Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Il est également rapporté de lui qu’il a dit :

« Le mariage temporaire n’était qu’une miséricorde d’Allah — à Lui la puissance et la majesté — envers la communauté de Muhammad — sur lui la prière et le salut. Sans l’interdiction prononcée par ‘Umar, seul un malheureux aurait été réduit à la fornication. »

Ces propos d’Ibn ‘Abbās ont été rapportés de lui par Ibn Jurayj et ‘Amr ibn Dīnār.

‘Atā’ rapporte : « J’ai entendu Jābir ibn ‘Abd Allāh dire : “Nous avons pratiqué le mariage temporaire du temps du Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut —, d’Abū Bakr et durant la première moitié du califat de ‘Umar. Puis ‘Umar l’a interdit aux gens.” »

3 — Quant au mariage conclu à la suite d’une demande faite après celle d’un autre prétendant, nous avons déjà indiqué qu’il fait l’objet de trois avis : l’un impose son annulation ; un autre exclut celle-ci ; le troisième distingue selon que la seconde demande intervient après que la première a reçu un accueil favorable et que l’accord est près d’être conclu, ou avant ce stade. Ce dernier avis est celui de Mālik.

4 — Quant au mariage destiné à rendre une femme de nouveau licite à son précédent époux — c’est-à-dire celui par lequel un homme entend rendre licite une femme répudiée trois fois —, Mālik considère qu’il doit être annulé. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī le considèrent, en revanche, comme valide.

Leur divergence tient à leur compréhension de cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut :

« Qu’Allah maudisse celui qui contracte un mariage pour rendre une femme licite à son précédent époux », jusqu’à la fin du hadith.

Ceux qui comprennent que cette malédiction indique seulement le caractère pécheur de l’acte considèrent le mariage comme valide. Ceux qui en déduisent également l’invalidité du contrat, par analogie avec l’interdiction qui implique l’invalidité de l’acte interdit, considèrent le mariage comme invalide. Tels sont donc les mariages dont l’invalidité résulte d’une interdiction explicite.

Quant aux mariages dont l’invalidité se déduit des dispositions de la Loi religieuse, ils sont invalides soit parce qu’une condition de validité du mariage a été supprimée, soit parce qu’une de ses règles obligatoires, établies par Allah — à Lui la puissance et la majesté —, a été modifiée, soit parce qu’une clause ajoutée revient à supprimer une condition de validité.

Quant aux clauses supplémentaires qui se présentent à cet égard, elles n’invalident pas le mariage, de l’avis unanime. Les savants divergent seulement sur leur caractère contraignant : par exemple, lorsqu’on stipule que l’époux ne prendra pas d’autre épouse ni de concubine, ou qu’il ne fera pas quitter à sa femme sa ville.

Mālik dit : « Si de telles clauses sont stipulées, elles ne le lient pas, à moins qu’elles ne soient assorties d’un serment engageant un affranchissement ou un divorce : cet engagement le lie alors. Toutefois, s’il divorce ou affranchit la personne visée par son serment, la clause initiale ne le lie plus non plus. » Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa partagent cet avis.

Al-Awzā‘ī et Ibn Shubruma disent : « Elle a droit au respect de sa condition, et il est tenu de l’honorer. » Ibn Shihāb dit : « Les savants que j’ai connus en imposaient le respect dans leurs jugements. » L’avis du premier groupe est rapporté de ‘Alī, et celui d’al-Awzā‘ī est rapporté de ‘Umar.

Leur divergence tient à l’opposition entre un texte de portée générale et un texte de portée particulière.

Le texte de portée générale est le hadith de ‘Ā’isha — qu’Allah l’agrée — selon lequel le Prophète — sur lui la prière et le salut — s’adressa aux gens et dit dans son sermon :

« Toute condition qui ne figure pas dans le Livre d’Allah est nulle, même s’il y en avait cent. »

Le texte de portée particulière est le hadith de ‘Uqba ibn ‘Āmir rapportant que le Prophète — sur lui la prière et le salut — a dit :

« Les conditions qui méritent le plus

وَرُوِيَ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ: مَا كَانَتِ الْمُتْعَةُ إِلَّا رَحْمَةً مِنَ اللَّهِ - عَزَّ وَجَلَّ - رَحِمَ بِهَا أُمَّةَ مُحَمَّدٍ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، وَلَوْلَا نَهْيُ عُمَرَ عَنْهَا مَا اضْطُرَّ إِلَى الزِّنَا إِلَّا شَقِيٌّ. وَهَذَا الَّذِي رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَوَاهُ عَنْهُ ابْنُ جُرَيْجٍ وَعَمْرُو بْنُ دِينَارٍ. وَعَنْ عَطَاءٍ قَالَ: " سَمِعْتُ «جَابِرَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ يَقُولُ: " تَمَتَّعْنَا عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَأَبِي بَكْرٍ وَنِصْفًا مِنْ خِلَافَةِ عُمَرَ، ثُمَّ نَهَى عَنْهَا عُمَرُ النَّاسَ» . ٣ - وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي النِّكَاحِ الَّذِي تَقَعُ فِيهِ الْخِطْبَةُ عَلَى خِطْبِةِ غَيْرِهِ: فَقَدْ تَقَدَّمَ أَنَّ فِيهِ ثَلَاثَةَ أَقْوَالٍ: قَوْلٌ بِالْفَسْخِ، وَقَوْلٌ بِعَدَمِ الْفَسْخِ. وَفُرِّقَ بَيْنَ أَنْ تَرِدَ الْخِطْبَةُ عَلَى خِطْبَةِ الْغَيْرِ بَعْدَ الرُّكُونِ وَالْقُرْبِ مِنَ التَّمَامِ، أَوْ لَا تَرِدَ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ. ٤ - وَأَمَّا نِكَاحُ الْمُحَلِّلِ - أَعْنِي: الَّذِي يَقْصِدُ بِنِكَاحِهِ تَحْلِيلَ الْمُطَلَّقَةِ ثَلَاثًا -: فَإِنَّ مَالِكًا قَالَ: هُوَ نِكَاحٌ مَفْسُوخٌ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ: هُوَ نِكَاحٌ صَحِيحٌ، وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَعَنَ اللَّهُ الْمُحَلِّلَ» الْحَدِيثَ. فَمَنْ فَهِمَ مِنَ اللَّعْنِ التَّأْثِيمَ فَقَطْ قَالَ: النِّكَاحُ صَحِيحٌ. وَمَنْ فَهِمَ مِنَ التَّأْثِيمِ فَسَادَ الْعَقْلِ تَشْبِيهًا بِالنَّهْيِ الَّذِي يَدُلُّ عَلَى فَسَادِ الْمَنْهِيِّ عَنْهُ قَالَ: النِّكَاحُ فَاسِدٌ. فَهَذِهِ هِيَ الْأَنْكِحَةُ الْفَاسِدَةُ بِالنَّهْيِ. وَأَمَّا الْأَنْكِحَةُ الْفَاسِدَةُ بِمَفْهُومِ الشَّرْعِ: فَإِنَّهَا تَفْسُدُ إِمَّا بِإِسْقَاطِ شَرْطٍ مِنْ شُرُوطِ صِحَّةِ النِّكَاحِ، أَوْ لِتَغْيِيرِ حُكْمٍ وَاجِبٍ بِالشَّرْعِ مِنْ أَحْكَامِهِ مِمَّا هُوَ عَنِ اللَّهِ - عَزَّ وَجَلَّ، وَإِمَّا بِزِيَادَةٍ تَعُودُ إِلَى إِبْطَالِ شَرْطٍ مِنْ شُرُوطِ الصِّحَّةِ. وَأَمَّا الزِّيَادَاتُ الَّتِي تَعْرِضُ مِنْ هَذَا الْمَعْنَى فَإِنَّهَا لَا تُفْسِدُ النِّكَاحَ بِاتِّفَاقٍ. وَإِنَّمَا اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي لُزُومِ الشُّرُوطِ الَّتِي بِهَذِهِ الصِّفَةِ أَوْ لَا لُزُومِهَا، مِثْلَ أَنْ يُشْتَرَطَ عَلَيْهِ أَنْ لَا يَتَزَوَّجَ عَلَيْهَا، أَوْ لَا يَتَسَرَّى، أَوْ لَا يَنْقُلَهَا مِنْ بَلَدِهَا، فَقَالَ مَالِكٌ: إِنِ اشْتُرِطَ ذَلِكَ لَمْ يَلْزَمْهُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ فِي ذَلِكَ يَمِينٌ بِعِتْقٍ أَوْ طَلَاقٍ، فَإِنَّ ذَلِكَ يَلْزَمُهُ، إِلَّا أَنْ يُطَلِّقَ أَوْ يَعْتِقَ مَنْ أَقْسَمَ عَلَيْهِ، فَلَا يَلْزَمُ الشَّرْطُ الْأَوَّلُ أَيْضًا، وَكَذَلِكَ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ. وَقَالَ الْأَوْزَاعِيُّ وَابْنُ شُبْرُمَةَ: لَهَا شَرْطُهَا وَعَلَيْهِ الْوَفَاءُ. وَقَالَ ابْنُ شِهَابٍ: كَانَ مَنْ أَدْرَكْتُ مِنَ الْعُلَمَاءِ يَقْضُونَ بِهَا. وَقَوْلُ الْجَمَاعَةِ مَرْوِيٌّ عَنْ عَلِيٍّ، وَقَوْلُ الْأَوْزَاعِيِّ مَرْوِيٌّ عَنْ عُمَرَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ الْعُمُومِ لِلْخُصُوصِ. فَأَمَّا الْعُمُومُ: فَحَدِيثُ عَائِشَةَ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا -: أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - خَطَبَ النَّاسَ، فَقَالَ فِي خُطْبَتِهِ: «كُلُّ شَرْطٍ لَيْسَ فِي كِتَابِ اللَّهِ فَهُوَ بَاطِلٌ، وَلَوْ كَانَ مِائَةَ شَرْطٍ» . وَأَمَّا الْخُصُوصُ: فَحَدِيثُ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَالَ: «أَحَقُّ الشُّرُوطِ

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