Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

permis, car, selon eux, le père ne peut prononcer la répudiation au nom de son fils. Et Allah sait mieux.

Selon Mālik, le khul‘ d’une femme malade est permis lorsque la compensation correspond à la part que son époux hériterait d’elle. Ibn Nāfi‘ rapporte toutefois de Mālik qu’elle peut conclure un khul‘ moyennant la totalité du tiers de ses biens.

Al-Shāfi‘ī a dit : si elle se rachète pour un montant équivalent à la dot des femmes de sa condition, cela est permis et cette somme est prélevée sur l’ensemble de son patrimoine. Si elle dépasse ce montant, l’excédent est imputé sur le tiers de ses biens.

Quant à la femme qui n’a ni tuteur testamentaire ni père, Ibn al-Qāsim a dit : son khul‘ est permis lorsque la compensation correspond à celle habituellement versée par les femmes de sa condition. La majorité considère qu’une femme disposant librement d’elle-même peut conclure un khul‘. Al-Hasan et Ibn Sīrīn se sont distingués de cet avis en affirmant que le khul‘ n’est permis qu’avec l’autorisation de l’autorité publique.

[CHAPITRE III — LA NATURE DU KHUL‘ : DISSOLUTION OU RÉPUDIATION]

CHAPITRE III
SA NATURE

Concernant la nature du khul‘, la majorité des savants considère qu’il s’agit d’une répudiation. Tel est l’avis de Mālik et d’Abū Hanīfa, ce dernier traitant de la même manière la répudiation et la dissolution.

Al-Shāfi‘ī a dit qu’il s’agit d’une dissolution. C’est également l’avis d’Ahmad, de Dāwūd et, parmi les Compagnons, d’Ibn ‘Abbās. On rapporte aussi d’al-Shāfi‘ī que le khul‘ est une formule indirecte : si l’époux entend par là prononcer une répudiation, il constitue une répudiation ; sinon, il constitue une dissolution. On lui attribue également, dans sa nouvelle doctrine, l’avis selon lequel il s’agit d’une répudiation.

L’incidence de cette distinction est de savoir si le khul‘ entre ou non dans le décompte des répudiations. La majorité de ceux qui y voient une répudiation la considèrent comme irrévocable : si l’époux pouvait reprendre son épouse pendant le délai de viduité consécutif au khul‘, le rachat de celle-ci n’aurait aucun sens.

Abū Thawr a dit : si le khul‘ n’est pas formulé en termes de répudiation, l’époux ne peut reprendre son épouse ; s’il est formulé en ces termes, il peut la reprendre.

Ceux qui considèrent le khul‘ comme une répudiation soutiennent que les dissolutions entraînent une séparation qui s’impose à l’époux, indépendamment de son choix. Or, le khul‘ procède de son choix : il ne constitue donc pas une dissolution.

Ceux qui ne le considèrent pas comme une répudiation invoquent le fait qu’Allah — béni et exalté soit-Il — a mentionné la répudiation dans Son Livre en disant :

« La répudiation peut être prononcée deux fois. »
[La Vache : 229]

Il a ensuite mentionné le rachat, puis a dit :

« S’il la répudie ensuite, elle ne lui sera plus licite tant qu’elle n’aura pas épousé un autre homme. »
[La Vache : 230]

Si le rachat constituait une répudiation, celle après laquelle elle ne lui redevient licite qu’après avoir épousé un autre homme serait donc la quatrième répudiation. Selon les tenants de cet avis, les dissolutions peuvent intervenir par consentement mutuel, par analogie avec la dissolution d’une vente, c’est-à-dire sa résiliation amiable.

Leurs contradicteurs estiment, quant à eux, que le verset expose la règle du rachat en tant que modalité susceptible de s’appliquer à toutes les formes de répudiation, et non comme une chose distincte de celle-ci.

La divergence porte donc sur la question suivante : le fait que cette séparation soit assortie d’une compensation la fait-il passer de la catégorie de la répudiation à celle de la dissolution, ou non ?

[CHAPITRE IV — LES RÈGLES QUI S’ATTACHENT AU KHUL‘]

CHAPITRE IV
LES RÈGLES QUI S’Y ATTACHENT

Les questions qui en découlent sont nombreuses, mais nous en mentionnerons les plus connues.

L’une d’elles consiste à savoir si une répudiation prononcée après le khul‘ peut prendre effet à l’égard de la femme qui s’est rachetée.

Mālik a dit : elle ne prend effet que si elle est prononcée dans la continuité immédiate des paroles précédentes.

Al-Shāfi‘ī a dit : elle ne prend pas effet, même si elle est prononcée dans leur continuité immédiate.

Abū Hanīfa a dit : elle prend effet, sans distinguer selon qu’elle est prononcée immédiatement ou plus tard.

Cette divergence tient au fait que, pour les tenants du premier avis, le délai de viduité relève des effets de la répudiation, tandis que, pour Abū Hanīfa, il relève des effets du mariage. C’est pourquoi, selon lui, un homme ne peut épouser la sœur de la femme qu’il a irrévocablement répudiée tant que celle-ci observe son délai de viduité. Pour celui qui considère ce délai comme un effet du mariage, une répudiation ultérieure prend donc effet ; quant à celui qui

يَجُوزُ لِأَنَّهُ لَا يُطَلَّقُ عَلَيْهِ عِنْدَهُمْ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَخُلْعُ الْمَرِيضَةِ يَجُوزُ عِنْدَ مَالِكٍ إِذَا كَانَ بِقَدْرِ مِيرَاثِهِ مِنْهَا ; وَرَوَى ابْنُ نَافِعٍ عَنْ مَالِكٍ أَنَّهُ يَجُوزُ خُلْعُهَا بِالثُّلُثِ كُلِّهِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَوِ اخْتَلَعَتْ بِقَدْرِ مَهْرِ مِثْلِهَا جَازَ، وَكَانَ مِنْ رَأْسِ الْمَالِ، وَإِنْ زَادَ عَلَى ذَلِكَ كَانَتِ الزِّيَادَةُ مِنَ الثُّلُثِ. وَأَمَّا الْمُهْمَلَةُ الَّتِي لَا وَصِيَّ لَهَا وَلَا أَبَ: فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: يَجُوزُ خُلْعُهَا إِذَا كَانَ خُلْعَ مِثْلِهَا. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهُ يَجُوزُ خُلْعُ الْمَالِكَةِ لِنَفْسِهَا ; وَشَذَّ الْحَسَنُ، وَابْنُ سِيرِينَ فَقَالَا: لَا يَجُوزُ الْخُلْعُ إِلَّا بِإِذْنِ السُّلْطَانِ. [الْفَصْلُ الثَّالِثُ فِي نَوْعِِ الخلع فسخ أم طلاق] الْفَصْلُ الثَّالِثُ: فِي نَوْعِهِ - وَأَمَّا نَوْعُ الْخُلْعِ: فَجُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّهُ طَلَاقٌ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ سَوَّى بَيْنَ الطَّلَاقِ وَالْفَسْخِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: هُوَ فَسْخٌ، وَبِهِ قَالَ أَحْمَدُ، وَدَاوُدُ وَمِنَ الصَّحَابَةِ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَقَدْ رُوِيَ عَنِ الشَّافِعِيِّ أَنَّهُ كِنَايَةٌ، فَإِنْ أَرَادَ بِهِ الطَّلَاقَ كَانَ طَلَاقًا وَإِلَّا كَانَ فَسْخًا، وَقَدْ قِيلَ عَنْهُ فِي قَوْلِهِ الْجَدِيدِ: إِنَّهُ طَلَاقٌ. وَفَائِدَةُ الْفَرْقِ: هَلْ يُعْتَدُّ بِهِ فِي التَّطْلِيقَاتِ أَمْ لَا؟ وَجُمْهُورُ مَنْ رَأَى أَنَّهُ طَلَاقٌ يَجْعَلُهُ بَائِنًا، لِأَنَّهُ لَوْ كَانَ لِلزَّوْجِ فِي الْعِدَّةِ مِنْهُ الرَّجْعَةُ عَلَيْهَا لَمْ يَكُنْ لِافْتِدَائِهَا مَعْنًى. وَقَالَ أَبُو ثَوْرٍ: إِنْ لَمْ يَكُنْ بِلَفْظِ الطَّلَاقِ لَمْ يَكُنْ لَهُ عَلَيْهَا رَجْعَةٌ، وَإِنْ كَانَ بِلَفْظِ الطَّلَاقِ كَانَ لَهُ عَلَيْهَا الرَّجْعَةُ. وَاحْتَجَّ مَنْ جَعَلَهُ طَلَاقًا بِأَنَّ الْفُسُوخَ إِنَّمَا هِيَ الَّتِي تَقْتَضِي الْفُرْقَةَ الْغَالِبَةَ لِلزَّوْجِ فِي الْفِرَاقِ مِمَّا لَيْسَ يَرْجِعُ إِلَى اخْتِيَارِهِ، وَهَذَا رَاجِعٌ إِلَى الِاخْتِيَارِ فَلَيْسَ بِفَسْخٍ. وَاحْتَجَّ مَنْ لَمْ يَرَهُ طَلَاقًا بِأَنَّ اللَّهَ - تَبَارَكَ وَتَعَالَى - ذَكَرَ فِي كِتَابِهِ الطَّلَاقَ فَقَالَ: {الطَّلاقُ مَرَّتَانِ} [البقرة: ٢٢٩] ثُمَّ ذَكَرَ الِافْتِدَاءَ، ثُمَّ قَالَ: {فَإِنْ طَلَّقَهَا فَلا تَحِلُّ لَهُ مِنْ بَعْدُ حَتَّى تَنْكِحَ زَوْجًا غَيْرَهُ} [البقرة: ٢٣٠] . فَلَوْ كَانَ الِافْتِدَاءُ طَلَاقًا لَكَانَ الطَّلَاقُ الَّذِي لَا تَحِلُّ لَهُ فِيهِ إِلَّا بَعْدَ زَوْجٍ هُوَ الطَّلَاقُ الرَّابِعُ. وَعِنْدَ هَؤُلَاءِ أَنَّ الْفُسُوخَ تَقَعُ بِالتَّرَاضِي، قِيَاسًا عَلَى فُسُوخِ الْبَيْعِ - أَعْنِي: الْإِقَالَةَ -. وَعِنْدَ الْمُخَالِفِ أَنَّ الْآيَةَ إِنَّمَا تَضَمَّنَتْ حُكْمَ الِاقْتِدَاءِ عَلَى أَنَّهُ شَيْءٌ يَلْحَقُ جَمِيعَ أَنْوَاعِ الطَّلَاقِ لَا أَنَّهُ شَيْءٌ غَيْرُ الطَّلَاقِ. فَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلِ اقْتِرَانُ الْعِوَضِ بِهَذِهِ الْفُرْقَةِ يُخْرِجُهَا مِنْ نَوْعِ فُرْقَةِ الطَّلَاقِ إِلَى نَوْعِ الْفَسْخِ أَمْ لَيْسَ يُخْرِجُهَا؟ . [الْفَصْلُ الرَّابِعُ فِيمَا يَلْحَقُ الخلع مِنَ الْأَحْكَامِ] الْفَصْلُ الرَّابِعُ: فِيمَا يَلْحَقُهُ مِنَ الْأَحْكَامِ. - وَأَمَّا لَوَاحِقُهُ: فَفُرُوعٌ كَثِيرَةٌ، لَكِنْ نَذْكُرُ مِنْهَا مَا شُهِرَ: فَمِنْهَا: هَلْ يَرْتَدِفُ عَلَى الْمُخْتَلِعَةِ طَلَاقٌ أَمْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ: لَا يَرْتَدِفُ إِلَّا إِنْ كَانَ الْكَلَامُ مُتَّصِلًا. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَرْتَدِفُ وَإِنْ كَانَ الْكَلَامُ مُتَّصِلًا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَرْتَدِفُ، وَلَمْ يُفَرِّقْ بَيْنَ الْفَوْرِ وَالتَّرَاخِي. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: أَنَّ الْعِدَّةَ عِنْدَ الْفَرِيقِ الْأَوَّلِ مِنْ أَحْكَامِ الطَّلَاقِ، وَعِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ مِنْ أَحْكَامِ النِّكَاحِ، وَلِذَلِكَ لَا يَجُوزُ عِنْدَهُ أَنْ يَنْكِحَ مَعَ الْمَبْتُوتَةِ أُخْتَهَا. فَمَنْ رَآهَا مِنْ أَحْكَامِ النِّكَاحِ ارْتَدَفَ الطَّلَاقُ عِنْدَهُ، وَمَنْ

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