Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quant au hadith d’Umm Habība, il rapporte qu’elle demanda du parfum, s’en frotta les joues, puis déclara :

« Par Allah, je n’en ai nul besoin, mais j’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dire : “Il n’est pas permis à une femme croyant en Allah et au Jour dernier de porter le deuil d’un mort plus de trois nuits, sauf pour son mari, durant quatre mois et dix jours.” »

Ce hadith ne prouve pas le caractère obligatoire du deuil : il énonce une exception à une interdiction et implique donc une permission, non une obligation. Il en va de même du hadith de Zaynab bint Jahsh.

Le cadi déclare : les théologiens divergent au sujet de l’injonction formulée après une interdiction (je veux dire : implique-t-elle l’obligation ou la permission ?).

Le désaccord sur le fait d’imposer le deuil à la musulmane, mais non à la non-musulmane, tient à ceci : celui qui considère le deuil comme un acte d’adoration ne l’impose pas à la non-musulmane ; celui qui y voit une prescription dont la raison est intelligible, liée à l’attirance des hommes pour elle et à la sienne pour eux, traite de la même manière la non-musulmane et la musulmane. Celui qui tient compte de l’attirance des hommes, sans considérer celle des femmes, distingue la mineure de la femme adulte lorsque la mineure ne suscite pas l’attirance des hommes.

Parmi les arguments de ceux qui imposent le deuil aux musulmanes, mais non aux non-musulmanes, figure cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Il n’est pas permis à une femme croyant en Allah et au Jour dernier de porter le deuil, sauf pour son mari. »

Le fait, dit-il, de poser la foi comme condition du deuil implique que celui-ci est un acte d’adoration.

Quant à la distinction établie entre l’esclave et la femme libre, ainsi qu’au sujet de la femme des gens du Livre, elle repose sur l’argument suivant : le délai de viduité consécutif au décès du mari entraîne, de l’accord de tous, deux obligations : le deuil et l’interdiction de sortir. Puisque cette dernière obligation est levée pour l’esclave en raison du besoin de recourir à ses services, l’interdiction de se parer est également levée pour elle.

Leur divergence concernant l’esclave sous contrat d’affranchissement tient à son statut intermédiaire entre celui de la femme libre et celui de l’esclave. Quant à l’esclave concubine et à celle qui a donné un enfant à son maître, la majorité considère qu’elles ne sont pas tenues au deuil, en raison de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Il n’est pas permis à une femme croyant en Allah et au Jour dernier de porter le deuil, sauf pour son mari. »

On comprend ainsi, par le sens implicite de ces paroles, que le deuil n’est pas obligatoire pour une femme qui n’a pas le statut d’épouse.

Celui qui impose le deuil à la veuve, mais non à la femme répudiée, s’appuie sur le sens apparent de ce qui est expressément énoncé. Celui qui assimile les femmes répudiées aux veuves prend en considération la raison de cette prescription. Il ressort en effet du sens du deuil que

وَأَمَّا حَدِيثُ أُمِّ حَبِيبَةَ حِينَ دَعَتْ بِالطِّيبِ فَمَسَحَتْ بِهِ عَارِضَيْهَا، ثُمَّ قَالَتْ: وَاللَّهِ مَالِي بِهِ مِنْ حَاجَةٍ غَيْرَ أَنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَقُولُ «لَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ مُؤْمِنَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أَنْ تَحِدَّ عَلَى مَيِّتٍ فَوْقَ ثَلَاثِ لَيَالٍ، إِلَّا عَلَى زَوْجٍ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ وَعَشْرًا» ، فَلَيْسَ فِيهِ حُجَّةٌ، لِأَنَّهُ اسْتِثْنَاءٌ مِنْ حَظْرٍ فَهُوَ يَقْتَضِي الْإِبَاحَةَ دُونَ الْإِيجَابِ. وَكَذَلِكَ حَدِيثُ زَيْنَبَ بِنْتِ جَحْشٍ. قَالَ الْقَاضِي: وَفِي الْأَمْرِ إِذَا وَرَدَ بَعْدَ الْحَظْرِ خِلَافٌ بَيْنَ الْمُتَكَلِّمِينَ (أَعْنِي: هَلْ يَقْتَضِي الْوُجُوبَ أَوِ الْإِبَاحَةَ؟) . وَسَبَبُ الْخِلَافِ بَيْنَ مَنْ أَوْجَبَهُ عَلَى الْمُسْلِمَةِ دُونَ الْكَافِرَةِ أَنَّ مَنْ رَأَى أَنَّ الْإِحْدَادَ عِبَادَةٌ لَمْ يُلْزِمْهُ الْكَافِرَةَ; وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ مَعْنًى مَعْقُولٌ، وَهُوَ تَشَوُّفُ الرِّجَالِ إِلَيْهَا وَهِيَ إِلَى الرِّجَالِ، سَوَّى بَيْنَ الْكَافِرَةِ وَالْمُسْلِمَةِ; وَمَنْ رَاعَى تَشَوُّفَ الرِّجَالِ دُونَ تَشَوُّفِ النِّسَاءِ فَرَّقَ بَيْنَ الصَّغِيرَةِ وَالْكَبِيرَةِ إِذَا كَانَتِ الصَّغِيرَةُ لَا يَتَشَوَّفُ الرِّجَالُ إِلَيْهَا. وَمِنْ حُجَّةِ مَنْ أَوْجَبَهُ عَلَى الْمُسْلِمَاتِ دُونَ الْكَافِرَاتِ: قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أَنْ تُحِدَّ إِلَّا عَلَى زَوْجٍ» ، قَالَ: وَشَرْطُهُ الْإِيمَانَ فِي الْإِحْدَادِ يَقْتَضِي أَنَّهُ عِبَادَةٌ. وَأَمَّا مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الْأَمَةِ وَالْحُرَّةِ وَكَذَلِكَ الْكِتَابِيَّةِ، فَلِأَنَّهُ زَعَمَ أَنَّ عِدَّةَ الْوَفَاةِ أَوْجَبَتْ شَيْئَيْنِ بِاتِّفَاقٍ: أَحَدُهُمَا الْإِحْدَادُ، وَالثَّانِي تَرْكُ الْخُرُوجِ، فَلَمَّا سَقَطَ تَرْكُ الْخُرُوجِ عَنِ الْأَمَةِ وَالْحَاجَةِ إِلَى اسْتِخْدَامِهَا سَقَطَ عَنْهَا مَنْعُ الزِّينَةِ. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الْمُكَاتَبَةِ فَمِنْ قِبَلِ تَرَدُّدِهَا بَيْنَ الْحُرَّةِ وَالْأَمَةِ. وَأَمَّا الْأَمَةُ بِمِلْكِ الْيَمِينِ وَأُمُّ الْوَلَدِ، فَإِنَّمَا صَارَ الْجُمْهُورُ إِلَى إِسْقَاطِ الْإِحْدَادِ عَنْهَا لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يَحِلُّ لِامْرَأَةٍ تُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ أَنْ تَحِدَّ إِلَّا عَلَى زَوْجٍ» فَعُلِمَ بِدَلِيلِ الْخِطَابِ أَنَّ مَنْ عَدَا ذَاتِ الزَّوْجِ لَا يَجِبُ عَلَيْهَا إِحْدَادٌ. وَمَنْ أَوْجَبَهُ عَلَى الْمُتَوَفَّى عَنْهَا زَوْجُهَا دُونَ الْمُطَلَّقَةِ تَعَلَّقَ بِالظَّاهِرِ الْمَنْطُوقِ بِهِ، وَمَنْ أَلْحَقَ الْمُطَلَّقَاتِ بِهِنَّ فَمِنْ طَرِيقِ الْمَعْنَى، وَذَلِكَ أَنَّهُ يَظْهَرُ مِنْ مَعْنَى الْإِحْدَادِ أَنَّ

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