Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

concernant les conditions requises de l’esclave à affranchir.

Quant aux conditions relatives à la nourriture à distribuer, ils divergent sur la quantité qui suffit pour chacun des soixante pauvres mentionnés dans le texte révélé. Deux avis sont rapportés de Mālik à ce sujet. Selon le plus connu, chacun doit recevoir un mudd selon l’étalon de Hishām, soit deux mudd selon l’étalon du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve. On a également dit que cette quantité était moindre, ou encore qu’elle équivalait à un mudd et un tiers. Selon le second avis, chaque pauvre doit recevoir un mudd selon l’étalon du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve. C’est aussi l’avis d’al-Shāfi‘ī.

Le premier avis se fonde sur la quantité qui suffit habituellement à rassasier une personne (je veux dire : le repas du midi et celui du soir). Le second repose sur l’analogie entre cette expiation et celle du serment. Telles sont leurs divergences concernant les conditions de validité des actes prescrits au titre de cette expiation.

Quant à leurs divergences sur les cas où plusieurs expiations sont requises et ceux où une seule suffit, elles portent notamment sur l’homme qui prononce, par une seule formule, un zihār à l’égard de plusieurs épouses : une seule expiation suffit-elle, ou faut-il autant d’expiations que d’épouses ? Selon Mālik, une seule expiation suffit. Selon al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, il faut autant d’expiations que d’épouses concernées par le zihār : deux pour deux épouses, trois pour trois, et ainsi de suite.

Ceux qui l’assimilent à la répudiation imposent une expiation pour chaque épouse ; ceux qui l’assimilent au serment de continence n’en imposent qu’une seule. Or, il ressemble davantage au serment de continence.

Ils divergent également sur l’homme qui prononce un zihār à l’égard de son épouse au cours de séances distinctes : doit-il accomplir une seule expiation, ou autant d’expiations que d’occasions où il a prononcé le zihār ? Mālik dit : il ne doit qu’une seule expiation, sauf s’il prononce un zihār, accomplit ensuite l’expiation, puis prononce un nouveau zihār ; il doit alors une seconde expiation. Tel est aussi l’avis d’al-Awzā‘ī, d’Ahmad et d’Ishāq. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī disent, pour leur part : à chaque zihār correspond une expiation.

Lorsque ces déclarations ont lieu au cours d’une même séance, il n’y a pas de divergence chez les disciples de Mālik : une seule expiation est requise. Selon Abū Hanīfa, cela dépend de l’intention de l’homme : s’il voulait seulement insister sur sa première déclaration, une seule expiation est requise ; s’il entendait prononcer un nouveau zihār, son intention est prise en compte et il doit autant d’expiations qu’il a prononcé de zihār. Yahyā ibn Sa‘īd dit : il doit autant d’expiations qu’il a prononcé de zihār, que ce soit au cours d’une même séance ou de séances distinctes.

Cette divergence tient au fait qu’un zihār véritablement unique est celui qui est prononcé par une seule formule, à l’égard d’une seule épouse et à un seul moment. À l’inverse, il y a incontestablement plusieurs zihār lorsque deux formules sont prononcées à l’égard de deux épouses, à deux moments distincts. Si l’homme répète la formule à l’égard d’une seule épouse, la répétition des paroles entraîne-t-elle la multiplicité des zihār, ou non ? La même question se pose lorsqu’une formule unique concerne plusieurs épouses. Ces cas sont en effet intermédiaires entre les deux cas extrêmes. Celui qui privilégie leur ressemblance avec le premier leur applique le jugement correspondant ; celui qui privilégie leur ressemblance avec le second leur applique le jugement de ce dernier.

Ils divergent encore sur l’homme qui prononce un zihār à l’égard de son épouse, puis a un rapport avec elle avant d’accomplir l’expiation : ne doit-il qu’une seule expiation, ou non ? La majorité des juristes des grandes cités, ainsi que Mālik, al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa, al-Thawrī, al-Awzā‘ī, Ahmad, Ishāq, Abū Thawr, Dāwūd, al-Tabarī et Abū ‘Ubayd, estiment qu’une seule expiation est requise. Leur preuve est le hadith de Salama ibn Sakhr al-Bayādī :

« Il prononça un zihār à l’égard de son épouse à l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve —, puis eut un rapport avec elle avant d’accomplir l’expiation. Il se rendit alors auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — et lui rapporta

مِنْ شُرُوطِ الرَّقَبَةِ الْمُعْتَقَةِ. وَأَمَّا شُرُوطُ الْإِطْعَامِ: فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا مِنْ ذَلِكَ فِي الْقَدْرِ الَّذِي يُجْزِي لِمِسْكِينٍ مِسْكِينٍ مِنَ السِّتِّينَ مِسْكِينًا الَّذِينَ وَقَعَ عَلَيْهِمُ النَّصُّ، فَعَنْ مَالِكٍ فِي ذَلِكَ رِوَايَتَانِ أَشْهَرُهُمَا: أَنَّ ذَلِكَ مُدٌّ بِمُدِّ هِشَامٍ لِكُلِّ وَاحِدٍ، وَذَلِكَ مُدَّانِ بِمُدِّ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَقَدْ قِيلَ: هُوَ أَقَلُّ، وَقَدْ قِيلَ: هُوَ مُدٌّ وَثُلُثٌ. وَأَمَّا الرِّوَايَةُ الثَّانِيَةُ فَمُدٌّ مُدٌّ لِكُلِّ مِسْكِينٍ بِمُدِّ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. فَوَجْهُ الرِّوَايَةِ الْأُولَى اعْتِبَارُ الشِّبَعِ غَالِبًا (أَعْنِي: الْغَدَاءَ وَالْعَشَاءَ) ، وَوَجْهُ الرِّوَايَةِ الثَّانِيَةِ اعْتِبَارُ هَذِهِ الْكَفَّارَةِ بِكَفَّارَةِ الْيَمِينِ، فَهَذَا هُوَ اخْتِلَافُهُمْ فِي شُرُوطِ الصِّحَّةِ فِي الْوَاجِبَاتِ فِي هَذِهِ الْكَفَّارَةِ. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي مَوَاضِعِ تَعَدُّدِهَا وَمَوَاضِعِ اتِّحَادِهَا، فَمِنْهَا إِذَا ظَاهَرَ بِكَلِمَةٍ وَاحِدَةٍ مِنْ نِسْوَةٍ أَكْثَرَ مِنْ وَاحِدَةٍ هَلْ يُجْزِي فِي ذَلِكَ كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ، أَمْ يَكُونُ عَدَدُ الْكَفَّارَاتِ عَلَى عَدَدِ النِّسْوَةِ؟ فَعِنْدَ مَالِكٍ أَنَّهُ يُجْزِي فِي ذَلِكَ كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ، وَعِنْدَ الشَّافِعِيِّ، وَأَبِي حَنِيفَةَ أَنَّ فِيهَا مِنَ الْكَفَّارَاتِ بِعَدَدِ الْمُظَاهَرِ مِنْهُنَّ إِنِ اثْنَتَيْنِ فَاثْنَتَيْنِ، وَإِنْ ثَلَاثًا فَثَلَاثًا، وَإِنْ أَكْثَرَ فَأَكْثَرَ. فَمَنْ شَبَّهَهُ بِالطَّلَاقِ أَوْجَبَ فِي كُلِّ وَاحِدَةٍ كَفَّارَةً ; وَمَنْ شَبَّهَهُ بِالْإِيلَاءِ أَوْجَبَ فِيهِ كَفَّارَةً وَاحِدَةً، وَهُوَ بِالْإِيلَاءِ أَشْبَهُ. وَمِنْهَا: إِذَا ظَاهَرَ مِنِ امْرَأَتِهِ فِي مَجَالِسَ شَتَّى هَلْ عَلَيْهِ كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ، أَوْ عَلَى عَدَدِ الْمَوَاضِعِ الَّتِي ظَاهَرَ فِيهَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ: لَيْسَ عَلَيْهِ إِلَّا كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ، إِلَّا أَنْ يُظَاهِرَ، ثُمَّ يُكَفِّرَ، ثُمَّ يُظَاهِرَ، فَعَلَيْهِ كَفَّارَةٌ ثَانِيَةٌ، وَبِهِ قَالَ الْأَوْزَاعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَإِسْحَاقُ ; وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ: لِكُلِّ ظِهَارٍ كَفَّارَةٌ. وَأَمَّا إِذَا كَانَ ذَلِكَ فِي مَجْلِسٍ وَاحِدٍ فَلَا خِلَافَ عِنْدَ مَالِكٍ أَنَّ فِي ذَلِكَ كَفَّارَةً وَاحِدَةً، وَعِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ أَنَّ ذَلِكَ رَاجِعٌ إِلَى نِيَّتِهِ، فَإِنْ قَصَدَ التَّأْكِيدَ كَانَتِ الْكَفَّارَةُ وَاحِدَةٌ، وَإِنْ أَرَادَ اسْتِئْنَافَ الظِّهَارِ كَانَ مَا أَرَادَ وَلَزِمَهُ مِنَ الْكَفَّارَاتِ عَلَى عَدَدِ الظِّهَارِ. وَقَالَ يَحْيَى بْنُ سَعِيدٍ: تَلْزَمُ الْكَفَّارَةُ عَلَى عَدَدِ الظِّهَارِ سَوَاءٌ كَانَ فِي مَجْلِسٍ وَاحِدٍ، أَوْ فِي مَجَالِسَ شَتَّى. وَالسَّبَبُ فِي هَذَا الِاخْتِلَافِ أَنَّ الظِّهَارَ الْوَاحِدَ بِالْحَقِيقَةِ هُوَ الَّذِي يَكُونُ بِلَفْظٍ وَاحِدٍ مِنِ امْرَأَةٍ وَاحِدَةٍ فِي وَقْتٍ وَاحِدٍ، وَالْمُتَعَدِّدُ بِلَا خِلَافٍ هُوَ الَّذِي يَكُونُ بِلَفْظَيْنِ مِنِ امْرَأَتَيْنِ فِي وَقْتَيْنِ، فَإِنْ كَرَّرَ اللَّفْظَ مِنِ امْرَأَةٍ وَاحِدَةٍ، فَهَلْ يُوجِبُ تَعَدُّدُ اللَّفْظِ تَعَدُّدَ الظِّهَارِ، أَمْ لَا يُوجِبُ ذَلِكَ فِيهِ تَعَدُّدًا؟ وَكَذَلِكَ إِنْ كَانَ اللَّفْظُ وَاحِدًا وَالْمُظَاهَرُ مِنْهَا أَكْثَرَ مِنْ وَاحِدَةٍ؟ وَذَلِكَ أَنَّ هَذِهِ بِمَنْزِلَةِ الْمُتَوَسِّطَاتِ بَيْنَ ذَيْنِكَ الطَّرَفَيْنِ; فَمَنْ غَلَّبَ شَبَهَ الطَّرَفِ الْوَاحِدِ أَوْجَبَ لَهُ حُكْمَهُ; وَمَنْ غَلَّبَ شَبَهَ الطَّرَفِ الثَّانِي أَوْجَبَ لَهُ حُكْمَهُ. وَمِنْهَا: إِذَا ظَاهَرَ مِنِ امْرَأَتِهِ، ثُمَّ مَسَّهَا قَبْلَ أَنْ يُكَفِّرَ هَلْ عَلَيْهِ كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ أَمْ لَا؟ فَأَكْثَرُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ، وَمَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَالثَّوْرِيُّ، وَالْأَوْزَاعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَإِسْحَاقُ، وَأَبُو ثَوْرٍ، وَدَاوُدُ، وَالطَّبَرِيُّ، وَأَبُو عُبَيْدٍ: أَنَّ فِي ذَلِكَ كَفَّارَةً وَاحِدَةً، وَالْحُجَّةُ لَهُمْ «حَدِيثُ سَلَمَةَ بْنِ صَخْرٍ الْبَيَاضِيِّ: " أَنَّهُ ظَاهَرَ مِنِ امْرَأَتِهِ فِي زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - ثُمَّ وَقَعَ بِامْرَأَتِهِ قَبْلَ أَنْ يُكَفِّرَ، فَأَتَى رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَذَكَرَ

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