Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

l’échange même des serments d’anathème. La répudiation était donc sans objet et ne pouvait être qualifiée ni de conforme à la sunna ni d’entachée d’innovation. L’avis de Mālik — et Allah sait mieux — paraît ici plus fondé que celui d’al-Shāfi‘ī.

Quant au troisième point, relatif au statut de la répudiation prononcée pendant les menstrues, les savants divergent sur plusieurs questions. La majorité considère que cette répudiation produit ses effets, tandis qu’un groupe estime qu’elle n’est ni effective ni juridiquement constituée.

Ceux qui la jugent effective estiment que l’on ordonne au mari de reprendre son épouse. Ils se divisent toutefois en deux groupes : les uns considèrent cette reprise comme obligatoire et estiment qu’il doit y être contraint ; tel est l’avis de Mālik et de ses disciples. Les autres considèrent qu’elle lui est seulement recommandée, sans qu’il y soit contraint ; tel est l’avis d’al-Shāfi‘ī, d’Abū Hanīfa, d’al-Thawrī et d’Ahmad.

Ceux qui estiment obligatoire de l’y contraindre divergent sur la période durant laquelle cette contrainte peut être exercée. Mālik et la plupart de ses disciples, notamment Ibn al-Qāsim, considèrent qu’il peut y être contraint tant que le délai de viduité de son épouse n’est pas achevé. Ashhab estime qu’il ne peut l’être que durant la première période de menstrues.

Ceux qui préconisent d’ordonner au mari de reprendre son épouse divergent également sur le moment où, après cette reprise, il peut la répudier s’il le souhaite. Certains exigent qu’il la garde jusqu’à ce qu’elle retrouve son état de pureté après ces menstrues, puis qu’elle ait de nouveau ses menstrues et retrouve ensuite son état de pureté. Il peut alors, à son gré, la répudier ou la garder. Tel est l’avis de Mālik, d’al-Shāfi‘ī et d’un groupe de savants.

D’autres estiment qu’il la reprend, puis que, dès qu’elle retrouve son état de pureté après les menstrues durant lesquelles il l’a répudiée, il peut, à son gré, la garder ou la répudier. Tel est l’avis d’Abū Hanīfa et des savants de Kūfa. Tous ceux qui exigent, pour qu’une répudiation soit conforme à la sunna, qu’elle soit prononcée durant une période de pureté au cours de laquelle le mari n’a pas eu de rapport avec son épouse ne préconisent pas d’ordonner la reprise lorsqu’il l’a répudiée durant une période de pureté au cours de laquelle il a eu un rapport avec elle.

Il y a donc ici quatre questions :

La première : cette répudiation produit-elle ses effets ou non ?

La deuxième : si elle produit ses effets, le mari est-il contraint de reprendre son épouse, ou lui en donne-t-on seulement l’ordre ?

La troisième : à quel moment peut-il la répudier après avoir été contraint ou invité à la reprendre ?

La quatrième : à quel moment la contrainte peut-elle être exercée ?

Concernant la première question, la majorité considère qu’une répudiation prononcée pendant les menstrues est comptabilisée et constitue bien une répudiation, en raison de cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dans le hadith d’Ibn ‘Umar :

« Ordonne-lui de la reprendre. »

Ils font valoir qu’une reprise ne peut intervenir qu’après une répudiation. Al-Shāfi‘ī rapporte, d’après Muslim ibn Khālid, d’après Ibn Jurayj :

« Ils envoyèrent quelqu’un demander à Nāfi‘ : “La répudiation prononcée par Ibn ‘Umar fut-elle comptabilisée à l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ?” Il répondit : “Oui.” »

Il est également rapporté qu’Ibn ‘Umar rendait ses avis juridiques en ce sens.

Quant à ceux qui considèrent que cette répudiation ne produit pas ses effets, ils s’appuient sur la portée générale de cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix :

« Tout acte ou toute œuvre qui n’est pas conforme à notre enseignement est rejeté. »

Ils ajoutent que l’ordre du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — de revenir sur cette répudiation laisse entendre qu’elle n’est ni effective ni juridiquement constituée.

التَّلَاعُنِ نَفْسِهِ، فَوَقَعَ الطَّلَاقُ عَلَى غَيْرِ مَحَلِّهِ، فَلَمْ يَتَّصِفْ لَا بِسُنَّةٍ وَلَا بِبِدْعَةٍ، وَقَوْلُ مَالِكٍ - وَاللَّهُ أَعْلَمُ - أَظْهَرُ هَا هُنَا مِنْ قَوْلِ الشَّافِعِيِّ. وَأَمَّا الْمَوْضِعُ الثَّالِثُ: فِي حُكْمِ مَنْ طَلَّقَ فِي وَقْتِ الْحَيْضِ: فَإِنَّ النَّاسَ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ فِي مَوَاضِعَ: مِنْهَا: أَنَّ الْجُمْهُورَ قَالُوا: يَمْضِي طَلَاقُهُ. وَقَالَتْ فِرْقَةٌ: لَا يَنْفُذُ وَلَا يَقَعُ، وَالَّذِينَ قَالُوا: يَنْفُذُ قَالُوا: يُؤْمَرُ بِالرَّجْعَةِ وَهَؤُلَاءِ افْتَرَقُوا فِرْقَتَيْنِ: فَقَوْمٌ رَأَوْا أَنَّ ذَلِكَ وَاجِبٌ وَأَنَّهُ يُجْبَرُ عَلَى ذَلِكَ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ. وَقَالَتْ فِرْقَةٌ بَلْ يُنْدَبُ إِلَى ذَلِكَ وَلَا يُجْبَرُ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَالثَّوْرِيُّ، وَأَحْمَدُ. وَالَّذِينَ أَوْجَبُوا الْإِجْبَارَ اخْتَلَفُوا فِي الزَّمَانِ الَّذِي يَقَعُ فِيهِ الْإِجْبَارُ: فَقَالَ مَالِكٌ وَأَكْثَرُ أَصْحَابِهِ ابْنُ الْقَاسِمِ وَغَيْرُهُ: يُجْبَرُ مَا لَمْ تَنْقَضِ عِدَّتُهَا، وَقَالَ أَشْهَبُ: لَا يُجْبَرُ إِلَّا فِي الْحَيْضَةِ الْأُولَى. وَالَّذِينَ قَالُوا بِالْأَمْرِ بِالرَّجْعَةِ اخْتَلَفُوا مَتَى يُوقِعُ الطَّلَاقَ بَعْدَ الرَّجْعَةِ إِنْ شَاءَ، فَقَوْمٌ اشْتَرَطُوا فِي الرَّجْعَةِ أَنْ يُمْسِكَهَا حَتَّى تَطْهُرَ مِنْ تِلْكَ الْحَيْضَةِ ثُمَّ تَحِيضَ ثُمَّ تَطْهُرَ، ثُمَّ إِنْ شَاءَ طَلَّقَهَا وَإِنْ شَاءَ أَمْسَكَهَا، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَجَمَاعَةٌ، وَقَوْمٌ قَالُوا: بَلْ يُرَاجِعُهَا، فَإِذَا طَهُرَتْ مِنْ تِلْكَ الْحَيْضَةِ الَّتِي طَلَّقَهَا فِيهَا: فَإِنْ شَاءَ أَمْسَكَ وَإِنْ شَاءَ طَلَّقَ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالْكُوفِيُّونَ. وَكُلُّ مَنِ اشْتَرَطَ فِي طَلَاقِ السُّنَّةِ أَنْ يُطَلِّقَهَا فِي طُهْرٍ لَمْ يَمَسَّهَا فِيهِ لَمْ يَرَ الْأَمْرَ بِالرَّجْعَةِ إِذَا طَلَّقَهَا فِي طُهْرٍ مَسَّهَا فِيهِ، فَهُنَا إِذًا أَرْبَعُ مَسَائِلَ: أَحَدُهَا: هَلْ يَقَعُ الطَّلَاقُ أَمْ لَا؟ . وَالثَّانِيَةُ: إِنْ وَقَعَ فَهَلْ يُجْبَرُ عَلَى الرَّجْعَةِ أَمْ يُؤْمَرُ فَقَطْ؟ . وَالثَّالِثَةُ: مَتَى يُوقِعُ الطَّلَاقَ بَعْدَ الْإِجْبَارِ أَوِ النَّدْبِ؟ . وَالرَّابِعَةُ: مَتَى يَقَعُ الْإِجْبَارُ. أَمَّا الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ إِنَّمَا صَارُوا إِلَى أَنَّ الطَّلَاقَ إِنْ وَقَعَ فِي الْحَيْضِ اعْتُدَّ بِهِ، وَكَانَ طَلَاقًا، لِقَوْلِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي حَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ: «مُرْهُ فَلْيُرَاجِعْهَا» . قَالُوا: وَالرَّجْعَةُ لَا تَكُونُ إِلَّا بَعْدَ طَلَاقٍ، وَرَوَى الشَّافِعِيُّ عَنْ مُسْلِمِ بْنِ خَالِدٍ عَنِ ابْنِ جُرَيْجٍ: «أَنَّهُمْ أَرْسَلُوا إِلَى نَافِعٍ يَسْأَلُونَهُ هَلْ حُسِبَتْ تَطْلِيقَةُ ابْنِ عُمَرَ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -؟ قَالَ: نَعَمْ» . وَرُوِيَ أَنَّهُ الَّذِي كَانَ يُفْتِي بِهِ ابْنُ عُمَرَ، وَأَمَّا مَنْ لَمْ يَرَ هَذَا الطَّلَاقَ وَاقِعًا فَإِنَّهُ اعْتَمَدَ عُمُومَ قَوْلِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «كُلُّ فِعْلٍ أَوْ عَمَلٍ لَيْسَ عَلَيْهِ أَمْرُنَا فَهُوَ رَدٌّ» . وَقَالُوا: أَمْرُ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بِرَدِّهِ يُشْعِرُ بِعَدَمِ نُفُوذِهِ وَوُقُوعِهِ.

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