Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

auprès de toi et sept jours auprès de chacune d’elles. Si tu le souhaites, je resterai trois jours auprès de toi, puis je reprendrai l’alternance.” Elle répondit : “Reste trois jours.” »

Le hadith d’Umm Salama, qui comporte les mots « Reste trois jours », figure dans les recueils d’al-Bukhārī et de Muslim ; Mālik l’a également rapporté. Quant au hadith d’Anas, il est transmis par les gens de Bassora et rapporté par Abū Dāwūd. Ainsi, les gens de Médine ont retenu ce que les gens de Bassora ont rapporté, et les gens de Koufa ont retenu ce que les gens de Médine ont rapporté.

Les disciples de Mālik divergent sur le caractère obligatoire ou recommandé du séjour de sept jours auprès de l’épouse vierge et de trois jours auprès de celle qui a déjà été mariée. Ibn al-Qāsim le considère comme obligatoire, tandis qu’Ibn ‘Abd al-Hakam le considère comme recommandé.

Cette divergence tient à la valeur donnée à la pratique du Prophète — sur lui la prière et le salut — : indique-t-elle une recommandation ou une obligation ?

Quant aux droits de l’époux sur son épouse en matière d’allaitement et de tâches domestiques, ils font l’objet de divergences. Certains imposent à l’épouse d’allaiter sans distinction ; d’autres ne lui imposent pas cette obligation. D’autres encore l’imposent à la femme de condition modeste, mais non à celle de haut rang, sauf si l’enfant n’accepte que son sein. Telle est l’opinion la plus connue de Mālik.

Leur divergence tient à l’interprétation du verset relatif à l’allaitement : énonce-t-il une règle concernant l’allaitement — à savoir son caractère obligatoire — ou se borne-t-il à en parler ? Ceux qui estiment qu’il ne fait qu’en parler considèrent que l’épouse n’est pas tenue d’allaiter, car rien n’indique ici une obligation. Ceux qui estiment qu’il contient l’ordre d’allaiter et en établit l’obligation, et qu’il s’agit donc d’un énoncé déclaratif ayant valeur d’injonction, considèrent qu’elle est tenue d’allaiter. Quant à ceux qui distinguent entre la femme de condition modeste et celle de haut rang, ils prennent en compte les usages et les coutumes.

La femme divorcée, en revanche, n’est pas tenue d’allaiter, sauf si l’enfant refuse le sein de toute autre femme. Elle doit alors l’allaiter, et le mari doit la rémunérer pour cet allaitement. Ce point fait l’objet d’un consensus, en raison de cette parole d’Allah, glorifié et exalté soit-Il :

« Si elles allaitent pour vous, versez-leur leur rémunération. » [Le Divorce : 6]

La majorité estime que la garde revient à la mère lorsque son époux divorce d’elle et que l’enfant est encore petit, en raison de cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut — :

« Celui qui sépare une mère de son enfant, Allah le séparera de ceux qu’il aime au Jour de la Résurrection. »

De plus, si l’on ne sépare pas l’esclave ni la captive de son enfant, la femme libre doit à plus forte raison bénéficier de cette protection.

Ils divergent lorsque l’enfant atteint l’âge du discernement. Certains, dont al-Shāfi‘ī, estiment qu’on lui laisse le choix et invoquent un récit transmis à ce sujet. D’autres maintiennent la règle initiale, car ils ne considèrent pas ce hadith comme authentique.

La majorité estime que le mariage de la mère avec un homme autre que le père met fin à son droit de garde, en raison du récit selon lequel le Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — a dit :

« Tu as davantage droit à sa garde tant que tu ne te remaries pas. »

Ceux qui ne considèrent pas ce hadith comme authentique maintiennent la règle initiale.

Quant au transfert de la garde de la mère à une personne autre que le père, il n’existe à ce sujet aucun élément sur lequel on puisse s’appuyer.

عِنْدَكِ وَسَبَّعْتُ عِنْدَهُنَّ، وَإِنْ شِئْتِ ثَلَّثْتُ عِنْدَكِ وَدُرْتُ، فَقَالَتْ: ثَلِّثْ» . وَحَدِيثُ أُمِّ سَلَمَةَ هُوَ " ثَلِّثْ " مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ خَرَّجَهُ مَالِكٌ، وَالْبُخَارِيُّ، وَمُسْلِمٌ، وَحَدِيثُ أَنَسٍ حَدِيثٌ بَصْرِيٌّ خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ، فَصَارَ أَهْلُ الْمَدِينَةِ إِلَى مَا خَرَّجَهُ أَهْلُ الْبَصْرَةِ، وَصَارَ أَهْلُ الْكُوفَةِ إِلَى مَا خَرَّجَهُ أَهْلُ الْمَدِينَةِ. وَاخْتَلَفَ أَصْحَابُ مَالِكٍ فِي: هَلْ مُقَامُهُ عِنْدَ الْبِكْرِ سَبْعًا وَعِنْدَ الثَّيِّبِ ثَلَاثًا وَاجِبٌ أَوْ مُسْتَحَبٌّ؟ فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: هُوَ وَاجِبٌ. وَقَالَ ابْنُ عَبْدِ الْحَكَمِ: يُسْتَحَبُّ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: حَمْلُ فِعْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - عَلَى النَّدْبِ أَوْ عَلَى الْوُجُوبِ. وَأَمَّا حُقُوقُ الزَّوْجِ عَلَى الزَّوْجَةِ: بِالرَّضَاعِ وَخِدْمَةِ الْبَيْتِ عَلَى اخْتِلَافٍ بَيْنَهُمْ فِي ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّ قَوْمًا أَوْجَبُوا عَلَيْهَا الرَّضَاعَ عَلَى الْإِطْلَاقِ، وَقَوْمٌ لَمْ يُوجِبُوا ذَلِكَ عَلَيْهَا بِإِطْلَاقٍ. وَقَوْمٌ أَوْجَبُوا ذَلِكَ عَلَى الدَّنِيئَةِ، وَلَمْ يُوجِبُوا ذَلِكَ عَلَى الشَّرِيفَةِ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ الطِّفْلُ لَا يَقْبَلُ إِلَّا ثَدْيَهَا، وَهُوَ مَشْهُورُ قَوْلِ مَالِكٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هَلْ آيَةُ الرَّضَاعِ مُتَضَمِّنَةٌ حُكْمَ الرَّضَاعِ - أَعْنِي: إِيجَابَهُ -، أَوْ مُتَضَمِّنَةٌ أَمْرَهُ فَقَطْ؟ فَمَنْ قَالَ: أَمْرُهُ قَالَ: لَا يَجِبُ عَلَيْهَا الرَّضَاعُ إِذْ لَا دَلِيلَ هُنَا عَلَى الْوُجُوبِ. وَمَنْ قَالَ تَتَضَمَّنُ الْأَمْرَ بِالرَّضَاعِ وَإِيجَابَهُ ; وَأَنَّهَا مِنَ الْأَخْبَارِ الَّتِي مَفْهُومُهَا مَفْهُومُ الْأَمْرِ قَالَ: يَجِبُ عَلَيْهَا الْإِرْضَاعُ. وَأَمَّا مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الدَّنِيئَةِ وَالشَّرِيفَةِ فَاعْتَبَرَ فِي ذَلِكَ الْعُرْفَ وَالْعَادَةَ. وَأَمَّا الْمُطَلَّقَةُ فَلَا رَضَاعَ عَلَيْهَا إِلَّا أَنْ لَا يَقْبَلَ ثَدْيَ غَيْرِهَا، فَعَلَيْهَا الْإِرْضَاعُ، وَعَلَى الزَّوْجِ أَجْرُ الرَّضَاعِ. هَذَا إِجْمَاعٌ لِقَوْلِهِ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى: {فَإِنْ أَرْضَعْنَ لَكُمْ فَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ} [الطلاق: ٦] . وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ الْحَضَانَةَ لِلْأُمِّ إِذَا طَلَّقَهَا الزَّوْجُ، وَكَانَ الْوَلَدُ صَغِيرًا، لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ وَالِدَةٍ وَوَلَدِهَا فَرَّقَ اللَّهُ بَيْنَهُ وَبَيْنَ أَحِبَّتِهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ» . وَلِأَنَّ الْأَمَةَ وَالْمَسْبِيَّةَ إِذَا لَمْ يُفَرَّقْ بَيْنَهَا وَبَيْنَ وَلَدِهَا ; فَأَخَصُّ بِذَلِكَ الْحُرَّةُ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا بَلَغَ الْوَلَدُ حَدَّ التَّمْيِيزِ: فَقَالَ قَوْمٌ: يُخَيَّرُ، وَمِنْهُمُ الشَّافِعِيُّ، وَاحْتَجُّوا بِأَثَرٍ وَرَدَ فِي ذَلِكَ. وَبَقِيَ قَوْمٌ عَلَى الْأَصْلِ لِأَنَّهُ لَمْ يَصِحَّ عِنْدَهُمْ هَذَا الْحَدِيثُ، وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ تَزْوِيجَهَا لِغَيْرِ الْأَبِ يَقْطَعُ الْحَضَانَةَ. لِمَا رُوِيَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «أَنْتِ أَحَقُّ بِهِ مَا لَمْ تَنْكِحِي» . وَمَنْ لَمْ يَصِحَّ عِنْدَهُ هَذَا الْحَدِيثُ طَرَدَ الْأَصْلَ. وَأَمَّا نَقْلُ الْحَضَانَةِ مِنَ الْأُمِّ إِلَى غَيْرِ الْأَبِ فَلَيْسَ فِي ذَلِكَ شَيْءٌ يُعْتَمَدُ عَلَيْهِ.

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