Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quant aux événements qui se produiront nécessairement, comme le lever du soleil le lendemain, la répudiation prend effet immédiatement selon Mālik, tandis que, selon al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, elle reste subordonnée à la réalisation de la condition.

Ceux qui assimilent ce cas à celui d’une condition dont la réalisation est seulement possible estiment que la répudiation ne prend effet que lorsque la condition se réalise. Ceux qui rapprochent cette situation des rapports pratiqués pendant la durée d’un mariage temporaire, puisqu’il s’agit de rapports permis jusqu’à une échéance déterminée, estiment que la répudiation prend effet immédiatement.

La troisième catégorie comprend les événements dont la réalisation est habituellement la plus probable, mais qui peuvent néanmoins ne pas se produire : ainsi, lorsque la répudiation est subordonnée à l’accouchement, à l’apparition des règles ou au retour à l’état de pureté. Deux avis sont rapportés de Mālik à ce sujet : selon le premier, la répudiation prend effet immédiatement ; selon le second, elle ne prend effet qu’à la réalisation de sa condition. Ce dernier avis est conforme à la doctrine d’Abū Hanīfa et d’al-Shāfi‘ī. L’avis faisant prendre effet immédiatement à la répudiation dans ce cas est peu solide : Mālik assimile en effet ce cas à celui d’un événement qui se produira nécessairement, alors même que ce dernier fait l’objet d’une divergence sérieuse.

Quant à la répudiation subordonnée à une condition dont on ignore si elle est réalisée, s’il n’existe aucun moyen de le savoir, comme lorsqu’un homme dit : « Si Allah a créé aujourd’hui, dans la mer Rouge, un poisson présentant telles caractéristiques, tu es répudiée », je ne connais aucune divergence au sein de l’école : cette formule entraîne la répudiation.

En revanche, s’il la subordonne à une chose dont on pourra avoir connaissance lorsqu’elle se produira, comme lorsqu’il dit : « Si tu mets au monde une fille, tu es répudiée », la répudiation reste suspendue à la réalisation de cette chose. Mais s’il jure, sous peine de répudiation, qu’elle mettra au monde une fille, la répudiation prend effet sur-le-champ selon Mālik, même si elle donne effectivement naissance à une fille. Il s’agit là d’une mesure de rigueur. Le raisonnement analogique exige pourtant de suspendre la répudiation jusqu’à la réalisation de cette éventualité ou de son contraire.

Mālik considère également que, si un homme s’impose la répudiation à condition d’accomplir un acte, il ne manque à son serment que lorsqu’il accomplit cet acte. S’il s’impose la répudiation à condition de s’abstenir d’un acte, il est considéré comme manquant à son serment tant qu’il ne l’a pas accompli. Selon Mālik, il lui est alors interdit d’avoir des rapports avec son épouse. S’il s’abstient d’accomplir cet acte pendant une durée supérieure au délai de l’īlā’ (serment d’abstinence conjugale), on lui fixe le délai applicable à celui-ci. Toutefois, selon lui, la répudiation ne prend effet que lorsque l’acte ne peut plus être accompli, s’il s’agit d’un acte dont la réalisation peut devenir impossible. D’autres savants considèrent qu’il est réputé respecter son serment tant que la possibilité d’accomplir l’acte n’est pas perdue ; si cette possibilité ne peut se perdre, il est réputé respecter son serment jusqu’à sa mort.

Relèvent aussi de ce chapitre leurs divergences concernant la répudiation portant sur une partie de l’épouse, celle qui porte sur une fraction de répudiation, ainsi que le cumul de répudiations successives.

Concernant la répudiation portant sur une partie de l’épouse, Mālik estime que, si le mari dit : « Ta main est répudiée », « Ta jambe est répudiée » ou « Tes cheveux sont répudiés », son épouse est répudiée. Abū Hanīfa estime qu’elle ne l’est que si le mari mentionne un organe pouvant désigner le corps tout entier, comme la tête, le cœur ou le sexe. Selon lui, elle est également répudiée s’il prononce la répudiation d’une fraction de sa personne, telle que le tiers ou le quart. Dāwūd estime qu’elle n’est pas répudiée.

De même, selon Mālik, si le mari dit : « Je te répudie d’une demi-répudiation », elle est répudiée, car, à ses yeux, rien de tout cela n’est divisible. Selon l’avis opposé, une répudiation fractionnée ne prend pas effet.

Si le mari dit à une épouse avec laquelle le mariage n’a pas été consommé : « Tu es répudiée, tu es répudiée, tu es répudiée », en prononçant ces formules à la suite, cela compte pour trois répudiations selon Mālik. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī estiment qu’une seule prend effet. Ceux qui assimilent la répétition de la formule à l’énoncé d’un nombre — c’est-à-dire à la formule : « Je te répudie trois fois » — considèrent que trois répudiations prennent effet. Ceux qui estiment que, dès la première formule, le lien conjugal est rompu considèrent que la deuxième et la troisième ne prennent pas effet à son égard. Il n’existe aucune divergence entre les musulmans quant à la prise d’effet des répudiations supplémentaires prononcées à la suite d’une répudiation révocable.

وَأَمَّا مَا لَا بُدَّ مِنْ وُقُوعِهِ كَطُلُوعِ الشَّمْسِ غَدًا، فَهَذَا يَقَعُ نَاجِزًا عِنْدَ مَالِكٍ، وَيَقِفُ وُقُوعُهُ عِنْدَ الشَّافِعِيِّ وَأَبِي حَنِيفَةَ عَلَى وُجُودِ الشَّرْطِ. فَمَنْ شَبَّهَهُ بِالشَّرْطِ الْمُمْكِنِ الْوُقُوعِ قَالَ: لَا يَقَعُ إِلَّا بِوُقُوعِ الشَّرْطِ. وَمَنْ شَبَّهَهُ بِالْوَطْءِ الْوَاقِعِ فِي الْأَجَلِ بِنِكَاحِ الْمُتْعَةِ لِكَوْنِهِ وَطْئًا مُسْتَبَاحًا إِلَى أَجَلٍ قَالَ: يَقَعُ الطَّلَاقُ، وَالثَّالِثُ: هُوَ الْأَغْلَبُ مِنْهُ بِحَسَبِ الْعَادَةِ وُقُوعُ الشَّرْطِ، وَقَدْ لَا يَقَعُ كَتَعْلِيقِ الطَّلَاقِ بِوَضْعِ الْحَمْلِ وَمَجِيءِ الْحَيْضِ وَالطُّهْرِ، فَفِي ذَلِكَ رِوَايَتَانِ عَنْ مَالِكٍ: إِحْدَاهُمَا: وُقُوعُ الطَّلَاقِ نَاجِزًا. وَالثَّانِيَةُ: وُقُوعُهُ عَلَى وُجُودِ شَرْطِهِ، وَهُوَ الَّذِي يَأْتِي عَلَى مَذْهَبِ أَبِي حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيِّ، وَالْقَوْلُ بِإِنْجَازِ الطَّلَاقِ فِي هَذَا يَضْعُفُ لِأَنَّهُ مُشَبَّهٌ عِنْدَهُ بِمَا يَقَعُ وَلَا بُدَّ، وَالْخِلَافُ فِيهِ قَوِيٌّ. وَأَمَّا تَعْلِيقُ الطَّلَاقِ بِالشَّرْطِ الْمَجْهُولِ الْوُجُودِ: فَإِنْ كَانَ لَا سَبِيلَ إِلَى عِلْمِهِ مِثْلَ أَنْ يَقُولَ: إِنْ كَانَ خَلَقَ اللَّهُ الْيَوْمَ فِي بَحْرِ الْقُلْزُمِ حُوتًا بِصِفَةِ كَذَا فَأَنْتِ طَالِقٌ ; فَلَا خِلَافَ أَعْلَمُهُ فِي الْمَذْهَبِ أَنَّ الطَّلَاقَ يَقَعُ بِهِ هَذَا، وَأَمَّا إِنْ عَلَّقَهُ بِشَيْءٍ يُمْكِنُ أَنْ يُعْلَمَ بِخُرُوجِهِ إِلَى الْوُجُودِ مِثْلَ أَنْ يَقُولَ: إِنْ وَلَدْتِ أُنْثَى فَأَنْتِ طَالِقٌ ; فَإِنَّ الطَّلَاقَ يَتَوَقَّفُ عَلَى خُرُوجِ ذَلِكَ الشَّيْءِ إِلَى الْوُجُودِ. وَأَمَّا إِنْ حَلَفَ بِالطَّلَاقِ أَنَّهَا تَلِدُ أُنْثَى، فَإِنَّ الطَّلَاقَ فِي الْحِينِ يَقَعُ عِنْدَهُ وَإِنْ وَلَدَتْ أُنْثَى، وَكَانَ هَذَا مِنْ بَابِ التَّغْلِيظِ، وَالْقِيَاسُ يُوجِبُ أَنْ يُوقَفَ الطَّلَاقُ عَلَى خُرُوجِ ذَلِكَ الشَّيْءِ أَوْ ضِدِّهِ، وَمِنْ قَوْلِ مَالِكٍ إِنَّهُ إِذَا أَوْجَبَ الطَّلَاقَ عَلَى نَفْسِهِ بِشَرْطِ أَنْ يَفْعَلَ فِعْلًا مِنَ الْأَفْعَالِ أَنَّهُ لَا يَحْنَثُ حَتَّى يَفْعَلَ ذَلِكَ الْفِعْلَ، وَإِذَا أَوْجَبَ الطَّلَاقَ عَلَى نَفْسِهِ بِشَرْطِ تَرْكِ فِعْلٍ مِنَ الْأَفْعَالِ فَإِنَّهُ عَلَى الْحِنْثِ حَتَّى يَفْعَلَ، وَيُوقَفُ عِنْدَهُ عَنْ وَطْءِ زَوْجَتِهِ، فَإِنِ امْتَنَعَ عَنْ ذَلِكَ الْفِعْلِ أَكْثَرَ مِنْ مُدَّةِ أَجَلِ الْإِيلَاءِ ضُرِبَ لَهُ أَجْلُ الْإِيلَاءِ، وَلَكِنْ لَا يَقَعُ عِنْدَهُ حَتَّى يَفُوتَ الْفِعْلُ إِنْ كَانَ مِمَّا يَقَعُ فَوْتُهُ. وَمِنَ الْعُلَمَاءِ مَنْ يَرَى أَنَّهُ عَلَى بِرٍّ حَتَّى يَفُوتَ الْفِعْلُ، وَإِنْ كَانَ مِمَّا لَا يَفُوتُ كَانَ عَلَى الْبِرِّ حَتَّى يَمُوتَ. وَمِنْ هَذَا الْبَابِ اخْتِلَافُهُمْ فِي تَبْعِيضِ الْمُطَلَّقَةِ، أَوْ تَبْعِيضِ الطَّلَاقِ، وَإِرْدَافِ الطَّلَاقِ عَلَى الطَّلَاقِ. فَأَمَّا مَسْأَلَةُ تَبْعِيضِ الْمُطَلَّقَةِ: فَإِنَّ مَالِكًا قَالَ: إِذَا قَالَ يَدُكِ أَوْ رِجْلُكِ أَوْ شَعْرُكِ طَالِقٌ طُلِّقَتْ عَلَيْهِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا تُطَلَّقُ إِلَّا بِذِكْرِ عُضْوٍ يُعَبَّرُ بِهِ عَنْ جُمْلَةِ الْبَدَنِ كَالرَّأْسِ وَالْقَلْبِ وَالْفَرْجِ، وَكَذَلِكَ تُطَلَّقُ عِنْدَهُ إِذَا طَلَّقَ الْجُزْءَ مِنْهَا، مِثْلَ الثُّلُثِ أَوِ الرُّبُعِ. وَقَالَ دَاوُدُ: لَا تُطَلَّقُ. كَذَلِكَ إِذَا قَالَ عِنْدَ مَالِكٍ: طَلَّقْتُكِ نِصْفَ تَطْلِيقِةٍ، طُلِّقَتْ، لِأَنَّ هَذَا كُلَّهُ عِنْدَهُ لَا يَتَبَعَّضُ. وَعِنْدَ الْمُخَالِفِ إِذَا تَبَعَّضَ لَمْ يَقَعْ. وَأَمَّا إِذَا قَالَ لِغَيْرِ الْمَدْخُولِ بِهَا: أَنْتِ طَالِقٌ، أَنْتِ طَالِقٌ، أَنْتِ طَالِقٌ، نَسَقًا، فَإِنَّهُ يَكُونُ ثَلَاثًا عِنْدَ مَالِكٍ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: يَقَعُ وَاحِدَةً، فَمَنْ شَبَّهَ تَكْرَارَ اللَّفْظِ بِلَفْظِهِ بِالْعَدَدِ - أَعْنِي: بِقَوْلِهِ طَلَّقْتُكِ ثَلَاثًا - قَالَ: يَقَعُ الطَّلَاقُ ثَلَاثًا. وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ بِاللَّفْظَةِ الْوَاحِدَةِ قَدْ بَانَتْ مِنْهُ قَالَ: لَا يَقَعُ عَلَيْهَا الثَّانِي وَالثَّالِثُ. وَلَا خِلَافَ بَيْنِ الْمُسْلِمِينَ فِي ارْتِدَافِهِ فِي الطَّلَاقِ الرَّجْعِيِّ.

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