et ceux qui ne lui imposent qu’un seul bain rituel sont Mālik, al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa, leurs disciples et la majorité des juristes des grandes cités. La plupart d’entre eux lui imposent de faire ses ablutions pour chaque prière ; certains ne font que le lui recommander, sans l’y obliger : telle est la doctrine de Mālik.
D’autres estiment que la femme présentant des saignements non menstruels doit prendre un bain rituel pour chaque prière. D’autres encore considèrent qu’elle doit retarder la prière de midi jusqu’au début du temps de celle de l’après-midi, puis prendre un bain rituel et réunir les deux prières. De même, elle retarde la prière du coucher du soleil jusqu’à la jonction entre la fin de son temps et le début de celui de la prière de la nuit, prend un deuxième bain rituel et réunit ces deux prières. Enfin, elle prend un troisième bain rituel pour la prière de l’aube. Ils lui imposent ainsi trois bains rituels par jour et par nuit.
Certains estiment qu’elle ne doit prendre qu’un seul bain rituel par jour et par nuit. Parmi eux, certains ne lui assignent aucun moment précis ; cet avis est rapporté de ‘Alī. D’autres estiment qu’elle doit se purifier d’un état de pureté au suivant.
En somme, cette question fait l’objet de quatre avis :
Selon le premier, elle n’est tenue qu’à un seul bain rituel, au moment où le sang des menstrues cesse de s’écouler.
Selon le deuxième, elle doit prendre un bain rituel pour chaque prière.
Selon le troisième, elle doit prendre trois bains rituels par jour et par nuit.
Selon le quatrième, elle doit prendre un seul bain rituel par jour et par nuit.
Leur divergence sur cette question tient aux sens apparents différents des hadiths rapportés à ce sujet. Il existe en effet quatre hadiths connus sur cette question : l’authenticité de l’un est unanimement reconnue, tandis que celle des trois autres est discutée.
Celui dont l’authenticité est unanimement reconnue est le hadith de ‘Ā’isha, qui a dit :
« Fātima bint Abī Hubaysh vint trouver le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — et lui dit : “Ô Messager d’Allah ! Je suis une femme qui présente des saignements non menstruels et je ne retrouve jamais l’état de pureté. Dois-je donc délaisser la prière ?” Il lui répondit — sur lui la prière et le salut — : “Non. Cela provient seulement d’une veine ; ce ne sont pas les menstrues. Lorsque les menstrues surviennent, délaisse la prière ; lorsqu’elles cessent, lave le sang qui se trouve sur toi et prie.” »
Certaines versions de ce hadith comportent les mots :
« Et fais tes ablutions pour chaque prière. »
Cet ajout n’a été rapporté ni par al-Bukhārī ni par Muslim. Abū Dāwūd l’a rapporté, et un groupe de spécialistes du hadith l’a jugé authentique.
Le deuxième hadith est celui de ‘Ā’isha au sujet d’Umm Habība bint Jahsh, l’épouse de ‘Abd al-Rahmān ibn ‘Awf :
« Elle présenta des saignements non menstruels, et le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — lui ordonna de prendre un bain rituel pour chaque prière. »
C’est sous cette forme qu’Ishāq a transmis ce hadith, avec sa chaîne de transmission, d’après al-Zuhrī. Quant aux autres disciples d’al-Zuhrī, ils ont seulement rapporté de lui :
« Elle présenta des saignements non menstruels et interrogea le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, qui lui dit : “Cela provient seulement d’une veine ; ce ne sont pas les menstrues.”