Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre du zihār]
[Chapitre premier : Les formules du zihār]

Livre du zihār

Le zihār trouve son fondement dans le Coran et la Sunna.

Dans le Coran, Allah, Très-Haut, dit :

« Ceux qui assimilent leurs épouses au dos de leurs mères, puis reviennent sur leurs paroles, doivent affranchir un esclave. » [Al-Mujādala : 3], jusqu’à la fin du verset.

Quant à la Sunna, on trouve le hadith de Khawla bint Mālik ibn Tha‘laba, qui rapporte :

« Mon mari, Uways ibn al-Sāmit, avait prononcé le zihār à mon encontre. Je me rendis auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — pour m’en plaindre. Le Messager d’Allah discutait avec moi de cette affaire et me disait : “Crains Allah, car c’est ton cousin.” Je n’étais pas encore repartie lorsqu’Allah révéla :

“Allah a bien entendu les paroles de celle qui discute avec toi au sujet de son époux et se plaint à Allah. Allah entend votre échange.” [Al-Mujādala : 1], ainsi que les versets suivants.

Il dit alors : “Qu’il affranchisse un esclave.” Je répondis : “Il n’en a pas les moyens.” Il dit : “Qu’il jeûne donc deux mois consécutifs.” Je répondis : “Ô Messager d’Allah, c’est un homme très âgé, incapable de jeûner.” Il dit : “Qu’il nourrisse alors soixante pauvres.” Je répondis : “Il n’a rien à donner en aumône.” Il dit : “Je l’aiderai en lui donnant une corbeille de dattes.” Je répondis : “Et moi, je l’aiderai en lui donnant une autre corbeille.” Il dit : “Tu as bien agi. Va donc nourrir pour lui soixante pauvres.” »

Ce hadith est rapporté par Abū Dāwūd. On trouve également le hadith de Salama ibn Sakhr al-Bayādī, rapporté du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.

L’étude des fondements du zihār se répartit en sept chapitres : les formules du zihār ; les conditions qui rendent l’expiation obligatoire ; les personnes pour lesquelles le zihār est valable ; ce qui devient interdit à celui qui le prononce ; la question de savoir si le zihār se renouvelle lorsque le mariage est renouvelé ; celle de savoir si les règles du serment d’abstinence conjugale peuvent s’y appliquer ; enfin, les règles de l’expiation du zihār.

Chapitre premier : Les formules du zihār

Les juristes s’accordent à considérer qu’un homme prononce le zihār lorsqu’il dit à son épouse : « Tu es pour moi comme le dos de ma mère. » Ils divergent toutefois lorsqu’il mentionne une autre partie du corps que le dos, ou le dos d’une femme autre que sa mère avec laquelle le mariage lui est interdit à perpétuité.

Mālik considère qu’il s’agit d’un zihār. Un groupe de savants estime qu’il n’y a de zihār que si les mots « dos » et « mère » sont employés. Selon Abū Hanīfa, le zihār peut être formulé en mentionnant toute partie du corps qu’il est interdit de regarder.

Cette divergence tient à l’opposition entre le sens sous-jacent et la lettre du texte. En effet, la portée de l’interdiction est la même pour la mère et pour les autres

[كِتَابُ الظِّهَارِ] [الْفَصْلُ الْأَوَّلُ فِي أَلْفَاظِ الظِّهَارِ] كِتَابُ الظِّهَارِ وَالْأَصْلُ فِي الظِّهَارِ: الْكِتَابُ وَالسُّنَّةُ. فَأَمَّا الْكِتَابُ: فَقَوْلُهُ تَعَالَى: {وَالَّذِينَ يُظَاهِرُونَ مِنْ نِسَائِهِمْ ثُمَّ يَعُودُونَ لِمَا قَالُوا فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ} [المجادلة: ٣] الْآيَةَ. وَأَمَّا السُّنَّةُ: فَحَدِيثُ خَوْلَةَ بِنْتِ مَالِكِ بْنِ ثَعْلَبَةَ قَالَتْ: «ظَاهَرَ مِنِّي زَوْجِي أُوَيْسُ بْنُ الصَّامِتِ، فَجِئْتُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَشْكُو إِلَيْهِ، وَرَسُولُ اللَّهِ يُجَادِلُنِي فِيهِ وَيَقُولُ: اتَّقِي اللَّهَ فَإِنَّهُ ابْنُ عَمِّكِ، فَمَا خَرَجْتُ حَتَّى أَنْزَلَ اللَّهُ: {قَدْ سَمِعَ اللَّهُ قَوْلَ الَّتِي تُجَادِلُكَ فِي زَوْجِهَا وَتَشْتَكِي إِلَى اللَّهِ وَاللَّهُ يَسْمَعُ تَحَاوُرَكُمَا} [المجادلة: ١] الْآيَاتِ، فَقَالَ: لِيُعْتِقْ رَقَبَةً، قَالَتْ: لَا يَجِدُ، قَالَ: فَيَصُومُ شَهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ، قَالَتْ: يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّهُ شَيْخٌ كَبِيرٌ مَا بِهِ مِنْ صِيَامٍ، قَالَ: فَلْيُطْعِمْ سِتِّينَ مِسْكِينًا، قَالَتْ: مَا عِنْدَهُ مِنْ شَيْءٍ يَتَصَدَّقُ بِهِ، قَالَ: فَإِنِّي سَأُعِينُهُ بِعَرْقٍ مِنْ تَمْرٍ، قَالَتْ: وَأَنَا أُعِينُهُ بِعَرْقٍ آخَرَ، قَالَ: أَحْسَنْتِ اذْهَبِي فَأَطْعِمِي عَنْهُ سِتِّينَ مِسْكِينًا» خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ. وَحَدِيثُ سَلَمَةَ بْنِ صَخْرٍ الْبَيَاضِيِّ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -. وَالْكَلَامُ فِي أُصُولِ الظِّهَارِ يَنْحَصِرُ فِي سَبْعَةِ فُصُولٍ: مِنْهَا: فِي أَلْفَاظِ الظِّهَارِ، وَمِنْهَا: فِي شُرُوطِ وُجُوبِ الْكَفَّارَةِ فِيهِ، وَمِنْهَا: فِيمَنْ يَصِحُّ فِيهِ الظِّهَارُ، وَمِنْهَا فِيمَا يَحْرُمُ عَلَى الْمُظَاهِرِ، وَمِنْهَا: هَلْ يَتَكَرَّرُ الظِّهَارُ بِتَكَرُّرِ النِّكَاحِ؟ وَمِنْهَا: هَلْ يَدْخُلُ الْإِيلَاءُ عَلَيْهِ؟ ، وَمِنْهَا: الْقَوْلُ فِي أَحْكَامِ كَفَّارَةِ الظِّهَارِ. الْفَصْلُ الْأَوَّلُ: فِي أَلْفَاظِ الظِّهَارِ - وَاتَّفَقَ الْفُقَهَاءُ عَلَى أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا قَالَ لِزَوْجَتِهِ: أَنْتِ عَلَيَّ كَظَهْرِ أُمِّي أَنَّهُ ظِهَارٌ، وَاخْتَلَفُوا إِذَا ذَكَرَ عُضْوًا غَيْرَ الظَّهْرِ، أَوْ ذَكَرَ ظَهْرَ مَنْ تَحْرُمُ عَلَيْهِ مِنَ الْمُحَرَّمَاتِ النِّكَاحِ عَلَى التَّأْبِيدِ غَيْرَ الْأُمِّ. فَقَالَ مَالِكٌ: هُوَ ظِهَارٌ. وَقَالَ جَمَاعَةٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ: لَا يَكُونُ ظِهَارًا إِلَّا بِلَفْظِ الظَّهْرِ وَالْأُمِّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَكُونُ بِكُلِّ عُضْوٍ يَحْرُمُ النَّظَرُ إِلَيْهِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ الْمَعْنَى لِلظَّاهِرِ، وَذَلِكَ أَنَّ مَعْنَى التَّحْرِيمِ تَسْتَوِي فِيهِ الْأُمُّ وَغَيْرُهَا

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