Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

elle atteigne l’âge où elle n’espère plus avoir ses règles ; elle observe alors un délai de viduité calculé en mois, à moins que ses règles ne reviennent auparavant. L’avis de Mālik est rapporté de ‘Umar ibn al-Khattāb et d’Ibn ‘Abbās ; celui de la majorité est également celui d’Ibn Mas‘ūd et de Zayd.

Le principal argument rationnel de Mālik est que le délai de viduité vise seulement à établir, selon une forte présomption, l’absence de grossesse : la preuve en est qu’une femme enceinte peut avoir ses règles. Dès lors, l’écoulement d’une durée correspondant à une grossesse suffit à s’assurer de l’absence de grossesse ; il en apporte même la certitude. Elle observe ensuite un délai de viduité de trois mois, comme la femme qui n’espère plus avoir ses règles. Si ses règles reviennent avant l’achèvement de l’année, elle relève des dispositions applicables aux femmes qui ont leurs menstruations et décompte cette période. Elle attend ensuite la deuxième période ou l’écoulement d’une année, et ainsi de suite jusqu’à ce que trois périodes se soient écoulées.

Quant à la majorité, elle s’en tient au sens apparent de cette parole du Très-Haut :

« Quant à celles de vos femmes qui n’espèrent plus avoir leurs règles, si vous avez un doute, leur délai de viduité est de trois mois. »

[Le Divorce : 4]

Or, une femme encore en âge d’avoir ses règles n’est pas de celles qui n’espèrent plus les avoir. Cet avis entraîne toutefois des difficultés et une gêne considérables. Il serait judicieux de dire qu’elle observe un délai de viduité de trois mois, si l’on entend par « celle qui n’espère plus avoir ses règles » une femme dont la cessation des règles n’est pas certaine, et si l’on rapporte Ses paroles :

« Si vous avez un doute »

[Le Divorce : 4]

à la règle juridique, et non aux menstruations, conformément à l’interprétation qu’en donne Mālik. Il semble ainsi que la doctrine de Mālik ne concorde pas avec son interprétation du verset. En effet, il entend ici par « celle qui n’espère plus avoir ses règles » une femme dont on sait avec certitude qu’elle n’est plus susceptible d’en avoir, ce qui ne peut être établi qu’en raison de l’âge. C’est pourquoi il rapporte Ses paroles :

« Si vous avez un doute »

[Le Divorce : 4]

à la règle juridique, et non aux menstruations, c’est-à-dire : « Si vous doutez de la règle qui leur est applicable. » Pourtant, il dit ensuite que la femme qui reste neuf mois sans avoir ses règles, tout en étant encore en âge de les avoir, observe un délai de viduité calculé en mois.

Quant à Ismā‘īl et Ibn Bukayr, parmi ses disciples, ils considèrent que le doute porte ici sur les menstruations et que, dans la langue arabe, l’expression « qui a perdu espoir » désigne celui dont la privation de ce qu’il n’espère plus obtenir n’est pas établie avec certitude. Ils ont ainsi fait concorder leur interprétation du verset avec leur doctrine, qui est celle de Mālik, et ils ont fort bien fait. En effet, si l’on entend ici par la perte d’espoir une certitude, il faut alors que la femme attende ses règles et calcule son délai de viduité d’après celles-ci jusqu’à atteindre cet âge, je veux dire l’âge auquel elle n’espère plus les avoir. Si, au contraire, on entend par cette expression une situation qui n’est pas certaine, la femme dont les saignements habituels ont cessé, alors qu’elle est encore en âge d’avoir ses règles, doit observer un délai de viduité calculé en mois. C’est ce qui découle logiquement de l’avis des littéralistes, car, selon eux, la femme qui n’espère plus avoir ses règles n’est tenue, dans les deux cas, à aucun délai de viduité, ni en périodes ni en mois.

Quant à la distinction établie entre la période précédant les neuf mois et celle qui les suit, elle relève d’une préférence juridique.

Pour la femme dont les règles ont cessé pour une cause connue, comme l’allaitement ou la maladie, l’avis le plus connu de Mālik est qu’elle attend leur retour, que l’attente soit courte ou longue. Il a également été dit que la femme malade est assimilée à celle dont les règles cessent sans cause connue.

Quant à la femme atteinte de saignements irréguliers, son délai de viduité est, selon Mālik, d’une année lorsqu’elle ne distingue pas les deux sortes de sang. Si elle les distingue, deux avis sont rapportés de lui : selon le premier, son délai de viduité est d’une année ; selon le second, elle se fonde sur cette distinction et calcule son délai de viduité en périodes.

Abū Hanīfa dit que son délai de viduité se calcule en périodes si elle parvient à les distinguer ; sinon, il est de trois mois.

Al-Shāfi‘ī dit qu’elle calcule son délai de viduité en distinguant les saignements lorsque l’écoulement sanguin s’interrompt : le sang rouge vif relève des menstruations, tandis que l’écoulement jaune correspond aux jours de pureté,

تَدْخُلَ فِي السَّنِّ الَّذِي تَيْأَسُ فِيهِ مِنَ الْمَحِيضِ، وَحِينَئِذٍ تَعْتَدُّ بِالْأَشْهُرِ وَتَحِيضُ قَبْلَ ذَلِكَ، وَقَوْلُ مَالِكٍ مَرْوِيٌّ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، وَابْنِ عَبَّاسٍ، وَقَوْلُ الْجُمْهُورِ قَوْلُ ابْنِ مَسْعُودٍ وَزَيْدٍ. وَعُمْدَةُ مَالِكٍ عَنْ طَرِيقِ الْمَعْنَى هُوَ أَنَّ الْمَقْصُودَ بِالْعِدَّةِ إِنَّمَا هُوَ مَا يَقَعُ بِهِ بَرَاءَةُ الرَّحِمِ ظَنًّا غَالِبًا بِدَلِيلِ أَنَّهُ قَدْ تَحِيضُ الْحَامِلُ، وَإِذَا كَانَ ذَلِكَ كَذَلِكَ فَعِدَّةُ الْحَمْلِ كَافِيَةٌ فِي الْعِلْمِ بِبَرَاءَةِ الرَّحِمِ، بَلْ هِيَ قَاطِعَةٌ عَلَى ذَلِكَ، ثُمَّ تَعْتَدُّ بِثَلَاثَةِ أَشْهُرٍ عِدَّةَ الْيَائِسَةِ، فَإِنْ حَاضَتْ قَبْلَ تَمَامِ السَّنَةِ حُكِمَ لَهَا بِحُكْمِ ذَوَاتِ الْحَيْضِ، وَاحْتَسَبَتْ بِذَلِكَ الْقُرْءِ، ثُمَّ تَنْتَظِرُ الْقُرْءَ الثَّانِيَ أَوِ السَّنَةَ إِلَى أَنْ يَمْضِيَ لَهَا ثَلَاثَةُ قُرُوءٍ. وَأَمَّا الْجُمْهُورُ فَصَارُوا إِلَى ظَاهِرِ قَوْله تَعَالَى: {وَاللائِي يَئِسْنَ مِنَ الْمَحِيضِ مِنْ نِسَائِكُمْ إِنِ ارْتَبْتُمْ فَعِدَّتُهُنَّ ثَلاثَةُ أَشْهُرٍ} [الطلاق: ٤] وَالَّتِي هِيَ مِنْ أَهْلِ الْحَيْضِ لَيْسَتْ بِيَائِسَةٍ، وَهَذَا الرَّأْيُ فِيهِ عُسْرٌ وَحَرَجٌ، وَلَوْ قِيلَ: إِنَّهَا تَعْتَدُّ بِثَلَاثَةِ أَشْهُرٍ لَكَانَ جَيِّدًا إِذَا فُهِمَ مِنَ الْيَائِسَةِ الَّتِي لَا يُقْطَعُ بِانْقِطَاعِ حَيْضَتِهَا. وَكَانَ قَوْلُهُ: {إِنِ ارْتَبْتُمْ} [الطلاق: ٤] رَاجِعًا إِلَى الْحُكْمِ، لَا إِلَى الْحَيْضِ عَلَى مَا تَأَوَّلَهُ مَالِكٌ عَلَيْهِ، فَكَأَنَّ مَالِكًا لَمْ يُطَابِقْ مَذْهَبُهُ تَأْوِيلَهُ الْآيَةَ، فَإِنَّهُ فَهِمَ مِنَ الْيَائِسَةِ هُنَا مَنْ تُقْطَعُ عَلَى أَنَّهَا لَيْسَتْ مَنْ أَهْلِ الْحَيْضِ، وَهَذَا لَا يَكُونُ إِلَّا مِنْ قِبَلِ السِّنِّ، وَلِذَلِكَ جَعَلَ قَوْلَهُ: {إِنِ ارْتَبْتُمْ} [الطلاق: ٤] رَاجِعًا إِلَى الْحُكْمِ لَا إِلَى الْحَيْضِ - أَيْ: إِنْ شَكَكْتُمْ فِي حُكْمِهِنَّ -، ثُمَّ قَالَ فِي الَّتِي تَبْقَى تِسْعَةَ أَشْهُرٍ لَا تَحِيضُ وَهِيَ فِي سَنِّ مَنْ تَحِيضُ إِنَّهَا تَعْتَدُّ بِالْأَشْهُرِ. وَأَمَّا إِسْمَاعِيلُ وَابْنُ بُكَيْرٍ مِنْ أَصْحَابِهِ، فَذَهَبُوا إِلَى أَنَّ الرِّيبَةَ هَا هُنَا فِي الْحَيْضِ، وَأَنَّ الْيَائِسَ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ هُوَ مَا لَمِ يُحْكَمْ عَلَيْهِ بِمَا يَئِسَ مِنْهُ بِالْقَطْعِ، فَطَابَقُوا تَأْوِيلَ الْآيَةِ مَذْهَبَهُمُ الَّذِي هُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ، وَنِعْمَ مَا فَعَلُوا لِأَنَّهُ إِنْ فُهِمَ هَا هُنَا مِنَ الْيَائِسِ الْقَطْعُ فَقَدْ يَجِبُ أَنْ تَنْتَظِرَ الدَّمَ وَتَعْتَدَّ بِهِ حَتَّى تَكُونَ فِي هَذَا السِّنِّ - أَعْنِي: سَنَّ الْيَائِسِ -. وَإِنْ فَهِمَ مِنَ الْيَائِسِ مَا لَا يُقْطَعُ بِذَلِكَ فَقَدْ يَجِبُ أَنْ تَعْتَدَّ الَّتِي انْقَطَعَ دَمُهَا عَنِ الْعَادَةِ وَهِيَ فِي سِنِّ مَنْ تَحِيضُ بِالْأَشْهُرِ، وَهُوَ قِيَاسُ قَوْلِ أَهْلِ الظَّاهِرِ، لِأَنَّ الْيَائِسَةَ فِي الطَّرَفَيْنِ لَيْسَ هِيَ عِنْدَهُمْ مِنْ أَهْلِ الْعِدَّةِ لَا بِالْأَقْرَاءِ وَلَا بِالشُّهُورِ. وَأَمَّا الْفَرْقُ فِي ذَلِكَ بَيْنَ مَا قَبْلَ التِّسْعَةِ وَمَا بَعْدَهَا فَاسْتِحْسَانٌ. وَأَمَّا الَّتِي ارْتَفَعَتْ حَيْضَتُهَا لِسَبَبٍ مَعْلُومٍ مِثْلَ رِضَاعٍ أَوْ مَرَضٍ، فَإِنَّ الْمَشْهُورَ عِنْدَ مَالِكٍ أَنَّهَا تَنْتَظِرُ الْحَيْضَ، قَصُرَ الزَّمَانُ أَمْ طَالَ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ الْمَرِيضَةَ مِثْلُ الَّتِي تَرْتَفِعُ حَيْضَتُهَا لِغَيْرِ سَبَبٍ. وَأَمَّا الْمُسْتَحَاضَةُ: فَعِدَّتُهَا عِنْدَ مَالِكٍ سَنَةٌ إِذَا لَمْ تُمَيِّزَ بَيْنَ الدَّمَيْنِ، فَإِنْ مَيَّزَتْ بَيْنَ الدَّمَيْنِ فَعَنْهُ رِوَايَتَانِ: إِحْدَاهُمَا: أَنَّ عِدَّتَهَا السَّنَةُ. وَالْأُخْرَى: أَنَّهَا تَعْمَلُ عَلَى التَّمْيِيزِ فَتَعْتَدُّ بِالْأَقْرَاءِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ عِدَّتُهَا الْأَقْرَاءُ إِنْ تَمَيَّزَتْ لَهَا، وَإِنْ لَمْ تَتَمَيَّزْ لَهَا فَثَلَاثَةُ أَشْهُرٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: عِدَّتُهَا بِالتَّمْيِيزِ إِذَا انْفَصَلَ عَنْهَا الدَّمُ، فَيَكُونُ الْأَحْمَرُ الْقَانِي مِنَ الْحَيْضَةِ، وَيَكُونُ الْأَصْفَرُ مِنْ أَيَّامِ الطُّهْرِ،

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