Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

, d’Ahmad et de Dāwūd. Abū Hanīfa, al-Thawrī et Ibn Abī Laylā disent : il garde celles qu’il a épousées en premier ; s’il les a toutes épousées par un même contrat, on les sépare de lui.

Ibn al-Mājishūn, parmi les disciples de Mālik, dit : s’il embrasse l’islam alors qu’il a deux sœurs pour épouses, il se sépare des deux, puis contracte un nouveau mariage avec celle qu’il souhaite. Aucun autre disciple de Mālik n’a soutenu cet avis.

Leur divergence tient à l’opposition entre le raisonnement analogique et les récits transmis. Deux récits ont en effet été rapportés à ce sujet.

Le premier est le récit à chaîne interrompue transmis par Mālik :

« Ghaylān ibn Salāma al-Thaqafī embrassa l’islam alors qu’il avait dix épouses, qui se convertirent avec lui. Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — lui ordonna d’en choisir quatre. »

Le second est le hadith de Qays ibn al-Hārith :

« Il embrassa l’islam alors qu’il avait deux sœurs pour épouses. Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — lui dit : “Choisis celle des deux que tu veux.” »

Quant au raisonnement analogique qui s’oppose à ce récit, il consiste à assimiler les mariages contractés en dernier avant la conversion à ceux qui seraient contractés après celle-ci. Autrement dit, de même que ces mariages seraient invalides en islam, ils le seraient également avant la conversion. Ce raisonnement présente toutefois une faiblesse.

Quant au cas où l’un des époux embrasse l’islam avant l’autre, puis où l’autre se convertit à son tour — c’est la seconde question —, ils divergent à son sujet.

Mālik, Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī disent : si la femme embrasse l’islam avant son époux et que celui-ci se convertit pendant son délai de viduité, il conserve le droit prioritaire de demeurer son époux. S’ils embrassent tous deux l’islam, leur mariage demeure valide. Ils s’appuient sur le hadith de Safwān ibn Umayya :

« Son épouse, ‘Ātika bint al-Walīd ibn al-Mughīra, embrassa l’islam avant lui. Il se convertit ensuite, et le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — confirma son mariage. »

Ils précisent qu’environ un mois séparait la conversion de Safwān de celle de son épouse.

Ibn Shihāb dit : « Nous n’avons pas connaissance d’une femme ayant émigré auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — alors que son époux, non musulman, demeurait en terre de mécréance, sans que son émigration ait entraîné leur séparation, à moins que son époux ne vienne à son tour en émigrant avant l’expiration de son délai de viduité. »

Quant au cas où l’époux embrasse l’islam avant son épouse, ils divergent à son sujet. Mālik dit : si l’époux se convertit avant son épouse, la séparation prend effet lorsqu’il lui propose d’embrasser l’islam et qu’elle refuse.

Al-Shāfi‘ī dit : que l’homme embrasse l’islam avant la femme ou la femme avant l’homme, le mariage demeure valide dès lors que la seconde conversion survient pendant le délai de viduité.

Leur divergence tient à l’opposition entre la portée générale du verset, d’une part, et le récit transmis ainsi que le raisonnement analogique, d’autre part. En effet, la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Et ne maintenez pas les liens du mariage avec les mécréantes. » [L’Éprouvée : 10]

implique une séparation immédiate.

Quant au récit qui s’oppose à ce qu’implique cette portée générale, il rapporte : « Abū Sufyān ibn Harb embrassa l’islam avant son épouse Hind bint ‘Utba. Il se convertit à Marr al-Zahrān, puis

وَأَحْمَدُ وَدَاوُدُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ، وَابْنُ أَبِي لَيْلَى: يَخْتَارُ الْأَوَائِلَ مِنْهُنَّ فِي الْعَقْدِ، فَإِنْ تَزَوَّجَهُنَّ فِي عَقْدٍ وَاحِدٍ فُرِّقَ بَيْنَهُ وَبَيْنَهُنَّ. وَقَالَ ابْنُ الْمَاجِشُونِ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ: إِذَا أَسْلَمَ وَعِنْدَهُ أُخْتَانِ فَارَقَهُمَا جَمِيعًا، ثُمَّ اسْتَأْنَفَ نِكَاحَ أَيَّتِهُمَا شَاءَ، وَلَمْ يَقُلْ بِذَلِكَ أَحَدٌ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ غَيْرُهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ الْقِيَاسِ لِلْأَثَرِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ وَرَدَ فِي ذَلِكَ أَثَرَانِ: أَحَدُهُمَا: مُرْسَلُ مَالِكٍ: «أَنَّ غَيْلَانَ بْنَ سَلَامَةَ الثَّقَفِيَّ أَسْلَمَ وَعِنْدَهُ عَشْرُ نِسْوَةٍ أَسْلَمْنَ مَعَهُ، فَأَمَرَهُ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنْ يَخْتَارَ مِنْهُنَّ أَرْبَعًا» . الْحَدِيثُ الثَّانِي: حَدِيثُ قَيْسِ بْنِ الْحَارِثِ: «أَنَّهُ أَسْلَمَ عَلَى الْأُخْتَيْنِ، فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: " اخْتَرْ أَيَّتَهُمَا شِئْتَ» . وَأَمَّا الْقِيَاسُ الْمُخَالِفُ لِهَذَا الْأَثَرِ: فَتَشْبِيهُ الْعَقْدِ عَلَى الْأَوَاخِرِ قَبْلَ الْإِسْلَامِ بِالْعَقْدِ عَلَيْهِنَّ بَعْدَ الْإِسْلَامِ - أَعْنِي: أَنَّهُ كَمَا أَنَّ الْعَقْدَ عَلَيْهِنَّ فَاسِدٌ فِي الْإِسْلَامِ كَذَلِكَ قَبْلَ الْإِسْلَامِ -، وَفِيهِ ضَعْفٌ. وَأَمَّا إِذَا أَسْلَمَ أَحَدُهُمَا قَبْلَ الْآخَرِ، وَهِيَ الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ، ثُمَّ أَسْلَمَ الْآخَرُ: فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ. فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ: إِنَّهُ إِذَا أَسْلَمَتِ الْمَرْأَةُ قَبْلَهُ فَإِنَّهُ إِنْ أَسْلَمَ فِي عِدَّتِهَا كَانَ أَحَقَّ بِهَا، وَإِنْ أَسْلَمَ هُوَ وَهِيَ فَنِكَاحُهَا ثَابِتٌ، لِمَا وَرَدَ فِي ذَلِكَ مِنْ حَدِيثِ صَفْوَانَ بْنِ أُمَيَّةَ، وَذَلِكَ: «أَنَّ زَوْجَهُ عَاتِكَةَ ابنة الْوَلِيدِ بْنِ الْمُغِيرَةِ أَسْلَمَتْ قَبْلَهُ، ثُمَّ أَسْلَمَ هُوَ، فَأَقَرَّهُ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - عَلَى نِكَاحِهِ ". قَالُوا: وَكَانَ بَيْنَ إِسْلَامِ صَفْوَانَ وَبَيْنَ إِسْلَامِ امْرَأَتِهِ نَحْوٌ مَنْ شَهْرٍ» . قَالَ ابْنُ شِهَابٍ: وَلَمْ يَبْلُغْنَا أَنَّ امْرَأَةً هَاجَرَتْ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَزَوْجُهَا كَافِرٌ مُقِيمٌ بِدَارِ الْكُفْرِ إِلَّا فَرَّقَتْ هِجْرَتُهَا بَيْنَهَا وَبَيْنَ زَوْجِهَا، إِلَّا أَنْ يَقْدُمَ زَوْجُهَا مُهَاجِرًا قَبْلَ أَنْ تَنْقَضِيَ عِدَّتُهَا. وَأَمَّا إِذَا أَسْلَمَ الزَّوْجُ قَبْلَ إِسْلَامِ الْمَرْأَةِ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ، فَقَالَ مَالِكٌ: إِذَا أَسْلَمَ الزَّوْجُ قَبْلَ الْمَرْأَةِ وَقَعَتِ الْفُرْقَةُ إِذَا عَرَضَ عَلَيْهَا الْإِسْلَامَ فَأَبَتْ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: سَوَاءٌ أَسْلَمَ الرَّجُلُ قَبْلَ الْمَرْأَةِ ; أَوِ الْمَرْأَةُ قَبْلَ الرَّجُلِ إِذَا وَقَعَ الْإِسْلَامُ الْمُتَأَخِّرُ فِي الْعِدَّةِ ثَبَتَ النِّكَاحُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ الْعُمُومِ لِلْأَثَرِ وَالْقِيَاسِ، وَذَلِكَ أَنَّ عُمُومَ قَوْله تَعَالَى: {وَلا تُمْسِكُوا بِعِصَمِ الْكَوَافِرِ} [الممتحنة: ١٠] يَقْتَضِي الْمُفَارَقَةَ عَلَى الْفَوْرِ. وَأَمَّا الْأَثَرُ الْمُعَارِضُ لِمُقْتَضَى هَذَا الْعُمُومِ: فَمَا رُوِيَ: «مِنْ أَنَّ أَبَا سُفْيَانَ بْنَ حَرْبٍ أَسْلَمَ قَبْلَ هِنْدِ بِنْتِ عُتْبَةَ امْرَأَتِهِ، وَكَانَ إِسْلَامُهُ بِمَرِّ الظَّهْرَانِ، ثُمَّ

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