Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

En somme, leur divergence tient à la question suivante : les conditions prescrites par la Loi pour qu’une répudiation soit conforme à la sunna sont-elles des conditions de validité et d’efficacité juridique, ou seulement des conditions de perfection et d’accomplissement ?

Ceux qui en font des conditions d’efficacité juridique considèrent qu’une répudiation qui ne les remplit pas ne produit pas ses effets. Ceux qui en font des conditions de perfection et d’accomplissement considèrent qu’elle produit ses effets, mais qu’il est recommandé de la prononcer dans sa forme parfaite. Aussi, soutenir à la fois que la répudiation produit ses effets et que le mari doit être contraint de reprendre son épouse est contradictoire. Médite donc cela.

Quant à la deuxième question — le mari doit-il être contraint de reprendre son épouse ou non ? —, ceux qui s’en tiennent au sens apparent de l’ordre, lequel exprime l’obligation selon la majorité, considèrent qu’il doit y être contraint. Ceux qui tiennent compte de ce que nous venons d’exposer, à savoir que la répudiation produit bien ses effets, considèrent que cet ordre exprime une recommandation.

Quant à la troisième question — à quel moment peut-il prononcer la répudiation après avoir été contraint de reprendre son épouse ? —, ceux qui exigent qu’il la garde jusqu’à ce qu’elle retrouve son état de pureté, puis qu’elle ait de nouveau ses menstrues et retrouve ensuite son état de pureté, adoptent cet avis parce que le hadith d’Ibn ‘Umar précédemment cité le prévoit expressément. Selon eux, cette prescription vise à permettre que la reprise soit valablement réalisée par un rapport durant la période de pureté qui suit les menstrues. En effet, s’il la répudiait durant la période de pureté suivant immédiatement ces menstrues, elle n’aurait pas à observer de délai de viduité au titre de cette nouvelle répudiation, car il serait alors dans la situation de celui qui répudie son épouse avant la consommation du mariage.

En somme, ils considèrent que la reprise suppose l’existence d’une période durant laquelle les rapports sont licites. Selon cette explication, l’une des conditions de la répudiation conforme à la sunna serait donc de la prononcer durant une période de pureté qui n’a pas été précédée de menstrues au cours desquelles le mari aurait répudié son épouse. C’est l’une des conditions exigées par Mālik pour la répudiation conforme à la sunna, d’après ce qu’en rapporte ‘Abd al-Wahhāb.

Quant à ceux qui ne posent pas cette condition, ils s’appuient sur la version de ce hadith transmise d’après Ibn ‘Umar par Yūnus ibn Jubayr, Sa‘īd ibn Jubayr, Ibn Sīrīn et ceux qui les ont suivis, selon laquelle il a dit :

« Qu’il la reprenne ; puis, lorsqu’elle aura retrouvé son état de pureté, qu’il la répudie s’il le souhaite. »

Selon eux, l’ordre de reprendre son épouse lui a été donné à titre de sanction, parce qu’il l’avait répudiée à un moment où il était réprouvé de le faire. Une fois cette période passée, il peut la répudier sans que cet acte soit réprouvé. Leur divergence tient donc à la contradiction entre les traditions rapportées sur cette question et aux interprétations divergentes du motif de cette prescription.

Quant à la quatrième question — à quel moment peut-il être contraint de reprendre son épouse ? —, Mālik considère qu’il peut y être contraint pendant toute la durée du délai de viduité, car c’est durant cette période qu’il dispose du droit de la reprendre. Ashhab, pour sa part, s’en tient au sens apparent du hadith, qui dit :

« Ordonne-lui de la reprendre et de la garder jusqu’à ce qu’elle retrouve son état de pureté. »

Cela indique que la reprise avait lieu durant les menstrues. Ashhab fait également valoir que l’ordre de reprendre son épouse visait uniquement à éviter de prolonger son délai de viduité. En effet, lorsqu’elle est répudiée pendant ses menstrues, celles-ci ne sont pas comptabilisées dans ce délai, de l’avis unanime des savants. Si nous disons qu’il doit la reprendre en dehors de ces menstrues, son délai s’en trouvera encore prolongé. Selon cette explication, il devrait donc être permis de prononcer la répudiation durant la période de pureté qui suit ces menstrues.

Leur divergence tient ainsi à leur désaccord sur le motif de l’ordre de reprendre l’épouse.

وَبِالْجُمْلَةِ فَسَبَبُ الِاخْتِلَافِ: هَلِ الشُّرُوطُ الَّتِي اشْتَرَطَهَا الشَّرْعُ فِي الطَّلَاقِ السُّنِّيِّ هِيَ شُرُوطُ صِحَّةٍ وَإِجْزَاءٍ، أَمْ شُرُوطُ كَمَالٍ وَتَمَامٍ؟ . فَمَنْ قَالَ: شُرُوطُ إِجْزَاءٍ قَالَ: لَا يَقَعُ الطَّلَاقُ الَّذِي عُدِمَ هَذِهِ الصِّفَةَ، وَمَنْ قَالَ: شُرُوطُ كَمَالٍ وَتَمَامٍ قَالَ: يَقَعُ، وَيُنْدَبُ إِلَى أَنْ يَقَعَ كَامِلًا، وَلِذَلِكَ مَنْ قَالَ بِوُقُوعِ الطَّلَاقِ وَجَبْرِهِ عَلَى الرَّجْعَةِ فَقَدْ تَنَاقَضَ، فَتَدَبَّرْ ذَلِكَ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ - وَهِيَ هَلْ يُجْبَرُ عَلَى الرَّجْعَةِ أَوْ لَا يُجْبَرُ؟ : فَمَنِ اعْتَمَدَ ظَاهِرَ الْأَمْرِ - وَهُوَ الْوُجُوبُ عَلَى مَا هُوَ عَلَيْهِ عِنْدَ الْجُمْهُورِ - قَالَ: يُجْبَرُ. وَمَنْ لَحَظَ هَذَا الْمَعْنَى الَّذِي قُلْنَاهُ مِنْ كَوْنِ الطَّلَاقِ وَاقِعًا قَالَ: هَذَا الْأَمْرُ هُوَ عَلَى النَّدْبِ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ - وَهِيَ: مَتَى يُوقِعُ الطَّلَاقَ بَعْدَ الْإِجْبَارِ -: فَإِنَّ مَنِ اشْتَرَطَ فِي ذَلِكَ أَنْ يُمْسِكَهَا حَتَّى تَطْهُرَ، ثُمَّ تَحِيضَ، ثُمَّ تَطْهُرَ، فَإِنَّمَا صَارَ لِذَلِكَ لِأَنَّهُ الْمَنْصُوصُ عَلَيْهِ فِي حَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ الْمُتَقَدِّمِ، قَالُوا: وَالْمَعْنَى فِي ذَلِكَ لِتَصِحَّ الرَّجْعَةُ بِالْوَطْءِ فِي الطُّهْرِ الَّذِي بَعْدَ الْحَيْضِ، لِأَنَّهُ لَوْ طَلَّقَهَا فِي الطُّهْرِ الَّذِي بَعْدَ الْحَيْضَةِ لَمْ يَكُنْ عَلَيْهَا مِنَ الطَّلَاقِ الْآخِرِ عِدَّةٌ لِأَنَّهُ كَانَ يَكُونُ كَالْمُطَلِّقِ قَبْلَ الدُّخُولِ. وَبِالْجُمْلَةِ فَقَالُوا: إِنَّ مِنْ شَرْطِ الرَّجْعَةِ وُجُودَ زَمَانٍ يَصِحُّ فِيهِ الْوَطْءُ، وَعَلَى هَذَا التَّعْلِيلِ يَكُونُ مِنْ شُرُوطِ طَلَاقِ السُّنَّةِ أَنْ يُطَلِّقَهَا فِي طُهْرٍ لَمْ يُطَلِّقْ فِي الْحَيْضَةِ الَّتِي قَبْلَهُ، وَهُوَ أَحَدُ الشُّرُوطِ الْمُشْتَرَطَةِ عِنْدَ مَالِكٍ فِي طَلَاقِ السُّنَّةِ فِيمَا ذَكَرَهُ عَبْدُ الْوَهَّابِ. وَأَمَّا الَّذِينَ لَمْ يَشْتَرِطُوا ذَلِكَ، فَإِنَّهُمْ صَارُوا إِلَى مَا رَوَى يُونُسُ بْنُ جُبَيْرٍ وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ، وَابْنُ سِيرِينَ وَمَنْ تَابَعَهُمْ عَنِ ابْنِ عُمَرَ فِي هَذَا الْحَدِيثِ أَنَّهُ قَالَ: «يُرَاجِعُهَا، فَإِذَا طَهُرَتْ طَلَّقَهَا إِنْ شَاءَ» . وَقَالُوا: الْمَعْنَى فِي ذَلِكَ: أَنَّهُ إِنَّمَا أُمِرَ بِالرُّجُوعِ عُقُوبَةً لَهُ، لِأَنَّهُ طَلَّقَ فِي زَمَانٍ كُرِهَ لَهُ فِيهِ الطَّلَاقُ، فَإِذَا ذَهَبَ ذَلِكَ الزَّمَانُ وَقَعَ مِنْهُ الطَّلَاقُ عَلَى وَجْهٍ غَيْرِ مَكْرُوهٍ، فَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: تَعَارُضُ الْآثَارِ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ، وَتَعَارُضُ مَفْهُومِ الْعِلَّةِ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ - وَهِيَ: مَتَى يُجْبَرُ؟ -: فَإِنَّمَا ذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى أَنَّهُ يُجْبَرُ عَلَى رَجْعَتِهَا لِطُولِ زَمَانِ الْعِدَّةِ لِأَنَّهُ الزَّمَانُ الَّذِي لَهُ فِيهِ ارْتِجَاعُهَا. وَأَمَّا أَشْهَبُ فَإِنَّهُ إِنَّمَا صَارَ فِي هَذَا إِلَى ظَاهِرِ الْحَدِيثِ، لِأَنَّ فِيهِ: «مُرْهُ فَلْيُرَاجِعْهَا حَتَّى تَطْهُرَ» . فَدَلَّ ذَلِكَ عَلَى أَنَّ الْمُرَاجَعَةَ كَانَتْ فِي الْحَيْضَةِ، وَأَيْضًا فَإِنَّهُ قَالَ: إِنَّمَا أَمَرَ بِمُرَاجَعَتِهَا لِئَلَّا تَطُولَ عَلَيْهَا الْعِدَّةُ، فَإِنَّهُ إِذَا وَقَعَ عَلَيْهَا الطَّلَاقُ فِي الْحَيْضَةِ لَمْ تَعْتَدَّ بِهَا بِإِجْمَاعٍ، فَإِنْ قُلْنَا: إِنَّهُ يُرَاجِعُهَا فِي غَيْرِ الْحَيْضَةِ كَانَ ذَلِكَ عَلَيْهَا أَطْولَ، وَعَلَى هَذَا التَّعْلِيلِ فَيَنْبَغِي أَنْ يَجُوزَ إِيقَاعُ الطَّلَاقِ فِي الطُّهْرِ الَّذِي بَعْدَ الْحَيْضَةِ. فَسَبَبُ الِاخْتِلَافِ: هُوَ سَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي عِلَّةِ الْأَمْرِ بِالرَّدِّ.

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