْضِ. وَأَمَّا تَرْكُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - إِعْلَامَهَا بِالطُّهْرِ الْوَاجِبِ عَلَيْهَا عِنْدَ انْقِطَاعِ دَمِ الْحَيْضِ، فَمُضَمَّنٌ فِي قَوْلِهِ: «إِنَّهَا لَيْسَتْ بِالْحَيْضَةِ» ; لِأَنَّهُ كَانَ مَعْلُومًا مِنْ سُنَّتِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّ انْقِطَاعَ الْحَيْضِ يُوجِبُ الْغُسْلَ، فَإِذًا إِنَّمَا لَمْ يُخْبِرْهَا بِذَلِكَ لِأَنَّهَا كَانَتْ عَالِمَةً بِهِ، وَلَيْسَ الْأَمْرُ كَذَلِكَ فِي وُجُوبِ الطُّهْرِ لِكُلِّ صَلَاةٍ إِلَّا أَنْ يَدَّعِيَ مُدَّعٍ أَنَّ هَذِهِ الزِّيَادَةَ لَمْ تَكُنْ قَبْلُ ثَابِتَةً وَثَبَتَتْ بَعْدُ، فَيَتَطَرَّقُ إِلَى ذَلِكَ الْمَسْأَلَةُ المَشْهُورَةُ: هَلِ الزِّيَادَةُ نَسْخٌ أَمْ لَا؟ وَقَدْ رُوِيَ فِي بَعْضِ طُرُقِ حَدِيثِ فَاطِمَةَ أَمْرُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - لَهَا بِالْغُسْلِ، فَهَذَا هُوَ حَالُ مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ وَمَذْهَبَ الْبِنَاءِ. وَأَمَّا مَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ النَّسْخِ فَقَالَ: إِنَّ حَدِيثَ أَسْمَاءَ بِنْتِ عُمَيْسٍ نَاسِخٌ لِحَدِيثِ أُمِّ حَبِيبَةَ، وَاسْتَدَلَّ عَلَى ذَلِكَ بِمَا رُوِيَ عَنْ عَائِشَةَ «أَنَّ سَهْلَةَ بِنْتَ سُهَيْلٍ اسْتُحِيضَتْ، وَأَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَانَ يَأْمُرُهَا بِالْغُسْلِ عِنْدَ كُلِّ صَلَاةٍ، فَلَمَّا جَهَدَهَا ذَلِكَ أَمَرَهَا أَنْ تَجْمَعَ بَيْنَ الظُّهْرِ وَالْعَصْرِ فِي غُسْلٍ وَاحِدٍ، وَالْمَغْرِبِ وَالْعِشَاءِ فِي غُسْلٍ وَاحِدٍ، وَتَغْتَسِلَ ثَالِثًا لِلصُّبْحِ» . وَأَمَّا الَّذِينَ ذَهَبُوا مَذْهَبَ الْجَمْعِ فَقَالُوا: إِنَّ حَدِيثَ فَاطِمَةَ ابْنَةِ حُبَيْشٍ مَحْمُولٌ عَلَى الَّتِي تَعْرِفُ أَيَّامَ الْحَيْضِ مِنْ أَيَّامِ الِاسْتِحَاضَةِ، وَحَدِيثَ أُمِّ حَبِيبَةَ مَحْمُولٌ عَلَى الَّتِي لَا تَعْرِفُ ذَلِكَ، فَأُمِرَتْ بِالطُّهْرِ فِي كُلِّ وَقْتٍ احْتِيَاطًا لِلصَّلَاةِ، وَذَلِكَ أَنَّ هَذِهِ إِذَا قَامَتْ إِلَى الصَّلَاةِ يُحْتَمَلُ أَنْ تَكُونَ طَهُرَتْ فَيَجِبُ عَلَيْهَا أَنْ تَغْتَسِلَ لِكُلِّ صَلَاةٍ. وَأَمَّا حَدِيثُ أَسْمَاءَ ابْنَةِ عُمَيْسٍ فَمَحْمُولٌ عَلَى الَّتِي لَا يَتَمَيَّزُ لَهَا أَيَّامُ الْحَيْضِ مِنْ أَيَّامِ الِاسْتِحَاضَةِ، إِلَّا أَنَّهُ قَدْ يَنْقَطِعُ عَنْهَا فِي أَوْقَاتٍ فَهَذِهِ إِذَا انْقَطَعَ عَنْهَا الدَّمُ وَجَبَ عَلَيْهَا أَنْ تَغْتَسِلَ وَتُصَلِّيَ بِذَلِكَ الْغُسْلِ صَلَاتَيْنِ. وَهُنَا قَوْمٌ ذَهَبُوا مَذْهَبَ التَّخْيِيرِ بَيْنَ حَدِيثَيْ أُمِّ حَبِيبَةَ وَأَسْمَاءَ وَاحْتَجُّوا لِذَلِكَ بِحَدِيثِ حَمْنَةَ بِنْتِ جَحْشٍ وَفِيهِ " أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - خَيَّرَهَا " وَهَؤُلَاءِ مِنْهُمْ مَنْ قَالَ: إِنَّ الْمُخَيَّرَةَ هِيَ الَّتِي لَا تَعْرِفُ أَيَّامَ حَيْضَتِهَا. وَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: بَلْ هِيَ الْمُسْتَحَاضَةُ عَلَى الْإِطْلَاقِ عَارِفَةً كَانَتْ أَوْ غَيْرَ عَارِفَةٍ، وَهَذَا هُوَ قَوْلٌ خَامِسٌ فِي الْمَسْأَلَةِ، إِلَّا أَنَّ الَّذِي فِي حَدِيثِ حَمْنَةَ ابْنَةِ جَحْشٍ إِنَّمَا هُوَ التَّخْيِيرُ بَيْنَ أَنْ تُصَلِّيَ الصَّلَوَاتِ كُلَّهَا بِطُهْرٍ وَاحِدٍ، وَبَيْنَ أَنْ تَتَطَهَّرَ فِي الْيَوْمِ وَاللَّيْلَةِ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ. وَأَمَّا

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