ses conditions figure la formulation verbale ; il faut donc s’en tenir aux termes que la Loi a prévus à cet effet.
Quant aux règles relatives aux formules explicites de répudiation, elles soulèvent deux questions bien connues : sur la première, Mālik, al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa s’accordent ; sur la seconde, ils divergent.
Concernant la première, Mālik, al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa déclarent que, lorsqu’un homme dit à son épouse : « Tu es répudiée » (anti tāliq), on n’accepte pas son affirmation selon laquelle il n’entendait pas la répudier. Pour al-Shāfi‘ī, il en va de même des termes sarāh (« libération ») et firāq (« séparation »). Les malikites apportent toutefois une exception : un indice lié aux circonstances ou à la situation de la femme peut attester la véracité de son affirmation. Ce serait, par exemple, le cas si elle lui demandait de la délivrer des liens qui l’entravent, ou d’une situation semblable, et qu’il lui répondait : « Tu es déliée » (anti tāliq).
Le fondement juridique de cette position, chez al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, est que la répudiation ne requiert pas, selon eux, d’intention. Quant à Mālik, son avis le plus connu est qu’elle exige une intention ; toutefois, il ne s’en remet pas ici à l’intention déclarée, en raison du soupçon. Il considère en effet que l’on peut statuer sur la base de soupçons afin de fermer les voies conduisant aux abus. Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa s’opposent à lui sur ce point. Selon l’avis de celui qui exige une intention accompagnant les formules de répudiation, mais refuse de statuer sur la base de soupçons, il faudrait donc tenir pour véridique ce que cet homme affirme.
La seconde question concerne l’homme qui dit à son épouse : « Tu es répudiée », puis affirme avoir voulu prononcer plus d’une répudiation : deux ou trois. Mālik considère que le nombre voulu s’impose à lui. Al-Shāfi‘ī partage cet avis, sauf si l’homme précise : « Une seule répudiation. » Telle est l’opinion retenue par ses disciples. Abū Hanīfa, en revanche, déclare que la formule de répudiation ne peut en produire trois, car une expression au singulier ne comporte cette pluralité ni implicitement ni explicitement.
Leur divergence tient à la question suivante : la répudiation prend-elle effet par l’intention seule, sans formulation, ou par l’intention accompagnée d’une formule susceptible de l’exprimer ? Celui qui retient l’intention seule rend les trois répudiations effectives. Il en va de même de celui qui exige une intention accompagnée d’une formule susceptible de l’exprimer et considère que la formule de répudiation peut désigner plusieurs répudiations. En revanche, celui qui estime qu’elle ne peut exprimer cette pluralité et qu’une formulation doit nécessairement accompagner l’intention considère que le nombre voulu ne s’impose pas, même si telle était l’intention de l’homme.
Cette question, sur laquelle ils divergent, relève des conditions attachées aux formules de répudiation : faut-il une intention accompagnant la formulation, ou l’un de ces deux éléments suffit-il ? L’avis le plus connu de Mālik est que la répudiation ne prend effet que par la réunion de la formulation et de l’intention. Abū Hanīfa soutient également cet avis. Il est aussi rapporté de lui qu’elle prend effet par la formulation, sans intention. Pour al-Shāfi‘ī, la formule explicite de répudiation ne requiert pas d’intention.
Ceux qui se contentent de l’intention invoquent cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre de bénédictions et de paix :
« Les actes ne valent que par les intentions. »
Ceux qui ne reconnaissent pas d’effet à l’intention sans formulation invoquent cette autre parole du Prophète — qu’Allah le couvre de bénédictions et de paix :
« Ma communauté n’est pas tenue pour responsable de l’erreur, de l’oubli et de ce qu’elle se dit en son for intérieur. »
Or, une intention qui n’est pas exprimée n’est qu’une pensée intérieure. Il ajoute : exiger, d’après le premier hadith, qu’un acte soit accompagné d’une intention n’implique pas que l’intention suffise à elle seule.
Au sein de l’école malikite, les avis divergent également sur la question suivante : la formule de répudiation peut-elle produire une répudiation irrévocable à l’égard d’une épouse avec laquelle le mariage a été consommé, lorsque le mari le souhaite, sans qu’il y ait de contrepartie ? Selon un avis, elle le peut ; selon un autre, elle ne le peut pas. Cette question relève des règles relatives aux formules explicites de répudiation.
Quant aux formules de répudiation qui ne sont pas explicites, certaines constituent, selon Mālik, des allusions manifestes ; d’autres sont des allusions équivoques. La position de