Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

quatre défauts : la folie, la lèpre, le vitiligo et une affection des organes génitaux empêchant les rapports : excroissance ou occlusion vaginale chez la femme, impuissance ou castration chez l’homme.

Les disciples de Mālik divergent sur quatre autres défauts : la noirceur de la peau, la teigne, la mauvaise odeur des parties génitales et la mauvaise haleine. Selon les uns, ils justifient la dissolution du mariage ; selon les autres, ils ne la justifient pas.

Abū Hanīfa, ses disciples et al-Thawrī disent que seuls deux défauts de l’épouse permettent de dissoudre le mariage : l’excroissance et l’occlusion vaginales.

Quant aux règles de cette dissolution, ceux qui l’admettent s’accordent à dire que, si l’époux découvre le défaut avant la consommation du mariage, il peut divorcer sans rien devoir verser.

Ils divergent toutefois lorsqu’il ne le découvre qu’après la consommation du mariage et les rapports. Mālik dit : si le tuteur qui l’a mariée est présumé connaître le défaut en raison de sa proximité avec elle, comme son père ou son frère, il est considéré comme l’auteur d’une tromperie. L’époux peut alors lui réclamer le remboursement de la dot, mais ne peut rien réclamer à la femme. Si le tuteur est un parent éloigné, l’époux peut réclamer à la femme la restitution de toute la dot, à l’exception d’un quart de dinar seulement.

Al-Shāfi‘ī dit : s’il a consommé le mariage, les rapports l’obligent à verser la dot intégralement, sans qu’il puisse en réclamer la restitution à la femme ni à un tuteur.

Leur divergence tient à l’hésitation entre deux analogies : assimiler ce mariage à une vente ou à un mariage invalide ayant été consommé. Je veux dire qu’ils s’accordent sur l’obligation de verser la dot dans les mariages invalides du seul fait des rapports, conformément à cette parole du Prophète — que la prière et la paix soient sur lui :

« Toute femme qui se marie sans l’autorisation de son maître, son mariage est nul ; elle a néanmoins droit à la dot en contrepartie des rapports qu’il a eus avec elle. »

Le point de divergence consiste donc à déterminer si cette dissolution relève des règles de la résolution d’une vente pour défaut ou de celles des mariages dissous — j’entends : après leur consommation.

Ceux qui admettent la dissolution du mariage de l’homme impuissant s’accordent à dire qu’elle ne peut être prononcée avant qu’un délai d’un an lui ait été accordé, durant lequel il puisse se retrouver avec son épouse sans aucun empêchement.

Les disciples de Mālik divergent sur la raison pour laquelle la dissolution a été limitée à ces quatre défauts. Selon une première opinion, il s’agit d’une disposition de la Loi dont la raison n’est pas déterminée. Selon une autre, ces défauts sont de ceux qui peuvent rester cachés, tandis que les autres sont présumés apparents. Selon une autre encore, on craint qu’ils ne se transmettent aux enfants. D’après cette dernière explication, la noirceur de la peau et la teigne justifient la dissolution ; selon la première, tout défaut la justifie dès lors qu’il est établi qu’il avait été caché à l’époux.

[DEUXIÈME SECTION : DU DROIT D’OPTION EN CAS D’INCAPACITÉ DE PAYER LA DOT OU D’ASSURER L’ENTRETIEN]

Ils divergent sur l’incapacité de payer la dot. Al-Shāfi‘ī disait que l’épouse dispose d’un droit d’option si le mariage n’a pas été consommé. Mālik partage cet avis. Ses disciples divergent sur la durée du délai à accorder à l’époux : selon les uns, aucune durée n’est fixée ; selon d’autres, elle est d’un an ; selon d’autres encore, de deux ans.

Abū Hanīfa dit : elle est une créancière parmi les autres ; on ne prononce pas leur séparation et l’époux reste tenu d’assurer son entretien. Elle peut toutefois se refuser à lui jusqu’à ce qu’il lui verse la dot.

Leur divergence tient à ce qu’ils privilégient soit l’analogie du mariage avec la vente sur ce point, soit le préjudice subi par la femme du fait de l’absence de rapports, par analogie avec le serment de continence et l’impuissance.

Quant à l’incapacité d’assurer l’entretien, selon Mālik, al-Shāfi‘ī, Ahmad,

أَرْبَعَةِ عُيُوبٍ: الْجُنُونِ وَالْجُذَامِ وَالْبَرَصِ وَدَاءِ الْفَرْجِ الَّذِي يَمْنَعُ الْوَطْءَ: إِمَّا قَرَنٌ أَوْ رَتْقٌ فِي الْمَرْأَةِ أَوْ عُنَّةٌ فِي الرَّجُلِ أَوْ خِصَاءٌ، وَاخْتَلَفَ أَصْحَابُ مَالِكٍ فِي أَرْبَعٍ: فِي السَّوَادِ، وَالْقَرَعِ، وَبَخَرِ الْفَرْجِ، وَبَخَرِ الْفَمِ، فَقِيلَ تُرَدُّ بِهَا، وَقِيلَ لَا تُرَدُّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ وَالثَّوْرِيُّ: لَا تُرَدُّ الْمَرْأَةُ فِي النِّكَاحِ إِلَّا بِعَيْبَيْنِ فَقَطْ: الْقَرَنِ وَالرَّتَقِ. فَأَمَّا أَحْكَامُ الرَّدِّ فَإِنَّ الْقَائِلِينَ بِالرَّدِّ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ الزَّوْجَ إِذَا عَلِمَ بِالْعَيْبِ قَبْلَ الدُّخُولِ طَلَّقَ وَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ. وَاخْتَلَفُوا إِنْ عَلِمَ بَعْدَ الدُّخُولِ وَالْمَسِيسِ، فَقَالَ مَالِكٌ: إِنْ كَانَ وَلَيُّهَا الَّذِي زَوَّجَهَا مِمَّنْ يُظَنُّ بِهِ لِقُرْبِهِ مِنْهَا أَنَّهُ عَالِمٌ بِالْعَيْبِ مِثْلَ الْأَبِ وَالْأَخِ فَهُوَ غَارٌّ يَرْجِعُ عَلَيْهِ الزَّوْجُ بِالصَّدَاقِ، وَلَيْسَ يَرْجِعُ عَلَى الْمَرْأَةِ بِشَيْءٍ، وَإِنْ كَانَ بَعِيدًا رَجَعَ الزَّوْجُ عَلَى الْمَرْأَةِ بِالصَّدَاقِ كُلِّهِ إِلَّا رُبُعَ دِينَارٍ فَقَطْ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: إِنْ دَخَلَ لَزِمَهُ الصَّدَاقُ كُلُّهُ بِالْمَسِيسِ وَلَا رُجُوعَ لَهُ عَلَيْهَا وَلَا عَلَى وَلِيٍّ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: تَرَدُّدُ تَشْبِيهِ النِّكَاحِ بِالْبَيْعِ، أَوْ بِالنِّكَاحِ الْفَاسِدِ الَّذِي وَقَعَ فِيهِ الْمَسِيسُ - أَعْنِي: اتِّفَاقَهُمْ عَلَى وُجُوبِ الْمَهْرِ فِي الْأَنْكِحَةِ الْفَاسِدَةِ بِنَفْسِ الْمَسِيسِ - لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «أَيُّمَا امْرَأَةٍ نَكَحَتْ بِغَيْرِ إِذْنِ سَيِّدِهَا فَنِكَاحُهَا بَاطِلٌ، وَلَهَا الْمَهْرُ بِمَا اسْتَحَلَّ مِنْهَا» . فَكَانَ مَوْضِعُ الْخِلَافِ: تَرَدُّدُ هَذَا الْفَسْخِ بَيْنَ حُكْمِ الرَّدِّ بِالْعَيْبِ فِي الْبُيُوعِ، وَبَيْنَ حُكْمِ الْأَنْكِحَةِ الْمَفْسُوخَةِ - أَعْنِي: بَعْدَ الدُّخُولِ -. وَاتَّفَقَ الَّذِينَ قَالُوا بِفَسْخِ نِكَاحِ الْعِنِّينِ أَنَّهُ لَا يُفْسَخُ حَتَّى يُؤَجَّلَ سَنَةً يُخَلَّى بَيْنَهُ وَبَيْنَهَا بِغَيْرِ عَائِقٍ. وَاخْتَلَفَ أَصْحَابُ مَالِكٍ فِي الْعِلَّةِ الَّتِي مِنْ أَجْلِهَا قُصِرَ الرَّدُّ عَلَى هَذِهِ الْعُيُوبِ الْأَرْبَعَةِ، فَقِيلَ: لِأَنَّ ذَلِكَ شَرْعٌ غَيْرُ مُعَلَّلٍ، وَقِيلَ: لِأَنَّ ذَلِكَ مِمَّا يَخْفَى، وَمَحْمَلُ سَائِرِ الْعُيُوبِ عَلَى أَنَّهَا مِمَّا لَا تَخْفَى. وَقِيلَ: لِأَنَّهَا يُخَافُ سَرَايَتُهَا إِلَى الْأَبْنَاءِ، وَعَلَى هَذَا التَّعْلِيلِ يُرَدُّ بِالسَّوَادِ وَالْقَرَعِ، وَعَلَى الْأَوَّلِ يُرَدُّ بِكُلِّ عَيْبٍ إِذَا عُلِمَ أَنَّهُ مِمَّا خُفِّيَ عَلَى الزَّوْجِ. [الْفَصْلُ الثَّانِي فِي خِيَارِ الْإِعْسَارِ بِالصَّدَاقِ وَالنَّفَقَةِ] ِ - وَاخْتَلَفُوا فِي الْإِعْسَارِ بِالصَّدَاقِ: فَكَانَ الشَّافِعِيُّ يَقُولُ: تُخَيَّرُ إِذَا لَمْ يَدْخُلْ بِهَا، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ. وَاخْتَلَفَ أَصْحَابُهُ فِي قَدْرِ التَّلَوُّمِ لَهُ ; فَقِيلَ: لَيْسَ لَهُ فِي ذَلِكَ حَدٌّ، وَقِيلَ: سَنَة، وَقِيلَ: سَنَتَينِ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: هِيَ غَرِيمٌ مِنَ الْغُرَمَاءِ لَا يُفَرَّقُ بَيْنَهُمَا وَيُؤْخَذُ بِالنَّفَقَةِ، وَلَهَا أَنْ تَمْنَعَ نَفْسَهَا حَتَّى يُعْطِيَهَا الْمَهْرَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: تَغْلِيبُ شَبَهِ النِّكَاحِ فِي ذَلِكَ بِالْبَيْعِ، أَوْ تَغْلِيبُ الضَّرَرِ اللَّاحِقِ لِلْمَرْأَةِ فِي ذَلِكَ مِنْ عَدَمِ الْوَطْءِ، تَشْبِيهًا بِالْإِيلَاءِ وَالْعُنَّةِ. وَأَمَّا الْإِعْسَارُ بِالنَّفَقَةِ: فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ،

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