Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

soit on suppose dans le verset un élément sous-entendu, à savoir l’intention de garder son épouse, et cette intention devient alors une condition de l’obligation d’expiation ; soit on ne suppose aucun élément sous-entendu, et le zihār rend à lui seul l’expiation obligatoire.

Ils ont également divergé sur certaines questions qui en découlent : si l’homme divorce avant d’avoir eu l’intention de garder son épouse, ou si celle-ci meurt, est-il tenu d’accomplir l’expiation ? La majorité des savants estime qu’aucune expiation ne lui incombe, sauf s’il divorce après avoir eu l’intention de reprendre les rapports ou, selon l’avis d’al-Shāfi‘ī, après avoir gardé son épouse pendant une longue période. On rapporte de ‘Uthmān al-Battī que l’expiation lui incombe après le divorce et que, si son épouse meurt avant qu’il ait eu l’intention de reprendre les rapports, il ne peut hériter d’elle qu’après avoir accompli l’expiation. C’est là un avis isolé, contraire au texte révélé. Allah sait mieux.

[Chapitre troisième : Les personnes à l’égard desquelles le zihār est valide]

Ils s’accordent à reconnaître que le zihār produit ses effets lorsqu’il vise une épouse avec laquelle le lien conjugal subsiste. Ils divergent toutefois lorsqu’il vise une esclave ou une femme avec laquelle l’homme n’est pas marié. Ils divergent également sur le zihār prononcé par une femme à l’égard d’un homme.

Concernant le zihār visant une esclave, Mālik, al-Thawrī et un groupe de savants estiment qu’il produit ses effets comme celui qui vise une épouse libre. Il en va de même pour l’esclave dont l’affranchissement est prévu au décès de son maître et pour celle qui a donné un enfant à son maître. Al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa, Ahmad et Abū Thawr estiment, quant à eux, que le zihār ne s’applique pas à une esclave. Al-Awzā‘ī dit : « S’il a des rapports avec son esclave, sa déclaration constitue un zihār à son égard ; sinon, elle constitue un serment et entraîne l’expiation propre au serment. » ‘Atā’ dit : « Il a bien prononcé un zihār, mais il ne lui incombe que la moitié de l’expiation. »

Ceux qui reconnaissent les effets du zihār visant une esclave invoquent la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Ceux qui prononcent le zihār à l’égard de leurs femmes. » [Al-Mujādala : 3]

Or, les esclaves sont elles aussi des femmes. Ceux qui ne considèrent pas cette déclaration comme un zihār font valoir qu’il existe un consensus sur le fait que les femmes mentionnées dans cette parole du Très-Haut :

« Ceux qui jurent de s’abstenir de leurs femmes disposent d’un délai de quatre mois. » [Al-Baqara : 226]

sont les épouses. Il en va donc de même du terme « femmes » dans le verset relatif au zihār.

La divergence tient ainsi à l’opposition entre l’analogie fondée sur la ressemblance — qui assimile le zihār au serment de continence — et la portée générale du terme « femmes ». Autrement dit, la généralité de ce terme implique que les esclaves entrent dans le champ du zihār, tandis que son assimilation au serment de continence implique qu’elles en soient exclues.

Quant à savoir si la validité du zihār exige que la femme visée soit déjà liée à l’homme par le mariage, Mālik considère que cela n’en est pas une condition. Selon lui, lorsqu’un homme désigne une femme déterminée et prononce à son égard un zihār subordonné à leur mariage, ce zihār produit ses effets. Il en va de même s’il ne désigne aucune femme en particulier et dit : « Toute femme que j’épouserai sera pour moi comme le dos de ma mère. » Il en va ici autrement que pour le divorce. Abū Hanīfa, al-Thawrī et al-Awzā‘ī partagent l’avis de Mālik sur le zihār.

D’autres estiment que le zihār ne produit ses effets qu’à l’égard d’une femme sur laquelle l’homme possède déjà des droits conjugaux. Al-Shāfi‘ī, Abū Thawr et Dāwūd soutiennent cet avis.

D’autres encore établissent une distinction : si l’homme formule sa déclaration de manière générale, aucun zihār ne le lie, comme lorsqu’il dit : « Toute femme que j’épouserai sera pour moi comme le dos de ma mère. » En revanche, s’il en restreint la portée, le zihār le lie, comme lorsqu’il dit : « Si j’épouse une telle… », ou qu’il désigne un village ou une tribu. Cet avis est celui d’Ibn Abī Laylā et d’al-Hasan ibn Hayy.

أَحَدُهُمَا: أَنْ يُقَدِّرَ فِي الْآيَةِ مَحْذُوفًا، وَهُوَ إِرَادَةُ الْإِمْسَاكِ فَيُشْتَرَطُ هَذِهِ الْإِرَادَةُ فِي وُجُوبِ الْكَفَّارَةِ، وَإِمَّا أَلَّا يُقَدِّرَ فِيهَا مَحْذُوفًا فَتَجِبُ الْكَفَّارَةُ بِنَفْسِ الظِّهَارِ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي فُرُوعٍ وَهُوَ: هَلْ إِذَا طَلَّقَ قَبْلَ إِرَادَةِ الْإِمْسَاكِ، أَوْ مَاتَتْ عَنْهُ زَوْجَتُهُ، هَلْ تَكُونُ عَلَيْهِ كَفَّارَةٌ أَمْ لَا؟ فَجُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنْ لَا كَفَّارَةَ عَلَيْهِ إِلَّا أَنْ يُطَلِّقَ بَعْدَ إِرَادَةِ الْعَوْدَةِ، أَوْ بَعْدَ الْإِمْسَاكِ بِزَمَانٍ طَوِيلٍ عَلَى مَا يَرَاهُ الشَّافِعِيُّ. وَحُكِيَ عَنْ عُثْمَانَ الْبَتِّيِّ أَنَّ عَلَيْهِ الْكَفَّارَةَ بَعْدَ الطَّلَاقِ، وَأَنَّهَا إِذَا مَاتَتْ قَبْلَ إِرَادَةِ الْعَوْدَةِ لَمْ يَكُنْ لَهُ سَبِيلٌ إِلَى مِيرَاثِهَا إِلَّا بَعْدَ الْكَفَّارَةِ، وَهَذَا شُذُوذٌ مُخَالِفٌ لِلنَّصِّ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. [الْفَصْلُ الثَّالِثُ فِيمَنْ يَصِحُّ فِيهِ الظِّهَارُ] ُ وَاتَّفَقُوا عَلَى لُزُومِ الظِّهَارِ مِنَ الزَّوْجَةِ الَّتِي فِي الْعِصْمَةِ، وَاخْتَلَفُوا فِي الظِّهَارِ مِنَ الْأَمَةِ، وَمِنَ الَّتِي فِي غَيْرِ الْعِصْمَةِ، وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي ظِهَارِ الْمَرْأَةِ مِنَ الرَّجُلِ. فَأَمَّا الظِّهَارُ مِنَ الْأَمَةِ: فَقَالَ مَالِكٌ، وَالثَّوْرِيُّ، وَجَمَاعَةٌ: الظِّهَارُ مِنْهَا لَازِمٌ كَالظِّهَارِ مِنَ الزَّوْجَةِ الْحُرَّةِ، وَكَذَلِكَ الْمُدَبَّرَةُ وَأُمُّ الْوَلَدِ ; وَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَأَحْمَدُ، وَأَبُو ثَوْرٍ: لَا ظِهَارَ مِنْ أَمَةٍ; وَقَالَ الْأَوْزَاعِيُّ: إِنْ كَانَ يَطَأُ أَمَتَهُ فَهُوَ مِنْهَا مُظَاهِرٌ، وَإِنْ لَمْ يَطَأْهَا فَهِيَ يَمِينٌ، وَفِيهَا كَفَّارَةُ يَمِينٍ; وَقَالَ عَطَاءٌ: هُوَ مُظَاهِرٌ لَكِنْ عَلَيْهِ نِصْفُ كَفَّارَةٍ. فَدَلِيلُ مَنْ أَوْقَعَ ظِهَارَ الْأَمَةِ عُمُومُ قَوْله تَعَالَى: {وَالَّذِينَ يُظَاهِرُونَ مِنْ نِسَائِهِمْ} [المجادلة: ٣] وَالْإِمَاءُ مِنَ النِّسَاءِ، وَحُجَّةُ مَنْ لَمْ يَجْعَلْهُ ظِهَارًا أَنَّهُمْ قَدْ أَجْمَعُوا أَنَّ النِّسَاءَ فِي قَوْله تَعَالَى: {لِلَّذِينَ يُؤْلُونَ مِنْ نِسَائِهِمْ تَرَبُّصُ أَرْبَعَةِ أَشْهُرٍ} [البقرة: ٢٢٦] ، هُنَّ ذَوَاتُ الْأَزْوَاجِ، فَكَذَلِكَ اسْمُ النِّسَاءِ فِي آيَةِ الظِّهَارِ. فَسَبَبُ الْخِلَافِ مُعَارَضَةُ قِيَاسِ الشَّبَهِ لِلْعُمُومِ - أَعْنِي: تَشْبِيهَ الظِّهَارِ بِالْإِيلَاءِ - وَعُمُومُ لَفْظِ النِّسَاءِ - أَعْنِي: أَنَّ عُمُومَ اللَّفْظِ يَقْتَضِي دُخُولَ الْإِمَاءِ فِي الظِّهَارِ، وَتَشْبِيهُهُ بِالْإِيلَاءِ يَقْتَضِي خُرُوجَهُنَّ مِنَ الظِّهَارِ - وَأَمَّا هَلْ مِنْ شَرْطِ الظِّهَارِ كَوْنُ الْمُظَاهَرِ مِنْهَا فِي الْعِصْمَةِ أَمْ لَا؟ فَمَذْهَبُ مَالِكٍ أَنَّ ذَلِكَ لَيْسَ مِنْ شَرْطِهِ، وَأَنَّ مَنْ عَيَّنَ امْرَأَةً مَا بِعَيْنِهَا وَظَاهَرَ مِنْهَا بِشَرْطِ التَّزْوِيجِ كَانَ مُظَاهِرًا مِنْهَا، وَكَذَلِكَ إِنْ لَمْ يُعَيِّنْ، وَقَالَ: كُلُّ امْرَأَةٍ أَتَزَوَّجُهَا فَهِيَ مِنِّي كَظَهْرِ أُمِّي، وَذَلِكَ بِخِلَافِ الطَّلَاقِ. وَبِقَوْلِ مَالِكٍ فِي الظِّهَارِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالثَّوْرِيُّ، وَالْأَوْزَاعِيُّ. وَقَالَ قَائِلُونَ: لَا يَلْزَمُ الظِّهَارُ إِلَّا فِيمَا يَمْلِكُ الرَّجُلُ، وَمِمَّنْ قَالَ بِهَذَا الْقَوْلِ: الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو ثَوْرٍ، وَدَاوُدُ. وَفَرَّقَ قَوْمٌ، فَقَالُوا: إِنْ أَطْلَقَ لَمْ يَلْزَمْهُ ظِهَارٌ وَهُوَ أَنْ يَقُولَ: كُلُّ امْرَأَةٍ أَتَزَوَّجُهَا فَهِيَ مِنِّي كَظَهْرِ أُمِّي، فَإِنْ قَيَّدَ لَزِمَهُ وَهُوَ أَنْ يَقُولَ: إِنْ تَزَوَّجْتُ فُلَانَةً أَوْ سَمَّى قَرْيَةً أَوْ قَبِيلَةً، وَقَائِلُ هَذَا الْقَوْلِ هُوَ ابْنُ أَبِي لَيْلَى، وَالْحَسَنُ بْنُ حَيٍّ.

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