Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Le premier groupe invoque cette parole du Très-Haut :

« Respectez vos engagements. » [Al-Mā’ida : 1]

L’homme a en effet pris un engagement subordonné à l’acquisition des droits conjugaux ; son cas est donc assimilable à celui où il possède déjà ces droits. En outre, les croyants doivent respecter les conditions auxquelles ils se sont engagés. Tel est également l’avis de ‘Umar.

Quant à al-Shāfi‘ī, il invoque le hadith rapporté par ‘Amr ibn Shu‘ayb, d’après son père, d’après son grand-père, selon lequel le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — a dit : « Nul divorce ne porte sur une femme sur laquelle on ne possède pas de droits conjugaux ; nul affranchissement, nulle vente ni nul accomplissement d’un vœu ne peuvent porter sur ce que l’on ne possède pas. » Ce hadith est rapporté par Abū Dāwūd et al-Tirmidhī. Or, le zihār est semblable au divorce. Tel est également l’avis d’Ibn ‘Abbās.

Ceux qui distinguent la déclaration générale de celle dont la portée est délimitée considèrent qu’un zihār formulé de manière générale entraîne une gêne excessive. Or, Allah le Très-Haut a dit :

« Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion. » [Al-Hajj : 78]

Ils divergent également, dans ce domaine, sur la question suivante : une femme peut-elle prononcer un zihār à l’égard d’un homme ? Les savants ont émis trois avis :

Le plus connu est qu’une femme ne peut prononcer de zihār valide. C’est l’avis de Mālik et d’al-Shāfi‘ī.

Selon le deuxième, elle est tenue d’accomplir l’expiation propre au serment.

Selon le troisième, elle est tenue d’accomplir l’expiation du zihār.

La majorité s’appuie sur l’assimilation du zihār au divorce. Ceux qui reconnaissent au zihār prononcé par une femme un caractère contraignant l’assimilent, quant à eux, au serment. Ceux qui établissent une distinction considèrent que l’obligation minimale qui lui incombe dans ce cas est l’expiation propre au serment ; cet avis est faible. La divergence tient aux analogies contradictoires auxquelles cette question se prête.

[Chapitre quatrième : Ce qui est interdit à l’homme ayant prononcé un zihār]

Ils s’accordent à reconnaître que les rapports sexuels sont interdits à l’homme ayant prononcé un zihār. Ils divergent toutefois sur les actes qui restent en deçà du rapport sexuel : contacts corporels, frottements sexuels sans pénétration et regards de désir.

Mālik considère que sont interdits le rapport sexuel ainsi que toutes les formes de jouissance qui restent en deçà : frottements sexuels sans pénétration, attouchements, baisers et regards de désir portés sur le corps et les attraits de la femme, à l’exception de son visage, de ses paumes et de ses mains. Abū Hanīfa partage cet avis, à ceci près qu’en matière de regard, il ne réprouve que celui porté sur les parties génitales.

Al-Shāfi‘ī estime que le zihār interdit uniquement le rapport sexuel avec pénétration, dont l’interdiction fait l’objet d’un consensus, et non les autres actes. Al-Thawrī, Ahmad et un groupe de savants partagent cet avis.

Mālik invoque cette parole du Très-Haut :

« Avant qu’ils ne se touchent. » [Al-Mujādala : 3]

Le sens apparent du terme « se toucher » englobe le contact corporel et les actes qui vont au-delà. Par ailleurs, le zihār est une parole par laquelle la femme devient interdite à l’homme ; il s’apparente donc à la formule du divorce.

L’argument d’al-Shāfi‘ī est que le contact corporel désigne ici indirectement le rapport sexuel, comme le montre leur accord unanime sur l’interdiction de celui-ci. Dès lors que cette expression désigne le rapport sexuel, elle ne désigne pas ce qui dépasse le seul rapport sexuel. En effet, elle désigne soit ce qui dépasse le seul rapport sexuel, soit le rapport sexuel lui-même, ce qui constitue son sens figuré. Or, ils s’accordent à reconnaître qu’elle désigne le rapport sexuel ; se trouve donc exclue la signification

وَدَلِيلُ الْفَرِيقِ الْأَوَّلِ قَوْله تَعَالَى: {أَوْفُوا بِالْعُقُودِ} [المائدة: ١] ؛ وَلِأَنَّهُ عَقَدَ عَلَى شَرْطِ الْمِلْكِ فَأَشْبَهَ إِذَا مَلَكَ، وَالْمُؤْمِنُونَ عِنْدَ شُرُوطِهِمْ، وَهُوَ قَوْلُ عُمَرَ، وَأَمَّا حُجَّةُ الشَّافِعِيِّ فَحَدِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ جَدِّهِ أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ «لَا طَلَاقَ إِلَّا فِيمَا يَمْلِكُ، وَلَا عِتْقَ إِلَّا فِيمَا يَمْلِكُ، وَلَا بَيْعَ إِلَّا فِيمَا يَمْلِكُ، وَلَا وَفَاءَ بِنَذْرٍ إِلَّا فِيمَا يَمْلِكُ» خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ، وَالتِّرْمِذِيُّ، وَالظِّهَارُ شَبِيهٌ بِالطَّلَاقِ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَأَمَّا الَّذِينَ فَرَّقُوا بَيْنَ التَّعْمِيمِ وَالتَّعْيِينِ، فَإِنَّهُمْ رَأَوْا أَنَّ التَّعْمِيمَ فِي الظِّهَارِ مِنْ بَابِ الْحَرَجِ، وَقَدْ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: {وَمَا جَعَلَ عَلَيْكُمْ فِي الدِّينِ مِنْ حَرَجٍ} [الحج: ٧٨] . وَاخْتَلَفُوا أَيْضًا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي: هَلْ تُظَاهِرُ الْمَرْأَةُ مِنَ الرَّجُلِ؟ فَعَنِ الْعُلَمَاءِ فِي ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: أَشْهَرُهَا أَنَّهُ لَا يَكُونُ مِنْهَا ظِهَارٌ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ، وَالشَّافِعِيِّ. وَالثَّانِي: أَنَّ عَلَيْهَا كَفَّارَةَ يَمِينٍ. وَالثَّالِثُ: أَنَّ عَلَيْهَا كَفَّارَةَ الظِّهَارِ. وَمُعْتَمَدُ الْجُمْهُورِ تَشْبِيهُ الظِّهَارِ بِالطَّلَاقِ، وَمَنْ أَلْزَمَ الْمَرْأَةَ الظِّهَارَ فَتَشْبِيهًا لِلظِّهَارِ بِالْيَمِينِ; وَمَنْ فَرَّقَ فَلِأَنَّهُ رَأَى أَنَّ أَقَلَّ اللَّازِمِ لَهَا فِي ذَلِكَ الْمَعْنَى هُوَ كَفَّارَةُ يَمِينٍ وَهُوَ ضَعِيفٌ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ تَعَارُضُ الْأَشْيَاءِ فِي هَذَا الْمَعْنَى. [الْفَصْلُ الرَّابِعُ فِيمَا يَحْرُمُ عَلَى الْمُظَاهِرِ] ِ. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الْمُظَاهِرَ يَحْرُمُ عَلَيْهِ الْوَطْءُ، وَاخْتَلَفُوا فِيمَا دُونَهُ مِنْ مُلَامَسَةٍ، وَوَطْءٍ فِي غَيْرِ الْفَرْجِ، وَنَظَرِ اللَّذَّةِ، فَذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى أَنَّهُ يَحْرُمُ الْجِمَاعُ وَجَمِيعُ أَنْوَاعِ الِاسْتِمْتَاعِ مِمَّا دُونَ الْجِمَاعِ مِنَ الْوَطْءِ فِيمَا دُونَ الْفَرْجِ، وَاللَّمْسِ، وَالتَّقْبِيلِ، وَالنَّظَرِ لِلَذَّةٍ، مَا عَدَا وَجْهَهَا، وَكَفَّيْهَا، وَيَدَيْهَا مِنْ سَائِرِ بَدَنِهَا، وَمَحَاسِنِهَا، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ إِلَّا أَنَّهُ إِنَّمَا كَرِهَ النَّظَرَ لِلْفَرْجِ فَقَطْ; وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: إِنَّمَا يُحَرِّمُ الظِّهَارُ الْوَطْءَ فِي الْفَرْجِ فَقَطْ، الْمُجْمَعِ عَلَيْهِ لَا مَا عَدَا ذَلِكَ، وَبِهِ قَالَ الثَّوْرِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَجَمَاعَةٌ. وَدَلِيلُ مَالِكٍ: قَوْله تَعَالَى: {مِنْ قَبْلِ أَنْ يَتَمَاسَّا} [المجادلة: ٣] ، وَظَاهِرُ لَفْظِ التَّمَاسِّ يَقْتَضِي الْمُبَاشَرَةَ فَمَا فَوْقَهَا، وَلِأَنَّهُ أَيْضًا لَفْظٌ حَرُمَتْ بِهِ عَلَيْهِ فَأَشْبَهَ لَفْظَ الطَّلَاقِ. وَدَلِيلُ قَوْلِ الشَّافِعِيِّ: أَنَّ الْمُبَاشَرَةَ كِنَايَةٌ عَنِ الْجِمَاعِ بِدَلِيلِ إِجْمَاعِهِمْ عَلَى أَنَّ الْوَطْءَ مُحَرَّمٌ عَلَيْهِ، وَإِذَا دَلَّتْ عَلَى الْجِمَاعِ لَمْ تَدُلَّ عَلَى مَا فَوْقَ الْجِمَاعِ، لِأَنَّهَا إِمَّا أَنْ تَدُلَّ عَلَى مَا فَوْقَ الْجِمَاعِ، وَإِمَّا أَنْ تَدُلَّ عَلَى الْجِمَاعِ، وَهِيَ الدَّلَالَةُ الْمَجَازِيَّةُ، لَكِنْ قَدِ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهَا دَالَّةٌ عَلَى الْجِمَاعِ، فَانْتَفَتِ الدَّلَالَةُ

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