Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

femmes avec lesquelles le mariage est interdit, ainsi que pour le dos et les autres parties du corps. En revanche, la lettre du texte révélé implique que seule soit appelée zihār une formule mentionnant les mots « dos » et « mère ».

Si l’homme dit : « Elle est pour moi comme ma mère », sans mentionner le dos, Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī estiment qu’il faut tenir compte de son intention, car il peut vouloir exprimer le respect qu’il lui porte et le rang élevé qu’elle occupe à ses yeux. Mālik considère, quant à lui, qu’il s’agit d’un zihār.

Lorsqu’un homme assimile son épouse à une femme qui lui est étrangère et avec laquelle le mariage ne lui est pas interdit à perpétuité, Mālik considère qu’il s’agit d’un zihār, tandis qu’Ibn al-Mājishūn estime le contraire. Leur divergence porte sur la question suivante : assimiler son épouse à une femme dont l’interdiction n’est pas perpétuelle revient-il à l’assimiler à une femme interdite à perpétuité ?

[Chapitre deuxième : Les conditions qui rendent l’expiation du zihār obligatoire]

Chapitre deuxième : Les conditions qui rendent l’expiation obligatoire

Concernant ces conditions, la majorité des juristes considère que l’expiation n’est pas obligatoire sans « retour ». Mujāhid et Tāwūs se sont singularisés en affirmant qu’elle l’est même sans retour.

La majorité s’appuie sur cette parole du Très-Haut :

« Ceux qui assimilent leurs épouses au dos de leurs mères, puis reviennent sur leurs paroles, doivent affranchir un esclave. » [Al-Mujādala : 3]

Ce texte indique explicitement que l’obligation de l’expiation est liée au retour. Le raisonnement par analogie fournit également un argument : le zihār est comparable au serment en matière d’expiation. De même que celle-ci n’est due qu’en raison du maintien du serment ou de l’intention de le transgresser, il en va de même pour le zihār.

L’argument de Mujāhid et de Tāwūs est que le zihār constitue un fait entraînant l’expiation la plus lourde : il doit donc, à lui seul, la rendre obligatoire, sans qu’un élément supplémentaire soit nécessaire, par analogie avec l’expiation de l’homicide et celle de la rupture du jeûne. Ils ajoutent que le zihār constituait une forme de divorce à l’époque préislamique et que l’interdiction qu’il entraînait a été abrogée au profit d’une expiation. Tel est, selon eux, le sens de la parole du Très-Haut :

« Puis reviennent sur leurs paroles. » [Al-Mujādala : 3]

Ils comprennent donc le retour comme la reprise de cette pratique sous l’islam.

Quant à ceux qui font du retour une condition de l’obligation de l’expiation, ils divergent sur sa nature. Trois versions sont rapportées de Mālik :

Selon la première, le retour consiste à prendre la résolution de garder son épouse et d’avoir des rapports avec elle, les deux intentions étant réunies.

Selon la deuxième, il consiste uniquement à prendre la résolution d’avoir des rapports avec elle. C’est la version authentique et bien connue rapportée par ses disciples. Abū Hanīfa et Ahmad partagent cet avis.

Selon la troisième, le retour est le rapport sexuel lui-même. C’est la version que ses disciples jugent la plus faible.

Al-Shāfi‘ī considère que le retour consiste dans le fait même de garder son épouse. Il dit : « Lorsqu’un homme laisse s’écouler un délai pendant lequel il aurait pu divorcer, sans le faire, il est établi qu’il est revenu sur ses paroles et l’expiation lui incombe. En effet, laisser passer un délai permettant de divorcer, sans divorcer, tient lieu de volonté de garder son épouse, ou en constitue la preuve. »

Dāwūd et les tenants de l’école littéraliste considèrent que le retour consiste à prononcer une seconde fois la formule du zihār. Tant que l’homme ne le fait pas, il n’est pas revenu sur ses paroles et aucune expiation ne lui incombe.

L’argument soutenant la version bien connue de Mālik repose sur deux principes :

مِنَ الْمُحَرَّمَاتِ، وَالظَّهْرُ وَغَيْرُهُ مِنَ الْأَعْضَاءِ، وَأَمَّا الظَّاهِرُ مِنَ الشَّرْعِ، فَإِنَّهُ يَقْتَضِي أَنْ لَا يُسَمَّى ظِهَارًا إِلَّا مَا ذُكِرَ فِيهِ لَفْظُ الظَّهْرِ وَالْأُمِّ. وَأَمَّا إِذَا قَالَ: هِيَ عَلَيَّ كَأُمِّي وَلَمْ يَذْكُرِ الظَّهْرَ: فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: يَنْوِي فِي ذَلِكَ لِأَنَّهُ قَدْ يُرِيدُ بِذَلِكَ الْإِجْلَالَ لَهَا وَعِظَمَ مَنْزِلَتِهَا عِنْدَهُ. وَقَالَ مَالِكٌ: هُوَ ظِهَارٌ. وَأَمَّا مَنْ شَبَّهَ زَوْجَتَهُ بِأَجْنَبِيَّةٍ لَا تَحْرُمُ عَلَيْهِ عَلَى التَّأْبِيدِ، فَإِنَّهُ ظِهَارٌ عِنْدَ مَالِكٍ، وَعِنْدَ ابْنِ الْمَاجِشُونِ لَيْسَ بِظِهَارٍ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ تَشْبِيهُ الزَّوْجَةِ بِمُحَرَّمَةٍ غَيْرِ مُؤَبَّدَةِ التَّحْرِيمِ كَتَشْبِيهِهَا بِمُؤَبَّدَةِ التَّحْرِيمِ؟ . [الْفَصْلُ الثَّانِي فِي شُرُوطِ وُجُوبِ الْكَفَّارَةِ فِي الظهار] الْفَصْلُ الثَّانِي: فِي شُرُوطِ وُجُوبِ الْكَفَّارَةِ فِيهِ - وَأَمَّا شُرُوطُ وُجُوبِ الْكَفَّارَةِ: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى أَنَّهَا لَا تَجِبُ دُونَ الْعَوْدِ، وَشَذَّ مُجَاهِدٌ وَطَاوُسٌ فَقَالَا: تَجِبُ دُونَ الْعَوْدِ، وَدَلِيلُ الْجُمْهُورِ: قَوْله تَعَالَى: {وَالَّذِينَ يُظَاهِرُونَ مِنْ نِسَائِهِمْ ثُمَّ يَعُودُونَ لِمَا قَالُوا فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ} [المجادلة: ٣] وَهُوَ نَصٌّ فِي مَعْنَى وُجُوبِ تَعَلُّقِ الْكَفَّارَةِ بِالْعَوْدِ. وَأَيْضًا فَمِنْ طَرِيقِ الْقِيَاسِ، فَإِنَّ الظِّهَارَ يُشْبِهُ الْكَفَّارَةَ فِي الْيَمِينِ، فَكَمَا أَنَّ الْكَفَّارَةَ إِنَّمَا تَلْزَمُ بِالْمُحافظَةِ أَوْ بِإِرَادَةِ الْمُخَالَفَةِ، كَذَلِكَ الْأَمْرُ فِي الظِّهَارِ. وَحُجَّةُ مُجَاهِدٍ وَطَاوُسٍ: أَنَّهُ مَعْنَى يُوجِبُ الْكَفَّارَةَ الْعُلْيَا، فَوَجَبَ أَنْ يُوجِبَهَا بِنَفْسِهِ لَا بِمَعْنًى زَائِدٍ تَشْبِيهًا بِكَفَّارَةِ الْقَتْلِ وَالْفِطْرِ. وَأَيْضًا قَالُوا: إِنَّهُ كَانَ طَلَاقَ الْجَاهِلِيَّةِ فَنُسِخَ تَحْرِيمُهُ بِالْكَفَّارَةِ، وَهُوَ مَعْنَى قَوْله تَعَالَى: {ثُمَّ يَعُودُونَ لِمَا قَالُوا} [المجادلة: ٣] وَالْعَوْدُ عِنْدَهُمْ هُوَ الْعَوْدُ فِي الْإِسْلَامِ. فَأَمَّا الْقَائِلُونَ بِاشْتِرَاطِ الْعَوْدِ فِي إِيجَابِ الْكَفَّارَةِ، فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيهِ مَا هُوَ؟ فَعَنْ مَالِكٍ فِي ذَلِكَ ثَلَاثُ رِوَايَاتٍ: إِحْدَاهُنَّ: أَنَّ الْعَوْدَ هُوَ أَنْ يَعْزِمَ عَلَى إِمْسَاكِهَا وَالْوَطْءِ مَعًا. وَالثَّانِيَةُ: أَنْ يَعْزِمَ عَلَى وَطْئِهَا فَقَطْ، وَهِيَ الرِّوَايَةُ الصَّحِيحَةُ الْمَشْهُورَةُ عَنْ أَصْحَابِهِ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَأَحْمَدُ. وَالرِّوَايَةُ الثَّالِثَةُ: أَنَّ الْعَوْدَ هُوَ نَفْسُ الْوَطْءِ، وَهِيَ أَضْعَفُ الرِّوَايَاتِ عِنْدَ أَصْحَابِهِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الْعَوْدُ هُوَ الْإِمْسَاكُ نَفْسُهُ، قَالَ: وَمَنْ مَضَى لَهُ زَمَانٌ يُمْكِنُهُ أَنْ يُطَلِّقَ فِيهِ وَلَمْ يُطَلِّقْ ثَبَتَ أَنَّهُ عَائِدٌ وَلَزِمَتْهُ الْكَفَّارَةُ، لِأَنَّ إِقَامَتَهُ زَمَانًا يُمْكِنُ أَنْ يُطَلِّقَ فِيهِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يُطَلِّقَ يَقُومُ مَقَامَ إِرَادَةِ الْإِمْسَاكِ مِنْهُ، أَوْ هُوَ دَلِيلُ ذَلِكَ. وَقَالَ دَاوُدُ وَأَهْلُ الظَّاهِرِ: الْعَوْدُ هُوَ أَنْ يُكَرِّرَ لَفْظَ الظِّهَارِ ثَانِيَةً، وَمَتَى لَمْ يَفْعَلْ ذَلِكَ فَلَيْسَ بِعَائِدٍ وَلَا كَفَّارَةَ عَلَيْهِ. فَدَلِيلُ الرِّوَايَةِ الْمَشْهُورَةِ لِمَالِكٍ يَنْبَنِي عَلَى أَصْلَيْنِ:

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