Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Dāwūd, ce récit de ‘Ā’isha :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — m’a dit, alors que j’avais mes menstrues : “Découvre ta cuisse.” Je la découvris ; il posa sa joue et sa poitrine sur ma cuisse, et je me penchai sur lui jusqu’à ce qu’il se réchauffe, car le froid l’avait fait souffrir. »

Quant aux différentes interprétations possibles du verset relatif aux menstrues, elles tiennent à la portée de cette parole du Très-Haut :

« Dis : c’est un mal. Tenez-vous donc à l’écart des femmes pendant les menstrues » [al-Baqara : 222].

Faut-il lui donner une portée générale, à l’exception de ce qu’une preuve en exclut, ou y voir un énoncé général visant un cas particulier, comme l’indique cette parole du Très-Haut dans le même verset :

« Dis : c’est un mal » [al-Baqara : 222] ?

En effet, ce mal ne se trouve qu’à l’endroit d’où s’écoule le sang.

Ceux qui comprennent cet énoncé dans sa généralité en exceptent, en vertu de la sunna, les contacts au-dessus du pagne (je veux dire qu’ils estiment devoir donner à cet énoncé une portée générale tant qu’une preuve ne vient pas la restreindre ; or, selon l’opinion couramment admise chez les spécialistes des fondements du droit, la sunna peut restreindre la portée générale du Coran).

Ceux qui y voient un énoncé général visant un cas particulier font prévaloir ce verset sur les traditions interdisant les contacts sous le pagne. Leur interprétation se trouve renforcée par les traditions qui contredisent celles énonçant cette interdiction.

Certains ont cherché à concilier ces traditions avec le sens du verset ainsi compris, sens indiqué par le motif qu’il énonce : le fait que les menstrues constituent un mal. Ils ont donc compris les hadiths interdisant les contacts sous le pagne comme exprimant leur caractère réprouvé, et les hadiths qui les autorisent, ainsi que le sens du verset, comme établissant leur licéité. À l’appui de cette interprétation, ils ont invoqué la sunna, qui indique qu’aucune partie du corps de la femme menstruée n’est impure, hormis l’endroit où se trouve le sang. Ainsi :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — demanda à ‘Ā’isha de lui tendre la natte de prière alors qu’elle avait ses menstrues. Elle lui dit : “J’ai mes menstrues.” Il répondit — sur lui la prière et la paix : “Tes menstrues ne sont pas dans ta main.” »

Il est également établi qu’elle lui peignait les cheveux — sur lui la prière et la paix — alors qu’elle avait ses menstrues. Il a aussi dit — sur lui la prière et la paix :

« Le croyant ne devient pas impur. »

Deuxième question

Les juristes divergent sur les rapports sexuels avec une femme dont les menstrues ont cessé, mais qui n’a pas encore accompli le bain rituel. Mālik, al-Shāfi‘ī et la majorité estiment que cela n’est pas permis tant qu’elle n’a pas accompli ce bain. Abū Hanīfa et ses disciples estiment que cela est permis si ses menstrues cessent au terme de leur durée maximale, laquelle est, selon lui, de

دَاوُدَ عَنْ عَائِشَةَ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ لَهَا، وَهِيَ حَائِضٌ " اكْشِفِي عَنْ فَخِذِكِ، قَالَتْ: فَكَشَفْتُ، فَوَضَعَ خَدَّهُ وَصَدْرَهُ عَلَى فَخِذِي، وَحَنَيْتُ عَلَيْهِ حَتَّى دَفِئَ، وَكَانَ قَدْ أَوْجَعَهُ الْبَرْدُ» . وَأَمَّا الِاحْتِمَالُ الَّذِي فِي آيَةِ الْحَيْضِ، فَهُوَ تَرَدُّدُ قَوْله تَعَالَى: {قُلْ هُوَ أَذًى فَاعْتَزِلُوا النِّسَاءَ فِي الْمَحِيضِ} [البقرة: ٢٢٢] بَيْنَ أَنْ يُحْمَلَ عَلَى عُمُومِهِ إِلَّا مَا خَصَّصَهُ الدَّلِيلُ، أَوْ أَنْ يَكُونَ مِنْ بَابِ الْعَامِّ أُرِيدَ بِهِ الْخَاصُّ، بِدَلِيلِ قَوْله تَعَالَى فِيهِ: {قُلْ هُوَ أَذًى} [البقرة: ٢٢٢] وَالْأَذَى إِنَّمَا يَكُونُ فِي مَوْضِعِ الدَّمِ. فَمَنْ كَانَ الْمَفْهُومُ مِنْهُ عِنْدَهُ الْعُمُومَ (أَعْنِي أَنَّهُ إِذَا كَانَ الْوَاجِبُ عِنْدَهُ أَنْ يُحْمَلَ هَذَا الْقَوْلُ عَلَى عُمُومِهِ حَتَّى يُخَصِّصَهُ الدَّلِيلُ، اسْتَثْنَى مِنْ ذَلِكَ مَا فَوْقَ الْإِزَارِ بِالسُّنَّةِ، إِذِ الْمَشْهُورُ جَوَازُ تَخْصِيصِ الْكِتَابِ بِالسُّنَّةِ عِنْدَ الْأُصُولِيِّينَ) وَمَنْ كَانَ عِنْدَهُ مِنْ بَابِ الْعَامِّ أُرِيدَ بِهِ الْخَاصُّ رَجَّحَ هَذِهِ الْآيَةَ عَلَى الْآثَارِ الْمَانِعَةِ مِمَّا تَحْتَ الْإِزَارِ، وَقَوِيَ ذَلِكَ عِنْدَهُ بِالْآثَارِ الْمُعَارِضَةِ لِلْآثَارِ الْمَانِعَةِ مِمَّا تَحْتَ الْإِزَارِ، وَمِنَ النَّاسِ مَنْ رَامَ الْجَمْعَ بَيْنَ هَذِهِ الْآثَارِ، وَبَيْنَ مَفْهُومِ الْآيَةِ عَلَى هَذَا الْمَعْنَى الَّذِي نَبَّهَ عَلَيْهِ الْخِطَابُ الْوَارِدُ فِيهَا وَهُوَ كَوْنُهُ أَذًى، فَحَمَلَ أَحَادِيثَ الْمَنْعِ لِمَا تَحْتَ الْإِزَارِ عَلَى الْكَرَاهِيَةِ، وَأَحَادِيثَ الْإِبَاحَةِ وَمَفْهُومَ الْآيَةِ عَلَى الْجَوَازِ، وَرَجَّحُوا تَأْوِيلَهُمْ هَذَا بِأَنَّهُ قَدْ دَلَّتِ السُّنَّةُ أَنَّهُ لَيْسَ مِنْ جِسْمِ الْحَائِضِ شَيْءٌ نَجِسٌ إِلَّا مَوْضِعُ الدَّمِ، وَذَلِكَ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - سَأَلَ عَائِشَةَ أَنْ تُنَاوِلَهُ الْخُمْرَةَ وَهِيَ حَائِضٌ، فَقَالَتْ: إِنِّي حَائِضٌ، فَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: إِنَّ حَيْضَتَكِ لَيْسَتْ فِي يَدِكِ» وَمَا ثَبَتَ أَيْضًا مِنْ تَرْجِيلِهَا رَأْسَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - وَهِيَ حَائِضٌ، وَقَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِنَّ الْمُؤْمِنَ لَا يَنْجُسُ» . الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ اخْتَلَفُوا فِي وَطْءِ الْحَائِضِ فِي طُهْرِهَا، وَقَبْلَ الِاغْتِسَالِ، فَذَهَبَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ وَالْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّ ذَلِكَ لَا يَجُوزُ حَتَّى تَغْتَسِلَ، وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ إِلَى أَنَّ ذَلِكَ جَائِزٌ إِذَا طَهُرَتْ لِأَكْثَرِ أَمَدِ الْحَيْضِ، وَهُوَ عِنْدَهُ

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