Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

sa première répudiation. C’est l’un des deux avis d’al-Shāfi‘ī. Dāwūd estime qu’elle n’a ni à achever son délai de viduité ni à en observer un nouveau.

En somme, selon Mālik, toute reprise de la vie conjugale met fin au délai de viduité, même sans rapports sexuels, à l’exception de la reprise par le mari qui a juré de s’abstenir de tels rapports. Al-Shāfi‘ī dit : « S’il la répudie après l’avoir reprise, mais avant d’avoir eu des rapports avec elle, elle poursuit son premier délai de viduité. » L’avis d’al-Shāfi‘ī est le plus convaincant.

De même, selon Mālik, la validité de la reprise par le mari incapable de subvenir à l’entretien de son épouse dépend de la prise en charge effective de cet entretien : s’il y pourvoit, la reprise est valide et met fin au délai de viduité, si la séparation était une répudiation ; sinon, elle poursuit son premier délai de viduité.

Si elle épouse un autre homme pendant son délai de viduité, deux avis sont rapportés de Mālik : selon le premier, les deux délais se confondent ; selon le second, ils ne se confondent pas. Le premier avis tient compte du fait que le délai vise à s’assurer de l’absence de grossesse, ce qui est obtenu même lorsque les deux délais se confondent. Le second repose sur le caractère cultuel du délai de viduité : les délais doivent donc se multiplier avec les rapports sexuels auxquels la Loi reconnaît un statut protégé.

Lorsqu’une esclave est affranchie pendant son délai de viduité consécutif à une répudiation, elle poursuit, selon Mālik, le délai applicable à l’esclave, sans passer à celui de la femme libre. Abū Hanīfa estime qu’elle passe à ce dernier dans les deux cas.

La divergence tient à la question suivante : le délai de viduité relève-t-il des règles du mariage ou de celles de sa dissolution ? Ceux qui le rattachent aux règles du mariage considèrent que son délai ne change pas. Ceux qui le rattachent aux règles de la dissolution du mariage considèrent qu’elle passe à l’autre délai, comme si elle avait été affranchie alors qu’elle était encore mariée, puis répudiée.

Quant à ceux qui distinguent la répudiation irrévocable de la répudiation révocable, leur raisonnement est clair : la répudiation révocable conserve certains effets du lien conjugal. Ainsi, tous s’accordent à reconnaître à la femme un droit à l’héritage si son mari meurt alors qu’elle observe le délai de viduité consécutif à une répudiation révocable, et à considérer qu’elle passe alors au délai de viduité du veuvage. Voilà donc la première des deux parties de l’étude du délai de viduité.

[Deuxième partie : les règles relatives au délai de viduité]

Deuxième partie : quant aux règles relatives au délai de viduité, les savants s’accordent à reconnaître le droit à l’entretien et au logement à la femme qui observe ce délai après une répudiation révocable, ainsi qu’à la femme enceinte. Allah dit en effet, au sujet des femmes répudiées de manière révocable, dans le verset qui commence ainsi :

« Logez-les là où vous habitez, selon vos moyens. »

[Le Divorce : 6]

Il dit également :

« Et si elles sont enceintes, pourvoyez à leur entretien jusqu’à ce qu’elles accouchent. »

[Le Divorce : 6]

Ils divergent toutefois au sujet du logement et de l’entretien de la femme irrévocablement répudiée lorsqu’elle n’est pas enceinte. Ils ont trois avis :

Le premier lui reconnaît le droit au logement et à l’entretien. C’est l’avis des savants de Koufa.

Le deuxième ne lui reconnaît ni logement ni entretien. C’est l’avis d’Ahmad, de Dāwūd, d’Abū Thawr, d’Ishāq et d’un groupe de savants.

Le troisième lui reconnaît le droit au logement, mais non à l’entretien. C’est l’avis de Mālik, d’al-Shāfi‘ī et d’un groupe de savants.

Leur divergence tient aux différentes versions du hadith de Fātima bint Qays et à l’opposition entre ce hadith et le sens apparent du Livre. Ceux qui ne lui reconnaissent ni entretien ni logement s’appuient sur la version du hadith de Fātima bint Qays dans laquelle elle dit :

طَلَاقِهَا الْأَوَّلِ وَهُوَ أَحَدُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ. وَقَالَ دَاوُدُ: لَيْسَ عَلَيْهَا أَنْ تُتِمَّ عِدَّتَهَا وَلَا عِدَّةً مُسْتَأْنَفَةً. وَبِالْجُمْلَةِ فَعِنْدَ مَالِكٍ أَنَّ كُلَّ رَجْعَةٍ تَهْدِمُ الْعِدَّةَ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ مَسِيسٌ، مَا خَلَا رَجْعَةَ الْمُولِي. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: إِذَا طَلَّقَهَا بَعْدَ الرَّجْعَةِ وَقَبْلَ الْوَطْءِ ثَبَتَتْ عَلَى عِدَّتِهَا الْأُولَى، وَقَوْلُ الشَّافِعِيِّ أَظْهَرُ. وَكَذَلِكَ عِنْدَ مَالِكٍ رَجْعَةُ الْمُعْسِرِ بِالنَّفَقَةِ تَقِفُ صِحَّتُهَا عِنْدَهُ عَلَى الْإِنْفَاقِ: فَإِنْ أَنْفَقَ صَحَّتِ الرَّجْعَةُ وَهُدِمَتِ الْعِدَّةُ إِنْ كَانَ طَلَاقًا، وَإِنْ لَمْ يُنْفِقْ بَقِيَتْ عَلَى عِدَّتِهَا الْأُولَى. وَإِذَا تَزَوَّجَتْ ثَانِيًا فِي الْعِدَّةِ: فَعَنْ مَالِكٍ فِي ذَلِكَ رِوَايَتَانِ: إِحْدَاهُمَا: تَدَاخُلُ الْعِدَّتَيْنِ. وَالْأُخْرَى نَفْيُهُ. فَوَجْهُ الْأُولَى: اعْتِبَارُ بَرَاءَةِ الرَّحِمِ، لِأَنَّ ذَلِكَ حَاصِلٌ مَعَ التَّدَاخُلِ. وَوَجْهُ الثَّانِيَةِ: كَوْنُ الْعِدَّةِ عِبَادَةً، فَوَجَبَ أَنْ تَتَعَدَّدَ بِتَعَدُّدِ الْوَطْءِ الَّذِي لَهُ حُرْمَةٌ، إِذَا أُعْتِقَتِ الْأَمَةُ فِي عِدَّةِ الطَّلَاقِ مَضَتْ عَلَى عِدَّةِ الْأَمَةِ عِنْدَ مَالِكٍ، وَلَمْ تَنْتَقِلْ إِلَى عِدَّةِ الْحُرَّةِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: تَنْتَقِلُ فِي الْوَجْهَيْنِ مَعًا. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلِ الْعِدَّةُ مِنْ أَحْكَامِ الزَّوْجِيَّةِ أَمْ مِنْ أَحْكَامِ انْفِصَالِهَا؟ فَمَنْ قَالَ مِنْ أَحْكَامِ الزَّوْجِيَّةِ قَالَ: لَا تَنْتَقِلُ عِدَّتُهَا. وَمَنْ قَالَ مِنْ أَحْكَامِ انْفِصَالِ الزَّوْجِيَّةِ قَالَ: تَنْتَقِلُ، كَمَا لَوْ أُعْتِقَتْ وَهِيَ زَوْجَةٌ ثُمَّ طُلِّقَتْ. وَأَمَّا مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الْبَائِنِ وَالرَّجْعِيِّ فَبَيِّنٌ، وَذَلِكَ أَنَّ الرَّجْعِيَّ فِيهِ شَبَهٌ مِنْ أَحْكَامِ الْعِصْمَةِ، وَذَلِكَ وَقَعَ فِيهِ الْمِيرَاثُ بِاتِّفَاقٍ إِذَا مَاتَ وَهِيَ فِي عِدَّةٍ مِنْ طَلَاقٍ رَجْعِيٍّ، وَأَنَّهَا تَنْتَقِلُ إِلَى عِدَّةِ الْمَوْتِ. فَهَذَا هُوَ الْقِسْمُ الْأَوَّلُ مِنْ قِسْمَيِ النَّظَرِ فِي الْعِدَّةِ. [الْقِسْمُ الثَّانِي فِي مَعْرِفَةِ أَحْكَامِ الْعِدَّةِ] الْقِسْمُ الثَّانِي: وَأَمَّا النَّظَرُ فِي أَحْكَامِ الْعَدَّةِ: فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ لِلْمُعْتَدَّةِ الرَّجْعِيَّةِ النَّفَقَةَ وَالسُّكْنَى، وَكَذَلِكَ الْحَامِلُ، لِقَوْلِهِ تَعَالَى فِي الرَّجْعِيَّاتِ: {أَسْكِنُوهُنَّ مِنْ حَيْثُ سَكَنْتُمْ مِنْ وُجْدِكُمْ} [الطلاق: ٦] الْآيَةَ، وَلِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَإِنْ كُنَّ أُولاتِ حَمْلٍ فَأَنْفِقُوا عَلَيْهِنَّ حَتَّى يَضَعْنَ حَمْلَهُنَّ} [الطلاق: ٦] . وَاخْتَلَفُوا فِي سُكْنَى الْمَبْتُوتَةِ وَنَفَقَتِهَا إِذَا لَمْ تَكُنْ حَامِلًا عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: أَحَدُهَا: أَنَّ لَهَا السُّكْنَى وَالنَّفَقَةَ، وَهُوَ قَوْلُ الْكُوفِيِّينَ. وَالْقَوْلُ الثَّانِي أَنَّهُ لَا سُكْنَى لَهَا وَلَا نَفَقَةَ، وَهُوَ قَوْلُ أَحْمَدَ، وَدَاوُدَ، وَأَبِي ثَوْرٍ، وَإِسْحَاقَ وَجَمَاعَةٍ. الثَّالِثُ: أَنَّ لَهَا السُّكْنَى، وَلَا نَفَقَةَ لَهَا، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ وَجَمَاعَةٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: اخْتِلَافُ الرِّوَايَةِ فِي حَدِيثِ فَاطِمَةَ بِنْتِ قَيْسٍ، وَمُعَارَضَةُ ظَاهِرِ الْكِتَابِ لَهُ: فَاسْتَدَلَّ مَنْ لَمْ يُوجِبْ لَهَا نَفَقَةً وَلَا سُكْنَى بِمَا رُوِيَ فِي حَدِيثِ فَاطِمَةَ بِنْتِ قَيْسٍ أَنَّهَا قَالَتْ:

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