Quant à la divergence entre ceux qui exigent une décision du juge et ceux qui ne l’exigent pas, elle tient à la manière de rattacher cette séparation soit aux dispositions dont la validité requiert une décision judiciaire, soit à celles qui n’en requièrent pas.
Concernant la quatrième question (si l’on admet que la séparation intervient, constitue-t-elle une annulation du mariage ou une répudiation ?), ceux qui soutiennent que la séparation a lieu divergent sur sa nature. Mālik et al-Shāfi‘ī considèrent qu’il s’agit d’une annulation du mariage, tandis qu’Abū Hanīfa y voit une répudiation irrévocable.
Mālik invoque le caractère perpétuel de l’interdiction matrimoniale qui en résulte : l’épouse est ainsi assimilée à une femme qu’il est définitivement interdit d’épouser. Quant à Abū Hanīfa, il assimile cette séparation à une répudiation, par analogie avec la séparation pour impuissance du mari, puisqu’elle intervient, selon lui, par décision du juge.