Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Selon le septième avis, s’interdire son épouse revient à s’interdire l’eau : cela n’entraîne ni expiation ni répudiation, conformément à la parole du Très-Haut :

« Ne vous interdisez pas les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites. »

[al-Mā’ida : 87]

C’est l’avis de Masrūq, d’al-Ajda‘, d’Abū Salama ibn ‘Abd al-Rahmān, d’al-Sha‘bī et d’autres encore.

Parmi ceux qui considèrent qu’il ne s’agit pas d’un serment renforcé, certains imposent l’expiation prévue pour le zihār (assimilation de l’épouse à une femme interdite en mariage), tandis que d’autres imposent l’affranchissement d’un esclave.

La divergence tient à la question suivante : cette formule constitue-t-elle un serment, une allusion à la répudiation, ou ne relève-t-elle ni de l’un ni de l’autre ? Tels sont les fondements des divergences relatives aux formules de répudiation.

[Deuxième section : les formules de répudiation assorties d’une restriction]

La répudiation assortie d’une restriction est de deux sortes : celle qui comporte une condition et celle qui comporte une exception. Lorsqu’elle est conditionnelle, elle peut être subordonnée à la volonté d’un être capable de choisir, à la survenue d’un acte futur, à la manifestation d’une réalité encore inconnue conformément à ce qu’affirme celui qui y subordonne la répudiation — réalité qui ne peut être connue qu’après être devenue perceptible ou être venue à l’existence —, ou encore à une chose impossible à vérifier, qui peut aussi bien être que ne pas être.

Lorsque la répudiation est subordonnée à une volonté, il s’agit soit de celle d’Allah, soit de celle d’une créature. Si elle est subordonnée à la volonté d’Allah, que ce soit sous la forme d’une condition, comme lorsqu’on dit : « Tu es répudiée, si Allah le veut », ou sous la forme d’une exception, comme lorsqu’on dit : « Tu es répudiée, à moins qu’Allah n’en veuille autrement », Mālik considère que l’exception n’a aucun effet sur la répudiation et que celle-ci prend nécessairement effet. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī considèrent, quant à eux, que lorsque le mari assortit la répudiation d’une réserve relative à la volonté d’Allah, elle ne prend pas effet.

Leur divergence tient à cette question : l’exception peut-elle porter sur des actes qui s’accomplissent dans le présent, comme elle porte sur des actes futurs ? La répudiation est en effet un acte qui s’accomplit dans le présent. Ceux qui considèrent que l’exception ne peut pas porter sur un tel acte estiment que ni l’exception ni la condition relative à la volonté d’Allah n’ont d’effet sur la répudiation. Ceux qui considèrent qu’elle peut s’y appliquer estiment qu’elle produit un effet.

En revanche, si la répudiation est subordonnée à la volonté d’une personne dont la volonté est juridiquement valable et peut être connue, il n’existe aucune divergence au sein de l’école de Mālik : la prise d’effet de la répudiation dépend du choix de cette personne.

Quant au fait de subordonner la répudiation à la volonté d’une personne dépourvue de volonté valable, les avis divergent au sein de l’école : selon un avis, la répudiation s’impose au mari ; selon un autre, elle ne s’impose pas. L’enfant et la personne privée de raison entrent dans cette catégorie. Ceux qui assimilent ce cas à la répudiation prononcée par plaisanterie, et qui considèrent que celle-ci prend effet, estiment que cette répudiation prend également effet. Ceux qui exigent la réalisation de la condition considèrent qu’elle ne prend pas effet, puisque la condition fait ici défaut.

Quant au fait de subordonner la répudiation à des actes futurs, les actes concernés sont de trois sortes. La première comprend ceux qui peuvent indifféremment se produire ou ne pas se produire, comme l’entrée dans la maison ou l’arrivée de Zayd. Dans ce cas, la prise d’effet de la répudiation dépend de la réalisation de la condition, sans divergence.

وَالْقَوْلُ السَّابِعُ: أَنَّ تَحْرِيمَ الْمَرْأَةِ كَتَحْرِيمِ الْمَاءِ، وَلَيْسَ فِيهِ كَفَّارَةٌ وَلَا طَلَاقٌ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {لا تُحَرِّمُوا طَيِّبَاتِ مَا أَحَلَّ اللَّهُ لَكُمْ} [المائدة: ٨٧] وَهُوَ قَوْلُ مَسْرُوقٍ وَالْأَجْدَعِ، وَأَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ وَالشَّعْبِيِّ وَغَيْرِهِمْ. وَمَنْ قَالَ فِيهَا إِنَّهَا غَيْرُ مُغَلَّظَةٍ: بَعْضُهُمْ أَوْجَبَ فِيهَا الْوَاجِبَ فِي الظِّهَارِ، وَبَعْضُهُمْ أَوْجَبَ فِيهَا عِتْقَ رَقَبَةٍ، وَسَبَبَ الِاخْتِلَافِ: هَلْ هُوَ يَمِينٌ أَوْ كِنَايَةٌ؟ أَوْ لَيْسَ بِيَمِينٍ وَلَا كِنَايَةٍ؟ فَهَذِهِ أَصُولُ مَا يَقَعُ مِنَ الِاخْتِلَافِ فِي أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ. [الْفَصْلُ الثَّانِي فِي أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ الْمُقَيَّدَةِ] ِ وَالطَّلَاقُ الْمُقَيَّدُ لَا يَخْلُو مِنْ قِسْمَيْنِ: إِمَّا تَقْيِيدُ اشْتِرَاطٍ، أَوْ تَقْيِيدُ اسْتِثْنَاءٍ. وَالتَّقْيِيدُ الْمُشْتَرَطُ لَا يَخْلُو أَنْ يُعَلَّقَ بِمَشِيئَةِ مَنْ لَهُ اخْتِيَارٌ، أَوْ بِوُقُوعِ فِعْلٍ مِنَ الْأَفْعَالِ الْمُسْتَقْبَلَةِ، أَوْ بِخُرُوجِ شَيْءٍ مَجْهُولِ الْعِلْمِ إِلَى الْوُجُودِ عَلَى مَا يَدَّعِيهِ الْمُعَلِّقُ لِلطَّلَاقِ بِهِ مِمَّا لَا يُتَوَصَّلُ إِلَى عِلْمِهِ إِلَّا بَعْدَ خُرُوجِهِ إِلَى الْحِسِّ، أَوْ إِلَى الْوُجُودِ، أَوْ بِمَا لَا سَبِيلَ إِلَى الْوُقُوفِ عَلَيْهِ مِمَّا هُوَ مُمْكِنٌ أَنْ يَكُونَ أَوْ لَا يَكُونَ، فَأَمَّا تَعْلِيقُ الطَّلَاقِ بِالْمَشِيئَةِ: فَإِنَّهُ لَا يَخْلُو أَنْ يُعَلِّقَهُ بِمَشِيئَةِ اللَّهِ، أَوْ بِمَشِيئَةِ مَخْلُوقٍ، فَإِذَا عَلَّقَهُ بِمَشِيئَةِ اللَّهِ وَسَوَاءٌ عَلَّقَهُ عَلَى جِهَةِ الشَّرْطِ، مِثْلَ أَنْ يَقُولَ: " أَنْتِ طَالِقٌ إِنْ شَاءَ اللَّهُ " أَوْ عَلَى جِهَةِ الِاسْتِثْنَاءِ، مِثْلُ أَنْ يَقُولَ: " أَنْتِ طَالِقٌ إِلَّا أَنْ يَشَاءَ اللَّهُ " : فَإِنَّ مَالِكًا قَالَ: لَا يُؤَثِّرُ الِاسْتِثْنَاءُ فِي الطَّلَاقِ شَيْئًا وَهُوَ وَاقِعٌ وَلَا بُدَّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: إِذَا اسْتَثْنَى الْمُطَلِّقُ مَشِيئَةَ اللَّهِ لَمْ يَقَعِ الطَّلَاقُ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ يَتَعَلَّقُ الِاسْتِثْنَاءُ بِالْأَفْعَالِ الْحَاضِرَةِ الْوَاقِعَةِ كَتَعَلُّقِهِ بِالْأَفْعَالِ الْمُسْتَقْبَلَةِ أَوْ لَا يَتَعَلَّقُ؟ وَذَلِكَ أَنَّ الطَّلَاقَ هُوَ فِعْلٌ حَاضِرٌ، فَمَنْ قَالَ لَا يَتَعَلَّقُ بِهِ قَالَ: لَا يُؤَثِّرُ الِاسْتِثْنَاءُ وَلَا اشْتِرَاطُ الْمَشِيئَةِ فِي الطَّلَاقِ. وَمَنْ قَالَ يَتَعَلَّقُ بِهِ قَالَ: يُؤَثِّرُ فِيهِ. وَأَمَّا إِنْ عَلَّقَ الطَّلَاقَ بِمَشِيئَةِ مَنْ تَصِحُّ مَشِيئَتُهُ، وَيُتَوَصَّلُ إِلَى عِلْمِهَا: فَلَا خِلَافَ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّ الطَّلَاقَ يَقِفُ عَلَى اخْتِيَارِ الَّذِي عُلِّقَ الطَّلَاقُ بِمَشِيئَتِهِ. وَأَمَّا تَعْلِيقُ الطَّلَاقِ بِمَشِيئَةِ مَنْ لَا مَشِيئَةَ لَهُ: فَفِيهِ خِلَافٌ فِي الْمَذْهَبِ، قِيلَ: يَلْزَمُهُ الطَّلَاقُ، وَقِيلَ: لَا يَلْزَمُهُ، وَالصَّبِيُّ وَالْمَجْنُونُ دَاخِلَانِ فِي هَذَا الْمَعْنَى، فَمَنْ شَبَّهَهُ بِطَلَاقِ الْهَزْلِ ; وَكَانَ الطَّلَاقُ بِالْهَزْلِ عِنْدَهُ يَقَعُ قَالَ: يَقَعُ هَذَا الطَّلَاقُ. وَمَنِ اعْتَبَرَ وُجُودَ الشَّرْطِ قَالَ: لَا يَقَعُ لِأَنَّ الشَّرْطَ قَدْ عُدِمَ هَا هُنَا. وَأَمَّا تَعْلِيقُ الطَّلَاقِ بِالْأَفْعَالِ الْمُسْتَقْبَلَةِ: فَإِنَّ الْأَفْعَالَ الَّتِي يُعَلَّقُ بِهَا تُوجَدُ عَلَى ثَلَاثَةِ أَضْرُبٍ: أَحَدُهَا: مَا يُمْكِنُ أَنْ يَقَعَ أَوْ لَا يَقَعَ عَلَى السَّوَاءِ، كَدُخُولِ الدَّارِ وَقُدُومِ زَيْدٍ، فَهَذَا يَقِفُ وُقُوعُ الطَّلَاقِ فِيهِ عَلَى وُجُودِ الشَّرْطِ بِلَا خِلَافٍ.

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