Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Deuxième partie : les éléments constitutifs de la répudiation]
[Chapitre premier : les formules de répudiation et ses conditions]
[Première section : les formules de répudiation non assorties de restrictions]

DEUXIÈME PARTIE

Cette partie comprend trois chapitres :

Chapitre premier : les formules de répudiation et ses conditions.

Chapitre deuxième : distinction entre les personnes dont la répudiation est valable et celles dont elle ne l’est pas.

Chapitre troisième : distinction entre les femmes à l’égard desquelles la répudiation prend effet et celles à l’égard desquelles elle ne prend pas effet.

CHAPITRE PREMIER
Les formules de répudiation et ses conditions

Ce chapitre comprend deux sections :

Première section : les formules de répudiation non assorties de restrictions.

Deuxième section : les formules de répudiation assorties de restrictions.

PREMIÈRE SECTION
Les formules de répudiation non assorties de restrictions

Les musulmans sont unanimes à reconnaître que la répudiation prend effet lorsqu’elle procède d’une intention et s’exprime par une formule explicite. Ils divergent toutefois sur son effet lorsqu’une intention s’accompagne d’une formule non explicite, lorsque l’intention existe sans aucune formulation, ou lorsqu’une formule est prononcée sans intention.

Ceux qui exigent à la fois l’intention et une formule explicite s’en tiennent au sens apparent des textes de la Loi. Il en va de même de ceux qui assimilent une formule au sens apparent à une formule explicite. Ceux qui assimilent la répudiation à l’engagement pris dans un vœu ou un serment la rendent effective par la seule intention. Ceux qui prennent en compte le soupçon la rendent effective par la seule formulation.

La majorité des savants s’accorde à répartir les formules de répudiation non assorties de restrictions en deux catégories : les formules explicites et les formules allusives. Ils divergent cependant sur les formules qui relèvent de chaque catégorie, sur les règles qui les régissent et sur leurs effets obligatoires. Nous entendons seulement exposer les avis les plus connus ainsi que les points qui tiennent lieu de principes fondamentaux.

Mālik et ses disciples considèrent que seul le terme talāq (« répudiation ») est explicite, toute autre formule étant allusive. Selon lui, les formules allusives se divisent en deux catégories : les manifestes et celles dites mahmūla. Abū Hanīfa partage cet avis.

Al-Shāfi‘ī considère que les termes explicites de répudiation sont au nombre de trois : talāq, firāq (« séparation ») et sarāh (« libération »). Ce sont ceux qui sont mentionnés dans le Coran.

Certains partisans de l’école littéraliste considèrent qu’aucune répudiation ne prend effet en dehors de ces trois termes. Telle est donc leur divergence quant à la distinction entre les formules explicites de répudiation et celles qui ne le sont pas.

Ils s’accordent à reconnaître le caractère explicite du terme talāq parce que la Loi lui a précisément assigné ce sens juridique. Il constitue donc la référence en la matière. Quant aux termes firāq et sarāh, deux possibilités se présentent : soit la Loi leur a donné un sens particulier — je veux dire qu’ils désignent, dans son usage, le même sens que talāq —, soit ils conservent leur sens linguistique. Dans ce dernier cas, leur emploi pour désigner la répudiation est figuré. C’est en effet ce que l’on entend ici par une formule allusive : une expression qui désigne son objet au sens figuré.

Ceux qui considèrent que la répudiation ne prend effet que par ces trois termes adoptent cette position parce que la Loi n’a employé que ces trois termes, que la répudiation est un acte cultuel et que, parmi

[الْجُمْلَةُ الثَّانِيَةُ فِي أَرْكَانِ الطَّلَاقِ] [الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ وَشُرُوطِهِ] [الْفَصْلُ الْأَوَّلُ فِي أَنْوَاعِ أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ الْمُطْلَقَةِ] الْجُمْلَةُ الثَّانِيَةُ وَفِي هَذِهِ الْجُمْلَةِ ثَلَاثَةُ أَبْوَابٍ: الْبَابُ الْأَوَّلُ: فِي أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ وَشُرُوطِهِ. الْبَابُ الثَّانِي: فِي تَفْصِيلِ مَنْ يَجُوزُ طَلَاقُهُ مِمَّنْ لَا يَجُوزُ. الْبَابُ الثَّالِثُ: فِي تَفْصِيلِ مَنْ يَقَعُ عَلَيْهَا الطَّلَاقُ مِنَ النِّسَاءِ مِمَّنْ لَا يَقَعُ. الْبَابُ الْأَوَّلُ: فِي أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ وَشُرُوطِهِ وَهَذَا الْبَابُ فِيهِ فَصْلَانِ: الْفَصْلُ الْأَوَّلُ: فِي أَنْوَاعِ أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ الْمُطْلَقَةِ. الْفَصْلُ الثَّانِي: فِي أَنْوَاعِ أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ الْمُقَيَّدَةِ. الْفَصْلُ الْأَوَّلُ: فِي أَنْوَاعِ أَلْفَاظِ الطَّلَاقِ الْمُطْلَقَةِ - أَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى أَنَّ الطَّلَاقَ يَقَعُ إِذَا كَانَ بِنِيَّةٍ وَبِلَفْظٍ صَرِيحٍ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ يَقَعُ بِالنِّيَّةِ مَعَ اللَّفْظِ الَّذِي لَيْسَ بِصَرِيحٍ، أَوْ بِالنِّيَّةِ دُونَ اللَّفْظِ، أَوْ بِاللَّفْظِ دُونَ النِّيَّةِ. فَمَنِ اشْتَرَطَ فِيهِ النِّيَّةَ وَاللَّفْظَ الصَّرِيحَ فَاتِّبَاعًا لِظَاهِرِ الشَّرْعِ، وَكَذَلِكَ مَنْ أَقَامَ الظَّاهِرَ مَقَامَ الصَّرِيحِ، وَمَنْ شَبَّهَهُ بِالْعَقْدِ فِي النَّذْرِ وَفِي الْيَمِينِ أَوْقَعَهُ بِالنِّيَّةِ فَقَطْ، وَمَنْ أَعْمَلَ التُّهَمَةَ أَوْقَعَهُ بِاللَّفْظِ فَقَطْ. وَاتَّفَقَ الْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ أَلْفَاظَ الطَّلَاقِ الْمُطْلَقَةَ صِنْفَانِ: صَرِيحٌ، وَكِنَايَةٌ. وَاخْتَلَفُوا فِي تَفْصِيلِ الصَّرِيحِ مِنَ الْكِنَايَةِ، وَفِي أَحْكَامِهَا وَمَا يَلْزَمُ فِيهَا، وَنَحْنُ إِنَّمَا قَصَدْنَا مِنْ ذَلِكَ ذِكْرَ الْمَشْهُورِ وَمَا يَجْرِي مَجْرَى الْأُصُولِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ: الصَّرِيحُ هُوَ لَفْظُ الطَّلَاقِ فَقَطْ، وَمَا عَدَا ذَلِكَ كِنَايَةٌ، وَهِيَ عِنْدَهُ عَلَى ضَرْبَيْنِ: ظَاهِرَةٌ وَمَحْمُولَةٌ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: أَلْفَاظُ الطَّلَاقِ الصَّرِيحَةُ ثَلَاثٌ: الطَّلَاقُ، وَالْفِرَاقُ، وَالسَّرَاحُ، وَهِيَ الْمَذْكُورَةُ فِي الْقُرْآنِ. وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ الظَّاهِرِ: لَا يَقَعُ طَلَاقٌ إِلَّا بِهَذِهِ الثَّلَاثِ. فَهَذَا هُوَ اخْتِلَافُهُمْ فِي صَرِيحِ الطَّلَاقِ مِنْ غَيْرِ صَرِيحِهِ. وَإِنَّمَا اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ لَفْظَ الطَّلَاقِ صَرِيحٌ لِأَنَّ دَلَالَتَهُ عَلَى هَذَا الْمَعْنَى الشَّرْعِيِّ دَلَالَةٌ وَضْعِيَّةٌ بِالشَّرْعِ، فَصَارَ أَصْلًا فِي هَذَا الْبَابِ. وَأَمَّا أَلْفَاظُ الْفِرَاقِ وَالسَّرَاحِ فَهِيَ مُتَرَدِّدَةٌ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ لِلشَّرْعِ فِيهَا تَصَرُّفٌ - أَعْنِي: أَنْ تَدُلَّ بِعُرْفِ الشَّرْعِ عَلَى الْمَعْنَى الَّذِي يَدُلُّ عَلَيْهِ الطَّلَاقُ -، أَوْ هِيَ بَاقِيَةٌ عَلَى دَلَالَتِهَا اللُّغَوِيَّةِ، فَإِذَا اسْتُعْمِلَتْ فِي هَذَا الْمَعْنَى - أَعْنِي: فِي مَعْنَى الطَّلَاقِ - كَانَتْ مَجَازًا، إِذْ هَذَا هُوَ مَعْنَى الْكِنَايَةِ - أَعْنِي: اللَّفْظَ الَّذِي يَكُونُ مَجَازًا فِي دَلَالَتِهِ -، وَإِنَّمَا ذَهَبَ مَنْ ذَهَبَ إِلَى أَنَّهُ لَا يَقَعُ الطَّلَاقُ إِلَّا بِهَذِهِ الْأَلْفَاظِ الثَّلَاثَةِ ; لِأَنَّ الشَّرْعَ إِنَّمَا وَرَدَ بِهَذِهِ الْأَلْفَاظِ الثَّلَاثَةِ، وَهِيَ عِبَادَةٌ، وَمِنْ

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