Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quant à ceux qui lui imposent le délai de viduité consécutif au décès du mari, ils invoquent un hadith rapporté de ‘Amr ibn al-‘Ās, qui a dit :

« Ne semez pas la confusion au sujet de la sunna de notre Prophète : le délai de viduité de l’esclave ayant donné un enfant à son maître est, lorsque celui-ci décède, de quatre mois et dix jours. »

Ahmad a jugé ce hadith faible et ne l’a pas retenu.

Quant à ceux qui lui imposent la moitié du délai de viduité de la femme libre, ils l’assimilent à l’épouse esclave. La divergence vient de ce qu’aucun texte ne traite expressément de son cas et qu’elle présente des ressemblances tant avec l’esclave qu’avec la femme libre. Toutefois, l’assimilation à l’épouse esclave est peu fondée. Plus fragile encore est l’assimilation de son délai à celui de la femme libre répudiée, qui constitue la doctrine d’Abū Hanīfa.

[CHAPITRE II — DU DON DE CONSOLATION]

— La majorité estime que le don de consolation n’est pas obligatoire dans tous les cas de répudiation. Certains tenants de l’école littéraliste le considèrent comme obligatoire envers toute femme répudiée. D’autres estiment qu’il est recommandé, mais non obligatoire ; tel est l’avis de Mālik.

Ceux qui ne le rendent obligatoire qu’envers certaines femmes répudiées divergent sur les cas concernés. Abū Hanīfa estime qu’il incombe à tout homme qui répudie son épouse avant la consommation du mariage, sans lui avoir fixé une dot déterminée. Al-Shāfi‘ī considère qu’il est dû à toute femme répudiée lorsque la séparation est du fait du mari, sauf à celle dont la dot a été fixée et qui est répudiée avant la consommation du mariage. Tel est aussi l’avis de la majorité des savants.

Abū Hanīfa invoque cette parole du Très-Haut :

« Ô vous qui croyez ! Lorsque vous épousez des croyantes, puis les répudiez avant de les avoir touchées, vous n’avez à leur imposer aucun délai de viduité à compter. Accordez-leur donc un don de consolation et séparez-vous d’elles de belle manière. »

[Les Coalisés : 49]

Il lie ainsi le don de consolation à l’absence de rapports conjugaux. Le Très-Haut dit également :

« Si vous les répudiez avant de les avoir touchées, alors que vous leur avez fixé une dot, la moitié de ce que vous avez fixé leur revient. »

[La Vache : 237]

On en déduit qu’aucun don de consolation ne lui est dû lorsque sa dot a été fixée et que la répudiation intervient avant les rapports conjugaux : puisque la dot ne lui est pas due, à plus forte raison le don de consolation ne saurait-il l’être. Ce raisonnement, assurément, paraît convaincant : lorsqu’aucune dot ne lui est due, le don de consolation en tient lieu ; mais lorsqu’elle restitue la moitié de la dot qu’elle avait reçue, aucun don de consolation ne lui est dû.

Quant à al-Shāfi‘ī, il donne aux injonctions relatives au don de consolation, dans cette parole du Très-Haut :

« Accordez-leur un don de consolation : à l’homme aisé selon ses moyens, et à celui dont les ressources sont restreintes selon les siens ; un don conforme au bon usage. »

[La Vache : 236]

une portée générale, les appliquant à toute femme répudiée, sauf à celle dont la dot a été fixée et qui est répudiée avant la consommation du mariage.

Les tenants de l’école littéraliste, pour leur part, retiennent la portée générale de l’injonction.

La majorité estime que la femme qui obtient la séparation moyennant une compensation n’a pas droit au don de consolation, puisqu’elle verse elle-même un bien, comme celle qui est répudiée avant la consommation du mariage, après fixation de sa dot.

Les tenants de l’école littéraliste disent : « C’est une disposition de la Loi : elle reçoit donc et elle donne. »

أَمَّا الَّذِينَ أَوْجَبُوا لَهَا عِدَّةَ الْوَفَاةِ فَاحْتَجُّوا بِحَدِيثٍ رُوِيَ عَنْ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ قَالَ: «لَا تُلَبِّسُوا عَلَيْنَا سُنَّةَ نَبِيِّنَا، عِدَّةُ أُمِّ الْوَلَدِ إِذَا تُوُفِّيَ عَنْهَا سَيِّدُهَا أَرْبَعَة أَشْهُرٍ وَعَشْرا» ، وَضَعَّفَ أَحْمَدُ هَذَا الْحَدِيثَ وَلَمْ يَأْخُذْ بِهِ. وَأَمَّا مَنْ أَوْجَبَ عَلَيْهَا نِصْفَ عِدَّةِ الْحُرَّةِ تَشْبِيهًا بِالزَّوْجَةِ الْأَمَةِ: فَسَبَبُ الْخِلَافِ أَنَّهَا مَسْكُوتٌ عَنْهَا، وَهِيَ مُتَرَدِّدَةُ الشَّبَهِ بَيْنَ الْأَمَةِ وَالْحُرَّةِ. وَأَمَّا مَنْ شَبَّهَهَا بِالزَّوْجَةِ الْأَمَةِ فَضَعِيفٌ، وَأَضْعَفُ مِنْهُ مَنْ شَبَّهَهَا بِعِدَّةِ الْحُرَّةِ الْمُطَلَّقَةِ، وَهُوَ مَذْهَبُ أَبِي حَنِيفَةَ. [الْبَابُ الثَّانِي فِي الْمُتْعَةِ] - وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ الْمُتْعَةَ لَيْسَتْ وَاجِبَةً فِي كُلِّ مُطَلَّقَةٍ. وَقَالَ قَوْمٌ مِنْ أَهْلِ الظَّاهِرِ: هِيَ وَاجِبَةٌ فِي كُلِّ مُطَلَّقَةٍ. وَقَالَ قَوْمٌ: هِيَ مَنْدُوبٌ إِلَيْهَا وَلَيْسَتْ وَاجِبَةً وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ، وَالَّذِينَ قَالُوا بِوُجُوبِهَا فِي بَعْضِ الْمُطَلَّقَاتِ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ: فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: هِيَ وَاجِبَةٌ عَلَى كُلِّ مَنْ طَلَّقَ قَبْلَ الدُّخُولِ، وَلَمْ يَفْرِضْ لَهَا صَدَاقًا مُسَمًّى ; وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: هِيَ وَاجِبَةٌ لِكُلِّ مُطَلَّقَةٍ إِذَا كَانَ الْفِرَاقُ مِنْ قِبَلِهِ إِلَّا الَّتِي سُمِّيَ لَهَا وَطُلِّقَتْ قَبْلَ الدُّخُولِ، وَعَلَى هَذَا جُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ. وَاحْتَجَّ أَبُو حَنِيفَةَ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا نَكَحْتُمُ الْمُؤْمِنَاتِ ثُمَّ طَلَّقْتُمُوهُنَّ مِنْ قَبْلِ أَنْ تَمَسُّوهُنَّ فَمَا لَكُمْ عَلَيْهِنَّ مِنْ عِدَّةٍ تَعْتَدُّونَهَا فَمَتِّعُوهُنَّ وَسَرِّحُوهُنَّ سَرَاحًا جَمِيلا} [الأحزاب: ٤٩] . فَاشْتَرَطَ الْمُتْعَةَ مَعَ عَدَمِ الْمَسِيسِ، وَقَالَ تَعَالَى: {وَإِنْ طَلَّقْتُمُوهُنَّ مِنْ قَبْلِ أَنْ تَمَسُّوهُنَّ وَقَدْ فَرَضْتُمْ لَهُنَّ فَرِيضَةً فَنِصْفُ مَا فَرَضْتُمْ} [البقرة: ٢٣٧] . فَعُلِمَ أَنَّهُ لَا مُتْعَةَ لَهَا مَعَ التَّسْمِيَةِ وَالطَّلَاقِ قَبْلَ الْمَسِيسِ، لِأَنَّهُ إِذَا لَمْ يَجِبْ لَهَا الصَّدَاقُ فَأَحْرَى أَنْ لَا تَجِبَ لَهَا الْمُتْعَةُ، وَهَذَا لَعَمْرِي مُخَيِّلٌ، لِأَنَّهُ حَيْثُ لَمْ يَجِب لَهَا صَدَاقٌ أُقِيمَتِ الْمُتْعَةُ مَقَامَهُ، وَحَيْثُ رَدَّتْ مِنْ يَدِهَا نِصْفَ الصَّدَاقِ لَمْ يَجِبْ لَهَا شَيْءٌ. وَأَمَّا الشَّافِعِيُّ: فَيَحْمِلُ الْأَوَامِرَ الْوَارِدَةَ بِالْمُتْعَةِ فِي قَوْله تَعَالَى: {وَمَتِّعُوهُنَّ عَلَى الْمُوسِعِ قَدَرُهُ وَعَلَى الْمُقْتِرِ قَدَرُهُ مَتَاعًا بِالْمَعْرُوفِ} [البقرة: ٢٣٦] عَلَى الْعُمُومِ فِي كُلِّ مُطَلَّقَةٍ، إِلَّا الَّتِي سُمِّيَ لَهَا وَطُلِّقَتْ قَبْلَ الدُّخُولِ. وَأَمَّا أَهْلُ الظَّاهِرِ: فَحَمَلُوا الْأَمْرَ عَلَى الْعُمُومِ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ الْمُخْتَلِعَةَ لَا مُتْعَةَ لَهَا لِكَوْنِهَا مُعْطِيَةً مِنْ يَدِهَا، كَالْحَالِ فِي الَّتِي طُلِّقَتْ قَبْلَ الدُّخُولِ وَبَعْدَ فَرْضِ الصَّدَاقِ. وَأَهْلُ الظَّاهِرِ يَقُولُونَ: هُوَ شَرْعٌ فَتَأْخُذُ وَتُعْطِي.

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