Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

son épouse que pour la priver de sa part d’héritage. Ceux qui appliquent le principe consistant à fermer les voies menant à l’illicite lui reconnaissent donc le droit d’hériter. Ceux qui ne l’appliquent pas et retiennent que la répudiation produit ses effets ne lui reconnaissent aucun droit à l’héritage.

Ces derniers soutiennent en effet que, si la répudiation a pris effet, elle doit entraîner toutes ses conséquences juridiques, puisqu’ils affirment que le mari n’hérite pas de son épouse si elle meurt. Si, en revanche, elle n’a pas pris effet, le lien conjugal subsiste avec toutes ses conséquences juridiques. Leurs adversaires doivent nécessairement retenir l’une de ces deux réponses, car il est difficile d’admettre que la Loi prévoie une forme de répudiation réunissant certaines conséquences juridiques de la répudiation et certaines autres du mariage. Il est plus difficile encore de distinguer selon que le mari guérit ou non : cela reviendrait à suspendre les effets juridiques de la répudiation jusqu’à ce que l’on sache s’il guérit ou non. Toutes ces positions sont difficiles à soutenir au regard de la Loi. Ceux qui les défendent n’y ont toutefois trouvé appui que parce qu’elles correspondent aux avis juridiques de ‘Uthmān et de ‘Umar. Les malikites sont même allés jusqu’à prétendre qu’il s’agissait d’un consensus des Compagnons. Cette affirmation est sans fondement, car l’avis contraire d’Ibn al-Zubayr sur cette question est bien connu.

Quant à ceux qui estiment qu’elle hérite pendant le délai de viduité, ils considèrent que ce délai relève encore de certaines conséquences juridiques du mariage. Ils semblent ainsi l’assimiler à la femme répudiée de manière révocable. Cet avis est rapporté de ‘Umar et de ‘Ā’isha.

Ceux qui subordonnent son droit à l’héritage à l’absence de remariage prennent en considération le consensus des musulmans selon lequel une même femme ne peut hériter de deux maris. Toutefois, chez ceux qui lui reconnaissent le droit d’hériter, le motif déterminant reste le soupçon qui pèse sur le mari.

Ils divergent également lorsqu’elle a elle-même demandé la répudiation, ou lorsque son mari lui a délégué le pouvoir de décider de son sort et qu’elle s’est répudiée elle-même. Abū Hanīfa estime qu’elle n’hérite dans aucun de ces cas. Al-Awzā‘ī distingue la délégation du pouvoir de répudiation de la répudiation demandée par l’épouse : dans le premier cas, elle n’a pas droit à l’héritage ; dans le second, elle y a droit. Mālik retient la même solution dans tous ces cas. Il est même allé jusqu’à dire : « Si elle meurt, il n’hérite pas d’elle ; mais si c’est lui qui meurt, elle hérite de lui. » Cela est tout à fait contraire aux principes fondamentaux.

[Chapitre troisième : Des femmes auxquelles la répudiation s’applique et de celles auxquelles elle ne s’applique pas]

Quant aux femmes sur lesquelles la répudiation peut porter, les juristes s’accordent à dire qu’elle prend effet à l’égard des femmes encore liées à leur mari par le mariage, ainsi qu’à l’égard de celles dont le délai de viduité consécutif à une répudiation révocable n’est pas encore achevé. Ils s’accordent également à dire qu’elle ne prend pas effet à l’égard des femmes qui ne leur sont pas liées par le mariage — je parle ici de la répudiation conditionnelle.

Quant au fait de subordonner à un mariage la répudiation d’une femme qui n’est pas son épouse, en disant par exemple : « Si j’épouse une telle, elle sera répudiée », les savants ont trois positions à ce sujet.

Selon la première, la répudiation ne peut en aucun cas s’appliquer à une femme qui n’est pas son épouse, que la formule soit générale ou qu’elle vise certaines femmes en particulier. C’est l’avis d’al-Shāfi‘ī, d’Ahmad, de Dāwūd et d’un groupe de savants.

Selon la deuxième, elle s’applique sous condition de mariage, que l’homme ait visé toutes les femmes ou certaines seulement. C’est l’avis d’Abū Hanīfa et d’un groupe de savants.

Selon la troisième, si la formule englobe toutes les femmes, elle ne s’impose pas à lui ; si elle en vise certaines en particulier, elle s’impose à lui. C’est l’avis de Mālik et de ses disciples. Je veux dire, par exemple, qu’il déclare : « Toute femme que j’épouserai parmi les membres de telle tribu ou les habitantes de telle localité sera répudiée. » Il en va de même s’il précise une période donnée. Selon Mālik, ces femmes sont alors répudiées s’il les épouse.

Leur divergence tient à la question suivante : pour que la répudiation prenne effet, faut-il que le lien conjugal ait été établi avant la déclaration de répudiation, ou cela n’est-il pas une condition ?

Ceux qui en font une condition estiment que la répudiation ne peut s’appliquer à une femme qui n’est pas son épouse. Ceux qui estiment que seule l’existence du lien conjugal est requise considèrent qu’elle peut prendre effet à l’égard d’une femme qui n’est pas encore son épouse. Quant à

زَوْجَتَهُ لِيَقْطَعَ حَظَّهَا مِنَ الْمِيرَاثِ. فَمَنْ قَالَ بِسَدِّ الذَّرَائِعِ أَوْجَبَ مِيرَاثَهَا ; وَمَنْ لَمْ يَقُلْ بِسَدِّ الذَّرَائِعِ وَلَحَظَ وُجُوبَ الطَّلَاقِ لَمْ يُوجِبْ لَهَا مِيرَاثًا، وَذَلِكَ أَنَّ هَذِهِ الطَّائِفَةَ تَقُولُ: إِنْ كَانَ الطَّلَاقُ قَدْ وَقَعَ فَيَجِبُ أَنْ يَقَعَ بِجَمِيعِ أَحْكَامِهِ، لِأَنَّهُمْ قَالُوا: إِنَّهُ لَا يَرِثُهَا إِنْ مَاتَتْ وَإِنْ كَانَ لَمْ يَقَعْ فَالزَّوْجِيَّةُ بَاقِيَةٌ بِجَمِيعِ أَحْكَامِهَا، وَلَا بُدَّ لِخُصُومِهِمْ مِنْ أَحَدِ الْجَوَابَيْنِ، لِأَنَّهُ يَعْسُرُ أَنْ يُقَالَ إِنَّ فِي الشَّرْعِ نَوْعًا مِنَ الطَّلَاقِ تُوجَدُ لَهُ بَعْضُ أَحْكَامِ الطَّلَاقِ وَبَعْضُ أَحْكَامِ الزَّوْجِيَّةِ، وَأَعْسَرُ مِنْ ذَلِكَ الْقَوْلُ بِالْفَرْقِ بَيْنَ أَنْ يَصِحَّ أَوْ لَا يَصِحَّ، لِأَنَّ هَذَا يَكُونُ طَلَاقًا مَوْقُوفَ الْحُكْمِ إِلَى أَنْ يَصِحَّ أَوْ لَا يَصِحَّ، وَهَذَا كُلُّهُ مِمَّا يَعْسُرُ الْقَوْلُ بِهِ فِي الشَّرْعِ، وَلَكِنْ إِنَّمَا أَنِسَ الْقَائِلُونَ بِهِ أَنَّهُ فَتْوَى عُثْمَانَ وَعُمَرَ، حَتَّى زَعَمَتِ الْمَالِكِيَّةُ أَنَّهُ إِجْمَاعُ الصَّحَابَةِ، وَلَا مَعْنَى لِقَوْلِهِمْ فَإِنَّ الْخِلَافَ فِيهِ عَنِ ابْنِ الزُّبَيْرِ مَشْهُورٌ. وَأَمَّا مَنْ رَأَى أَنَّهَا تَرِثُ فِي الْعِدَّةِ، فَلِأَنَّ الْعِدَّةَ عِنْدَهُ مِنْ بَعْضِ أَحْكَامِ الزَّوْجِيَّةِ، وَكَأَنَّهُ شَبَّهَهَا بِالْمُطَلَّقَةِ الرَّجْعِيَّةِ، وَرُوِيَ هَذَا الْقَوْلُ عَنْ عُمَرَ، وَعَنْ عَائِشَةَ. وَأَمَّا مَنِ اشْتَرَطَ فِي تَوْرِيثِهَا مَا لَمْ تَتَزَوَّجْ فَإِنَّهُ لَحَظَ فِي ذَلِكَ إِجْمَاعَ الْمُسْلِمِينَ عَلَى أَنَّ الْمَرْأَةَ الْوَاحِدَةَ لَا تَرِثُ زَوْجَيْنِ، وَلكنِ التُّهْمَةِ هِيَ الْعِلَّةُ عِنْدَ الَّذِينَ أَوْجَبُوا الْمِيرَاثَ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا طَلَبَتْ هِيَ الطَّلَاقَ، أَوْ مَلَّكَهَا أَمْرَهَا الزَّوْجُ فَطَلَّقَتْ نَفْسَهَا، فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا تَرِثُ أَصْلًا. وَفَرَّقَ الْأَوْزَاعِيُّ بَيْنَ التَّمْلِيكِ وَالطَّلَاقِ فَقَالَ: لَيْسَ لَهَا المِيرَاثُ فِي التَّمْلِيكِ، وَلَهَا فِي الطَّلَاقِ. وَسَوَّى مَالِكٌ فِي ذَلِكَ كُلِّهِ، حَتَّى لَقَدْ قَالَ: إِنْ مَاتَتْ لَا يَرِثُهَا، وَتَرِثُهُ هِيَ إِنْ مَاتَ، وَهَذَا مُخَالِفٌ لِلْأُصُولِ جِدًّا. [الْبَابُ الثَّالِثُ فِيمَنْ يَتَعَلَّقُ بِهِ الطَّلَاقُ مِنَ النِّسَاءِ وَمَنْ لَا يَتَعَلَّقُ] ُ - وَأَمَّا مَنْ يَقَعُ طَلَاقُهُ مِنَ النِّسَاءِ، فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الطَّلَاقَ يَقَعُ عَلَى النِّسَاءِ اللَّاتِي فِي عِصْمَةِ أَزْوَاجِهِنَّ، أَوْ قَبْلَ أَنْ تَنْقَضِيَ عِدَدُهُنَّ فِي الطَّلَاقِ الرَّجْعِيِّ، وَأَنَّهُ لَا يَقَعُ عَلَى الْأَجْنَبِيَّاتِ - أَعْنِي: الطَّلَاقَ الْمُعَلَّقَ -. وَأَمَّا تَعْلِيقُ الطَّلَاقِ عَلَى الْأَجْنَبِيَّاتِ بِشَرْط للتَّزْوِيجِ مِثْلَ أَنْ يَقُولَ: إِنْ نَكَحْتُ فُلَانَةً فَهِيَ طَالِقٌ: فَإِنَّ لِلْعُلَمَاءِ فِي ذَلِكَ ثَلَاثَةَ مَذَاهِبَ: قَوْلٌ: إِنَّ الطَّلَاقَ لَا يَتَعَلَّقُ بِأَجْنَبِيَّةٍ أَصْلًا، عَمَّ الْمُطَلِّقُ أَوْ خَصَّ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ، وَأَحْمَدَ، وَدَاوُدَ، وَجَمَاعَةٍ. وَقَوْلٌ: إِنَّهُ يَتَعَلَّقُ بِشَرْطِ التَّزْوِيجِ، عَمَّ الْمُطَلِّقُ جَمِيعَ النِّسَاءِ أَوْ خَصَّصَ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ وَجَمَاعَةٍ، وَقَوْلٌ: إِنَّهُ عَمَّ جَمِيعَ النِّسَاءِ لَمْ يَلْزَمْهُ، وَإِنْ خَصَّصَ لَزِمَهُ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ - أَعْنِي: مِثْلَ أَنْ يَقُولَ: كُلُّ امْرَأَةٍ أَتَزَوَّجُهَا مِنْ بَنِي فُلَانٍ أَوْ مِنْ بَلَدِ كَذَا فَهِيَ طَالِقٌ، وَكَذَلِكَ فِي وَقْتِ كَذَا، فَإِنَّ هَؤُلَاءِ يُطَلَّقْنَ عِنْدَ مَالِكٍ إِذَا زُوِّجْنَ -. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ مِنْ شَرْطِ وُقُوعِ الطَّلَاقِ وُجُودُ الْمِلْكِ مُتَقَدِّمًا بِالزَّمَانِ عَلَى الطَّلَاقِ أَمْ لَيْسَ ذَلِكَ مِنْ شَرْطِهِ؟ . فَمَنْ قَالَ: هُوَ مِنْ شَرْطِهِ قَالَ: لَا يَتَعَلَّقُ الطَّلَاقُ بِالْأَجْنَبِيَّةِ. وَمَنْ قَالَ لَيْسَ مِنْ شَرْطِهِ إِلَّا وُجُودُ الْمِلْكِ فَقَطْ قَالَ: يَقَعُ بِالْأَجْنَبِيَّةِ. وَأَمَّا

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